Chantier fondation à l’ancienne

Suite à mon article et les commentaires de Thierry, j’ai un peu revu la préparation du chantier.

Un petit engin est venu nous faire la tranchée. Petit problème, c’était de la terre rajoutée – donc pas trop compactée – du coup ça s’éboulait au fur et à mesure qu’il creusait. J’ai donc pris le parti de lui faire creuser plus petit (avec un godet de 40) et on a fini à la bêche.

Entre temps, il est tombé des trombes d’eau. Du coup, on a commencé par assécher la tranchée avec de la chaux vive avant de la compacter au pisoir, car comme il est dit sur chaux.durable.com :

La chaux vive permet en effet d’assécher très rapidement des sols détrempés, d’abord par hydratation de la chaux pour son extinction et simultanément par évaporation. La réaction d’extinction est exothermique et dégage beaucoup de chaleur, qui contribue à assécher le sol.

Au-delà de cette première réaction immédiate, la chaux se mélange aux argiles du sol et il y a floculation, c’est-à-dire que la chaux agit comme liant avec les particules argileuses et les agrège ensemble. Le sol devient beaucoup plus meuble. Il suffit ensuite de le compacter avec un engin lourd pour avoir un support ferme.

Pour notre béton de chaux, voilà la recette mélangée à la bétonnière :

  • 1 volume de chaux NHL5
  • 1,5 volume de sable 0-4
  • 2 volumes de gravier (nous on avait 1 volume de 6-10 et un volume de 11-22 parce c’est ce qu’on a trouvé à la carrière près de chez nous)
  • De l’eau jusqu’à ce que ce soit beau…

Des petits trucs bon à savoir, (merci Thierry) :

  • L’eau augmente l’ouvrabilité mais diminue la résistance
  • La quantité de liant augmente l’ouvrabilité et augmente la résistance
  • L’augmentation de la classe du liant n’influe pas l’ouvrabilité, mais augmente la résistance

Dans l’ordre comment ça se passe face à la bétonnière :

  1. On verse la moitié des granulats
  2. En apnée, on verse la chaux
  3. On termine de mettre les granulats
  4. Quand c’est bien mélangé, on met les 3/4 de l’eau
  5. On patiente, on met au jugé l’eau restante si nécessaire (ça dépend de l’humidité du sable par exemple) mais tout doucement.. La frontière entre un beau béton de chaux et de la soupe est très mince…

Ensuite, dans la tranchée, on a procédé de la sorte :

  1. 5-10cm de béton de chaux dans le fond de tranchée
  2. Les plus grosses pierres bien rangées à plat
  3. Du béton de chaux dans les vides/joints, remué avec une tige de fer
  4. On pose les autres pierres, de notre côté on a fait au mieux pour les caler comme sur un mur en pierre sèche mais avec un peu moins de rigueur étant donné qu’on a de la colle…
    1. Pierre les plus grosses en périphérie et on comble au milieu avec des petites
    2. Chaque pierre ne doit pas bouger, doit être bien calée
    3. … bref un mur en pierre (si vous savez pas faire, ça s’invente pas, essayez un petit édifice test, un chantier chez quelqu’un, faites vous guider…)
  5. Et on répète l’opération : du béton, des pierres, du béton, des pierres… tout ça jusqu’en haut

On lave/brosse les pierres avant de les mettre histoire qu’elles ne soient pas trop terreuses et que le mortier colle sur la pierre. On a laissé une arase grossière avec pierres apparentes à plus ou moins 3cm. Sachant qu’on va maçonner les blocs de pierre ponce par dessus, on pourra rattraper ça avec la colle des blocs ponce juste là où on a besoin. J’ai fais les réservations/passages de réseaux en chute PVC ou en coffre OSB (pour varier), et on a pris soin de faire des « ponts » de pierres au dessus pour les préserver.

Des souvenirs

Ce qui a été finalement consommé :

  • 600Kg de chaux
  • 1T de gravier
  • 1T de gravillons
  • 1,8T de sable

Sachant qu’arrivé au 3/4 de la fondation, on avait plus trop de gravier/gravillons, du coup j’ai remplacé 1 volume de gravier par 1 volume de sable.

La tranchée était moindre que ce qu’on avait estimé en profondeur (60cm à la base, là on était au alentour des 50cm). On arrivait parfois sur un sol tellement dur que la pelle avait du mal à continuer… C’était l’emplacement d’une ancienne maison en pierre, le sol avait déjà été travaillé… En largeur on était plus à 55 qu’a 60cm.

