J’ai déjà publié mon bilan carbone (eq CO₂) et j’ai pu faire le constat que je n’était pas rendu au 2T de CO₂ équivalent nessécaire d’ici 2030 pour pas dépasser les 1,5°C de réchauffement global (dit le GIEC au moment ou j’écris). Je suis plutôt à 3… On est quand même pas si loin (par rapport au Français moyen qui est plutôt à ~10). Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu discuter des Low-Tech qui était à l’œuvre pour arrivé à ces 3T et elle en a fait une vidéo que voici :
Des articles en liens avec ce dont on va la vidéo :
- 33:00 Poêle de masse (tout mes articles sur le sujets)
- 50:00 Chauffe eau (phase 1, phase 2)
- 52:00 Douche, gestion eau
- 54:00 Stockage alimentaire
- 1:06:00 Toilettes secs de la théorie à la pratique, mes nouveaux toilettes secs dans la maison avec ventilation canalisée
- 1:09:00 Machine à laver, mitigeur eau chaude
- 1:10:00 Four solaire Atominique
- 1:21:00 Concentrateur solaire
- 1:27:57 Phytoépuration histoire SPANC, mise en œuvre
Transcription
Introduction
Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer David, qui nous explique les postes de consommation les plus énergivores, son principe d’autocontrainte qui lui permet de diviser par 10 sa consommation d’eau et par 14 sa consommation électrique par rapport à la moyenne française.
Quelles low-tech met-il en place pour limiter son impact environnemental ? Il nous livrera aussi sa vision et son retour d’expérience sur l’autonomie énergétique.
David et sa famille appliquent une vraie philosophie de vie autour d’une remise en question fondamentale de leurs besoins, leur permettant d’être à presque 2 tonnes équivalents CO₂ par an et par personne, quand la moyenne française est à 9,8 tonnes. Tu trouveras plus de détails dans son article « Bilan CO₂ : Mon mode de vie n’est pas soutenable ».
Une sobriété qui leur permet de reconsidérer leur rapport au travail, à l’argent et au temps.
David donne des formations sur le poêle de masse et sur le solaire photovoltaïque (voir par exemple la page Carnet de Yourte et les stages autour de l’autonomie électrique solaire). Il a d’ailleurs collaboré avec le LowTech Lab sur la construction d’un poêle de masse, et fait partie d’Agir Low-Tech, un fonds de dotation qui fait de la recherche et du développement sur des solutions low-tech dont le partage de connaissances est diffusé librement.
La section LowTech de l’École Centrale de Nantes vient même étudier le mode de vie low-tech de David. Il tient un blog très bien documenté sur ses retours d’expérience où il partage tout autant ses modes d’emploi que ses erreurs. Je vous recommande vraiment d’aller le voir : c’est une vraie mine d’or. Sa devise d’ailleurs : « Le savoir n’est rien s’il n’est pas partagé. » Et je suis bien d’accord avec lui.
Une vidéo sur sa paillourte et son cheminement constructif viendra par la suite. J’espère que cela pourra vous inspirer à passer au low-tech, et, pour ceux qui y sont déjà, à développer encore votre esprit low-tech.
Comment es-tu venu à avoir une vie low-tech ?
Je suis venu un peu sur cette démarche-là par le pendant écologie, sobriété, tout ça. Je pense que ma prise de conscience s’est faite – j’ai l’impression, comme pas mal de gens – par l’alimentation : mettre le pied dans « Ah ouais, le bio c’est quoi ? », l’agriculture, etc.
Et puis, après, tout ce petit chemin m’a emmené à une prise de conscience de plus en plus ancrée.
Il y a eu un moment où je n’étais plus trop aligné avec mes convictions profondes, et je me suis dit qu’il fallait passer un cap, un gap même.
On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu ça, le point de bascule. Même si je faisais des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort.
Cette yourte nous permettait assez rapidement de tester tout ça : d’arriver avec un petit habitat pas trop cher, assez vite à construire. On a mis un mois, un mois et demi à la construire, et du coup, bam, on est arrivés, on a pu s’installer, et après c’était bon.
Un mois et demi, c’était fatiguant, c’était un gros mois et demi, mais il nous restait un peu de jus pour essayer d’autres trucs.
À cette période-là, j’ai pu me lancer à expérimenter le poêle de masse (c’était le Poilito à l’époque), le four solaire, tous les trucs qu’on avait envie de tester.
Je pense aussi que ce qui nous a fait avancer vers la sobriété, c’est qu’on a fait table rase.
On avait la yourte, on avait des murs, et au début on n’avait pas l’eau, pas l’électricité, rien. Il y avait tout à construire.
Du coup, clairement, tu repars de zéro. C’est l’inverse du mec qui s’installe dans sa maison avec tout le confort habituel et qui doit ensuite déconstruire. Là, on avait tout à construire et il faut prioriser.
Tu te dis :
- « OK, il me manque quoi ? L’eau, c’est pas mal quand même. » → On avance.
- « L’électricité, c’est pas mal quand même. » → On avance.
- « Finalement, pour faire la vaisselle, c’est urgent. » → On fait ça.
- « Après, il nous faut un petit coin pour se laver. » → On fait ça.
On a fait un baquet, on n’avait pas l’eau courante, et finalement ça fait 9 ou 10 ans qu’on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche… et ça va bien.
