[video] Low-Tech de mon quotidien pour viser les 2 tonnes d’équivalent CO₂

J’ai déjà publié mon bilan carbone (eq CO₂) et j’ai pu faire le constat que je n’était pas rendu au 2T de CO₂ équivalent nessécaire d’ici 2030 pour pas dépasser les 1,5°C de réchauffement global (dit le GIEC au moment ou j’écris). Je suis plutôt à 3… On est quand même pas si loin (par rapport au Français moyen qui est plutôt à ~10). Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu discuter des Low-Tech qui était à l’œuvre pour arrivé à ces 3T et elle en a fait une vidéo que voici :

Clique ici pour afficher le contenu en provenance de YouTube.
Learn more in YouTube’s privacy policy.

Des articles en liens avec ce dont on va la vidéo :

Transcription

Introduction

Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer David, qui nous explique les postes de consommation les plus énergivores, son principe d’autocontrainte qui lui permet de diviser par 10 sa consommation d’eau et par 14 sa consommation électrique par rapport à la moyenne française.

Quelles low-tech met-il en place pour limiter son impact environnemental ? Il nous livrera aussi sa vision et son retour d’expérience sur l’autonomie énergétique.

David et sa famille appliquent une vraie philosophie de vie autour d’une remise en question fondamentale de leurs besoins, leur permettant d’être à presque 2 tonnes équivalents CO₂ par an et par personne, quand la moyenne française est à 9,8 tonnes. Tu trouveras plus de détails dans son article « Bilan CO₂ : Mon mode de vie n’est pas soutenable ».

Une sobriété qui leur permet de reconsidérer leur rapport au travail, à l’argent et au temps.

David donne des formations sur le poêle de masse et sur le solaire photovoltaïque (voir par exemple la page Carnet de Yourte et les stages autour de l’autonomie électrique solaire). Il a d’ailleurs collaboré avec le LowTech Lab sur la construction d’un poêle de masse, et fait partie d’Agir Low-Tech, un fonds de dotation qui fait de la recherche et du développement sur des solutions low-tech dont le partage de connaissances est diffusé librement.

La section LowTech de l’École Centrale de Nantes vient même étudier le mode de vie low-tech de David. Il tient un blog très bien documenté sur ses retours d’expérience où il partage tout autant ses modes d’emploi que ses erreurs. Je vous recommande vraiment d’aller le voir : c’est une vraie mine d’or. Sa devise d’ailleurs : « Le savoir n’est rien s’il n’est pas partagé. » Et je suis bien d’accord avec lui.

Une vidéo sur sa paillourte et son cheminement constructif viendra par la suite. J’espère que cela pourra vous inspirer à passer au low-tech, et, pour ceux qui y sont déjà, à développer encore votre esprit low-tech.

Comment es-tu venu à avoir une vie low-tech ?

Je suis venu un peu sur cette démarche-là par le pendant écologie, sobriété, tout ça. Je pense que ma prise de conscience s’est faite – j’ai l’impression, comme pas mal de gens – par l’alimentation : mettre le pied dans « Ah ouais, le bio c’est quoi ? », l’agriculture, etc.

Et puis, après, tout ce petit chemin m’a emmené à une prise de conscience de plus en plus ancrée.

Il y a eu un moment où je n’étais plus trop aligné avec mes convictions profondes, et je me suis dit qu’il fallait passer un cap, un gap même.

On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu ça, le point de bascule. Même si je faisais des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort.

Cette yourte nous permettait assez rapidement de tester tout ça : d’arriver avec un petit habitat pas trop cher, assez vite à construire. On a mis un mois, un mois et demi à la construire, et du coup, bam, on est arrivés, on a pu s’installer, et après c’était bon.

Un mois et demi, c’était fatiguant, c’était un gros mois et demi, mais il nous restait un peu de jus pour essayer d’autres trucs.

À cette période-là, j’ai pu me lancer à expérimenter le poêle de masse (c’était le Poilito à l’époque), le four solaire, tous les trucs qu’on avait envie de tester.