On a dû mettre ~5m3 de pierre de schiste ça fait ~13T (masse volumique schiste : 2700Kg/m3) de cailloux brassé à la brouette, aux bras… (ça c’est sans compter le mortier) Je le ferais pas tout les matins et je l’aurait pas fait pour une maison de 150m²… C’était pas une mince affaire quand même.

Si c’était à refaire je mettrait un drain au fond de la fouille (qui serait recouvert par la fondation). Parce qu’a peine c’était terminé qu’il y a eu un gros orage et mon terrain est plein d’eau (le puits de fond et il est plein) donc le fond de la tranché à les pieds dans l’eau il faut que je me dépêche de creuser autour pour drainer…

Temps passé ~18 jour-homme + 2 heures de mini pelles

  • Merci à José, Brigitte, Jean-Yves, Paul, Romain, Antoine, Julie, Guillaume, Lolo, Bart pour ce gros chantier !

Détails de la/ma paillourte – les murs

« Des maisons en paille il y en a autant de différentes que d’auto-constructeurs » on m’a dit un jour. C’est pas faux, ça ce passe jamais vraiment comme dans les bouquins… Donc voici comment ça va se passer pour ma paillourte (la votre sera certainement différente pour mille raisons)

En images, voici une vue en coupe du mur « paille porteuse » :

Des petits commentaires :

Je ne vais pas m’étaler sur les fondations, j’en ai déjà parlé dans un article dédié.

Les blocs de pierre ponce

Le sous bassement est en blocs de pierre ponce (en PonceBloc pour être précis). Au départ, j’étais parti sur de la brique type monomur. Écologiquement parlant c’est discutable car la pierre ponce vient, au mieux d’Italie, au pire de Turquie. Ceci étant, la fabrication des blocs de ponce ne nécessite pas de cuisson, contrairement à la brique de terre cuite type monomur. La brique peut difficilement être installée au sol vue qu’elle est poreuse (risques d’éclatement avec le gel…). Le bloc de pierre ponce minimise les remontées capillaires. De mon côté, j’ai eu des blocs de pierre ponce à moins de 3€ le bloc (45x30x25), avec un R de 2,72, ce qui est moins cher qu’une monomur. C’était à un prix intéressant car le fabriquant n’arrive pas à les écouler, donc il les brade. Sinon ça peut bien coûter 8-10€ pièce. Si vous voulez relire une partie du cheminement qui m’a mené jusque là, c’est sur le forum des compaillons.

Extrait PasserelleEco

La lisse basse est faite avec 2 couches de contre plaqué 22mm assemblées en quinconce.

A l’intérieur de la maison, au niveau du sous bassement + lisse basse, il y aura une petite plaque de liège de 4cm à la verticale, histoire de couper le pont thermique potentiel à ce niveau-là.

Le hérisson est fait en Misapor, c’est un produit issu du recyclage du verre. Il a l’avantage d’être drainant, non capillaire et isolant. Du coup ça m’évite d’avoir à mettre des cailloux + du liège et économiquement je m’y retrouve… Le Misapor arrive de Suisse, le liège du Portugal, là encore niveau bilan ça doit être kiff kiff bourricot… Pour ceux qui doutent de la pertinence d’isoler la dalle en pensant que c’est bien de profiter de l’inertie du sol : oui c’est vrai, mais ça se fait pas comme ça, il faut mettre beaucoup d’isolation en profondeur sur la périphérie pour que ça fonctionne (du détail dans cette discussion), c’est pas simple. Et après avoir discuté avec des gens qui n’avaient pas mis d’isolation du tout au sol, ils m’ont avoué que c’était peu confortable l’hiver…

Pour le comparatif prix Misapor VS Cailloux + liège:

  • Prix Misapor  (50m² x 0,24 d’épaisseur) = ~1 600 € pour un R de 2,7 (juste ce qu’il faut pour la RT qui concerne les bâtiments de moins de 50m²)
  • Prix Cailloux + panneaux liège 12cm R de 3 : (43,7€ * 50m² = ~2200€ pour le liège) + 60€ de gravier…
  • Prix Cailloux + panneaux liège 10cm R de 2,5 (soit pas suffisant pour la RT) : (43,7€ * 50m² = ~1900€ pour le liège) + 60€ de gravier…

Par dessus le hérisson, il y aura notamment une dalle en terre coulée (à ne pas confondre avec de la terre battue), mais ça c’est pas de suite, j’y reviendrai…