Du coup, on a pu travailler sur notre confort et notre besoin de confort petit à petit, en repartant de zéro.
Je pense que c’est ça qui nous a emmenés vers la sobriété.
C’est difficile de vivre dans ce monde d’abondance et de retirer des couches, alors qu’ajouter des couches, des petites couches, et se demander si la couche suivante est nécessaire, vitale, tout ça, c’est plus facile.
Nous, on est partis de ce truc-là d’autocontrainte, parce qu’un monde d’abondance, ça emmène à la surconsommation. On le voit bien.
Typiquement, pour l’eau :
Quand on a installé l’eau, on avait un robinet qui arrivait, mais on l’a volontairement fait arriver à l’extérieur de la maison, juste devant. On passait la porte, et il y avait le robinet d’eau.
Ce simple truc te fait rationaliser tes comportements.
Pour la vaisselle, j’avais mis en place un système de double jerrican :
- un jerrican d’eau propre,
- qui se vidait dans l’évier,
- puis l’eau allait dans un jerrican d’eau sale.
Après, tu vas mettre le jerrican d’eau sale dans le jardin, et tu remplis un jerrican d’eau propre.
Ce simple truc-là, mine de rien, quand le jerrican est vide, il faut aller porter 20 L d’eau. Même si c’est juste devant la porte, c’est 20 L d’eau à porter pour arroser le jardin. 20 L d’eau, c’est 20 kg, donc deux fois 20 kg à porter.
Ça te fait rationaliser ton comportement.
Ce truc de l’autocontrainte, je pense que c’est assez fort.
C’est aussi un peu pour ça qu’on a été vers l’autonomie électrique. Au début, on était en autonomie électrique solaire : on a une quantité finie d’énergie. C’est le cas en vrai, même sur le réseau, mais nous on a ce sentiment d’infini.
Tant qu’on est capable de payer la facture – et encore, c’est différé, c’est à la fin du mois – ce n’est pas tout de suite que tu vois les euros, les watts ou les litres défiler. Ce n’est pas palpable.
Donc tu tires, tu tires.
Si tu es sur un puits, tu vois que ton puits baisse, baisse, baisse, et à un moment donné tu ne vas peut-être plus nettoyer ta voiture ou remplir ta piscine.
Le fait d’avoir été autonome nous a permis de réduire fortement notre besoin énergétique, parce qu’on a refait le point sur ce dont on avait vraiment besoin. J’en parle d’ailleurs dans « L’autonomie électrique solaire c’est rentable ? C’est écologique ? » puis dans « L’autonomie électrique, c’est fini ».
Je n’ai pas du tout le parcours « carte postale » qu’on aime bien raconter dans les médias :
« J’étais à Paris, j’étais trader, j’ai tout quitté, je suis allé m’installer dans la Creuse… »
Non. Ça a été hyper progressif.
J’avais un travail ; j’ai toujours cherché à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux.
Toujours ce truc de ne pas passer ma vie au travail : plus de temps, moins d’argent. Du coup, tu fais ton potager, tu fais des trucs qui te prennent plus de temps mais moins d’argent, et c’est OK.
On a divisé nos besoins.
Un Français moyen, c’est à peu près 7 kWh par jour et par personne.
Quelle est votre consommation énergétique et en eau ?
Nous, notre besoin, c’était 500 Wh jour par personne. On avait divisé quasi par 14.
Ça, c’est en période de « pas de soleil », l’hiver. Donc pas de frigo, pas de chauffage électrique, pas de ballon d’eau chaude, etc.
L’hiver, on monte à x4 : on arrive à environ 2 kWh/jour par individu, soit 4 kWh/jour pour le foyer.
Parce que là, il y a le frigo, du surplus d’eau chaude, mais qu’on n’utilise que quand il y a du soleil. On n’a pas augmenté la surface de panneaux solaires : c’est le même matériel, mais on n’utilise ces usages que quand l’énergie est là.
Chez les écolos, il y a souvent ce paradoxe :
- On veut de l’énergie renouvelable,
- cette énergie est intermittente,
- mais on ne supporte pas l’intermittence.
Ce n’est pas OK de ne pas avoir d’électricité quand il n’y a pas de soleil… alors que ce serait justement jouer sur notre confort.
Maintenant, j’ai racheté des panneaux solaires et je suis en autoconsommation sur le réseau. Mon installation autonome était en fin de vie. Il lui restait quelques années, mais on arrivait à 9 ans : sur une installation autonome, ce sont les batteries qui flanchent en premier. Une batterie plomb, c’est 12–15 ans si tu l’as bien menée (les panneaux, c’est 25–30 ans).
J’avais opté pour le plomb parce que :
- il y a une filière de recyclage,
- avec des batteries au plomb, on peut refaire des batteries au plomb.
Ça nécessite de l’énergie, donc il faut le faire le moins possible, toujours moins, mais c’est faisable.
Mon enjeu, maintenant, c’est d’avoir le plus de stockage possible sans batterie (donc dans les matériaux, l’eau chaude, etc.), parce que c’est ça qui meurt le plus vite.
Malgré ça, ce côté intermittent, j’aime bien. J’aime bien jouer avec cette énergie intermittente.
Je vise quasiment pas d’énergie par jour depuis le réseau.