Je pense aussi que ce qui nous a fait avancer vers la sobriété, c’est qu’on a fait table rase.

On avait la yourte, on avait des murs, et au début on n’avait pas l’eau, pas l’électricité, rien. Il y avait tout à construire.

Du coup, clairement, tu repars de zéro. C’est l’inverse du mec qui s’installe dans sa maison avec tout le confort habituel et qui doit ensuite déconstruire. Là, on avait tout à construire et il faut prioriser.

Tu te dis :

  • « OK, il me manque quoi ? L’eau, c’est pas mal quand même. » → On avance.
  • « L’électricité, c’est pas mal quand même. » → On avance.
  • « Finalement, pour faire la vaisselle, c’est urgent. » → On fait ça.
  • « Après, il nous faut un petit coin pour se laver. » → On fait ça.

On a fait un baquet, on n’avait pas l’eau courante, et finalement ça fait 9 ou 10 ans qu’on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche… et ça va bien.

Du coup, on a pu travailler sur notre confort et notre besoin de confort petit à petit, en repartant de zéro.

Je pense que c’est ça qui nous a emmenés vers la sobriété.

C’est difficile de vivre dans ce monde d’abondance et de retirer des couches, alors qu’ajouter des couches, des petites couches, et se demander si la couche suivante est nécessaire, vitale, tout ça, c’est plus facile.

Nous, on est partis de ce truc-là d’autocontrainte, parce qu’un monde d’abondance, ça emmène à la surconsommation. On le voit bien.

Typiquement, pour l’eau :

Quand on a installé l’eau, on avait un robinet qui arrivait, mais on l’a volontairement fait arriver à l’extérieur de la maison, juste devant. On passait la porte, et il y avait le robinet d’eau.

Ce simple truc te fait rationaliser tes comportements.

Pour la vaisselle, j’avais mis en place un système de double jerrican :

  • un jerrican d’eau propre,
  • qui se vidait dans l’évier,
  • puis l’eau allait dans un jerrican d’eau sale.

Après, tu vas mettre le jerrican d’eau sale dans le jardin, et tu remplis un jerrican d’eau propre.

Ce simple truc-là, mine de rien, quand le jerrican est vide, il faut aller porter 20 L d’eau. Même si c’est juste devant la porte, c’est 20 L d’eau à porter pour arroser le jardin. 20 L d’eau, c’est 20 kg, donc deux fois 20 kg à porter.

Ça te fait rationaliser ton comportement.

Ce truc de l’autocontrainte, je pense que c’est assez fort.

C’est aussi un peu pour ça qu’on a été vers l’autonomie électrique. Au début, on était en autonomie électrique solaire : on a une quantité finie d’énergie. C’est le cas en vrai, même sur le réseau, mais nous on a ce sentiment d’infini.

Tant qu’on est capable de payer la facture – et encore, c’est différé, c’est à la fin du mois – ce n’est pas tout de suite que tu vois les euros, les watts ou les litres défiler. Ce n’est pas palpable.

Donc tu tires, tu tires.

Si tu es sur un puits, tu vois que ton puits baisse, baisse, baisse, et à un moment donné tu ne vas peut-être plus nettoyer ta voiture ou remplir ta piscine.

Le fait d’avoir été autonome nous a permis de réduire fortement notre besoin énergétique, parce qu’on a refait le point sur ce dont on avait vraiment besoin. J’en parle d’ailleurs dans « L’autonomie électrique solaire c’est rentable ? C’est écologique ? » puis dans « L’autonomie électrique, c’est fini ».

Je n’ai pas du tout le parcours « carte postale » qu’on aime bien raconter dans les médias :

« J’étais à Paris, j’étais trader, j’ai tout quitté, je suis allé m’installer dans la Creuse… »

Non. Ça a été hyper progressif.

J’avais un travail ; j’ai toujours cherché à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux.