Paillourte à Champagné-Saint-Hilaire

Il n’y a pas de lisse haute & pas de compression à la sangle prévue. Les enduits seront fait après tassement naturel (mise en charge de la toiture + 1 mois d’attente). La lisse haute permet normalement de bien répartir la descente de charge du toit. C’est effectivement valable pour les édifices carrés. Dans le rond, la charpente répartit déjà uniformément la charge du toit. Ne pas mettre de lisse haute permet à la perche de châtaigner de s’enfoncer dans la paille, ce qui évite d’avoir à gérer/combler l’espace qu’elle aurait laissé en se posant dessus. Les perches de châtaigner seront assemblées aux bottes avec un pieu pour assurer le chaînage et éviter que le toit ne « glisse » du mur en cas de mouvement du sol (séisme par exemple).

Le début du chantier

Comme annoncé dans cet article, on a commencé le chantier !

On a débuté par des petites choses histoire de se mettre en jambe…On a :

  • Concassé des tuile issues de la démolition du bâtiment qu’il y avait sur le terrain. On va les mettre sous la terre de la toiture végétalisée. Cela permet de drainer le surplus d’eau et, en même temps, vue que la tuile est poreuse, elle va en absorber et la restituer plus tard (quand il fait plus sec par exemple…).
  • Écorcé les poutres de châtaigner de la charpente à la plane, la bêche…
  • Maçonné le puits que nous avions « mis par terre » car il était très endommagé, déstructuré, réparé au ciment…. On l’a maçonné à la chaux histoire de manipuler le mortier chaux un peu avant de lancer la grosse étape fondation
  • Coupé 120 bambous chez un quasi voisin, qui nous serviront à brocher les bottes de pailles.
  • Fait la fouille pour les fondations. Un engin est venu pour ça, nous on a terminé le boulot pour que la fouille (tranchée) soit propre. Le godet des engins étant carré, c’est pas hyper adapté au rond, mais ça nous a bien bien dégrossi le travail.

Des petites z’images :

L’étape suivante, c’est de couler les fondations… Bienvenu sur le chantier si ça vous branche ! (détail du programme 2018 ici)

Merci Sergio, Brigitte, Jean-Yves, Erwan, Diane, Mathias, Céline pour ce premier petit chantier !

Paillourte : Saison de chantier participatif 2018

C’est parti pour le chantier paillourte : une maison ronde, en paille porteuse (sans ossature bois) enduit de terre, avec charpente réciproque et toiture végétalisée. Ce type de construction, c’est pour nous moins de machines, plus d’humains, du coup on a besoin de votre aide.

Pour vous donner une idée du calendrier global :

  • Juin-juillet : fondations à l’ancienne (cyclopéennes) + sous bassement (en pierre ponce), hérisson
  • Juillet : préparation de la charpente réciproque, lisse basse, pré-cadre porte
  • Fin Juillet, août (selon la moisson) : montage des murs en paille + charpente réciproque
  • Août : toiture végétalisé
  • Septembre-octobre : enduit en terre paille

Le chantier est ouvert du vendredi au mardi (on se garde du repos…),on limite l’accueil à ~5 participants max pour que ça soit agréable pour tous.

Merci de prévenir à l’avance de votre présence pour qu’on puisse s’organiser (pour les repas notamment) :

On est à Rouans (44640). Si vous venez en transport en commun, on peut venir vous chercher à :

  • Bus LILA : ligne 1 depuis Nantes ou Saint-Nazaire, arrêt Chaussée le Retz
  • Train : Gare de Saint Pazanne
  • Au Pellerin arrêt Bus TAN « Véloparcs le Pellerin »

 

Détails pratiques

Une petite boisson chaude avec des plantes dedans sera servie vers 8h30. Il sera apprécié que vous arriviez maximum à 8h45 pour qu’on commence tous ensemble par un petit tour de bonjour, de météo intérieure, etc…

Pour le repas du midi, on vous propose de manger ensemble. Nous l’assurons mais si l’envie vous prend de nous faire goûter votre recette préférée, vos super légumes du jardin, etc., toute participation volontaire est la bienvenue. Le repas sera bio dans sa grande majorité et plutôt végétarien.

Le chantier est sans alcool en journée.