Dernièrement, j’ai regardé : on était à 60 centimes de consommation par jour d’électricité (hors abonnement).
L’abonnement, c’est 10 € par mois ; il est plus cher que l’énergie elle-même, mais c’est OK : le réseau, c’est un truc collectif.
Je trouve normal que si j’habite près du poteau ou de la centrale, il y ait un ratio avec celui qui habite plus loin. On collectivise une installation.
Donc, on est sur le réseau, mais on joue avec le soleil.
Le jeu, c’est :
- consommer le moins possible la nuit,
- et ramener le plus possible la consommation en journée quand il y a du soleil.
S’il n’y a pas de soleil :
- je ne peux pas recharger mon vélo électrique → peut-être que je prends mon vélo sans assistance,
- je ne peux pas allumer l’eau chaude → soit je fais l’eau chaude ailleurs, soit je m’en passe.
En été, je pense que je suis autour de 80 % de solaire direct, 20 % réseau.
Pour l’eau : un Français moyen, c’est 150 L/jour/personne.
Nous, on est autour de 10–20 L/jour/personne, très variable selon les machines à laver, etc. Globalement, on a divisé par 10 notre consommation d’eau par rapport à la moyenne. Je détaille ces chiffres dans l’article sur mon bilan CO₂.
On est toujours à 3 tonnes de CO₂, et l’objectif c’est 2 tonnes par an et par habitant.
Quels sont les postes de consommation les plus énergivores ?
Si on part de l’eau :
Le plus gros poste, ce n’est pas les toilettes comme on l’entend souvent, c’est la douche / le bain.
En France, en moyenne, c’est 150 L/jour/personne, et la douche est une énorme part de cette consommation.
Une pomme de douche classique :
- 9–10 L/min (jusqu’à 15 pour les pires),
- les très économes, 5 L/min.
La douche moyenne : 9 minutes.
Tu fais le calcul : environ 60–80 L.
70 L d’eau, c’est 70 kg. Si tu devais porter cette eau pour la mettre dans ta douche, tu aurais déjà pris une bonne suée → tu ne le ferais pas.
Ensuite viennent les toilettes : deuxième poste.
Une chasse d’eau, c’est environ 9–10 L. À chaque tirage, 10 L d’eau potable.
On distingue :
- l’eau grise (douche, vaisselle) : huileuse, savonneuse, un peu « cracra » mais relativement récupérable ;
- l’eau noire (toilettes) : contaminée par les excréments, médicaments, hormones, etc.
Tout ce qui est contaminé par les excréments, c’est fatal pour le cycle de l’eau.
Exemple : la pilule hormonale féminine (oestrogènes). Ces molécules ne sont pas filtrées correctement dans les stations d’assainissement.
Résultat :
- on les rejette,
- on les retrouve dans les rivières,
- on les reboit,
- on en remet encore plus dans le milieu : boucle infinie.
Dans l’eau, ces molécules restent entières.
Dans un compost de toilettes sèches, avec montée en température, elles sont au moins en partie disloquées (sans disparaître totalement).
À l’échelle individuelle, l’habitat n’est qu’une petite part de ce qu’on génère en termes de dépenses en eau : nos vêtements, nos ordinateurs, notre alimentation ont besoin d’eau « cachée ».
Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire dans l’habitat ; il faut faire les deux : individuel et collectif. J’en parle aussi dans mes articles sur l’assainissement et la phytoépuration.
Souvent on oppose :
« Il ne faut pas culpabiliser l’individu, c’est à l’échelle collective que ça se joue. »
Moi, je ne veux pas opposer les deux. Il faut faire les deux.
Ce sont les comportements individuels qui font émerger des comportements collectifs, et les comportements collectifs (loi, normes, obligations) ont des effets de bascule sur les comportements individuels.
Pour l’énergie, c’est pareil : l’énergie qu’on utilise au sein du foyer est une petite part de notre empreinte, mais c’est celle qu’on maîtrise le plus directement.
Le plus gros poste de dépense : le chauffage.
Et maintenant, de plus en plus, la climatisation l’été.
Juste derrière : l’eau chaude. Globalement, tous les postes où on transforme de l’énergie en chaleur : c’est colossal.
Et pour ça, il n’y a pas de mystère : c’est moins.
Moins de m² à chauffer, ou chauffer moins fort, ou chauffer moins longtemps.
On peut aussi :
- chauffer les corps plutôt que les volumes,
- utiliser des tapis chauffants, plaids, vêtements adaptés.
Exemple :
- tapis de souris/chauffant à 100 W vs chauffer toute une maison à plusieurs kW ;
- un tapis au sol dans un salon carrelé peut permettre de baisser la consigne d’1 °C.
Pour le chauffe-eau :
Un ballon de 200 L d’eau chaude en permanence, est-ce nécessaire ? Il faut se poser la question.
Après le chauffage et l’eau chaude, viennent la cuisson et les appareils électriques.
Les veilles ne sont pas négligeables :
- un appareil qui consomme peu mais 24/24 pèse lourd sur la facture,
- par exemple une box Internet : 10 W sans Wi-Fi, 20 W avec Wi-Fi.
On peut :
- couper le Wi-Fi quand on n’en a pas besoin,
- ou couper complètement la box la nuit avec une prise programmable.
