Phytoépuration, mise en œuvre

Cet article fait suite à mon article phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation, sauf que là on met les mains dedans…

Nous allons mettre en œuvre un filtre planté FV 3EH (3 équivalents habitant) agréé par Aquatiris, le chantier est en auto-construction. Aquatiris passe faire des visites de contrôle pour valider certaines étapes du chantier.

Poste de relevage

Le terrain n’avait pas suffisamment de pente pour que la gravité suffise… Il nous a fallu passer par un poste de relevage. Celui-ci est là pour mettre l’eau sous pression avec une pompe pour remonter l’eau…  Dans notre contexte d’autonomie électrique et donc de non abondance, il fallait que la pompe consomme peu. Parce que nous ne faisons pas caca dans de l’eau potable, nous avons pu opter pour une pompe à eau claire qui ne consomme que 250W. Pour l’avoir testé, elle vide le poste de relevage de 350L en quelques minutes, c’est parfait (car elle n’est pas longtemps allumée…) ! De plus avec notre consommation d’eau, j’estime qu’on pourrait l’allumer uniquement tout les ~9 jours en théorie. En général (connecté sur un réseau à l’électricité faussement abondante), les pompes de relevage s’allument dès que le niveau d’eau dépasse un certain seuil, c’est automatique. De notre côté, nous avons opté pour une solution manuelle qui nous permet d’allumer la pompe uniquement s’il fait beau (quand les panneaux solaires produisent). Dans ce cas :

  • Le flotteur de déclenchement de la pompe est mis au plus bas
  • Une alarme de trop plein (fonctionnant avec une pile 9V)  va être installé et le flotteur sera mis au 2/3 de la cuve

Le déclenchement de la pompe sera donc manuel et une alarme nous signifiera que c’est presque plein.

Sur notre terrain, l’eau n’est jamais loin. J’ai donc ajouté un puits de décompression à côté du poste de relevage. Sa mise en œuvre est simple, c’est un tuyau à la verticale, à côté du poste de relevage. Ça permet d’éviter une grosse poussée de l’eau sous le poste ce qui aurait pour effet de le faire remonter. J’ai quand même aussi pris la précaution de couler un peu de béton au fond de celui-ci (toujours dans le même but : éviter qu’il ne remonte quand il est vide d’eau, et donc plein d’air).

Le poste de relevage a été installé en amont de la phytoépuration, toujours pour ces mêmes raisons d’économies d’électricité. En effet, s’il est après la phyto, il doit aussi relever les eaux de pluie qui tombent dans le bac… La pluie arrivant plutôt en hiver quand le soleil est plus rare (et l’électricité aussi, pour une installation solaire autonome), ce n’est pas le moment de devoir déclencher fréquemment la pompe…

Mise en œuvre de la phyto

Aquatiris fournit les regards, le bac, le poste de relevage, les vannes, les roseaux et un guide… le reste est à notre charge (tuyaux pvc, granulats…).

Dans le bac étanche, il y a (de bas en haut) :

  • Un épandrain (tuyaux PVC 100 rainuré) qui va vers l’évacuation pour recueillir l’eau filtrée
  • Du gravier 10/20 (20cm)
  • Du gravillon 4/8 (30cm)
  • Du sable (10cm)
  • Des roseaux

Au milieux du bac, il y a une cloison pour le séparer en 2. En amont, il y a un poste de répartition avec des vannes guillotines pour alterner l’écoulement d’un bac à l’autre.

Retours

Quand j’ai reçu le devis, j’ai trouvé ça cher : ~4000€, et en plus ça ne comprend même pas les granulats et bon nombre de tuyaux PVC qui vont pourtant à l’intérieur de la filière (que les tuyaux PVC en amont et aval ne soit pas compris dans le prix, je peux le comprendre : c’est différent à chaque fois, c’est à la charge du client). En gros c’est « juste » le prix pour : un gros bac en plastique, le poste de relevage, la pompe de répartition, de prélèvement, des grilles, un bout de géotextile, 2 vannes et 3, 4 joints forsheda… Au total, de notre côté on va s’en sortir pour 4500-5000€ (tout tout compris).

Aquatiris, c’est donc cher (même en auto-construction) et c’est beaucoup de plastique… La phytoépuration reste tout de même l’assainissement qui a le plus de sens pour moi à l’heure actuelle… le moins pire (niveau pollution, durée de vie…) malgré le plastique.

Je conseille l’autoconstruction, c’est franchement facile à faire… C’est d’ailleurs plus une histoire de bras que de tête. Si vous savez vous servir d’une pelle vous avez 95% des compétences, il reste plus qu’a apprendre à coller 2 tubes de PVC entre eux (pas sorcier).

 

3 réflexions au sujet de « Phytoépuration, mise en œuvre »

  1. Bonjour David,
    Je suis régulièrement sur ton site car mon compagne et moi-même allons d’ici quelques mois commencer la construction d’une maison terre/paille sur un terrain de 7 000 m2 où nous souhaitons installer un jardin-forêt.
    J’aurais plein de questions à te poser en lien avec notre projet mais je vais d’abord me concentrer sur l’objet de mon mail.
    En effet jeudi prochain nous aurons rendez-vous, dans le cadre du dépôt du permis de construire, avec le responsable du SPANC car il vient d’avoir écho de notre souhait d’avoir des toilettes sèches exclusivement et un système de phyto-épuration.
    Il semblait au téléphone assez réservé pour ne pas dire « réticent… » 🙂
    La phyto-épuration proprement-dite
    Ainsi que tu l’exprimais ici nous imaginions au départ partir sur le système Traiselect issu du site Eautarcie. Mais il a vu la vidéo et me dit que ce n’est pas un système agréé et comme tu le disais ils ne veulent qu’un système agréé.