Le repas du soir n’est pas assuré par nos soins mais on peut aussi cuisiner ensemble avec ce que chacun apporte… C’est une proposition, c’est ouvert…

Douche bassine dans notre yourte (apporter vos gants de toilette, serviette…), toilette sans eau potable dans la cacabane, il y a de quoi poser la tente, garer un camion…

Enfin, prévoyez une tenue adaptée la météo et au travail en extérieur…

Assurance

Nous avons une assurance pour couvrir les bénévoles du chantier pour les risques lier au chantier (ça  n’est pas et ça ne vous dispense pas d’une responsabilité civil). Si vous souhaitez être couvert, communiquez nous votre nom, prénom et numéro de sécurité social au moins 24h avant l’arrivé sur le chantier.

Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation

Pour l’instant, avec la yourte on était plutôt dans la démarche eautarcie.org : pas d’épuration car pas de pollution. C’est à mon sens ce qu’il y a de plus pertinent à faire.

Malgré ça, maintenant que nous avons un terrain et un projet de construction « déclaré », il nous est imposé un système d’assainissement agréé. Le tout à l’égout ne passe pas (sinon il y a obligation de se raccorder) donc nous nous orientons vers une phytoépuration (assainissement par les plantes).

Le système de phytoépuration « eau vivante » était le système idéal pour nous. C’est un système conçu pour les foyers ayant des toilettes sèches, la connaissance s’acquiert en chantier participatif… Parfait ! Le hic c’est qu’il n’a pas d’agrément. Après un premier contact avec le SPANC (organisme qui gère les assainissements) de notre coin, la réponse fût clair :

Aucun système non agréé n’est toléré !

Bon bon…

Du coup nous nous sommes tournés vers un bureau d’étude pour réaliser l’étude de sol nécessaire pour le dossier du SPANC et nous avons choisi de partir sur un système Aquatiris. Notamment parce qu’il on un agrément pour des petites filières : 3EH (Équivalent Habitant).

Ces « EH » (Équivalent Habitant) sont calculés selon différents critères (nombre d’habitants, surface du logement…). 1EH vaut pour ~150L d’eau/j/personne (la moyenne française). Or nous consommons à ce jour moins de 20L d’eau/j/personne. Mais ça ils s’en fichent, c’est le standard qui est pris en compte… Les toilettes sèches étant prises en compte par les normes, elles permettent un calcul à 0,6EH au lieu de 1EH. Par exemple un système prévu pour 3EH toilette à eau, nous permet d’être 5EH avec des toilettes sèches (0,6×5=3).

Seulement voilà, le bureau d’étude avait connaissance d’une nouvelle loi qui obligeait les dimensionnements de filière à minimum 4EH. Après la 3EH exclue de fait, la suivante sur la liste Aquatiris, adaptée à notre terrain, est une filière 5EH…  L’étude conclut que la filière 5EH sera sur-dimensionnée et qu’il faudra l’arroser l’été… Là, je me suis dit qu’on marchait sur la tête : ajouter de l’eau dans notre assainissement parce qu’on en rejette pas suffisamment… C’était pas possible !

On a réussi à obtenir un rendez-vous avec le SPANC (non sans peine) pour lui déposer l’étude en main propre et lui faire part de l’absurdité de la conclusion de l’étude (issue de la lecture stricte des textes). Quelques semaines plus tard, le SPANC donne une suite favorable à notre demande et nous autorise (par dérogation) à installer une 3EH. OUF !!!

Petite victoire mais victoire quand même !

Fondation à l’ancienne, cyclopéenne ?

L’article qui traite de la réalisation des fondations ce trouve ici.

Edit : suite aux commentaires de Thierry, je fais des corrections

Sur le terrain de notre futur chantier paillourte, il y a une maison en pierre déjà bien éboulée. Le principe d’utiliser au maximum ce qui est disponible sur place ma parle bien. J’ai donc commencé à faire des recherches sur les fondations cyclopéennes afin d’utiliser ces pierre pour les fondations.

Les fondations cyclopéennes (ou romaines) on été qualifiées de la sorte car les blocs de pierre qui les composaient étaient gigantesques (plusieurs m3), les grecs classiques (-500 BC) se demandaient bien comment leurs ancêtres avaient pu construire ces trucs, et faute de trouver l’explication en avaient conclu que ces vestiges mycéniens avaient été construits par des géants : des cyclopes. (source)

Du coup non, ce ne sont pas des fondations cyclopéennes, ce sont des fondations à l’ancienne, en gros béton de chaux… mais ça me va bien aussi (même si c’est moins sexy).

Pourquoi choisir cette technique ?