On n’est pas encore dans une adoption massive des low-tech, parce qu’on n’est pas matériellement contraints par le changement climatique dans notre quotidien immédiat.
En vrai on l’est, mais le lien est lointain, ce n’est plus seulement « pour nos petits-enfants », c’est déjà pour nos enfants… mais on a encore accès à une énergie abondante et peu chère.
J’ai fait un petit bilan carbone : je suis à 3 tonnes équivalent CO₂ par an.
Un Français moyen est à 10 tonnes. L’objectif, pour les scénarios à 1,5–2 °C, c’est 2 tonnes par an.
Donc 3 tonnes, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faut faire mieux.
Dans ces 3 tonnes, il y a 1 tonne imputable au collectif / services publics, que j’utilise (école, transports, hôpital, routes, etc.), et c’est normal.
Du coup, les 2 tonnes « restantes » sont à viser sur ce que je maîtrise vraiment. Est-ce utopique ?
Je ne pense pas que se couper du réseau soit la solution : les effets d’échelle sont importants, et il y a plein de choses qu’on ne peut pas optimiser à l’échelle individuelle.
Exemple :
- une installation PV autonome chez soi + une installation PV autonome au travail → doublon de matériel ;
- le réseau permet de mutualiser.
Encore une fois : ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins : moins d’eau, moins de transport, moins de m², moins d’objets.
Quelles sont les low-tech qui ont un impact significatif ?
La première qui me vient, parce que c’est au cœur de l’impact individuel : le transport.
Il existe une low-tech qui marche à merveille : le vélo.
Même à la campagne.
Moi je n’ai pas de voiture.
Je triche un peu : j’ai un vélo électrique que j’ai électrifié moi-même (j’ai même tenté de faire ma batterie – retour d’expérience : ne faites pas ça chez vous, c’est galère et ça ne tient pas longtemps).
C’est un vélo un peu porteur : je peux emmener ma fille, les courses, j’ai une remorque, une vraie capacité d’emport.
Un vélo électrique permet d’allonger les distances, par tous les temps, avec le bon équipement :
- bon casque avec visière,
- tenue de pluie,
- guêtres, etc.
Je vais chez mes clients à Nantes en vélo, 1h–1h15 de route : j’arrive, j’ai à peine la barbe mouillée.
Économiquement, si tu enlèves ta voiture de ton budget, tu peux t’acheter un très bon vélo, l’entretenir, et tu gagnes.
Quelques ordres de grandeur :
- une recharge de vélo électrique : ~10–15 centimes pour 80–100 km,
- transporter 60–70 kg de « bidoche » avec 1–1,5 tonne de métal, c’est une aberration par rapport à 20–30 kg de métal (un vélo).
Ensuite, la douche : premier poste de dépense en eau.
Juste couper le chauffe-eau, ou avoir un plus petit ballon, peut déjà changer beaucoup.
Nous, on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche. On fonctionne au gant de toilette et à la bassine.
- 1 à 3 L d’eau suffisent pour se laver.
En termes de low-tech, c’est imbattable : une bassine, un gant. J’ai aussi testé des douches à recyclage type Showerloop, mais pour notre usage ce n’est pas ce qui marche le mieux au quotidien.
Ensuite, la cuisson :
Si tu as un peu de jardin, le four solaire Atominique, ce n’est pas très cher, et très peu impactant à fabriquer. Si tu es au travail toute la journée et que tu rentres juste le soir, c’est moins pertinent (il faut être là quand il y a du soleil), mais même juste le week-end, ça peut valoir le coup.
Les toilettes sèches :
Deuxième gros poste de dépense en eau, et gros impact sur le milieu naturel.
Low-tech par excellence :
- une boîte en bois,
- un trou,
- un seau,
- de la sciure.
Idéalement : condamner les toilettes à eau, sinon on finit par ne plus utiliser les toilettes sèches. J’ai détaillé tout ça dans « Toilettes sèches à litière (théorie et pratique) ».
Il y a aussi les composts partagés : je ne sais pas si on peut y mettre du compost de toilettes sèches, c’est à discuter au cas par cas, mais il existe quelques initiatives locales qui collectent les matières de toilettes sèches.
Pour la machine à laver :
Une machine qui chauffe l’eau → 2000 W (ordre de grandeur).
La même machine avec eau déjà chaude envoyée depuis ailleurs → ~150 W (juste le moteur).
On peut produire l’eau chaude différemment : solaire thermique, poêle de masse, excédent PV… Je détaille tout ça dans l’article « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge ».
Une installation solaire thermique, c’est :
- low-tech,
- rentable sur la durée,
- souvent subventionnée.
En gros :
- Isoler sa maison (chauffage = 1er poste).
- Travailler sur l’eau chaude (2e gros poste).
Quel est ton retour d’expérience par rapport à l’autonomie énergétique ?
Quand je faisais des formations sur l’autonomie électrique solaire, je voyais bien les tiraillements :
- financier,
- écologique,
- confort / sécurité.
Je vais le dire tout de suite : l’autonomie n’est pas économiquement viable.
Sinon, tous les radins seraient débranchés du réseau, auraient des cuves de récupération d’eau, etc.
Le kWh est encore trop bas. Même si le prix fait x2, on a encore de la marge. À l’échelle de plusieurs années, ça reste peu rentable.