    Me conseilles-tu de passer par un bureau d’études ? Le site Aquitiris en propose un pour mon secteur… es-tu passé par eux toi aussi ?

    Vient ensuite donc la question des EH et ma première question : où as-tu trouvé l’info. selon laquelle lorsqu’on a des toilettes sèches le coefficient à appliquer est de 0,6 ? C’est le bureau d’étude ou c’est quelque chose d’officiel ?
    Pour notre part il y aura 1 salon et 4 chambres donc a priori 5 EH * 0,6 soit comme toi 3 EH. Mais j’aimerais bien pouvoir argumenter jeudi le 0,6…
    En outre, si on doit passer par Aquitiris, j’envisage de passer par le système suivant :
    As-tu eu le droit en aval de ton bac Aquitiris de déverser les eaux dans une mare tel que le schéma laisse à penser ? C’est au Sud de ma maison et j’aimerais mettre en place un potager autour et arroser avec cette eau…
    Nous envisageons aussi des cuves de récupération d’eau de pluie enterrées, je me demande dans quelle mesure cela peut être contradictoire d’un point de vue règlementaire avec ce système de photo-épuration… As-tu un retour d’expérience là-dessus ?
    Les toilettes sèches
    Le mec du SPANC me disait qu’il y a obligation au fond des composts à toilettes sèches de faire une chape béton et de faire en sorte qu’aucune eau de ruissellement puisse s’en extraire.
    As-tu eu les mêmes contraintes ? Si oui, les as-tu suivies ? Contournées ? As-tu trouvé le texte officiel qui fait état de cela ?
    Merci d’avance si tu as le temps de me donner quelques éléments de réponse. Merci aussi pour ton site, la clarté et le côté opérationnel de celui-ci !

    À bientôt,
    Gabriel

    1. Bonjour Gabriel,

      ça dépend des spanc mais oui c’est chaud d’avoir une dérogation pour un système non agréé (mais ça s tente) un spanc dans la creuse peut être qu’ils sont plus cool…

      Tu es dans l’obligation de fournir une étude d’assainissement au spanc, qui donnera un certificat de conformité sur ton projet d’assainissement autonome, si tu n’as pas ce papier tu ne peux pas déposer ton permis de construire (enfin si mais tu es quasi certain qu’il sera retoqué).
      Cette étude tu peux l’a faire seul (a ce qu’on m’a dit) ou faire appel à un bureau d’étude, nous on a fait par un bureau d’étude parce que je voulais me concentrer sur le reste (le permis de construire, la construction, – c’est déjà un gros morceau – …) et que j’ai pas trouvé trop de doc sur ce que doit contenir cette étude.

      Pour le coup des 0,6 : Norme de conception NF P 16-006 août
      A ce qu’on m’a dit, c’est dans les norme mais pas dans la loi, donc en gros ils sont pas obliger de le prendre en considération…

      Pour la marre en aval : Oui c’est possible, il nous l’a proposé, encre plus, si tu n’as pas le pluvial qui passe prêt de ton terrain il me semble que tu es obliger de mettre en place une zone d’infiltration… ça c’est l’étude qui le détermine en fonction du type de sol.
      Moi de ce qu’on m’a dit il ne faut pas compter sur le rejet l’été pour arroser le potager. Entre l’évaporation et ce que boivent les plantes, l’été il en sort vraiment pas grand chose de ta phyto…

      Pour la contradiction eau de pluie : Contradictoire ? Je vois pas pourquoi, c’est 2 système bien district qui n’ont pas de lien les un avec les autres. Je serais toi j’en parlerai pas trop (parfois il faut en dire le moins possible), je ne suis même pas sûr que tu sois dans l’obligation de le mentionner dans le permis vue que ce n’est pas visible…

      Les toilettes sêches : Dans le texte officiel c’est indiqué que ça doit être étanche, le contrôleur du SPANC, quand il contrôle l’assainissement après réalisation contrôle aussi tes toilettes sèches et ton air de compostage. Dans les texte il est indiqué que ça dois être une « cuve étanche »
      Tout ça dépend aussi de ton terrain (zone inondable, emplacement, dimensionnement des bac…) :
      https://www.terreau.org/spip.php?article201
      https://toilettes-seches.i-cag.net/toilettes-seches-parlions-compostage/
      http://www.juristes-environnement.com/article_detail.php?id=1132
      Au contrôle nous on avait mis 4 palettes ensembles, pas de dalle… Il m’a fait remarqué que c’était pas étanche, je lui ai dit que j’allais mettre un toit pour éviter le ruissellement mais que j’avais pas eu le temps de terminer. On a discuter de cette histoire de dalle en béton, je lui dit que « avec une dalle en béton mon composte ne va juste pas marcher, que ça va puer, pas bien composter…  » je lui ai expliqué l’absurdité de la chose, il était d’accord avec moi, il m’a juste dit de poser un toit (ce que j’avais l’intention de faire pour pouvoir mieux gérer le taux d’humidité dans le composte) après c’est toi et ta chance, c’est si ça passe bien avec le contrôleur… après si tu te prends une contre-visite c’est une centaine d’euro… (je sais plus exactement)

      Voilà voilà…
      Belle soirée,
      David

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