Pour ré-utiliser les pierres de la ruines (je l’ai déjà dit), mais aussi par volonté d’utiliser des matériaux / techniques moins énergivores tant à la production (minimum de chaux avec les pierres, pas de fer à béton) qu’au transport (transport de matériaux secs à contrairement aux bétons prêts à l’emploi).

Ressources

Voilà ce que j’ai trouvé comme ressource nainternet pour m’éclairer sur la chose :

Du coup

Voilà ce que j’en retire après discussion avec les compaillons, en gros :

  • Chaux NHL5, car la pierre que j’ai à disposition est une pierre dure, du granit ;
  • Agrégat : Sable 0-5, voir 0-20 / mignonnette / mélange à béton
  • Pas de bambou en guise d’imitation fer à béton. Comme le dirait Ugo : « chez nous du bambou y’en avait pas avant, et on a construit sans, donc il n’est manifestement pas nécessaire. Ensuite, dans les endroits d’où le bambou vient, jamais ils ne l’ont utilisé comme armature pour des fondations de gros béton, donc… » ça tombe bien, ça aurait été pénible à mettre en œuvre dans un rond… D’ailleurs, surtout pas de fers à béton dans la chaux : la chaux laisse circuler l’humidité, les fer finissent donc par rouiller…
  • Pas de pouzzolane ni de tuiles concassées. Elles étaient utilisées quand on ne disposait que de chaux aérienne ou faiblement hydraulique c’est à dire très pure en carbonate de chaux . Avec de la NHL, on est bien… (source)

Les quantités

Le mur fait 35cm de largeur (bottes sur champs) + ~5cm de chaque côté pour les enduits disons 45cm au total. On a un diamètre extérieur de 7,94m et on déduit un diamètre intérieur de 7,94 – (2*0,45) =7,04m. Vue d’en haut, pour ma maison ronde, les fondations ressemblent à une couronne. Les fondations font 55 cm de largeur sur 60 cm de profondeur

La couronne extérieure fait donc ~8m de diamètre et ~ 7m à l’intérieur (histoire de placer le mur au centre avec 5cm de rab devant et derrière.

  • π * (8/2)² * 0,6 =30m3
  • π * (7/2)² * 0,6 = 23m3
  • 30m3 – 23m3, j’avance u = 7m3

La fondation en couronne fait donc 7m3.

De là, et suivant les préconisations de apte-asso.org, je dois prévoir :

  • La fondation faisant 4,5m3 on part sur 1,8m3 de béton de chaux à faire pour être bien large – le reste c’est de la pierre)
    • ~800Kg de Chaux (en dosant 350Kg/m3)
    • 2,3m3 d’agrégats

Voir le mini tableur de calcul.

J’envisage aussi de mettre des piquets en acacia ou en châtaigner (Page2) de 10 à 15cm de diamètre, qu’on enfonce tous les mètres jusqu’à refus en fond de fouille. Cela ne coûte pas cher et je ne sais pas si mon argile est gonflant ou non (pas fait d’étude, les piquets me coûteront moins cher que l’étude…).

Edit : suite aux commentaires de Thierry, je vais pas mettre les piquets…

Mise en œuvre

Pour faire le béton :  1 chaux pour 3 agrégats + eau. L’objectif est d’obtenir un mélange assez ferme, pas trop liquide mais assez coulant pour combler les espaces entre les pierres.

  1. Creuser la fondation
  2. Premier lit de chaux
  3. Pierres espacé de 3 fois le plus gros agrégats (ici c’est 20mm), donc 6cm. Les plus grosses pierres sont au fond
  4. On met de la chaux sur les pierres et on fait en sorte que ça passe bien dans les vides. On fait vibrer à la pelle, truelle, tige… pour évacuer l’air.
  5. On recommence 3 & 4 jusqu’en haut…

La chaux étant très volatile et irritante, il faut s’en protéger : gants et lunettes au minimum, mais aussi masque pour la personne à la bétonnière.

Temps estimé : 10 jours

Vue que je veux relever la fondation de 10cm, un coffrage sera placé seulement sur la partie haute, de niveau, ce qui permettra aussi de tirer la dernière couche proprement histoire d’avoir un support plat pour le sous bassement (je ne sais pas pour le moment comment je vais le mettre en œuvre… pour rappel, la maison est ronde).

Bien sûr, tout ceci n’est que pure théorie, je ferai un article sur la réalisation le moment venu.