Toujours ce truc de ne pas passer ma vie au travail : plus de temps, moins d’argent. Du coup, tu fais ton potager, tu fais des trucs qui te prennent plus de temps mais moins d’argent, et c’est OK.

On a divisé nos besoins.

Un Français moyen, c’est à peu près 7 kWh par jour et par personne.

Quelle est votre consommation énergétique et en eau ?

Nous, notre besoin, c’était 500 Wh jour par personne. On avait divisé quasi par 14.

Ça, c’est en période de « pas de soleil », l’hiver. Donc pas de frigo, pas de chauffage électrique, pas de ballon d’eau chaude, etc.

L’hiver, on monte à x4 : on arrive à environ 2 kWh/jour par individu, soit 4 kWh/jour pour le foyer.

Parce que là, il y a le frigo, du surplus d’eau chaude, mais qu’on n’utilise que quand il y a du soleil. On n’a pas augmenté la surface de panneaux solaires : c’est le même matériel, mais on n’utilise ces usages que quand l’énergie est là.

Chez les écolos, il y a souvent ce paradoxe :

  • On veut de l’énergie renouvelable,
  • cette énergie est intermittente,
  • mais on ne supporte pas l’intermittence.

Ce n’est pas OK de ne pas avoir d’électricité quand il n’y a pas de soleil… alors que ce serait justement jouer sur notre confort.

Maintenant, j’ai racheté des panneaux solaires et je suis en autoconsommation sur le réseau. Mon installation autonome était en fin de vie. Il lui restait quelques années, mais on arrivait à 9 ans : sur une installation autonome, ce sont les batteries qui flanchent en premier. Une batterie plomb, c’est 12–15 ans si tu l’as bien menée (les panneaux, c’est 25–30 ans).

J’avais opté pour le plomb parce que :

  • il y a une filière de recyclage,
  • avec des batteries au plomb, on peut refaire des batteries au plomb.

Ça nécessite de l’énergie, donc il faut le faire le moins possible, toujours moins, mais c’est faisable.

Mon enjeu, maintenant, c’est d’avoir le plus de stockage possible sans batterie (donc dans les matériaux, l’eau chaude, etc.), parce que c’est ça qui meurt le plus vite.

Malgré ça, ce côté intermittent, j’aime bien. J’aime bien jouer avec cette énergie intermittente.

Je vise quasiment pas d’énergie par jour depuis le réseau.

Dernièrement, j’ai regardé : on était à 60 centimes de consommation par jour d’électricité (hors abonnement).

L’abonnement, c’est 10 € par mois ; il est plus cher que l’énergie elle-même, mais c’est OK : le réseau, c’est un truc collectif.

Je trouve normal que si j’habite près du poteau ou de la centrale, il y ait un ratio avec celui qui habite plus loin. On collectivise une installation.

Donc, on est sur le réseau, mais on joue avec le soleil.

Le jeu, c’est :

  • consommer le moins possible la nuit,
  • et ramener le plus possible la consommation en journée quand il y a du soleil.

S’il n’y a pas de soleil :

  • je ne peux pas recharger mon vélo électrique → peut-être que je prends mon vélo sans assistance,
  • je ne peux pas allumer l’eau chaude → soit je fais l’eau chaude ailleurs, soit je m’en passe.

En été, je pense que je suis autour de 80 % de solaire direct, 20 % réseau.

Pour l’eau : un Français moyen, c’est 150 L/jour/personne.

Nous, on est autour de 10–20 L/jour/personne, très variable selon les machines à laver, etc. Globalement, on a divisé par 10 notre consommation d’eau par rapport à la moyenne. Je détaille ces chiffres dans l’article sur mon bilan CO₂.

On est toujours à 3 tonnes de CO₂, et l’objectif c’est 2 tonnes par an et par habitant.

Quels sont les postes de consommation les plus énergivores ?

Si on part de l’eau :

Le plus gros poste, ce n’est pas les toilettes comme on l’entend souvent, c’est la douche / le bain.