Donc il ne faut pas le faire pour ça.
Moi, je suis allé vers l’autonomie pour plusieurs raisons :
- j’étais dans un champ,
- si je voulais l’électricité, il fallait soit tirer une ligne, soit être autonome,
- il y avait un enjeu de mobilité / réversibilité de l’habitat.
Je pensais que c’était « l’idéal ».
Avec le temps, j’ai changé de regard : si demain tous les foyers sont autonomes, avec des panneaux sur tous les toits tout en gardant le même niveau de confort et de dépenses, on a un problème :
- les études montrent qu’on n’a pas assez de minerais rares pour installer du photovoltaïque partout à ce niveau de consommation ;
- on risque de griller les ressources à court terme, pour ne plus pouvoir renouveler demain.
Donc, encore une fois, ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins.
Par contre, je dis merci à cette période où j’ai été autonome, parce qu’elle m’a empêché de croître en besoins pendant 8–9 ans.
Quand tu fais ton installation autonome, c’est comme un puits :
- elle a une certaine taille (panneaux, batteries),
- peu importe ce qui se passe, tu as ça.
Tu ne peux pas acheter un nouvel appareil sans négocier :
- soit tu le fais tourner seulement quand il y a du soleil,
- soit tu l’utilises seulement l’été,
- soit tu renonces à autre chose.
C’est une vraie contrainte.
Du coup, je dirais que ce serait intéressant que tous les Français vivent 2–3 ans en autonomie pour acquérir des gestes et des habitudes.
Exemple de l’eau :
- pendant 3 ans, on a eu notre bidon d’eau propre qui se vidait dans un bidon d’eau sale ;
- quand on a mis l’eau courante ensuite, notre consommation d’eau n’a pas augmenté.
Les habitudes étaient ancrées.
Poêle de masse
Ici, on est devant le MiniMasse, le petit poêle de masse d’Agir Low-Tech.
C’est un poêle conçu pour :
- les petits habitats légers et/ou mobiles,
- satisfaire tous les besoins de chaleur d’un petit habitat : chauffage, cuisson, eau chaude.
Un poêle de masse, c’est souvent plus gros et plus massif que celui-là ; celui-ci a été dimensionné pour des petites surfaces :
- maison de 40 m²,
- jusqu’à ~100 m² très bien isolés / très bien pensés (limite haute).
Il a été pensé pour être semi-démontable :
- de grands linteaux qu’on peut démonter assez facilement,
- maçonnés à l’argile réfractaire,
- on peut le démonter en une journée,
- poids total ~400 kg,
- le foyer central ~150 kg, transportable sur un diable.
On peut donc :
- venir en stage 5 jours,
- construire son poêle,
- le démonter,
- l’emporter chez soi et le remonter.
Les matériaux principaux :
- briques réfractaires (écrasante majorité),
- un peu de métallerie (portes, clapets, plancha, etc.),
- quelques matériaux annexes (tresse de verre, joints).
Fonctionnement
Il faut imaginer un conduit de cheminée raccordé en haut (je l’ai démonté pour le transport). Ce n’est pas du Wi-Fi : il faut un vrai conduit.
Sur ce poêle, on a :
- une plaque de cuisson au-dessus, en contact thermique avec le foyer,
- des ailettes internes qui conduisent la chaleur dans la masse,
- la possibilité de cuisiner sur le poêle,
- un four noir à l’intérieur (là où on fait le feu).
À la fin de la flambée :
- on peut cuisiner à l’intérieur (pain, tartes, cookies, etc.),
- on met parfois une brique à la place du bois pour ne pas être en contact direct avec les braises,
- les parois rayonnent la chaleur sur le plat.
C’est un foyer dans lequel :
- on brûle du bois de façon vive,
- on émet peu de particules fines,
- les briques réfractaires stockent la chaleur,
- la chaleur est ensuite diffusée par rayonnement dans la maison.
La flambée typique chez nous :
- foyer prévu pour 3 kg de bois,
- environ 1 heure de feu,
- et 24 heures de chaleur.
En pratique :
- j’allume souvent mon feu le soir,
- le matin, il fait la même température qu’au coucher,
- la montée en température est progressive (1–2 °C max),
- la descente aussi est très stable.
Contrairement à un poêle en fonte / en métal (très réactif) :
- il fait très vite trop chaud,
- puis ça se refroidit très vite.
Le secret de cette progressivité :
- le poids (l’inertie),
- la quantité de briques,
- et le parcours des fumées (dimensionné comme décrit sur le blog).
Durée de construction, accompagnement
Au sein d’Agir Low-Tech, l’asso fait de la R&D et diffuse les plans. Des personnes (dans ou autour du réseau) organisent des stages :
- sur 5 jours,
- on construit un poêle de masse,
- on repart avec (semi-démonté),
- on sait maçonner des briques (droites de préférence !).
Consommation de bois
Nous, avec ce poêle pour ~50 m², c’est :
- 3 kg de bois/jour,
- soit ~0,5–0,7 stère par an, selon l’hiver,
- moins d’1 stère pour couvrir :
- le chauffage,
- la cuisson (soupe, pain, etc.),
- une partie de l’eau chaude (via échangeur).
