Atelier comprendre et dimensionner un poêle de masse le 28/03/2026 dans le 44

Je vous propose une petite journée d’initiation/ au poêle de masse. Vous repartirez avec les clés pour mieux comprendre et faire le bon choix pour votre contexte. Cette journée est organisée chez moi, à la paillourte dans le 44, au chaud prêt de mon poêle de masse (en espérant qu’il fasse suffisamment froid pour qu’on l’allume 😉 .

Bien sûr il y sera question du MiniMasse : est-ce qu’il sera adapté à votre projet… Mais pas que, si ce n’est pas le cas, nous discuterons les autres possibilités qui s’offre à vous.

Le savoir partagé :

  • Compréhension des éléments de base du « confort thermique »
  • Comment fonctionne un poêle de masse ? (on ouvrira le capot du mien)
  • La capacité à déterminer un besoin de chauffage sur un habitat donné (en fonction de sa composition de mur, volume, situation géographique…)
    • Sur ce point si vous avez un projet personnel, nous travaillerons dessus, lisez ce document afin de venir avec toutes les informations nécessaires.
  • La capacité à déterminer quelle serait la consommation de cet habitat
  • Est-ce qu’un poêle de masse est adapté à mon habitat
  • Quelle options s’offre à moi (auto-construction, kit, artisan…)
  • Et plein de petits points comme la production d’eau chaude, la cuisson (four blanc/noir…) mini atelier pratique de maçonnerie de briques réfractaires
  • Le coût, la rentabilité ;
  • Une vidéo « replay » de la formation sera mis à disposition ;

Ce qui ne sera pas abordé durant ce stage :

Public : le citoyen X, Y, le toi, le nous ! (Aucun niveau de connaissances préalables n’est requis). La jauge est de 11 personnes.

: A Rouans (44640), prêt de Nantes

  • En transport en commun : Vous pouvez venir jusqu’en Train sur Nantes, il y a un Car (ligne 301 aleop) qui part de la gare SNCF de Nantes pour venir jusqu’à Rouans.

Quand : 28 mars 2026 de 9h à ~17h30 (réserver)

Prix : libre et conscient (à lire pour être en plein accord) – un acompte de 10€ pour valider la réservation est demandé.

Infos supplémentaires :

  • Pour les repas je propose auberge espagnol/repas partagé. Chacun apporte un petit truc à manger, on pose sur la table et on partage.
  • Apportez calculatrice, papier, crayon
  • Si vous avez un PC ou tablette (de quoi ouvrir une page web) c’est sympa de l’apporter, il nous en faudrait 2 ou 3 pour le groupe (qui peut rester dans vos mains au moment du travail de groupe)
  • Le détail de votre maison à chauffer

Qui suis-je

Mon expérience sur / autour des poêles de masses

Contactez moi pour tout détails

Réservation

    Dimensionner une production d’eau chaude avec poêle de masse

    Cet article est un peu la continuité de mon article : Chauffe-eau, phase 2 – échangeur avec poêle de masse

    Je suis adhérent de l’AFPMA et j’administre le forum poêle de masse open source. Je vois de nombreuses demandes de poêles de masse inclues la production d’eau chaude sanitaire (ECS). Jusqu’alors, cette option était loin d’être simple à mettre en œuvre sans dégrader la combustion, c’est à dire polluer. De plus, ce type de poêles restait difficile à dimensionner car il n’y avait pas de données disponibles.

    Pour éviter les solutions au doigt mouillé, J’ai créer une petite feuille de calcul (expérimentale) construite à partir d’une campagne de mesures de l’AFPMA réalisée sur plusieurs installations chez les artisans poêliers membres de l’association.

    Avertissement : cette feuille est un premier jet. Elle donne des ordres de grandeur et demande à être consolidée avec davantage de mesures. Contactez l’AFPMA pour participer à une campagne de mesures.

    À quoi sert cette feuille

    L’objectif est simple : relier la flambée à un effet ECS mesurable.

    La feuille permet notamment de répondre à ce genre de questions :

    • Avec X kg de bois dans le foyer, quelle énergie peut être transmise ballon d’eau chaude ?
    • Pour un ballon de Y litres, de combien de degrés la température peut s’élever ?

    Au passage, cet outil aide à remettre l’ECS “sur poêle de masse” à sa place : il s’agit souvent d’un appoint très utile, mais rarement “tout l’ECS”.

    Comment ça marche

    La feuille s’appuie sur une chaîne d’hypothèses :

    1. Énergie du bois (kWh/kg) × masse de bois
    2. Part moyenne transmise au circuit ECS (ratio issu de la campagne de mesure)
    3. Rendement de l’échange eau-eau (là aussi paramétrable)
    4. Conversion en élévation de température d’un volume d’eau (ballon)

    Les entrées (3 cases)

    • Capacité/charge de bois (kg)
    • Volume du ballon d’ECS (L)
    • Température de départ du ballon (°C)

    Les sorties

    • Énergie estimée “dans l’échangeur”
    • Énergie estimée “pour le ballon”
    • Élévation de température (°C) puis température finale estimée

    Les constantes (modifiables)

    Les valeurs utilisées (énergie/kg, ratio moyen, rendement eau-eau…) sont regroupées dans un onglet dédié pour pouvoir être discutées, corrigées et améliorées au fil du temps.

    D’où viennent les chiffres

    Cette feuille est le résultat direct d’un travail collectif :

    • Conception d’un banc de mesure mutualisé (le “labo mobile”) qui avait fait l’objet d’un article dédié : Par Damien Lehmann et David Mercereau
    • Campagne de mesures sur plusieurs types d’échangeurs et d’installations : par 5 poêliers de l’AFPMA
    • Mise en forme / analyse / consolidation des relevés : Par Damien Lehmann et Joseph Billaud

    Participer à une campagne de mesure

    L’idée est maintenant d’ouvrir le champ de cette campagne de mesures et d’obtenir plus de mesures avec ce kit : plus nous aurons de données, plus nous pourrons affiner les ratios, comprendre les écarts, et améliorer la feuille de calcul.

    Un mode d’emploi vous sera fourni avec le kit (montage, purge/éviter les bulles, connexion, récupération des relevés, éléments à documenter…). Malgré cela il vaut mieux être un peu bricoleur et ne pas avoir peur de la plomberie. Vous allez devoir purger votre installation, insérer le compteur, remettre en eau votre installation… Voici le déroulé d’une campagne de mesure :

    1. Vous récupérez le kit (envoi par transporteur)
    2. Vous installez le compteur et lancez l’acquisition (un peu de plomberie à prévoir)
    3. Vous réalisez quelques flambées “propres” (pesée du bois, prise de notes…)
    4. Vous envoyez les relevés et les informations d’installation pour permettre l’exploitation des données

    Si vous êtes volontaires : contactez l’AFPMA !

    Licence / réutilisation

    Cette feuille de calcul est destinée à être partagée et améliorée, avec l’idée de faire progresser le “commun” autour des poêles de masse et de la production d’eau chaude.

    La licence de ces documents est Créative Common BY SA article initialement posté sur afpma.pro

    [video] Low-Tech de mon quotidien pour viser les 2 tonnes d’équivalent CO₂

    J’ai déjà publié mon bilan carbone (eq CO₂) et j’ai pu faire le constat que je n’était pas rendu au 2T de CO₂ équivalent nessécaire d’ici 2030 pour pas dépasser les 1,5°C de réchauffement global (dit le GIEC au moment ou j’écris). Je suis plutôt à 3… On est quand même pas si loin (par rapport au Français moyen qui est plutôt à ~10). Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu discuter des Low-Tech qui était à l’œuvre pour arrivé à ces 3T et elle en a fait une vidéo que voici :

    Clique ici pour afficher le contenu en provenance de YouTube.
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    Des articles en liens avec ce dont on va la vidéo :

    Transcription

    Introduction

    Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer David, qui nous explique les postes de consommation les plus énergivores, son principe d’autocontrainte qui lui permet de diviser par 10 sa consommation d’eau et par 14 sa consommation électrique par rapport à la moyenne française.

    Quelles low-tech met-il en place pour limiter son impact environnemental ? Il nous livrera aussi sa vision et son retour d’expérience sur l’autonomie énergétique.

    David et sa famille appliquent une vraie philosophie de vie autour d’une remise en question fondamentale de leurs besoins, leur permettant d’être à presque 2 tonnes équivalents CO₂ par an et par personne, quand la moyenne française est à 9,8 tonnes. Tu trouveras plus de détails dans son article « Bilan CO₂ : Mon mode de vie n’est pas soutenable ».

    Une sobriété qui leur permet de reconsidérer leur rapport au travail, à l’argent et au temps.

    David donne des formations sur le poêle de masse et sur le solaire photovoltaïque (voir par exemple la page Carnet de Yourte et les stages autour de l’autonomie électrique solaire). Il a d’ailleurs collaboré avec le LowTech Lab sur la construction d’un poêle de masse, et fait partie d’Agir Low-Tech, un fonds de dotation qui fait de la recherche et du développement sur des solutions low-tech dont le partage de connaissances est diffusé librement.

    La section LowTech de l’École Centrale de Nantes vient même étudier le mode de vie low-tech de David. Il tient un blog très bien documenté sur ses retours d’expérience où il partage tout autant ses modes d’emploi que ses erreurs. Je vous recommande vraiment d’aller le voir : c’est une vraie mine d’or. Sa devise d’ailleurs : « Le savoir n’est rien s’il n’est pas partagé. » Et je suis bien d’accord avec lui.

    Une vidéo sur sa paillourte et son cheminement constructif viendra par la suite. J’espère que cela pourra vous inspirer à passer au low-tech, et, pour ceux qui y sont déjà, à développer encore votre esprit low-tech.

    Comment es-tu venu à avoir une vie low-tech ?

    Je suis venu un peu sur cette démarche-là par le pendant écologie, sobriété, tout ça. Je pense que ma prise de conscience s’est faite – j’ai l’impression, comme pas mal de gens – par l’alimentation : mettre le pied dans « Ah ouais, le bio c’est quoi ? », l’agriculture, etc.

    Et puis, après, tout ce petit chemin m’a emmené à une prise de conscience de plus en plus ancrée.

    Il y a eu un moment où je n’étais plus trop aligné avec mes convictions profondes, et je me suis dit qu’il fallait passer un cap, un gap même.

    On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu ça, le point de bascule. Même si je faisais des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort.

    Cette yourte nous permettait assez rapidement de tester tout ça : d’arriver avec un petit habitat pas trop cher, assez vite à construire. On a mis un mois, un mois et demi à la construire, et du coup, bam, on est arrivés, on a pu s’installer, et après c’était bon.

    Un mois et demi, c’était fatiguant, c’était un gros mois et demi, mais il nous restait un peu de jus pour essayer d’autres trucs.

    À cette période-là, j’ai pu me lancer à expérimenter le poêle de masse (c’était le Poilito à l’époque), le four solaire, tous les trucs qu’on avait envie de tester.

    Je pense aussi que ce qui nous a fait avancer vers la sobriété, c’est qu’on a fait table rase.

    On avait la yourte, on avait des murs, et au début on n’avait pas l’eau, pas l’électricité, rien. Il y avait tout à construire.

    Du coup, clairement, tu repars de zéro. C’est l’inverse du mec qui s’installe dans sa maison avec tout le confort habituel et qui doit ensuite déconstruire. Là, on avait tout à construire et il faut prioriser.

    Tu te dis :

    • « OK, il me manque quoi ? L’eau, c’est pas mal quand même. » → On avance.
    • « L’électricité, c’est pas mal quand même. » → On avance.
    • « Finalement, pour faire la vaisselle, c’est urgent. » → On fait ça.
    • « Après, il nous faut un petit coin pour se laver. » → On fait ça.

    On a fait un baquet, on n’avait pas l’eau courante, et finalement ça fait 9 ou 10 ans qu’on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche… et ça va bien.

    Du coup, on a pu travailler sur notre confort et notre besoin de confort petit à petit, en repartant de zéro.

    Je pense que c’est ça qui nous a emmenés vers la sobriété.

    C’est difficile de vivre dans ce monde d’abondance et de retirer des couches, alors qu’ajouter des couches, des petites couches, et se demander si la couche suivante est nécessaire, vitale, tout ça, c’est plus facile.

    Nous, on est partis de ce truc-là d’autocontrainte, parce qu’un monde d’abondance, ça emmène à la surconsommation. On le voit bien.

    Typiquement, pour l’eau :

    Quand on a installé l’eau, on avait un robinet qui arrivait, mais on l’a volontairement fait arriver à l’extérieur de la maison, juste devant. On passait la porte, et il y avait le robinet d’eau.

    Ce simple truc te fait rationaliser tes comportements.

    Pour la vaisselle, j’avais mis en place un système de double jerrican :

    • un jerrican d’eau propre,
    • qui se vidait dans l’évier,
    • puis l’eau allait dans un jerrican d’eau sale.

    Après, tu vas mettre le jerrican d’eau sale dans le jardin, et tu remplis un jerrican d’eau propre.