Et : il y a autant de façon de faire que de maçon, même en recoupant toutes les infos que je pouvais de façon verbale avec des maçons à l’ancienne, tailleurs de pierres, site internet il y a de quoi s’arracher les cheveux… J’ai fini par me faire ma propre opinion et essayer…

Paillourte : maison en paille ronde, charpente réciproque

Je vais me lancer dans la fabrication d’une Paillourte. Mais quéqueché une paillourte ? C’est ni plus ni moins qu’une maison en paille ronde. Il va s’agir d’un projet modeste, de 50m², pour ces raisons :

  1. A mon sens, c’est aussi ça la sobriété, vivre dans un espace suffisant. Un bâtiment d’une surface modeste demande moins de matériaux, moins d’argent, d’énergie à chauffer….
  2. Un bâtiment d’une surface <= 50m² n’est pas soumis à la RT2012 mais à la RT existant par éléments. Au regard de mes choix, je pense que le bâtiment sera plus performant que ce qu’impose la RT2012, mais ne pas y être soumis satisfait mon besoin de liberté car certaines contraintes ne me semblent pas pertinentes et coûteuses ;
  3. J’ai besoin d’un projet qui aboutisse dans un délai raisonnable (1, 2 ans max). Au cours de mes chantiers participatifs, j’ai souvent constaté que l’auto-constructeur se lançait dans des gros projets. Souvent parce que l’auto-construction c’est pas cher… Mais ces auto-constructeurs étaient aussi épuisés par la longueur du chantier. Après 3, 4, 6 ans, l’énergie n’est plus la même qu’au début ; le couple et la famille en font souvent les frais… ;
  4. Cette maison de 50m² à été prévu pour être agrandie au besoin, et si l’énergie et les moyens sont là…

Petit à petit l’oiseau fait son nid

Pourquoi rond ?

Et pourquoi carré ? Dans le régne animal, à ma connaissance, il n’y a pas d’animaux qui habitent dans du carré. Les nids, les terriers, les grottes… C’est rond… Il n’y a que l’abeille qui fait des hexagones (ça s’approche quand même pas mal du rond). Les habitats humains primaires sont ronds : les igloos, tipis, yourtes…  Donc pourquoi pas du rond ? Et puis après y avoir goûté avec la yourte, ça va être difficile de retourner dans un carré… pour plusieurs raisons :

  • Je m’y sens bien, c’est plus beau (c’est très personnel) ;
  • Bonne tenue au séisme. La forme géométrique est primordiale pour la tenue au séisme. Le terrain où va être construit la paillourte est en zone sismique de niveau 3/5 et donc soumis à des normes sismiques. Les normes parlent énormément des angles… J’en déduits que pas d’angle = pas de problème.
  • Structurellement, c’est pertinent (ça rejoint la tenue au séisme), les descentes de charge sont uniformément réparties autour d’un rond. Ainsi, le toit est porté par plein de petit éléments et non quelques gros comme dans un carré.
  • La circulation de chaleur se fait mieux (le flux ne se coince pas dans un angle), on dépense alors moins de calories en chauffage. Cet argument ne vaut pas s’il y a des cloisons dans un bâtiment rond.
  • J’ai très envie de conserver le dôme zénithal (comme sur la yourte) sur un toit conique, ça apporte un confort lumineux dingue…
  • Il est à mon sens plus simple d’agencer un espace modeste rond que carré.

Dans les grandes lignes

Charpente réciproque
  • Fondations à l’ancienne (pierre + chaux)
  • Technique constructive paille porteuse (sans ossature bois) souvent appelée Nebraska (parce que ça nous vient de là bas)
  • Enduit en terre (bien sûr)
  • Dalle en terre
  • Charpente réciproque
  • Toiture végétalisée (faible substrat ~5cm)
  • Plein d’autres trucs : autonomie électrique, phytoépuration (assainissement autonome par filtre planté)

Être tenu informé

Pour être tenu informé des annonces pour venir sur le chantier ou tout simplement des nouveaux articles concernant la paillourte, entrez votre email ci-après.

Sélectionner les informations que vous souhaitez reçevoir :


Les sources d’inspirations

Gurun (Monsieur Paillourte)

Paillourte de pierre :

Clémence :

Brichtuban :

Courdemière sur le site de Terre paille & Co :

arquiteututecnicu.com (pour la charpente réciproque et le voligeage)

La liste n’est pas exhaustive…

Mais alors c’est fini la yourte ?

Non, on va la déplacer sur le terrain où nous allons construire la paillourte et ça va être notre habitat de chantier pour les X prochaines années… Elle a encore de beaux jours devant elle…