Au regard des usages couverts, c’est peu. Je montre ça en détail dans l’article « Une soirée de cuisine sur/dans le MiniMasse ».
Allumage « propre »
On ne fait pas d’allumage par le dessous (comme avant).
On allume :
- par le dessus,
- voire par l’avant,
→ jusqu’à 80 % de particules fines en moins.
Les anciens laissaient souvent une bûche couver pour retrouver de la braise le matin et éviter de rallumer.
Mais laisser couver une bûche à très faible tirage toute la nuit, c’est extrêmement polluant.
Guillaume (copain d’Agir Low-Tech) avait fait le calcul :
Laisser une bûche couver toute la nuit, c’est comme si tu prenais ta voiture (vieux diesel) et que tu faisais des tours de périph’ toute la nuit en termes de particules fines.
Si tu en es là, c’est souvent que :
- dès que tu coupes ton poêle, il fait froid,
- donc soit ta maison est mal isolée,
- soit ton poêle manque d’inertie,
- soit les deux.
Dans ce poêle de masse-là, ça n’a pas de sens de laisser couver :
- soit c’est à fond (flambée vive),
- soit c’est arrêté.
Les gens qui viennent à la maison :
- voient rarement le poêle allumé,
- mais il fait toujours bon,
- → ça les convainc souvent tout seuls.
Rayonnement vs convection
Le poêle de masse fonctionne principalement par rayonnement.
Un poêle classique fonctionne surtout par convection :
- l’air est chauffé,
- il monte, redescend, crée des mouvements d’air.
Le rayonnement, lui :
- vient d’une masse chaude (le poêle, les murs),
- traverse notre corps,
- nous réchauffe « de l’intérieur ».
La convection, c’est plutôt de la chaleur qui nous caresse la peau en surface, mais pas en profondeur.
On l’a rapidement constaté avec les murs :
- le rayonnement se transmet d’une masse chaude vers une masse plus froide,
- nous sommes une masse,
- si la surface de notre corps est à ~30 °C et le poêle à 60 °C, on récupère ses calories,
- idem pour les murs et le sol.
On a vécu un an dans la maison avec un poêle classique :
- parfois 24–25 °C d’air,
- murs à 19 °C,
- dès que le poêle s’arrêtait, ça retombait vite à 17 °C.
Avec le poêle de masse, après quelques flambées :
- murs montés à 19–21 °C,
- et ils ne bougent plus de l’hiver.
Le confort thermique ressenti, pour simplifier, c’est la moyenne entre :
- température de l’air (thermomètre classique),
- température des parois (thermomètre infrarouge).
Si :
- tes murs sont à 10 °C,
- l’air à 20 °C,
ton corps ressent quelque chose comme 15 °C.
C’est là que l’inertie joue un rôle énorme.
Isolation par l’intérieur / extérieur
Si tu mets l’isolant à l’extérieur :
- tu gardes la masse à l’intérieur,
- tu peux la réchauffer,
- elle te restitue doucement sa chaleur,
- température plus stable (hiver comme été).
Si tu mets l’isolant à l’intérieur :
- tu ne bénéficies pas de la masse du mur,
- pas de « batterie thermique » accessible,
- variations de température plus fortes.
Les maisons en pierre avec de gros murs sont très confortables l’été pour cette raison.
On peut faire l’analogie avec la bouillotte :
- personne ne met la bouillotte sur la couette,
- on la met dans le lit, sous la couette,
- → la bouillotte (inertie) dedans, l’isolant dehors.
C’est ce qu’on devrait faire pour les maisons.
Chauffe-eau couplé au poêle
En plus de faire la popote dessus, dessous, dedans, le poêle chauffe de l’eau.
Sur la paroi, j’ai :
- un tuyau de cuivre,
- plaqué contre le poêle,
- recouvert de terre.
Ce tuyau est dans un circuit fermé en thermosiphon :
- en bas : arrivée d’eau froide,
- l’eau se réchauffe le long du poêle,
- l’eau chaude, plus dilatée, monte vers un ballon à échangeur,
- elle cède ses calories à l’eau sanitaire,
- ressort refroidie, redescend, etc.
Chez nous :
- petit poêle → petit ballon,
- 20 L, ballon de camion (avec échangeur prévu pour un moteur à l’origine).
Avec 3 kg de bois et une seule paroi chauffante, on obtient :
- de l’eau à ~35–40 °C,
- suffisant pour une douche,
- mais avec peu de « tampon » (petit volume).
Douche
La douche low-tech, c’est ça :
- un gant de toilette,
- une bassine dans un baquet galvanisé,
- une bonde au fond,
- évacuation au tout-à-l’égout / phyto,
- mais pas d’arrivée d’eau.
L’arrivée d’eau se fait :
- au robinet du plan de travail,
- en remplissant à la main (eau chaude venant du ballon, du poêle, du solaire ou du gaz au besoin).
Pour se laver au gant, il faut 2 L d’eau max.
Installer une arrivée d’eau courante dans la douche serait très simple : le ballon est juste à côté. Mais c’est un choix d’autocontrainte de ne pas le faire, pour ne pas retomber dans le gaspillage.
Stockage alimentaire
On a pas mal de petits stockages alimentaires.
Longtemps, on a fonctionné avec un garde-manger extérieur.