    Ce simple truc-là, mine de rien, quand le jerrican est vide, il faut aller porter 20 L d’eau. Même si c’est juste devant la porte, c’est 20 L d’eau à porter pour arroser le jardin. 20 L d’eau, c’est 20 kg, donc deux fois 20 kg à porter.

    Ça te fait rationaliser ton comportement.

    Ce truc de l’autocontrainte, je pense que c’est assez fort.

    C’est aussi un peu pour ça qu’on a été vers l’autonomie électrique. Au début, on était en autonomie électrique solaire : on a une quantité finie d’énergie. C’est le cas en vrai, même sur le réseau, mais nous on a ce sentiment d’infini.

    Tant qu’on est capable de payer la facture – et encore, c’est différé, c’est à la fin du mois – ce n’est pas tout de suite que tu vois les euros, les watts ou les litres défiler. Ce n’est pas palpable.

    Donc tu tires, tu tires.

    Si tu es sur un puits, tu vois que ton puits baisse, baisse, baisse, et à un moment donné tu ne vas peut-être plus nettoyer ta voiture ou remplir ta piscine.

    Le fait d’avoir été autonome nous a permis de réduire fortement notre besoin énergétique, parce qu’on a refait le point sur ce dont on avait vraiment besoin. J’en parle d’ailleurs dans « L’autonomie électrique solaire c’est rentable ? C’est écologique ? » puis dans « L’autonomie électrique, c’est fini ».

    Je n’ai pas du tout le parcours « carte postale » qu’on aime bien raconter dans les médias :

    « J’étais à Paris, j’étais trader, j’ai tout quitté, je suis allé m’installer dans la Creuse… »

    Non. Ça a été hyper progressif.

    J’avais un travail ; j’ai toujours cherché à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux.

    Toujours ce truc de ne pas passer ma vie au travail : plus de temps, moins d’argent. Du coup, tu fais ton potager, tu fais des trucs qui te prennent plus de temps mais moins d’argent, et c’est OK.

    On a divisé nos besoins.

    Un Français moyen, c’est à peu près 7 kWh par jour et par personne.

    Quelle est votre consommation énergétique et en eau ?

    Nous, notre besoin, c’était 500 Wh jour par personne. On avait divisé quasi par 14.

    Ça, c’est en période de « pas de soleil », l’hiver. Donc pas de frigo, pas de chauffage électrique, pas de ballon d’eau chaude, etc.

    L’hiver, on monte à x4 : on arrive à environ 2 kWh/jour par individu, soit 4 kWh/jour pour le foyer.

    Parce que là, il y a le frigo, du surplus d’eau chaude, mais qu’on n’utilise que quand il y a du soleil. On n’a pas augmenté la surface de panneaux solaires : c’est le même matériel, mais on n’utilise ces usages que quand l’énergie est là.

    Chez les écolos, il y a souvent ce paradoxe :

    • On veut de l’énergie renouvelable,
    • cette énergie est intermittente,
    • mais on ne supporte pas l’intermittence.

    Ce n’est pas OK de ne pas avoir d’électricité quand il n’y a pas de soleil… alors que ce serait justement jouer sur notre confort.

    Maintenant, j’ai racheté des panneaux solaires et je suis en autoconsommation sur le réseau. Mon installation autonome était en fin de vie. Il lui restait quelques années, mais on arrivait à 9 ans : sur une installation autonome, ce sont les batteries qui flanchent en premier. Une batterie plomb, c’est 12–15 ans si tu l’as bien menée (les panneaux, c’est 25–30 ans).

    J’avais opté pour le plomb parce que :

    • il y a une filière de recyclage,
    • avec des batteries au plomb, on peut refaire des batteries au plomb.

    Ça nécessite de l’énergie, donc il faut le faire le moins possible, toujours moins, mais c’est faisable.

    Mon enjeu, maintenant, c’est d’avoir le plus de stockage possible sans batterie (donc dans les matériaux, l’eau chaude, etc.), parce que c’est ça qui meurt le plus vite.

    Malgré ça, ce côté intermittent, j’aime bien. J’aime bien jouer avec cette énergie intermittente.

    Je vise quasiment pas d’énergie par jour depuis le réseau.

    Dernièrement, j’ai regardé : on était à 60 centimes de consommation par jour d’électricité (hors abonnement).

    L’abonnement, c’est 10 € par mois ; il est plus cher que l’énergie elle-même, mais c’est OK : le réseau, c’est un truc collectif.

    Je trouve normal que si j’habite près du poteau ou de la centrale, il y ait un ratio avec celui qui habite plus loin. On collectivise une installation.

    Donc, on est sur le réseau, mais on joue avec le soleil.

    Le jeu, c’est :

    • consommer le moins possible la nuit,
    • et ramener le plus possible la consommation en journée quand il y a du soleil.

    S’il n’y a pas de soleil :

    • je ne peux pas recharger mon vélo électrique → peut-être que je prends mon vélo sans assistance,
    • je ne peux pas allumer l’eau chaude → soit je fais l’eau chaude ailleurs, soit je m’en passe.

    En été, je pense que je suis autour de 80 % de solaire direct, 20 % réseau.

    Pour l’eau : un Français moyen, c’est 150 L/jour/personne.

    Nous, on est autour de 10–20 L/jour/personne, très variable selon les machines à laver, etc. Globalement, on a divisé par 10 notre consommation d’eau par rapport à la moyenne. Je détaille ces chiffres dans l’article sur mon bilan CO₂.

    On est toujours à 3 tonnes de CO₂, et l’objectif c’est 2 tonnes par an et par habitant.

    Quels sont les postes de consommation les plus énergivores ?

    Si on part de l’eau :

    Le plus gros poste, ce n’est pas les toilettes comme on l’entend souvent, c’est la douche / le bain.

    En France, en moyenne, c’est 150 L/jour/personne, et la douche est une énorme part de cette consommation.

    Une pomme de douche classique :

    • 9–10 L/min (jusqu’à 15 pour les pires),
    • les très économes, 5 L/min.

    La douche moyenne : 9 minutes.

    Tu fais le calcul : environ 60–80 L.

    70 L d’eau, c’est 70 kg. Si tu devais porter cette eau pour la mettre dans ta douche, tu aurais déjà pris une bonne suée → tu ne le ferais pas.

    Ensuite viennent les toilettes : deuxième poste.

    Une chasse d’eau, c’est environ 9–10 L. À chaque tirage, 10 L d’eau potable.

    On distingue :

    • l’eau grise (douche, vaisselle) : huileuse, savonneuse, un peu « cracra » mais relativement récupérable ;
    • l’eau noire (toilettes) : contaminée par les excréments, médicaments, hormones, etc.

    Tout ce qui est contaminé par les excréments, c’est fatal pour le cycle de l’eau.

    Exemple : la pilule hormonale féminine (oestrogènes). Ces molécules ne sont pas filtrées correctement dans les stations d’assainissement.

    Résultat :

    • on les rejette,
    • on les retrouve dans les rivières,
    • on les reboit,
    • on en remet encore plus dans le milieu : boucle infinie.

    Dans l’eau, ces molécules restent entières.

    Dans un compost de toilettes sèches, avec montée en température, elles sont au moins en partie disloquées (sans disparaître totalement).

    À l’échelle individuelle, l’habitat n’est qu’une petite part de ce qu’on génère en termes de dépenses en eau : nos vêtements, nos ordinateurs, notre alimentation ont besoin d’eau « cachée ».

    Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire dans l’habitat ; il faut faire les deux : individuel et collectif. J’en parle aussi dans mes articles sur l’assainissement et la phytoépuration.

    Souvent on oppose :

    « Il ne faut pas culpabiliser l’individu, c’est à l’échelle collective que ça se joue. »

    Moi, je ne veux pas opposer les deux. Il faut faire les deux.

    Ce sont les comportements individuels qui font émerger des comportements collectifs, et les comportements collectifs (loi, normes, obligations) ont des effets de bascule sur les comportements individuels.

    Pour l’énergie, c’est pareil : l’énergie qu’on utilise au sein du foyer est une petite part de notre empreinte, mais c’est celle qu’on maîtrise le plus directement.

    Le plus gros poste de dépense : le chauffage.

    Et maintenant, de plus en plus, la climatisation l’été.

    Juste derrière : l’eau chaude. Globalement, tous les postes où on transforme de l’énergie en chaleur : c’est colossal.

    Et pour ça, il n’y a pas de mystère : c’est moins.

    Moins de m² à chauffer, ou chauffer moins fort, ou chauffer moins longtemps.

    On peut aussi :

    • chauffer les corps plutôt que les volumes,
    • utiliser des tapis chauffants, plaids, vêtements adaptés.

    Exemple :

    • tapis de souris/chauffant à 100 W vs chauffer toute une maison à plusieurs kW ;
    • un tapis au sol dans un salon carrelé peut permettre de baisser la consigne d’1 °C.

    Pour le chauffe-eau :

    Un ballon de 200 L d’eau chaude en permanence, est-ce nécessaire ? Il faut se poser la question.

    Après le chauffage et l’eau chaude, viennent la cuisson et les appareils électriques.

    Les veilles ne sont pas négligeables :

    • un appareil qui consomme peu mais 24/24 pèse lourd sur la facture,
    • par exemple une box Internet : 10 W sans Wi-Fi, 20 W avec Wi-Fi.

    On peut :

    • couper le Wi-Fi quand on n’en a pas besoin,
    • ou couper complètement la box la nuit avec une prise programmable.

    On n’est pas encore dans une adoption massive des low-tech, parce qu’on n’est pas matériellement contraints par le changement climatique dans notre quotidien immédiat.

    En vrai on l’est, mais le lien est lointain, ce n’est plus seulement « pour nos petits-enfants », c’est déjà pour nos enfants… mais on a encore accès à une énergie abondante et peu chère.

    J’ai fait un petit bilan carbone : je suis à 3 tonnes équivalent CO₂ par an.

    Un Français moyen est à 10 tonnes. L’objectif, pour les scénarios à 1,5–2 °C, c’est 2 tonnes par an.

    Donc 3 tonnes, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faut faire mieux.

    Dans ces 3 tonnes, il y a 1 tonne imputable au collectif / services publics, que j’utilise (école, transports, hôpital, routes, etc.), et c’est normal.

    Du coup, les 2 tonnes « restantes » sont à viser sur ce que je maîtrise vraiment. Est-ce utopique ?

    Je ne pense pas que se couper du réseau soit la solution : les effets d’échelle sont importants, et il y a plein de choses qu’on ne peut pas optimiser à l’échelle individuelle.

    Exemple :

    • une installation PV autonome chez soi + une installation PV autonome au travail → doublon de matériel ;
    • le réseau permet de mutualiser.

    Encore une fois : ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins : moins d’eau, moins de transport, moins de m², moins d’objets.

    Quelles sont les low-tech qui ont un impact significatif ?

    La première qui me vient, parce que c’est au cœur de l’impact individuel : le transport.

    Il existe une low-tech qui marche à merveille : le vélo.

    Même à la campagne.

    Moi je n’ai pas de voiture.

    Je triche un peu : j’ai un vélo électrique que j’ai électrifié moi-même (j’ai même tenté de faire ma batterie – retour d’expérience : ne faites pas ça chez vous, c’est galère et ça ne tient pas longtemps).

    C’est un vélo un peu porteur : je peux emmener ma fille, les courses, j’ai une remorque, une vraie capacité d’emport.

    Un vélo électrique permet d’allonger les distances, par tous les temps, avec le bon équipement :

    • bon casque avec visière,
    • tenue de pluie,
    • guêtres, etc.

    Je vais chez mes clients à Nantes en vélo, 1h–1h15 de route : j’arrive, j’ai à peine la barbe mouillée.

    Économiquement, si tu enlèves ta voiture de ton budget, tu peux t’acheter un très bon vélo, l’entretenir, et tu gagnes.

    Quelques ordres de grandeur :

    • une recharge de vélo électrique : ~10–15 centimes pour 80–100 km,
    • transporter 60–70 kg de « bidoche » avec 1–1,5 tonne de métal, c’est une aberration par rapport à 20–30 kg de métal (un vélo).

    Ensuite, la douche : premier poste de dépense en eau.

    Juste couper le chauffe-eau, ou avoir un plus petit ballon, peut déjà changer beaucoup.

    Nous, on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche. On fonctionne au gant de toilette et à la bassine.

    • 1 à 3 L d’eau suffisent pour se laver.

    En termes de low-tech, c’est imbattable : une bassine, un gant. J’ai aussi testé des douches à recyclage type Showerloop, mais pour notre usage ce n’est pas ce qui marche le mieux au quotidien.

    Ensuite, la cuisson :

    Si tu as un peu de jardin, le four solaire Atominique, ce n’est pas très cher, et très peu impactant à fabriquer. Si tu es au travail toute la journée et que tu rentres juste le soir, c’est moins pertinent (il faut être là quand il y a du soleil), mais même juste le week-end, ça peut valoir le coup.