En France, en moyenne, c’est 150 L/jour/personne, et la douche est une énorme part de cette consommation.

Une pomme de douche classique :

  • 9–10 L/min (jusqu’à 15 pour les pires),
  • les très économes, 5 L/min.

La douche moyenne : 9 minutes.

Tu fais le calcul : environ 60–80 L.

70 L d’eau, c’est 70 kg. Si tu devais porter cette eau pour la mettre dans ta douche, tu aurais déjà pris une bonne suée → tu ne le ferais pas.

Ensuite viennent les toilettes : deuxième poste.

Une chasse d’eau, c’est environ 9–10 L. À chaque tirage, 10 L d’eau potable.

On distingue :

  • l’eau grise (douche, vaisselle) : huileuse, savonneuse, un peu « cracra » mais relativement récupérable ;
  • l’eau noire (toilettes) : contaminée par les excréments, médicaments, hormones, etc.

Tout ce qui est contaminé par les excréments, c’est fatal pour le cycle de l’eau.

Exemple : la pilule hormonale féminine (oestrogènes). Ces molécules ne sont pas filtrées correctement dans les stations d’assainissement.

Résultat :

  • on les rejette,
  • on les retrouve dans les rivières,
  • on les reboit,
  • on en remet encore plus dans le milieu : boucle infinie.

Dans l’eau, ces molécules restent entières.

Dans un compost de toilettes sèches, avec montée en température, elles sont au moins en partie disloquées (sans disparaître totalement).

À l’échelle individuelle, l’habitat n’est qu’une petite part de ce qu’on génère en termes de dépenses en eau : nos vêtements, nos ordinateurs, notre alimentation ont besoin d’eau « cachée ».

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire dans l’habitat ; il faut faire les deux : individuel et collectif. J’en parle aussi dans mes articles sur l’assainissement et la phytoépuration.

Souvent on oppose :

« Il ne faut pas culpabiliser l’individu, c’est à l’échelle collective que ça se joue. »

Moi, je ne veux pas opposer les deux. Il faut faire les deux.

Ce sont les comportements individuels qui font émerger des comportements collectifs, et les comportements collectifs (loi, normes, obligations) ont des effets de bascule sur les comportements individuels.

Pour l’énergie, c’est pareil : l’énergie qu’on utilise au sein du foyer est une petite part de notre empreinte, mais c’est celle qu’on maîtrise le plus directement.

Le plus gros poste de dépense : le chauffage.

Et maintenant, de plus en plus, la climatisation l’été.

Juste derrière : l’eau chaude. Globalement, tous les postes où on transforme de l’énergie en chaleur : c’est colossal.

Et pour ça, il n’y a pas de mystère : c’est moins.

Moins de m² à chauffer, ou chauffer moins fort, ou chauffer moins longtemps.

On peut aussi :

  • chauffer les corps plutôt que les volumes,
  • utiliser des tapis chauffants, plaids, vêtements adaptés.

Exemple :

  • tapis de souris/chauffant à 100 W vs chauffer toute une maison à plusieurs kW ;
  • un tapis au sol dans un salon carrelé peut permettre de baisser la consigne d’1 °C.

Pour le chauffe-eau :

Un ballon de 200 L d’eau chaude en permanence, est-ce nécessaire ? Il faut se poser la question.

Après le chauffage et l’eau chaude, viennent la cuisson et les appareils électriques.

Les veilles ne sont pas négligeables :

  • un appareil qui consomme peu mais 24/24 pèse lourd sur la facture,
  • par exemple une box Internet : 10 W sans Wi-Fi, 20 W avec Wi-Fi.

On peut :

  • couper le Wi-Fi quand on n’en a pas besoin,
  • ou couper complètement la box la nuit avec une prise programmable.

On n’est pas encore dans une adoption massive des low-tech, parce qu’on n’est pas matériellement contraints par le changement climatique dans notre quotidien immédiat.

En vrai on l’est, mais le lien est lointain, ce n’est plus seulement « pour nos petits-enfants », c’est déjà pour nos enfants… mais on a encore accès à une énergie abondante et peu chère.