Aujourd’hui :
- un petit frigo uniquement l’été (70 L environ),
- l’hiver, il est éteint.
En autonomie, on est partis de ça :
- en été, il y a de l’énergie solaire → facile d’avoir un petit frigo,
- en hiver, beaucoup moins → un frigo consomme ~250 Wh/jour, soit environ ¼ de notre conso hivernale de l’époque.
Rajouter ¼ de conso en hiver aurait nécessité de :
- augmenter largement la puissance PV,
- augmenter la capacité batterie.
On était déjà juste, donc ça aurait été quasi un doublement de l’installation juste pour un frigo.
En plus, c’est un peu absurde de faire du froid à l’intérieur l’hiver, alors qu’on cherche à chauffer la maison, et qu’il fait froid dehors.
L’été, à l’inverse, mettre le frigo à l’intérieur dégage de la chaleur là où il fait déjà chaud. Le mettre dehors le ferait consommer plus. Il faut trouver un équilibre.
On est végétariens, ce qui simplifie un peu la chaîne du froid :
- le fromage, ça tient,
- on ne gère pas de viande au quotidien.
Longtemps, on a eu un garde-manger extérieur au nord, abrité de la pluie, en hauteur (pour les rongeurs), une boîte en bois avec grillage. En termes de low-tech, c’est imbattable, un peu comme le réfrigérateur d’hiver low-tech décrit sur le blog.
Aujourd’hui, on a :
- un cellier type « cave », en briques de terre crue (adobe),
- non isolé mais avec beaucoup d’inertie,
- température plus stable que dehors (lisse les pics).
Et un mini-frigo passif :
- arrivée d’air frais canalisée depuis l’extérieur,
- évacuation en haut vers le toit,
- petite éolienne de toiture qui crée le tirage,
- joint type joint de frigo, clapets pour ouvrir/fermer selon où il fait le plus frais.
On y met :
- beurre (salé, ce qui aide à la conservation),
- lait végétal,
- yaourts (on essaie de ne pas les garder trop longtemps),
- plats entamés, etc.
On a aussi renoncé au congélateur, trop énergivore en autonomie (et à l’année).
À la place :
- lactofermentation (saumure),
- conserves au four solaire,
- autres méthodes de conservation.
Le congélateur est très pratique, mais très énergivore. Sans congél, on est obligés de réfléchir, de transformer, de conserver autrement.
Poste de pilotage énergétique
Dans la maison, j’ai un coin « poste de pilotage énergétique » :
- batteries de vélo,
- batteries d’outillage (Makita),
- commande du chauffe-eau,
- un système domotique maison basé sur PvMonit.
Une petite électronique :
- pilote le surplus d’énergie solaire,
- envoie le surplus dans certains usages (chauffe-eau, etc.),
- avec des règles de priorité : par exemple, le chauffe-eau ne s’enclenche que s’il y a du surplus et si la maison est en dessous de 22 °C.
C’est une sorte de domotique pour la gestion énergétique optimisée, que je détaille dans la série d’articles autour de PvMonit.
Toilettes sèches à ventilation canalisée
Nos toilettes sèches :
- cuvette confortable (matière un peu isolante → fesses pas glacées dans une pièce froide),
- seau,
- sciure / matière carbonée,
- ventilation canalisée.
Ventilation :
- prise d’air extérieure en bas,
- arrivée d’air dans la caisse,
- évacuation par un tuyau qui monte au toit,
- petite éolienne de toiture qui crée un tirage constant.
Résultat :
- toilettes bien sèches,
- zéro odeur,
- zéro mouche (cuvette bien étanche).
On a aussi un composteur dédié aux toilettes sèches :
- trois bacs,
- rotation sur plusieurs années,
- temps de repos de 18 mois à 2 ans avant utilisation au potager.
On a un peu surdimensionné (trois bacs suffisent largement pour nous).
On mélange :
- contenu des seaux,
- déchets verts,
- beaucoup de carbone (carton, feuilles mortes, tonte sèche).
On utilise un brass-compost (vis/ressort) pour :
- aérer,
- mélanger,
- obtenir un compost très vivant.
Après 18–24 mois de repos (sans ajout), on peut l’utiliser, y compris sur les légumes racines, sous certaines précautions.
Le SPANC est venu contrôler notre aire de compost :
- obligation d’avoir un toit au-dessus,
- pour éviter que l’eau de pluie ne ravine des matières fécales vers les nappes.
Une dalle béton sous le compost, c’est une mauvaise idée (compost qui ne fonctionne pas, gros jus, odeurs).
On a réussi à argumenter pour ne pas en mettre, tout en garantissant qu’il n’y aurait pas de ruissellement problématique (toit, emplacement, etc.). Je raconte l’ensemble de cette histoire dans « Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation ».
Phyto-épuration
On a une phyto-épuration (roseaux) pour les eaux grises de la maison.
Principe :
- un bac (ici en plastique, mais maintenant on peut faire maçonné avec agrément),
- au fond : gros gravier,
- puis petit gravier,
- puis sable,
- on plante des roseaux dans le sable.
Le bac est séparé en deux :
- on change une vanne toutes les 2 semaines pour alterner le côté alimenté,
- au fond de chaque côté : un drain (tuyau percé) récupère l’eau,
- l’eau part ensuite par gravité vers les marais / fossé.