    Les toilettes sèches :

    Deuxième gros poste de dépense en eau, et gros impact sur le milieu naturel.

    Low-tech par excellence :

    • une boîte en bois,
    • un trou,
    • un seau,
    • de la sciure.

    Idéalement : condamner les toilettes à eau, sinon on finit par ne plus utiliser les toilettes sèches. J’ai détaillé tout ça dans « Toilettes sèches à litière (théorie et pratique) ».

    Il y a aussi les composts partagés : je ne sais pas si on peut y mettre du compost de toilettes sèches, c’est à discuter au cas par cas, mais il existe quelques initiatives locales qui collectent les matières de toilettes sèches.

    Pour la machine à laver :

    Une machine qui chauffe l’eau → 2000 W (ordre de grandeur).

    La même machine avec eau déjà chaude envoyée depuis ailleurs → ~150 W (juste le moteur).

    On peut produire l’eau chaude différemment : solaire thermique, poêle de masse, excédent PV… Je détaille tout ça dans l’article « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge ».

    Une installation solaire thermique, c’est :

    • low-tech,
    • rentable sur la durée,
    • souvent subventionnée.

    En gros :

    1. Isoler sa maison (chauffage = 1er poste).
    2. Travailler sur l’eau chaude (2e gros poste).

    Quel est ton retour d’expérience par rapport à l’autonomie énergétique ?

    Quand je faisais des formations sur l’autonomie électrique solaire, je voyais bien les tiraillements :

    • financier,
    • écologique,
    • confort / sécurité.

    Je vais le dire tout de suite : l’autonomie n’est pas économiquement viable.

    Sinon, tous les radins seraient débranchés du réseau, auraient des cuves de récupération d’eau, etc.

    Le kWh est encore trop bas. Même si le prix fait x2, on a encore de la marge. À l’échelle de plusieurs années, ça reste peu rentable.

    Donc il ne faut pas le faire pour ça.

    Moi, je suis allé vers l’autonomie pour plusieurs raisons :

    • j’étais dans un champ,
    • si je voulais l’électricité, il fallait soit tirer une ligne, soit être autonome,
    • il y avait un enjeu de mobilité / réversibilité de l’habitat.

    Je pensais que c’était « l’idéal ».

    Avec le temps, j’ai changé de regard : si demain tous les foyers sont autonomes, avec des panneaux sur tous les toits tout en gardant le même niveau de confort et de dépenses, on a un problème :

    • les études montrent qu’on n’a pas assez de minerais rares pour installer du photovoltaïque partout à ce niveau de consommation ;
    • on risque de griller les ressources à court terme, pour ne plus pouvoir renouveler demain.

    Donc, encore une fois, ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins.

    Par contre, je dis merci à cette période où j’ai été autonome, parce qu’elle m’a empêché de croître en besoins pendant 8–9 ans.

    Quand tu fais ton installation autonome, c’est comme un puits :

    • elle a une certaine taille (panneaux, batteries),
    • peu importe ce qui se passe, tu as ça.

    Tu ne peux pas acheter un nouvel appareil sans négocier :

    • soit tu le fais tourner seulement quand il y a du soleil,
    • soit tu l’utilises seulement l’été,
    • soit tu renonces à autre chose.

    C’est une vraie contrainte.

    Du coup, je dirais que ce serait intéressant que tous les Français vivent 2–3 ans en autonomie pour acquérir des gestes et des habitudes.

    Exemple de l’eau :

    • pendant 3 ans, on a eu notre bidon d’eau propre qui se vidait dans un bidon d’eau sale ;
    • quand on a mis l’eau courante ensuite, notre consommation d’eau n’a pas augmenté.

    Les habitudes étaient ancrées.

    Poêle de masse

    Ici, on est devant le MiniMasse, le petit poêle de masse d’Agir Low-Tech.

    C’est un poêle conçu pour :

    • les petits habitats légers et/ou mobiles,
    • satisfaire tous les besoins de chaleur d’un petit habitat : chauffage, cuisson, eau chaude.

    Un poêle de masse, c’est souvent plus gros et plus massif que celui-là ; celui-ci a été dimensionné pour des petites surfaces :

    • maison de 40 m²,
    • jusqu’à ~100 m² très bien isolés / très bien pensés (limite haute).

    Il a été pensé pour être semi-démontable :

    • de grands linteaux qu’on peut démonter assez facilement,
    • maçonnés à l’argile réfractaire,
    • on peut le démonter en une journée,
    • poids total ~400 kg,
    • le foyer central ~150 kg, transportable sur un diable.

    On peut donc :

    • venir en stage 5 jours,
    • construire son poêle,
    • le démonter,
    • l’emporter chez soi et le remonter.

    Les matériaux principaux :

    • briques réfractaires (écrasante majorité),
    • un peu de métallerie (portes, clapets, plancha, etc.),
    • quelques matériaux annexes (tresse de verre, joints).

    Fonctionnement

    Il faut imaginer un conduit de cheminée raccordé en haut (je l’ai démonté pour le transport). Ce n’est pas du Wi-Fi : il faut un vrai conduit.

    Sur ce poêle, on a :

    • une plaque de cuisson au-dessus, en contact thermique avec le foyer,
    • des ailettes internes qui conduisent la chaleur dans la masse,
    • la possibilité de cuisiner sur le poêle,
    • un four noir à l’intérieur (là où on fait le feu).

    À la fin de la flambée :

    • on peut cuisiner à l’intérieur (pain, tartes, cookies, etc.),
    • on met parfois une brique à la place du bois pour ne pas être en contact direct avec les braises,
    • les parois rayonnent la chaleur sur le plat.

    C’est un foyer dans lequel :

    • on brûle du bois de façon vive,
    • on émet peu de particules fines,
    • les briques réfractaires stockent la chaleur,
    • la chaleur est ensuite diffusée par rayonnement dans la maison.

    La flambée typique chez nous :

    • foyer prévu pour 3 kg de bois,
    • environ 1 heure de feu,
    • et 24 heures de chaleur.

    En pratique :

    • j’allume souvent mon feu le soir,
    • le matin, il fait la même température qu’au coucher,
    • la montée en température est progressive (1–2 °C max),
    • la descente aussi est très stable.

    Contrairement à un poêle en fonte / en métal (très réactif) :

    • il fait très vite trop chaud,
    • puis ça se refroidit très vite.

    Le secret de cette progressivité :

    • le poids (l’inertie),
    • la quantité de briques,
    • et le parcours des fumées (dimensionné comme décrit sur le blog).

    Durée de construction, accompagnement

    Au sein d’Agir Low-Tech, l’asso fait de la R&D et diffuse les plans. Des personnes (dans ou autour du réseau) organisent des stages :

    • sur 5 jours,
    • on construit un poêle de masse,
    • on repart avec (semi-démonté),
    • on sait maçonner des briques (droites de préférence !).

    Consommation de bois

    Nous, avec ce poêle pour ~50 m², c’est :

    • 3 kg de bois/jour,
    • soit ~0,5–0,7 stère par an, selon l’hiver,
    • moins d’1 stère pour couvrir :
      • le chauffage,
      • la cuisson (soupe, pain, etc.),
      • une partie de l’eau chaude (via échangeur).

    Au regard des usages couverts, c’est peu. Je montre ça en détail dans l’article « Une soirée de cuisine sur/dans le MiniMasse ».

    Allumage « propre »

    On ne fait pas d’allumage par le dessous (comme avant).

    On allume :

    • par le dessus,
    • voire par l’avant,

    → jusqu’à 80 % de particules fines en moins.

    Les anciens laissaient souvent une bûche couver pour retrouver de la braise le matin et éviter de rallumer.

    Mais laisser couver une bûche à très faible tirage toute la nuit, c’est extrêmement polluant.

    Guillaume (copain d’Agir Low-Tech) avait fait le calcul :

    Laisser une bûche couver toute la nuit, c’est comme si tu prenais ta voiture (vieux diesel) et que tu faisais des tours de périph’ toute la nuit en termes de particules fines.

    Si tu en es là, c’est souvent que :

    • dès que tu coupes ton poêle, il fait froid,
    • donc soit ta maison est mal isolée,
    • soit ton poêle manque d’inertie,
    • soit les deux.

    Dans ce poêle de masse-là, ça n’a pas de sens de laisser couver :

    • soit c’est à fond (flambée vive),
    • soit c’est arrêté.

    Les gens qui viennent à la maison :

    • voient rarement le poêle allumé,
    • mais il fait toujours bon,
    • → ça les convainc souvent tout seuls.

    Rayonnement vs convection

    Le poêle de masse fonctionne principalement par rayonnement.

    Un poêle classique fonctionne surtout par convection :

    • l’air est chauffé,
    • il monte, redescend, crée des mouvements d’air.

    Le rayonnement, lui :

    • vient d’une masse chaude (le poêle, les murs),
    • traverse notre corps,
    • nous réchauffe « de l’intérieur ».

    La convection, c’est plutôt de la chaleur qui nous caresse la peau en surface, mais pas en profondeur.

    On l’a rapidement constaté avec les murs :

    • le rayonnement se transmet d’une masse chaude vers une masse plus froide,
    • nous sommes une masse,
    • si la surface de notre corps est à ~30 °C et le poêle à 60 °C, on récupère ses calories,
    • idem pour les murs et le sol.

    On a vécu un an dans la maison avec un poêle classique :

    • parfois 24–25 °C d’air,
    • murs à 19 °C,
    • dès que le poêle s’arrêtait, ça retombait vite à 17 °C.

    Avec le poêle de masse, après quelques flambées :

    • murs montés à 19–21 °C,
    • et ils ne bougent plus de l’hiver.

    Le confort thermique ressenti, pour simplifier, c’est la moyenne entre :

    • température de l’air (thermomètre classique),
    • température des parois (thermomètre infrarouge).

    Si :

    • tes murs sont à 10 °C,
    • l’air à 20 °C,

    ton corps ressent quelque chose comme 15 °C.

    C’est là que l’inertie joue un rôle énorme.

    Isolation par l’intérieur / extérieur

    Si tu mets l’isolant à l’extérieur :

    • tu gardes la masse à l’intérieur,
    • tu peux la réchauffer,
    • elle te restitue doucement sa chaleur,
    • température plus stable (hiver comme été).

    Si tu mets l’isolant à l’intérieur :

    • tu ne bénéficies pas de la masse du mur,
    • pas de « batterie thermique » accessible,
    • variations de température plus fortes.

    Les maisons en pierre avec de gros murs sont très confortables l’été pour cette raison.

    On peut faire l’analogie avec la bouillotte :

    • personne ne met la bouillotte sur la couette,
    • on la met dans le lit, sous la couette,
    • → la bouillotte (inertie) dedans, l’isolant dehors.

    C’est ce qu’on devrait faire pour les maisons.

    Chauffe-eau couplé au poêle

    En plus de faire la popote dessus, dessous, dedans, le poêle chauffe de l’eau.

    Sur la paroi, j’ai :

    • un tuyau de cuivre,
    • plaqué contre le poêle,
    • recouvert de terre.

    Ce tuyau est dans un circuit fermé en thermosiphon :

    • en bas : arrivée d’eau froide,
    • l’eau se réchauffe le long du poêle,
    • l’eau chaude, plus dilatée, monte vers un ballon à échangeur,
    • elle cède ses calories à l’eau sanitaire,
    • ressort refroidie, redescend, etc.

    Chez nous :

    • petit poêle → petit ballon,
    • 20 L, ballon de camion (avec échangeur prévu pour un moteur à l’origine).

    Avec 3 kg de bois et une seule paroi chauffante, on obtient :

    • de l’eau à ~35–40 °C,
    • suffisant pour une douche,
    • mais avec peu de « tampon » (petit volume).

    Douche

    La douche low-tech, c’est ça :

    • un gant de toilette,
    • une bassine dans un baquet galvanisé,
    • une bonde au fond,
    • évacuation au tout-à-l’égout / phyto,
    • mais pas d’arrivée d’eau.

    L’arrivée d’eau se fait :

    • au robinet du plan de travail,
    • en remplissant à la main (eau chaude venant du ballon, du poêle, du solaire ou du gaz au besoin).

    Pour se laver au gant, il faut 2 L d’eau max.

    Installer une arrivée d’eau courante dans la douche serait très simple : le ballon est juste à côté. Mais c’est un choix d’autocontrainte de ne pas le faire, pour ne pas retomber dans le gaspillage.

    Stockage alimentaire

    On a pas mal de petits stockages alimentaires.

    Longtemps, on a fonctionné avec un garde-manger extérieur.

    Aujourd’hui :

    • un petit frigo uniquement l’été (70 L environ),
    • l’hiver, il est éteint.

    En autonomie, on est partis de ça :

    • en été, il y a de l’énergie solaire → facile d’avoir un petit frigo,
    • en hiver, beaucoup moins → un frigo consomme ~250 Wh/jour, soit environ ¼ de notre conso hivernale de l’époque.