En été, il sort très peu d’eau : les roseaux boivent quasiment tout.
On a fait une auto-construction accompagnée pour obtenir l’agrément :
- une entreprise agréée accompagne,
- vérifie que le chantier suit le plan,
- valide pour le SPANC.
Dimensionnement :
- 3 équivalents habitants (150 L/jour/personne),
- chez nous c’est surdimensionné, vu notre faible consommation d’eau,
- au début, les roseaux avaient « faim » : on a aidé au démarrage avec un peu de compost de toilettes sèches.
Frigo du désert et stockage semi-enterré
On a un petit garde-manger semi-enterré :
- gros regard en béton,
- enterré lors des fondations,
- 4–5 °C d’écart avec l’ambiance du cellier selon les saisons,
- surtout utilisé pour les légumes (patates, etc.).
On m’a parlé du « frigo du désert » :
- un pot en terre dans un autre pot en terre,
- sable entre les deux, humidifié,
- refroidissement par évaporation.
Je ne suis pas fan de le documenter tel quel sous nos latitudes :
- ça marche bien dans le désert,
- chez nous, climat humide et tempéré, ça marche beaucoup moins bien,
- il faut remettre beaucoup d’eau (évaporation), ce qui a aussi un coût.
Mitigeur d’eau pour la machine à laver
On a une vieille machine à laver (Vedette) que j’ai adaptée :
- arrivée d’eau froide classique,
- arrivée d’eau chaude produite ailleurs (poêle, solaire, etc.),
- mitigeur thermostatique réglable entre les deux,
- la machine est paramétrée sur « froid »,
- et le mitigeur lui envoie l’eau à 30, 40 °C selon le cycle choisi.
Résultat :
- la résistance électrique de la machine ne sert plus (ou très peu),
- consommation divisée par ~10 (de ~2000 W à 100–150 W).
Tout ça est détaillé dans « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge » et mes tests de douche à recyclage.
Four solaire
On a un four solaire « Atominique », conçu par Dominique (presque voisin). J’en parle dans les articles « Fabriquer un four solaire (cuiseur type boîte) » et « Four solaire (cuiseur type boîte) 2ème version ».
J’avais d’abord fait un four solaire moi-même, mais j’étais tombé dans plusieurs écueils :
- four trop petit (surface de captation trop faible),
- réflecteurs pas assez réfléchissants (pas de vrai miroir),
- vitre s’ouvrant par le dessus (perte de chaleur à l’ouverture).
Dominique a conçu ce four :
- grand,
- réflecteurs en alu miroir,
- parois intérieures en tôle sombre (rouillée),
- vitre qui s’ouvre par l’arrière (la chaleur reste piégée).
Les réflecteurs latéraux sont fixes (angle optimisé), ceux du haut et du bas sont orientables.
On oriente :
- le four au soleil,
- les réflecteurs,
- jusqu’à voir le reflet du soleil au fond du four.
Usage :
- la plupart des cuissons mettent environ le double du temps d’un four classique,
- nécessite un vrai soleil (pas de voile nuageux),
- températures courantes : 110–130 °C pour plein de plats.
On y fait :
- tartes, gâteaux, plats mijotés,
- lentilles, légumes racines (betteraves, etc.),
- surtout des bocaux (stérilisation),
- pas de cuisson « saisie » type oignons à feu vif.
C’est particulièrement pertinent pour les bocaux : laisser le four allumé toute la journée au soleil ne choque pas, contrairement à laisser tourner du gaz pendant des heures.
Construction :
- structure bois (double paroi, pas nécessairement isolée),
- tôle sombre à l’intérieur,
- alu miroir pour les réflecteurs,
- roulettes pour le déplacement,
- capote/bâche pour l’hiver.
Impact de fabrication : très modeste (surtout du bois de récup, quelques plaques métalliques, un peu d’alu miroir).
Concentrateur solaire (tube sous vide)
Je me suis fait aussi un cuiseur concentrateur solaire pour le pain :
- un tube en verre noir à l’intérieur d’un tube en verre transparent,
- vide d’air entre les deux (meilleur isolant),
- vendu par David de « Du soleil dans nos assiettes ».
Le tube seul chauffe déjà au soleil (piège à calories). Avec un réflecteur en demi-cylindre (tôle de conduit de poêle coupée), on augmente encore la température.
On peut :
- faire du pain,
- faire des cookies,
- stériliser des bocaux (avec une version adaptée).
On glisse un plat ou une gouttière à l’intérieur du tube. Le tube :
- peut monter à 180 °C à l’intérieur,
- reste tiède à l’extérieur grâce au vide d’air.
C’est à la fois low-tech (verre, métal) et un peu high-tech (tube sous vide non trivial à fabriquer soi-même), mais ça reste raisonnable. Je regroupe ces expériences sous le mot-clé tube-solaire.
Le concentrateur est :
- monté sur un axe rotatif,
- on oriente grâce à un petit viseur (ombre projetée sur un carré),
- on verrouille la position avec une cale (amélioration en cours).
On pourrait encore améliorer :
- tube fixe, réflecteur qui tourne autour,
- pour éviter de contraindre le tube (cher et fragile).


