    Rajouter ¼ de conso en hiver aurait nécessité de :

    • augmenter largement la puissance PV,
    • augmenter la capacité batterie.

    On était déjà juste, donc ça aurait été quasi un doublement de l’installation juste pour un frigo.

    En plus, c’est un peu absurde de faire du froid à l’intérieur l’hiver, alors qu’on cherche à chauffer la maison, et qu’il fait froid dehors.

    L’été, à l’inverse, mettre le frigo à l’intérieur dégage de la chaleur là où il fait déjà chaud. Le mettre dehors le ferait consommer plus. Il faut trouver un équilibre.

    On est végétariens, ce qui simplifie un peu la chaîne du froid :

    • le fromage, ça tient,
    • on ne gère pas de viande au quotidien.

    Longtemps, on a eu un garde-manger extérieur au nord, abrité de la pluie, en hauteur (pour les rongeurs), une boîte en bois avec grillage. En termes de low-tech, c’est imbattable, un peu comme le réfrigérateur d’hiver low-tech décrit sur le blog.

    Aujourd’hui, on a :

    • un cellier type « cave », en briques de terre crue (adobe),
    • non isolé mais avec beaucoup d’inertie,
    • température plus stable que dehors (lisse les pics).

    Et un mini-frigo passif :

    • arrivée d’air frais canalisée depuis l’extérieur,
    • évacuation en haut vers le toit,
    • petite éolienne de toiture qui crée le tirage,
    • joint type joint de frigo, clapets pour ouvrir/fermer selon où il fait le plus frais.

    On y met :

    • beurre (salé, ce qui aide à la conservation),
    • lait végétal,
    • yaourts (on essaie de ne pas les garder trop longtemps),
    • plats entamés, etc.

    On a aussi renoncé au congélateur, trop énergivore en autonomie (et à l’année).

    À la place :

    • lactofermentation (saumure),
    • conserves au four solaire,
    • autres méthodes de conservation.

    Le congélateur est très pratique, mais très énergivore. Sans congél, on est obligés de réfléchir, de transformer, de conserver autrement.

    Poste de pilotage énergétique

    Dans la maison, j’ai un coin « poste de pilotage énergétique » :

    • batteries de vélo,
    • batteries d’outillage (Makita),
    • commande du chauffe-eau,
    • un système domotique maison basé sur PvMonit.

    Une petite électronique :

    • pilote le surplus d’énergie solaire,
    • envoie le surplus dans certains usages (chauffe-eau, etc.),
    • avec des règles de priorité : par exemple, le chauffe-eau ne s’enclenche que s’il y a du surplus et si la maison est en dessous de 22 °C.

    C’est une sorte de domotique pour la gestion énergétique optimisée, que je détaille dans la série d’articles autour de PvMonit.

    Toilettes sèches à ventilation canalisée

    Nos toilettes sèches :

    • cuvette confortable (matière un peu isolante → fesses pas glacées dans une pièce froide),
    • seau,
    • sciure / matière carbonée,
    • ventilation canalisée.

    Ventilation :

    • prise d’air extérieure en bas,
    • arrivée d’air dans la caisse,
    • évacuation par un tuyau qui monte au toit,
    • petite éolienne de toiture qui crée un tirage constant.

    Résultat :

    • toilettes bien sèches,
    • zéro odeur,
    • zéro mouche (cuvette bien étanche).

    On a aussi un composteur dédié aux toilettes sèches :

    • trois bacs,
    • rotation sur plusieurs années,
    • temps de repos de 18 mois à 2 ans avant utilisation au potager.

    On a un peu surdimensionné (trois bacs suffisent largement pour nous).

    On mélange :

    • contenu des seaux,
    • déchets verts,
    • beaucoup de carbone (carton, feuilles mortes, tonte sèche).

    On utilise un brass-compost (vis/ressort) pour :

    • aérer,
    • mélanger,
    • obtenir un compost très vivant.

    Après 18–24 mois de repos (sans ajout), on peut l’utiliser, y compris sur les légumes racines, sous certaines précautions.

    Le SPANC est venu contrôler notre aire de compost :

    • obligation d’avoir un toit au-dessus,
    • pour éviter que l’eau de pluie ne ravine des matières fécales vers les nappes.

    Une dalle béton sous le compost, c’est une mauvaise idée (compost qui ne fonctionne pas, gros jus, odeurs).

    On a réussi à argumenter pour ne pas en mettre, tout en garantissant qu’il n’y aurait pas de ruissellement problématique (toit, emplacement, etc.). Je raconte l’ensemble de cette histoire dans « Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation ».

    Phyto-épuration

    On a une phyto-épuration (roseaux) pour les eaux grises de la maison.

    Principe :

    • un bac (ici en plastique, mais maintenant on peut faire maçonné avec agrément),
    • au fond : gros gravier,
    • puis petit gravier,
    • puis sable,
    • on plante des roseaux dans le sable.

    Le bac est séparé en deux :

    • on change une vanne toutes les 2 semaines pour alterner le côté alimenté,
    • au fond de chaque côté : un drain (tuyau percé) récupère l’eau,
    • l’eau part ensuite par gravité vers les marais / fossé.

    En été, il sort très peu d’eau : les roseaux boivent quasiment tout.

    On a fait une auto-construction accompagnée pour obtenir l’agrément :

    • une entreprise agréée accompagne,
    • vérifie que le chantier suit le plan,
    • valide pour le SPANC.

    Dimensionnement :

    • 3 équivalents habitants (150 L/jour/personne),
    • chez nous c’est surdimensionné, vu notre faible consommation d’eau,
    • au début, les roseaux avaient « faim » : on a aidé au démarrage avec un peu de compost de toilettes sèches.

    Frigo du désert et stockage semi-enterré

    On a un petit garde-manger semi-enterré :

    • gros regard en béton,
    • enterré lors des fondations,
    • 4–5 °C d’écart avec l’ambiance du cellier selon les saisons,
    • surtout utilisé pour les légumes (patates, etc.).

    On m’a parlé du « frigo du désert » :

    • un pot en terre dans un autre pot en terre,
    • sable entre les deux, humidifié,
    • refroidissement par évaporation.

    Je ne suis pas fan de le documenter tel quel sous nos latitudes :

    • ça marche bien dans le désert,
    • chez nous, climat humide et tempéré, ça marche beaucoup moins bien,
    • il faut remettre beaucoup d’eau (évaporation), ce qui a aussi un coût.

    Mitigeur d’eau pour la machine à laver

    On a une vieille machine à laver (Vedette) que j’ai adaptée :

    • arrivée d’eau froide classique,
    • arrivée d’eau chaude produite ailleurs (poêle, solaire, etc.),
    • mitigeur thermostatique réglable entre les deux,
    • la machine est paramétrée sur « froid »,
    • et le mitigeur lui envoie l’eau à 30, 40 °C selon le cycle choisi.

    Résultat :

    • la résistance électrique de la machine ne sert plus (ou très peu),
    • consommation divisée par ~10 (de ~2000 W à 100–150 W).

    Tout ça est détaillé dans « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge » et mes tests de douche à recyclage.

    Four solaire

    On a un four solaire « Atominique », conçu par Dominique (presque voisin). J’en parle dans les articles « Fabriquer un four solaire (cuiseur type boîte) » et « Four solaire (cuiseur type boîte) 2ème version ».

    J’avais d’abord fait un four solaire moi-même, mais j’étais tombé dans plusieurs écueils :

    • four trop petit (surface de captation trop faible),
    • réflecteurs pas assez réfléchissants (pas de vrai miroir),
    • vitre s’ouvrant par le dessus (perte de chaleur à l’ouverture).

    Dominique a conçu ce four :

    • grand,
    • réflecteurs en alu miroir,
    • parois intérieures en tôle sombre (rouillée),
    • vitre qui s’ouvre par l’arrière (la chaleur reste piégée).

    Les réflecteurs latéraux sont fixes (angle optimisé), ceux du haut et du bas sont orientables.

    On oriente :

    • le four au soleil,
    • les réflecteurs,
    • jusqu’à voir le reflet du soleil au fond du four.

    Usage :

    • la plupart des cuissons mettent environ le double du temps d’un four classique,
    • nécessite un vrai soleil (pas de voile nuageux),
    • températures courantes : 110–130 °C pour plein de plats.

    On y fait :

    • tartes, gâteaux, plats mijotés,
    • lentilles, légumes racines (betteraves, etc.),
    • surtout des bocaux (stérilisation),
    • pas de cuisson « saisie » type oignons à feu vif.

    C’est particulièrement pertinent pour les bocaux : laisser le four allumé toute la journée au soleil ne choque pas, contrairement à laisser tourner du gaz pendant des heures.

    Construction :

    • structure bois (double paroi, pas nécessairement isolée),
    • tôle sombre à l’intérieur,
    • alu miroir pour les réflecteurs,
    • roulettes pour le déplacement,
    • capote/bâche pour l’hiver.

    Impact de fabrication : très modeste (surtout du bois de récup, quelques plaques métalliques, un peu d’alu miroir).

    Concentrateur solaire (tube sous vide)

    Je me suis fait aussi un cuiseur concentrateur solaire pour le pain :

    • un tube en verre noir à l’intérieur d’un tube en verre transparent,
    • vide d’air entre les deux (meilleur isolant),
    • vendu par David de « Du soleil dans nos assiettes ».

    Le tube seul chauffe déjà au soleil (piège à calories). Avec un réflecteur en demi-cylindre (tôle de conduit de poêle coupée), on augmente encore la température.

    On peut :

    • faire du pain,
    • faire des cookies,
    • stériliser des bocaux (avec une version adaptée).

    On glisse un plat ou une gouttière à l’intérieur du tube. Le tube :

    • peut monter à 180 °C à l’intérieur,
    • reste tiède à l’extérieur grâce au vide d’air.

    C’est à la fois low-tech (verre, métal) et un peu high-tech (tube sous vide non trivial à fabriquer soi-même), mais ça reste raisonnable. Je regroupe ces expériences sous le mot-clé tube-solaire.

    Le concentrateur est :

    • monté sur un axe rotatif,
    • on oriente grâce à un petit viseur (ombre projetée sur un carré),
    • on verrouille la position avec une cale (amélioration en cours).

    On pourrait encore améliorer :

    • tube fixe, réflecteur qui tourne autour,
    • pour éviter de contraindre le tube (cher et fragile).

    Journée nationale du poêle de masse le 14 Mars 2026 à la Paillourte (44)

    L’Association Française du Poêle Maçonné Artisanal (AFPMA), dont je suis sympathisant, organise pour la première année la journée nationale du poêle de masse. Le 14 mars 2026, partout en France vous pourrez retrouver. des artisans & utilisateurs passionnés qui ouvre leur portes, leur atelier pour partager un moment chaleureux autour d’un poêle de masse. Au programme : flambée, café, discussions, voir même cuisine… Derrière chaque porte le programme sera différent.

    Venez voir, sentir, toucher, expérimenter ce mode de chauffage écologique, confortable et efficace.

    Il y aura un évènement chez moi, à la Paillourte, à Rouans (44), c’est gratuit, le 14 mars 2026 de 16h à 17h30 (sur inscription). Je vous propose un café (ou autre boisson chaude) autour de mon poêle de masse afin que vous puissiez goûter à sa douce chaleur…

    Le poêle de masse qui nous réchauffera est le MiniMasse, c’est un petit poêle de masse open source fait pour les petits habitats. Il me permet de : chauffer ~50m2, faire la cuisine (four + plaque), chauffer mes 20L de ballon d’eau chaude. Je consomme ~0,7 stères de bois par hiver. Pour le reste, on en parle de vive voix !

    Venez poser toute vos questions et ressentir la chaleur par rayonnement. On allumera (bien sûr) un feu…


    Mes articles autour du poêle de masse / du chauffage au bois :

    Pour vos questions poêles de masse : un forum dédié aux poêles de masse open source existe ! Venez discuter du MiniMasse, du poêlito et compagnie…
    forum.poeledemasse.org

    Des vrillettes (xylophage) qui mangent la Paillourte

    Un beau jour… ou plutôt une nuit, où on a entendu ce que certains appellent « l’horloge de la mort ».

    Gilles San Martin Wikimédia Créative Common BY SA

    Un tout petit bruit, très sourd, très fin. Un tac-tac discret, qu’on pourrait confondre avec le pivert mais en moins sonore… sauf que non : ce bruit-là, dans une charpente, c’est celui d’un insecte xylophage — ici de la vrillette, connue pour ses coups de tête répétés dans le bois.

    Les premiers signes visibles : des trous

    En inspectant la charpente, on a commencé à voir des signes concrets :

    • Des petits trous dans le bois
    • Il peut y avoir aussi de la sciure/ vermoulure (fine poussière de bois) au sol. Chez nous, ce n’est pas visible car c’est dans l’espace de vie : au sol, le peu qui tombe a du se faire éparpiller, balayer…
    • et ce bruit nocturne, audible surtout quand tout est silencieux. Mais pas continuellement, uniquement pendant la période de reproduction…

    On a fait confirmer le diagnostic par des professionnels (après un pré-diagnostic de notre côté, en comparant avec des contenus sur les insectes xylophages) : c’est bien des vrillettes.

    Comment elles sont arrivées là ?

    Il y a plusieurs vecteurs possibles, et dans notre cas, le plus probable est le suivant :

    1) Une perche déjà “habitée” en provenance de la forêt

    On a surtout une perche de charpente nettement plus attaquée que le reste, et quelques trous dans 2 autres perches mais très peu. Ça peut laisser suggérer que cette pièce de bois est arrivée avec ses habitants, qui ont ensuite pu essaimer.

    2) Le bois de chauffage

    Autre possibilité : le bois de chauffage peut transporter des insectes xylophages. J’en ai déjà vu/entendu dans des bûches. Mais vu la concentration sur une perche précise, je pense plutôt à une pièce de bois déjà infestée dès l’origine.

    Contexte : une charpente non traitée, volontairement

    © La maison écologique / Gwendal

    Le choix initial, c’était du bois de la forêt à côté, posé le plus brute possible (moins de transformation) du coup pas de traitement… On voulait une maison “écolo”, et je ne voulais pas mettre de produits biocides dans la maison. On a pourtant utilisé des essences réputées plutôt intéressantes :

    • Châtaignier pour la charpente réciproque (un bois qui contient très peu d’aubier – la partie tendre qui est préférée par ces insectes) ;
    • Douglas (volige), non traité également. Acheté brut de sciage dans une scierie.

    Plus j’en parle autour de moi, plus je me rends compte que je ne suis pas seul… dans des rénovations, c’est très fréquent. Dans les communes alentours, il y a aussi présence de termites, mais j’espère ne pas avoir à rédiger un article à leur sujet.

    Une vrillette, c’est quoi exactement ?

    L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement. Il est supposé qu’il s’agit de : KaiMartinCC BY-SA 3.0, Lien

    Une vrillette est un insecte xylophage : il pond dans le bois, puis ce sont surtout les larves (pas les adultes) qui creusent des galeries pendant longtemps.

    Points importants (et souvent contre-intuitifs) :

    • Les trous visibles sont souvent des trous d’envol des insectes adultes.
    • Ne pas voir de trous ne prouve pas qu’il n’y a rien : ça peut simplement vouloir dire que les larves sont encore “dedans”, pas encore sorties.
    • Le stade larvaire peut durer plusieurs années : on trouve couramment des ordres de grandeur entre 1 et 10 ans selon l’espèce et les conditions (température/humidité).

    Le bruit “horloge de la mort” est associé à la vrillette. Lors de la reproduction, l’insecte donne des coups de tête pour attirer son partenaire.

    Gravité : pas critique… mais pas “rien”

    On a fait venir quatre experts. On a eu quatre avis différents sur les détails (essences, priorité de traitement, etc.), mais ils étaient unanimes sur un point : ce n’était pas une situation critique.

    Le bois est encore dur :

    • on ne peut pas enfoncer un tournevis dans un trou, ni “arracher” du bois ;
    • ce n’est pas du bois devenu “mou” ou réduit en poudre.

    Bref : on l’a pris à temps ! En l’état, au vu des sections de bois, les professionnels nous ont dit que le risque structurel serait à considérer d’ici ~50 ans.

    Pour l’instant, c’est surtout le châtaignier qui est contaminé, avec une perche nettement plus touchée + deux petits bouts ailleurs. Le Douglas n’a pas de trace visible (ce qui ne veut pas dire que les larves ne sont pas déjà dedans). Certain expert nous ont dit « étrange c’est rare le châtaigner avec des vrillettes », d’autres ont dit « ha le douglas là il va vite être contaminé », le suivant « ça n’ira pas dans le douglas » l’autre : « probablement que le lait de chaux sur votre douglas a ralenti le passage ».. Bref les cloches ne sonnent pas à l’unissons…

    Décision : traiter… mais pas forcément tout

    Décision est prise d’agir. Même si la maison ne risque de tomber que dans 50 ans, j’aimerais qu’elle tienne plus longtemps… On va donc traiter la partie paillourte ronde (là où on a des signes). L’extension, pour l’instant, n’est pas attaquée (neuve en même temps), donc on surveille… On ne traite que le châtaignier. La partie douglas n’est pas traitée “pour l’instant” : ce serait plus lourd (notamment parce qu’il faudrait retirer les finitions/peintures pour le traitement), et en plus elle n’est pas attaquée à ce stade → donc surveillance.

    Aussi, ça me parait primordial que la charpente en châtaigner tienne longtemps. Si les voliges sont mangées, au pire, on a un morceau de botte de paille (qui isole la toiture) qui tombe, mais pas toute la toiture…

    Le traitement choisi : un traitement “au gel”

    Le traitement prévu est un traitement à base de gel appliqué sur les perches de châtaignier.

    D’après ce qu’on nous a expliqué :

    • le gel pénètre sur les premiers centimètres du bois
    • l’application se fait au pinceau (selon produit et méthode)
    • on prendra des précautions : ne pas rester dans la pièce, aérer, etc.

    Le traitement est prévu au printemps, et on va s’organiser pour ne pas être sur place pendant environ une semaine, le temps que tout soit fait et que ça ventile correctement.

    Oui, c’est un produit biocide (insecticide / fongicide). Le but est simple : tuer les petites bêtes.

    Les alternatives envisagées (et pourquoi on n’a pas retenu)

    On a regardé des solutions plus “écolo” à appliquer, mais on n’a pas trouvé de solution qui nous paraisse apporter des garanties sérieuses (retour d’expérience, efficacité, cadre pro).

    On a notamment envisagé le traitement thermique : chauffer le bois à cœur à une température létale (autour de 55°C, selon les méthodes) permet de tuer les insectes.

    Mais on a retenu un point important : c’est surtout curatif, pas réellement préventif. Et sur une charpente en place, c’est en plus complexe à mettre en œuvre.

    Du coup : dans notre situation, on préfère un traitement qui stoppe l’activité et limite le risque d’y revenir dans quelques années…

    Le dilemme écolo (et la question qui fâche)

    Il reste une question de fond : est-ce qu’il vaut mieux une charpente traitée qui dure plus longtemps, ou une charpente non traitée qu’il faudra reprendre/renouveler plus souvent (avec l’impact écologique de refaire, reconstruire, remplacer) ?

    On n’a pas une réponse parfaite. Mais on a fait un choix pragmatique : traiter maintenant, tant que ce n’est pas critique.

    Sources

    Le four solaire Atominique

    Depuis peu, j’ai a mis en ligne un wiki dédié au four solaire Atominique. C’est un projet que je mijote avec Dominique Loquais depuis un moment, et ça y est : il existe enfin un endroit clair, structuré, libre, pour expliquer comment fabriquer et utiliser ce four.

    Dans ce wiki, on trouve notamment :

    Le tout est sous licence Creative Commons Zero (domaine public) : vous pouvez reprendre, adapter, utiliser dans des ateliers, des formations… sans vous prendre la tête sur les droits.

    👉 Le wiki du four Atominique : https://four-atominique.retzien.fr/

    L’idée de ce wiki, c’est de capitaliser ce travail d’expérimentation, et pas seulement de publier “un plan de plus”. On documente le pourquoi autant que le comment.

    Le changement avec ce four Atominique

    Un jour, Dominique est passé à la maison via une connaissance commune, a vu mon petit four solaire et m’a dit en gros : « Si tu veux, je t’en prête un autre… ».

    Il m’a laissé un four Atominique 45°. Et là, j’ai compris la différence… On a fait comme d’habitude avec l’autre four, on met un gâteau et on s’en va pour l’aprèm’… On est revenu le gâteau était cramé.

    Avec mon ancien four type boîte, ça n’aurait jamais été possible, même en plein été. La surface de réflexion est bien plus importante, la géométrie capte beaucoup plus de soleil.

    Depuis, ce four est devenu un outil du quotidien :

    • il est installé dehors à demeure, avec une simple capote de protection ;
      • il est à deux pas de la cuisine, on n’a plus qu’à ouvrir la porte-fenêtre pour l’utiliser ;
    • dès que la météo s’y prête, on y met :
      • des tartes, cakes, gâteaux ;
      • des plats mijotés (légumineuses, betteraves, ratatouille…) ;
      • des bocaux à stériliser ;
      • et, quand il reste de la place, de l’eau à chauffer pour la tisane ou la douche (chez nous le ballon est coupé en plein été pour éviter de chauffer inutilement l’espace de vie).

    On a une organisation qui va bien avec notre mode de vie plutôt « à la maison » (notre lieu de travail) :

    • le matin, ou quand le soleil se pointe, on prend une demi-heure pour lancer la cuisson ;
    • on laisse le soleil bosser ;
    • à midi ou le soir, c’est prêt.

    On l’utilise même bien plus que le tube / concentrateur solaire qui est super pour faire du pain, mais pour le quotidien c’est plus contraignant en terme de volume, pour les bocaux c’est « petit à petit »…

    Un modèle libre, reproductible… et améliorable

    Ce que j’aime dans ce projet Atominique :

    • il est pensé pour être fabriqué en atelier partagé, en club, en chantier participatif ;
    • la doc est ouverte (plans, 3D, explications, retours d’expérience) ;
    • chacun peut :
      • adapter les dimensions,
      • tester des variantes,
      • renvoyer ses remarques, ses mesures, ses photos pour améliorer encore le modèle.

    Retours d’expérience et comparaison avec mon ancien four solaire

    Avant l’Atominique, j’avais fais un tuto de mon four solaire type boîte, d’ailleurs le Low-Tech Lab m’avais demandé de leur fabriqué ce four pour en faire une vidéo.

    À l’époque, j’en étais fier. Et honnêtement, il fonctionne : on a fait des gâteaux, de l’eau chaude, des petits plats dedans… Mais des petits, et en cuisson « mole » (très lente…)

    Mais avec le recul (et l’expérience de l’usage du four Atominique), je vois surtout ses limites.

    Un four trop petit, sous-dimensionné

    Le four sous sa bâche de protection

    Je vivais en mode semi-nomade, en yourte, avec un critère fort : il fallait que le four soit facilement transportable, que je puisse le ranger à l’abri.

    Résultat : j’ai fait un petit four, compact. Le problème étant que ça occasionne très peu de surface de réflecteur = on capte peu d’énergie ;

    Alors que cet argument ne tient pas trop. Le four Atominique est toujours dehors, il est conçu en matériaux qui peuvent tenir dehors, à l’abri sous une bâche de protection (faite sur mesure) donc pas besoin « d’espace de rangement ».

    Un four trop petit = une surface de réflecteurs trop petite

    Dans l’interview, Dominique rappelle un point de départ simple : on ne pourra jamais avoir, dans un four solaire, les 3–4 kW d’un four électrique ou gaz classique. On joue plutôt dans la cour de la petite centaine de watts.

    En gros, dans de bonnes conditions (ciel bleu, soleil haut) on a environ :

    • 1000 W/m² de puissance solaire au sol,
    • dont on récupère au mieux environ 200 W/m² pour la cuisson, une fois qu’on a compté les pertes, les réflexions imparfaites, la vitre, etc.

    Si la vitre fait par exemple 0,5 m², on a donc :

    • 0,5 m² × 200 W/m² ≈ 100 W utiles qui passent par la vitre,
    • puis on ajoute ce que les réflecteurs renvoient en plus, pour monter autour de 100–150 W de puissance de cuisson.

    C’est cohérent avec ce qu’on observe : on n’est pas sur un four de cuisine « boosté », mais sur un four lent, efficace si on dimensionne bien les surfaces.

    À partir de là, deux choses deviennent très importantes dans la conception.

    1. La taille de la vitre et des réflecteurs vont ensemble

    Plus la vitre est grande, plus on a :

    • une surface “de base” qui laisse entrer le rayonnement,
    • de la place autour pour accrocher des réflecteurs de bonne taille.

    Les réflecteurs, c’est ni plus ni moins que de la surface de collecte supplémentaire d’énergie : ils interceptent de la lumière sur une plus grande zone et la renvoient vers la vitre. Plus on a de réflecteurs (au-delà de la surface de la vitre), plus on augmente le nombre de watts qui arrivent dans la boîte.

    2. On ne peut pas mettre 4 m² de réflecteurs sur une mini-boîte

    On entend parfois : « il suffit d’ajouter des réflecteurs partout ».
    En pratique, sur une conception type boîte, il y a une limite géométrique.

    On ne peut pas raisonnablement :

    • faire un four de 50 cm × 50 cm (0,25 m² de vitre),
    • et lui coller 4 m² de réflecteurs autour,
    • tout en gardant quelque chose de stable, manipulable, qui s’oriente facilement et qui ne se retourne pas au premier coup de vent.

    Ce genre de très grand rapport entre réflecteurs et vitre relève plutôt du concentrateur (parabole, Fresnel, etc.) : c’est une autre famille d’objets, plus complexe à construire, plus pointue à utiliser, avec d’autres compromis (point chaud, suivi du soleil plus fin, etc.).

    Le choix de l’Atominique, c’est l’inverse :

    • une boîte de taille “humaine”, grosso modo gabarit four de cuisine ;
    • une vitre suffisamment grande pour accueillir des plats usuels ;
    • des réflecteurs proportionnés à cet ensemble, qui augmentent nettement la puissance sans basculer dans la logique du concentrateur.
    • facilité de construction.

    C’est ce dimensionnement cohérent volume / surface vitrée / surface réflective qui lui permet d’atteindre cette fameuse petite centaine de watts utiles… et de rendre la cuisson solaire vraiment praticable au quotidien.

    Des matériaux réfléchissants pas terribles

    Le papier aluminium c’était pour la vidéo du LowTech Lab, en vrai perso j’ai toujours eu un doute là dessus.

    Par contre l’adhésif miroir, j’ai testé, ça marche… mais 1 ou 2 ans, après ça blanchit, ça s’altère (c’est pas fait pour être au soleil) et du coup ça marche de moins en moins bien. Après c’est chouette pour expérimenter sans dépenser trop de sous…

    Mais depuis que je suis passé à l’alu miroir, c’est le jour et la nuit ! C’est durable, ça ne s’altère pas (sûrement un peu mais pas visiblement). Il y a une page dédiée sur le wiki si vous voulez creuser la question des réflecteurs.

    Un système 30° / 60° pas si malin que ça = ouverture par le haut vraiment pas malin

    J’avais imaginé un système avec deux inclinaisons : 30° pour l’été, 60° pour l’hiver.
    Sur le papier, ça fait sérieux : le four “s’adapte” au soleil. Et quand je dis « j’avais », c’est typiquement un truc que j’ai vu sur internet et je me suis dit « mais oui, trop la bonne idée »… finalement non…

    En pratique :

    • en hiver on l’utilise très peu, fenêtre d’ensoleillement trop courte ;
    • en intersaison, les angles ne sont pas favorables ;
    • ça oblige à mettre l’ouverture sur la vitre, en haut. Sauf que sur ces fours sans inertie, dès qu’on ouvre en haut, toute la chaleur s’en va…

    Avec l’Atominique, Dominique est revenu à quelque chose de plus simple et plus cohérent : un angle fixe à 45°, adapté à nos latitudes, qui marche mieux une plus grande partie de l’année.

    Donc : pourquoi je ne recommande plus ce petit four

    Toutes ces petites limites mises bout à bout font que, aujourd’hui, je ne recommande plus de fabriquer ce modèle type boîte :

    • il donne une image un peu “molle” de la cuisson solaire ;
    • on risque d’être déçu, voire de se dire : « la cuisson solaire, c’est sympa sur le papier, mais en pratique ça ne marche pas si bien ».

    C’est d’ailleurs indiqué noir sur blanc sur mon article :

    Ne faites plus ce four !!!

    Si vous voulez vous lancer maintenant

    Si vous arrivez ici avec l’envie de construire un four solaire, voilà ce que je conseille aujourd’hui :

    1. Prenez l’Atominique comme base. https://four-atominique.retzien.fr/
    2. Écouter l’Interview de Dominique pour comprendre le fonctionnement et éviter les écueils/fausses bonnes idées que j’ai pu avoir en glanant sur internet : https://four-atominique.retzien.fr/index.php?title=Interview_Dominique
    3. Venez papoter sur le forum cuisson solaire si vous avez des questions, des idées, des doutes : https://forum.cuisson-solaire.fr

    Mon ancien four type boîte m’a permis d’apprendre, de rencontrer le Low-tech Lab, de faire parler de cuisson solaire.
    Mais si je peux éviter à d’autres de refaire les mêmes erreurs, tant mieux.

    Si vous devez investir du temps, du bois, de l’isolant et quelques heures de bricolage, faites-le sur un four qui en vaut vraiment la peine : aujourd’hui, pour moi, c’est clairement le four solaire Atominique (et j’ai rien à gagner en vous disant ça !).

    Visite paillourte 14/03/2026

    On ouvre les portes de la paillourte (et de son extension) pour une visite le 14 Mars prochain (2026).

    • Où : A Rouans (44640) (on vous communique l’adresse après inscription)
    • Quand : Samedi 14 Mars 2026 de 9h00 à 11h30
    • Tarif : gratuit / don libre de « bonne petite chose maison » si le cœur vous en dit
    • Pour qui : une dizaine de personnes sur inscription uniquement, voir le formulaire ci-dessous.

    Il s’agit d’une visite « technique » ne venez pas pour voir la couleur du mur ou voir « où on fait kaka »… Venez comprendre, questionner les choix, demander des précisions sur ce qui vous a manqué dans ce qui est déjà à disposition : https://david.mercereau.info/paillourte/ (un pré-requis serait d’avoir lu une bonne grosse partie de ce qui a déjà été publié…)

      Si tu n’es pas dispo pour cette visite mais que tu veux venir plus tard (probablement l’année suivante) tu peux laisser ton e-mail ici :

      [video] La paillourte, ~7 ans après

      Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu papoter à la maison autour de la Paillourte et en a tiré une vidéo. J’y parle de la construction mais aussi (surtout ?) du retour d’expérience (si chère à mon cœur) :

      Clique ici pour afficher le contenu en provenance de YouTube.
      Learn more in YouTube’s privacy policy.

      Retrouver toutes les étapes du chantiers en détails et toutes les ressources sur la page dédier : https://david.mercereau.info/paillourte/

      Transcription

      Introduction

      Une maison ronde, enveloppante, baignée de soleil, aux murs de terre à l’aspect chaleureux : un vrai cocon naturel, en somme. Vous en rêvez ?

      David va nous expliquer les étapes de construction de sa paillourte, les coûts inhérents au projet et les avantages à construire en rond. Sept ans après sa construction, il nous livrera aussi son retour d’expérience.

      Le secteur du bâtiment représente 40 % des émissions de CO₂ des pays développés, 37 % de la consommation d’énergie et 40 % des déchets produits. Notre façon de construire et de rénover est clairement un levier pour réduire notre impact environnemental.

      Et je vous pose la question : recréer son lien au vivant au travers de son habitat, ne serait-ce pas la plus belle façon d’habiter le monde, finalement ?

      Introduction de David

      On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu le point de bascule. Même si je faisais déjà des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort. Et puis après, il y a eu la paillourte.

      Je pense qu’on est venu à la yourte parce que j’avais fait pas mal de chantiers participatifs. J’étais sur Lyon pendant tout un temps et il y a beaucoup de maisons en pisé là-bas. Les maisons en pisé, ce sont des maisons en terre uniquement : des murs, comme nous on a ici des murs en pierre, mais là-bas c’est que des murs en terre banchée. On met des planches, on met de la terre, on tasse… et là-bas il y a pas mal de restaurations de maisons en terre.

      Je me suis dit que ça allait être un sacrément bon point de départ en tout cas pour amorcer d’autres trucs.

      Dans mon petit parcours de chantiers participatifs, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’habitat, j’ai visité plein de types de chantiers : paille ou autres, mais pas mal paille. Et ce que je constatais, c’est que souvent, les gens faisaient de grandes baraques en paille, ce qui me semblait un peu un non-sens.

      D’autant plus que, écologiquement, ça n’avait pas toujours beaucoup de sens, et en plus je constatais souvent que ces chantiers ne finissaient pas. Je me rappelle notamment d’un gars qui avait fait une baraque de 200 ou 250 m², et ça faisait huit ans qu’il y était. Clairement, il était fatigué. Il n’avait plus envie, ça n’avançait plus, bref, ça avait l’air dur.

      Du coup, je m’étais bien dit que ce n’était pas ça que je voulais. J’ai l’impression que ces gens-là, qui partent sur des gros chantiers, à la fin sont tellement rincés que, dans la maison en paille, il n’y a que les murs qui sont écologiquement soutenables. Tout le reste, en fait, ils n’ont pas eu le temps de se poser la question ou ils sont trop fatigués, et du coup ils installent un chauffe-eau de 200 L électrique, etc.

      Une fois que c’est là, tu ne te dis plus : « Ah oui, mince, comment je pourrais faire autrement ? » Ils sont fatigués, ils n’ont plus envie… fin de l’histoire.

      Du coup, moi j’ai voulu prendre le truc un peu à l’envers : on a fait un petit habitat simple, peu coûteux, facile, rapidement constructible. Donc une yourte : une yourte en toile, en laine de mouton, tout ça. On s’est fait accompagner par La Frênaie (carnet de yourte), qui est une coopérative dans le Marais poitevin.

      On va dans leur atelier : il y a des choses qu’on peut ramener à faire à la maison, et des trucs qu’on peut faire dans leur atelier, parce qu’ils ont plein de gabarits, de trucs chouettes. On a donc fait notre yourte là-bas.

      On s’est installés en petit collectif, parce que c’était aussi ça l’idée, indépendamment de nos envies personnelles : ça nous permettait assez rapidement de tester tout ça, d’arriver avec un petit habitat pas trop cher et vite construit. On a mis un mois, un mois et demi, je crois, à construire la yourte.

      Sobriété avant matériaux

      Ensuite, avant de parler de paille ou de matériaux, j’essaie de tirer vers le moins de mètres carrés possible, d’abord parler de sobriété. Réduire ses besoins : en eau, en énergie, en espace vital, parce que ça a des conséquences sur tout le reste.

      Ça a des conséquences sur le moyen de chauffage, sur l’entretien du bâtiment. Le bâtiment, c’est une énorme part de l’impact énergétique. Le logement, c’est un quart du problème à l’échelle individuelle, donc ce n’est pas négligeable.

      Dans le logement, il y a la construction, la fin de vie, le chauffage, etc. On peut vivre écologiquement dans une petite maison en parpaing, en laine de verre, en paille, ce que tu veux, qui fait 30 m² ; et on peut vivre très « sale » dans une maison en paille, murs en terre, machin, tout ce que tu veux… Si elle fait 150 m² ou même 100 m², l’impact reste énorme. C’est la taille qui compte !

      Évidemment, ça dépend du nombre d’habitants : si vous êtes huit, ça vaut le coup d’être à 200 m², c’est OK. Mais ce qu’on observe, c’est que les mètres carrés par habitant n’ont pas cessé d’augmenter depuis des lustres. C’est une conséquence négative : on peut isoler les baraques, c’est super, mais tant qu’on augmente le nombre de mètres carrés, la part énergétique par habitant ne fait que croître.

      Quelle est la genèse de votre projet de paillourte ?

      Je n’étais pas spécialement parti pour faire une paillourte. Rénover, pour moi, c’est tout aussi pertinent écologiquement : il y a déjà de la surface « squattée » par une maison, etc.

      Mais quand on est arrivés ici, il y avait un petit bâtiment en pierre : une ancienne maison (ou étable) à cochons, un tout petit habitat. Il ne restait plus que deux murs sur quatre, et même ce peu restait assez abîmé. Il n’y avait plus de toit depuis des années. Il aurait fallu tout mettre par terre et reconstruire. Autant dire que je n’étais pas chaud.

      On est arrivés là, et on s’est dit : « Bon, OK, du coup ce n’est pas une rénovation, mais le terrain nous plaît. » C’était une dent creuse, le terrain est assez étroit, donc il fallait faire une petite maison dessus. C’est pour ça qu’il n’était pas si cher. Enfin, pas si cher… tout est relatif par rapport à pas mal d’endroits en France, mais par rapport au coin ici, ce n’était pas si cher.

      Nous, on voulait faire une petite maison : nickel, parfait. On a réfléchi à ce qu’on voulait vraiment. Moi je voulais reconstruire en paille parce que je trouve ça trop pertinent, et j’avais fait plein de chantiers autour de ça, en terre aussi.

      Un truc qu’on voulait garder, c’était le côté rond et surtout le côté « plein de lumière », la lumière centrale, la lumière zénithale. C’est vraiment un truc qu’on avait kiffé dans les yourtes : tu es baigné dans la lumière.

      On l’a fait un peu différemment : on a fait un clocheton pour s’épargner, dans une logique bioclimatique, le soleil d’été quand il est zénithal et cogne trop fort dans la maison. Dans les yourtes, tu te retrouves vite dans une bulle de chaleur.

      Donc on a mis un petit toit : on a fait un compromis entre la lumière – parce qu’on a quand même un peu moins de lumière – et la surchauffe. Et la surchauffe n’est vraiment pas à négliger, surtout avec les épisodes caniculaires qu’on commence à avoir.

      Pourquoi construire en rond ?

      On voulait reconstruire en rond pour plusieurs raisons.

      Facilité et tolérance aux erreurs
      En rond, c’est plus facile. Si tu fais des bêtises, ça se voit moins, c’est moins grave et moins impactant pour le bâti. Toute la charge du toit est répartie sur tous les murs, alors que sur un carré, les angles ont beaucoup plus de charge et de contraintes. Tu peux te permettre des petites erreurs sur ton mur et que ta maison tienne debout.

      Je pense que si on avait fait les mêmes conneries sur un carré, on aurait eu des problèmes… Là, ça va.

      Moins de matériaux, moins d’échanges thermiques
      Tu as environ 11 % de matériaux en moins à surface égale. À 40 m² au sol, tu as 11 % de matériaux en moins sur un rond que sur un carré, parce que le périmètre est différent pour une même surface.

      11 % de matériaux en moins, c’est 11 % de coût en moins, mais c’est surtout 11 % de surface en contact avec l’extérieur en moins. Or c’est cette surface en contact avec l’extérieur qui génère le besoin de chauffage, parce que ça génère de la déperdition thermique. Moins tu as de surface en contact avec le dehors, moins tu as besoin de chauffer.

      Esthétique et lien au vivant
      Il y avait aussi le côté esthétique qui nous plaisait. Si on regarde les habitats primitifs, ou même la nature : terriers, igloos, yourtes, grottes… La plupart des animaux font des formes rondes, c’est plus simple à faire.

      Il n’y a que les abeilles qui font une géométrie « compliquée ». Et encore : a priori, elles font d’abord du rond, et c’est parce qu’elles sont toutes côte à côte que ça crée des hexagones.

      On a acheté le terrain 65 000 € et la paillourte nous est revenue à 20 000 €. En fait, au bout de 3 ou 4 ans, avec l’économie de loyers, tu revends la yourte ; nous, on a revendu la yourte pour financer la paillourte. Il y a eu un peu de sous à mettre dans le terrain, mais ce n’était pas loin d’une opération blanche. On s’en est plutôt bien sortis.

      Quel a été le coût du projet ?

      La maison habitable, au début, c’était 15 000 € pour la paillourte seule. Maintenant, avec le terrain, on est chez nous pour moins de 100 000 €. On était deux, donc 50 000 € chacun : tu n’as pas 25 ans d’emprunt à faire.

      Moi j’ai toujours travaillé avant, donc j’ai toujours eu des salaires dont je ne faisais pas grand-chose. Mes vacances, c’était du woofing, des chantiers participatifs, etc. J’avais donc des petites économies. Très vite, on a pu autofinancer notre truc, sans emprunt.

      Aujourd’hui, on n’a plus trop de sous de côté, c’est sûr, on a tout mis dans la maison. Mais en contrepartie, on a un rythme de vie où je peux prendre une journée pour discuter avec vous, par exemple. Moi je ramène environ 600 € par mois dans le foyer, ma compagne 500 €, et on arrive à vivre à trois (avec notre fille de 8 ans) parce qu’on n’a pas d’emprunt.

      Le premier poste de dépense, souvent, c’est l’emprunt ou le loyer : nous, on n’a pas ça. Et on avait aussi la ressource pierre sur site avec la vieille bâtisse à moitié par terre.

      Quelles ont été les étapes de construction de la paillourte ?

      Fondations

      On a fait nos fondations en pierre. On a creusé un fossé et maçonné des pierres. Ce n’est pas juste « jeter des pierres dans un trou » : maçonner des pierres, c’est un boulot en soi, un sacré boulot. On était rincés au bout de la semaine et demie de chantier, au bout de notre vie. On s’est dit qu’on ne finirait jamais, mais on a fini quand même.

      Tous les voisins et copains qui sont passés nous ont dit :
      « Tes fondations seront encore là quand ta maison ne sera plus là. »

      Et en vrai, les fondations, c’est primordial : si tu rates cette étape, ça a des conséquences sur tout le reste. Autant tu peux refaire un bout de toiture, autant refaire un bout de fondation, ce n’est pas facile.

      Inspirations et retours d’expérience

      Dans mes chantiers précédents, je n’avais pas trop fait de maisons rondes. Ce n’était pas forcément mon « délire » au départ. Je suis donc passé par une étape « retour d’expérience » : aller voir des gens, revoir des gens, chercher de l’expérience concrète.

      Je suis allé voir plein de personnes autour de chez nous qui avaient soit une technique que je voulais mettre en œuvre, soit une configuration particulière. Je voulais faire de la paille porteuse, donc je suis allé voir des maisons en paille porteuse, rondes ou carrées, peu importe, mais avec un point commun.

      Je trouvais rarement ce type de retour d’expérience sur internet ou dans les livres, donc je suis allé les chercher sur place. C’était super chouette : plein de gens m’ont ouvert leurs portes.

      Par exemple, une maison en paille porteuse en Bretagne, ronde, à étage. Et puis Gurun, du côté de la forêt de Brocéliande : mon procédé s’inspire partiellement du sien. On dit souvent qu’il y a plusieurs techniques de mise en œuvre de la paille, mais en réalité, il y en a autant que d’auto-constructeurs.

      J’ai pris ma part chez Gurun, ce qui me convenait en termes de besoins, de sécurité, etc.

      • Gurun ne faisait pas de fondations à l’époque, maintenant il en fait des petites.
      • Moi, je ne me voyais pas ne pas faire de fondation ici, parce qu’on a 8 m d’argile avant d’arriver à la roche. Il y a des choses qui peuvent bouger. Donc pour moi, pas de fondation, ce n’était pas envisageable.

      J’ai donc repris une partie de son procédé : du sous-bassement jusqu’à la toiture réciproque, c’est « du Gurun » (les murs, etc.). Mais le toit et les fondations/sous-bassement, c’est plutôt ma sauce.

      L’idée, c’est que vous pouvez aller piocher les idées qui vous correspondent, en fonction de votre contexte et des matériaux disponibles.

      Sous-bassement et gestion de l’humidité

      Sur les fondations, on a un problème de capillarité. La capillarité, c’est le phénomène du sucre qu’on met dans le café : le café remonte dans le sucre. L’eau peut remonter à travers les joints des pierres.

      Il me fallait donc un matériau peu capillaire, qui n’amène pas trop d’eau vers la botte de paille. Une maison en paille, c’est :

      • un beau chapeau (un bon débord de toit),
      • de bonnes bottes (un mur surélevé par rapport au sol).

      La paille et l’eau, ce n’est pas génial.

      Pour ça, on a utilisé des blocs de pierre ponce (PonceBloc). Ça ressemble à des parpaings, mais c’est de la pierre ponce : roche volcanique, avec de l’air emprisonné dedans, donc c’est très léger, partiellement isolant, et non cuit (pressé à froid). L’impact carbone est assez faible. C’est peu capillaire et un peu isolant.

      On a posé ces blocs de pierre ponce sur les fondations, ce qui limite la remontée d’eau et évite que la paille soit en contact direct avec le sol.

      Par-dessus, on a mis de l’EPDM (la même membrane que pour la toiture végétalisée) pour éviter encore plus les remontées capillaires. Si le mur est mouillé, l’eau ne doit pas pouvoir migrer dans la botte de paille. C’est primordial : l’humidité et la paille, ça ne fait pas bon ménage.

      Pour atteindre un niveau d’isolation correct :

      • les blocs de pierre ponce ont une certaine épaisseur et un certain R (résistance thermique),
      • mais on était loin de l’isolation qu’apporte une botte de paille.

      On a donc rajouté un morceau de liège à l’intérieur pour augmenter la résistance thermique et ralentir la fuite du chaud vers l’extérieur.

      On a aussi mis une lisse basse, un petit bout de bois qui court tout autour, avec des broches pour brocher le premier rang de bottes, afin de solidariser le mur de paille au sous-bassement.

      On est en zone sismique niveau 2 sur 3 ici. Tu es soumis à une norme (déclarative : tu dis « oui, j’ai respecté la norme »). Dans cette norme, il y a notamment deux points :

      1. Que toutes les parties, de bas en haut, soient liées ensemble (continuité de chaînage).
      2. Renforcer les angles.

      Maison ronde = fin de chantier, tout va bien : il n’y a pas d’angles fragiles. En cas de tremblement de terre, il n’y a pas de points de rupture. C’est naturellement une forme sismique, la maison ronde.

      Murs en paille porteuse

      Sur ce bloc de pierre ponce, on a monté des bottes de paille en paille porteuse : la botte fait le mur et porte la toiture.

      On a pris des bottes assez denses, avec un bon serrage des ficelles. Gurun, lui, reficelle ses bottes pour les densifier. Pour la paille porteuse, la densité et l’humidité sont importantes, donc on testait les bottes :

      • Hygromètre à sonde pour mesurer l’humidité,
      • Peson pour peser les bottes,
      • Avec ces deux infos, on calcule la densité (une botte humide et lourde peut être peu dense si elle est trempée).

      On a pris les bottes les plus denses pour les murs, qu’on a montées en quinconce, comme un mur de briques.

      On les a brochées et « cousues » entre elles, ficelées avec de la ficelle de botte de paille. C’est ce que Gurun appelle sa méthode : tu prends une botte, tu passes la ficelle autour de la botte d’à côté, tu tires, ça regale la botte (elle reprend une forme arrondie) et tu remets de la tension dans les fibres.

      Autour des portes et fenêtres, on a mis de l’ossature bois, parce que ça ne tiendrait pas sur de la paille « molle ».

      Pour les murs, on a utilisé des bottes à champ plutôt qu’à plat :

      • Botte à plat : posée sur sa grande face (le côté le plus large au sol).
      • Botte à champ : posée sur la tranche.

      Une botte à champ isole aussi bien qu’une botte à plat, parce que c’est le sens des fibres qui compte. Ça permet de gagner un peu de mètres carrés.

      Nous, on a fait une maison de 40 m² parce que c’était satisfaisant pour nous, mais il ne fallait pas dépasser 50 m² au nu extérieur du mur pour ne pas être soumis à la RT 2012 (c’est encore vrai aujourd’hui avec la RE 2020). C’était un petit objectif : éviter les papiers, les études thermiques obligatoires et payantes.

      Sous pas mal d’aspects, on est au-delà de la RT/RE en termes d’isolation, etc., mais ça nous a épargné la contrainte administrative.

      En haut du mur, on n’a pas mis de lisse haute (anneau de bois qui ceinture le mur) :

      • Sur une maison carrée, j’en aurais mis une, pour répartir la descente de charge et reprendre les efforts dans les angles.
      • Sur une maison ronde, chaque perche de charpente reporte la charge uniformément sur le mur. Tout le mur reçoit la même charge, donc ce n’était pas indispensable.

      C’est aussi du bois en moins (donc de l’argent en moins et un impact carbone réduit).

      Charpente réciproque et bois

      On a fait le choix d’une charpente réciproque en bois rond :

      • Bois local (châtaignier), coupé en taillis à côté.
      • Peu de transport, pas de sciage industriel, peu de déchets.
      • Pas besoin de sections standard (20×20, etc.) : on garde l’arbre entier.

      Le bois rond évite :

      • les pertes liées au sciage en scierie,
      • la monoculture de Douglas pour faire des maisons « écolos » (qui est une catastrophe dans certaines régions).

      On a donc :

      • Abattu les petits troncs,
      • Écorcé à la plane (travail assez agréable),
      • Monté la charpente réciproque en une journée, avec l’aide de Gurun.

      Une charpente réciproque en bois rond, ça ne coûte quasiment rien en matériaux, et c’est très économe en énergie grise.

      Toiture végétalisée

      Sur la charpente, on a mis un voligeage (planches), puis :

      1. Un pare-vapeur sous l’isolant,
      2. L’isolant,
      3. L’EPDM (membrane d’étanchéité),
      4. Un géotextile,
      5. De la tuile concassée,
      6. Un peu de terre,
      7. Des plantes grasses.

      Pourquoi un pare-vapeur ?
      Au-dessus, l’EPDM n’est pas perspirant. La vapeur d’eau générée dans la maison (cuisine, habitants…) ne doit pas migrer dans l’isolant et rester coincée sous l’EPDM. On la bloque donc sous l’isolant, côté chaud, avec un pare-vapeur.

      L’EPDM :

      • Bâche caoutchouc, un peu de pétrole,
      • S’étire à 400 %,
      • Garanti environ 40 ans en toiture si protégé des UV,
      • Très peu d’entretien, surtout avec la végétalisation.

      On aurait préféré une toiture avec un autre matériau (terre cuite, etc.), mais le système global (fondations souples, murs de paille, charpente réciproque souple) nous guidait vers une toiture souple qui suit les mouvements éventuels. Une toiture en tuiles sur une charpente réciproque, c’est plus compliqué.

      Par-dessus l’EPDM, on a mis :

      • Un géotextile tissé issu du recyclage de vêtements (coton, etc.) pour empêcher les racines d’atteindre l’EPDM et créer une cohésion de l’ensemble végétal.
      • De la tuile concassée en support drainant. On aurait pu mettre de la pouzzolane (plus légère), mais on avait un stock de tuiles de la ruine sur place.
        • La tuile concassée draine, stocke un peu d’eau, la restitue quand c’est plus sec.
        • On a à peu près 4 tonnes de tuile et 1 tonne de terre : donc 3–4 cm de tuile et 1 cm de terre. Très peu de terre, parce que la terre mouillée, c’est très lourd.

      Les plantes :

      • Plantes grasses, plantes de rocaille, qui poussent sur substrat très mince.
      • On a semé du trèfle au début pour créer un tissu racinaire, puis on a récupéré des boutures/plantules chez des voisins.

      Si c’était à refaire, on mettrait probablement de la pouzzolane pour plus de sécurité en termes de charge, mais ça tient très bien comme ça.

      Débord de toit et clocheton

      Le débord de toit fait entre 80 cm et 1,20 m. Là, il est environ 14 h, le soleil ne rentre pas par la grande baie au sud. Le débord protège bien les murs.

      Le clocheton, lui, est plus compliqué à doter d’un débord important, sinon on perdrait trop de lumière hivernale. On a déjà un petit toit pour limiter la surchauffe d’été. On aurait pu être un peu plus généreux sur le débord, mais c’est un compromis entre :

      • lumière d’hiver,
      • protection d’été,
      • contraintes de construction.

      Le sol : hérisson, isolation, dalle en terre

      Sous la maison, au milieu des fondations, on a mis du verre cellulaire :

      • Habituellement, on fait un hérisson de cailloux pour casser la capillarité et drainer. On met ensuite un isolant (souvent polystyrène), puis une dalle.
      • Le hérisson sert aussi de drainage (l’eau circule entre les cailloux).

      Le verre cellulaire :

      • Est drainant,
      • Non capillaire,
      • Isolant.

      Pour un auto-constructeur, c’est génial :

      • Tu balances le verre cellulaire au milieu de la maison avant de couler ta dalle,
      • C’est léger, facile à mettre en œuvre,
      • Ça fait les trois fonctions d’un coup.

      On a ensuite fait une dalle en terre sur toute la maison :

      • Mélange terre + sable (béton de terre : la terre remplace le ciment).

      Pas de paille dans la dalle chez nous, parce que nous sommes dans une zone très humide (marais) et il y a un champignon bien connu, la mérule, qui mange la cellulose (contenue dans la paille et le bois). Si la mérule s’installe dans une maison, il faut la démolir. Donc je ne joue pas avec ça dans la dalle.

      Pour la surface de la dalle :

      • On a fait des essais : huile de lin, huile dure, etc.
      • Ce qui nous convient bien, c’est la tempera :
        • pigments d’argile particuliers,
        • œuf,
        • huile de lin.

      Ça se passe comme une peinture, crée une couche jolie, légèrement étanche, qui se lustre au passage des chaussettes. Aspect un peu marbré, que l’on aime bien, et cela se retouche facilement.

      On a complété par :

      • De la tomette (terre cuite) côté cuisine, zone très sollicitée (chaises, chutes d’objets, etc.),
      • De la terre crue côté salon.

      On avait aussi testé des dalles stabilisées à la chaux :

      • Plus résistantes, mais en cas de choc important, ça casse net.
      • Les retouches sont plus délicates qu’avec une dalle en terre, où tu peux réhumidifier et réparer localement.

      Enduits

      À l’extérieur :

      • Enduit terre-chaux-paille au départ.

      Retour d’expérience : la paille dans les enduits extérieurs, en climat océanique venteux, finit par moisir un peu en surface aux endroits exposés à la pluie battante. Ce n’est pas dramatique (on a 8 cm d’enduit), mais on voit que beaucoup de pros du bâti écologique commencent à arrêter de mettre du végétal dans les enduits extérieurs. J’en parle aussi dans différents articles « paillourte ».

      Pour l’extension, on a donc fait :

      • Terre + chaux + sable (sans paille) à l’extérieur.

      La chaux :

      • Fige le mélange,
      • Résiste bien à la pluie battante,
      • Évite que l’enduit ne finisse « par terre » au bout de quelques années comme dans certains pays où l’on n’a que la terre crue sans liant hydraulique.

      À l’intérieur :

      • Enduits terre-paille, plus « souples » et perspirants.

      On essaie aussi de limiter le sable, parce que :

      • Le sable de maçonnerie (rivière, carrière) n’est pas inépuisable,
      • Le sable du Sahara ne se maçonne pas.

      On utilise la paille comme « charge » dans les murs pour remplacer une partie du sable.

      On a beaucoup appris sur la qualité des terres :

      • La première terre (pour la paillourte) : très argileuse, blocs très durs après séchage, nécessitant beaucoup de trempage, de tamisage et de correction au sable/paille. J’ai passé à peu près un mois, sur un an et quelques de chantier, à tamiser de la terre…
      • Pour l’extension, on a trouvé une terre plus sableuse, déjà plus friable, beaucoup plus agréable à travailler, avec moins de corrections à faire.

      Quelle a été ta méthode de construction pour l’extension ?

      Pour l’extension, je n’ai pas refait de paille porteuse. J’ai fait une structure poteau-poutre :

      1. On commence par faire un préau : quatre poteaux et un toit.
      2. Le toit repose sur les poteaux, pas sur les murs.
      3. Ensuite, on construit les murs en dessous, en paille (non porteuse, en quinconce, sans ossature bois continue).

      Avantages :

      • Le toit est déjà contreventé, il tient par lui-même.
      • Moins de contraintes sur les murs : la paille n’est plus porteuse, c’est sécurisant.
      • On peut diminuer la taille des fondations :
        • Fondations en gravier pour les murs,
        • Petits plots sous les poteaux.

      Je trouve que c’est un très bon compromis entre :

      • écologie / impact,
      • temps,
      • sécurité,
      • budget (moins de bois d’ossature qu’une maison paille-ossature bois classique).

      Cette extension, c’était le cadeau de Noël de ma fille :

      • On a commencé le chantier en mars,
      • Fini et emménagé en novembre.

      Elle a pu voir sa chambre avancer, participer un peu, voir que c’est long, que c’est du travail. Un jour, elle est arrivée, elle a dit :
      « Ah ouais, c’est quand même une petite maison… »
      Eh oui, c’est ça.

      L’avantage de la paillourte, c’est qu’on peut faire des extensions comme des pétales autour. C’est chouette.

      Les contraintes :

      • Terrain très étroit, limite de propriété,
      • Raccord entre deux toitures,
      • Envie de n’avoir que trois murs (le quatrième étant celui de la paillourte) pour limiter le volume de déperdition.

      Le plus simple aurait été de faire un couloir et une nouvelle pièce indépendante, mais on aurait alors quatre murs supplémentaires et moins de mutualisation thermique.

      Résultat :

      • On n’a pas changé le poêle de masse : il était un peu surdimensionné au départ.
      • Avant l’extension, on faisait un feu tous les un jour / un jour et demi.
      • Maintenant, on fait un feu par jour, ce qui est plus « normal » pour un poêle de masse, et on chauffe 10 m² de plus.
      • Il fait environ 1 °C de moins dans la chambre que dans la paillourte, ce qui est très acceptable.

      On a aussi réfléchi au côté sociétal :

      • Notre fille était très contente d’être dans la mezzanine sous nous, ce n’est pas elle qui réclamait une chambre.
      • Aujourd’hui, elle est contente d’avoir sa chambre, et nous, on est contents d’avoir le luxe de pouvoir fermer une porte entre elle et nous.

      Mais si tu raisonnes à l’échelle du monde, combien d’enfants ont une chambre individuelle ? C’est un luxe de riche occidental. Ça pose question :

      • Est-ce que c’est un besoin réel ?
      • Est-ce que c’est une norme sociale ?
      • Quel impact en surfaces construites supplémentaires ?

      Une chambre par enfant, c’est vite 40 m² de plus pour trois enfants, plus le salon, etc. Ça fait réfléchir.

      Quelle est la réglementation par rapport à la paillourte ?

      Sur la RT/RE, tout est accessible :

      • Les textes,
      • Les méthodes d’étude thermique,
      • Les dimensionnements, etc.

      Si tu ne le sens pas, tu peux déléguer :

      • Il y a des gens dont c’est le métier de faire la partie étude thermique, dimensionnement structurel, etc., et toi tu fais le reste.

      Les grandes familles de réglementation :

      • Réglementation thermique (RT 2012, maintenant RE 2020),
      • Assainissement,
      • Sismique (dans les zones concernées),
      • PLU (Plan Local d’Urbanisme).

      PLU et forme de la maison

      Le PLU est accessible : tu peux le lire, c’est marqué ce que tu as le droit de faire ou pas. Le texte peut être un peu indigeste, mais en une journée, tu peux te faire une idée claire.

      Dans notre cas :

      • On est dans un village un peu excentré,
      • Pas de bâtiment historique autour,
      • Pas d’Architectes des Bâtiments de France sur le dos,
      • Peu de contraintes sur les formes : on ne dit pas « il faut faire des maisons carrées ou rectangulaires ».

      La paillourte n’est donc pas problématique sur le plan réglementaire, sauf si tu es très proche d’un clocher ou dans un secteur sauvegardé où les ABF ont leur mot à dire.

      Le permis de construire / PLU s’intéresse essentiellement à :

      • L’esthétique extérieure,
      • La couleur des enduits,
      • Le type de couverture (tuile, ardoise, etc.).

      Ils ne regardent pas ce que tu mets dans les murs. Je n’ai jamais dit à la mairie que je faisais une maison en paille, notamment parce qu’on n’a pas à leur dire, et qu’ils s’en fichent. Pour toutes les questions autour de l’urbanisme et des démarches, j’ai détaillé pas mal de choses dans « Questions fréquentes sur la paillourte ».

      Pour la toiture végétalisée, a priori il existe une sorte de « joker » européen en lien avec la compensation carbone, qui peut permettre de passer au-dessus de certaines règles locales imposant, par exemple, la tuile ou l’ardoise. C’est à vérifier selon les communes, mais il y a un cadre.

      Assainissement et phytoépuration

      Chez nous, pas de tout-à-l’égout, donc :

      • Obligés d’installer un système d’assainissement conforme avant d’emménager sur le terrain, avant même que la maison soit construite.
      • On a choisi une phytoépuration.

      La phytoépuration :

      • Est maintenant normée, avec des systèmes passés en laboratoire (agréments).
      • Les SPANC (services publics d’assainissement non collectif) ne peuvent plus les refuser si les conditions techniques sont remplies.

      On a fait une autoconstruction accompagnée :

      • Un organisme fait l’étude de faisabilité et le dimensionnement,
      • Donne les plans,
      • L’entreprise qui porte la filière phyto vient contrôler à plusieurs étapes, pour vérifier que c’est conforme à ce qui a été validé en labo,
      • Ça permet de réduire le coût (tu fais les travaux), tout en respectant la norme.

      Techniquement, c’est assez simple :

      • Un tuyau au fond,
      • Un lit de cailloux,
      • Un lit de sable,
      • Des plantes (roseaux) qui assurent l’épuration via leur système racinaire.

      Temps de réalisation :

      • Une petite phyto 3 EH (3 équivalents habitants) nous a pris 3–4 jours de chantier.
      • Le plus long, c’est d’aller chercher les graviers, cailloux, etc. (nous avons des carrières proches, donc ça allait).

      Le dimensionnement :

      • Au départ, on nous préconisait une 5 EH (5 × 150 L/j/personne).
      • Vu notre consommation d’eau réelle et la taille de la maison, l’étude concluait qu’il faudrait arroser les roseaux l’été…

      Nous, si on fait des économies d’eau, ce n’est pas pour arroser la phyto, ça n’a aucun sens.

      On s’est donc un peu battus avec le SPANC :

      • On a obtenu une dérogation pour installer une plus petite phyto (3 EH) adaptée à nos besoins,
      • Tout en restant excédentaire par rapport à notre consommation réelle (on est à 15–20 L d’eau/jour/personne).

      Les premières années :

      • Les roseaux avaient faim, ils montaient très haut, etc.
      • Le technicien d’Aquatiris est revenu plusieurs fois, passionné, pour nous conseiller :
        • Ajouter du compost de toilettes sèches dans les bassins les premières années pour booster la vie bactérienne et le développement des roseaux.

      Que ressors-tu de cette expérience d’auto-construction ?

      Le fait d’avoir fait ma maison là, et d’avoir fini par la paillourte (qui est un plus gros chantier qu’une yourte, clairement), ça m’a vraiment sécurisé ma vie.

      Je me sens vraiment en sécurité :

      • Je me dis que je suis capable de refaire une maison en paille et en terre ailleurs, si un jour il faut partir, si c’est le bazar.
      • En termes de sécurité, c’est assez fort de savoir réparer et construire quelque chose.

      Ça m’a apporté beaucoup de sécurité intérieure, mais ça a aussi demandé une grosse phase d’insécurité :

      • Quand tu construis toi-même, tu doutes en permanence :
        • « Est-ce que ça va tenir ? »
        • « Est-ce que ça ne va pas me tomber sur la gueule ? »
      • J’ai eu une période où je ne dormais pas beaucoup…

      Mais aujourd’hui, avec le recul, je sais que :

      • C’est faisable,
      • C’est à la portée de gens motivés,
      • Ça donne une liberté énorme sur la manière de vivre, de travailler, sur le rapport à l’argent et au temps.

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