J’ai fait un petit bilan carbone : je suis à 3 tonnes équivalent CO₂ par an.

Un Français moyen est à 10 tonnes. L’objectif, pour les scénarios à 1,5–2 °C, c’est 2 tonnes par an.

Donc 3 tonnes, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faut faire mieux.

Dans ces 3 tonnes, il y a 1 tonne imputable au collectif / services publics, que j’utilise (école, transports, hôpital, routes, etc.), et c’est normal.

Du coup, les 2 tonnes « restantes » sont à viser sur ce que je maîtrise vraiment. Est-ce utopique ?

Je ne pense pas que se couper du réseau soit la solution : les effets d’échelle sont importants, et il y a plein de choses qu’on ne peut pas optimiser à l’échelle individuelle.

Exemple :

  • une installation PV autonome chez soi + une installation PV autonome au travail → doublon de matériel ;
  • le réseau permet de mutualiser.

Encore une fois : ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins : moins d’eau, moins de transport, moins de m², moins d’objets.

Quelles sont les low-tech qui ont un impact significatif ?

La première qui me vient, parce que c’est au cœur de l’impact individuel : le transport.

Il existe une low-tech qui marche à merveille : le vélo.

Même à la campagne.

Moi je n’ai pas de voiture.

Je triche un peu : j’ai un vélo électrique que j’ai électrifié moi-même (j’ai même tenté de faire ma batterie – retour d’expérience : ne faites pas ça chez vous, c’est galère et ça ne tient pas longtemps).

C’est un vélo un peu porteur : je peux emmener ma fille, les courses, j’ai une remorque, une vraie capacité d’emport.

Un vélo électrique permet d’allonger les distances, par tous les temps, avec le bon équipement :

  • bon casque avec visière,
  • tenue de pluie,
  • guêtres, etc.

Je vais chez mes clients à Nantes en vélo, 1h–1h15 de route : j’arrive, j’ai à peine la barbe mouillée.

Économiquement, si tu enlèves ta voiture de ton budget, tu peux t’acheter un très bon vélo, l’entretenir, et tu gagnes.

Quelques ordres de grandeur :

  • une recharge de vélo électrique : ~10–15 centimes pour 80–100 km,
  • transporter 60–70 kg de « bidoche » avec 1–1,5 tonne de métal, c’est une aberration par rapport à 20–30 kg de métal (un vélo).

Ensuite, la douche : premier poste de dépense en eau.

Juste couper le chauffe-eau, ou avoir un plus petit ballon, peut déjà changer beaucoup.

Nous, on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche. On fonctionne au gant de toilette et à la bassine.

  • 1 à 3 L d’eau suffisent pour se laver.

En termes de low-tech, c’est imbattable : une bassine, un gant. J’ai aussi testé des douches à recyclage type Showerloop, mais pour notre usage ce n’est pas ce qui marche le mieux au quotidien.

Ensuite, la cuisson :

Si tu as un peu de jardin, le four solaire Atominique, ce n’est pas très cher, et très peu impactant à fabriquer. Si tu es au travail toute la journée et que tu rentres juste le soir, c’est moins pertinent (il faut être là quand il y a du soleil), mais même juste le week-end, ça peut valoir le coup.

Les toilettes sèches :

Deuxième gros poste de dépense en eau, et gros impact sur le milieu naturel.

Low-tech par excellence :

  • une boîte en bois,
  • un trou,
  • un seau,
  • de la sciure.

Idéalement : condamner les toilettes à eau, sinon on finit par ne plus utiliser les toilettes sèches. J’ai détaillé tout ça dans « Toilettes sèches à litière (théorie et pratique) ».

Il y a aussi les composts partagés : je ne sais pas si on peut y mettre du compost de toilettes sèches, c’est à discuter au cas par cas, mais il existe quelques initiatives locales qui collectent les matières de toilettes sèches.

Pour la machine à laver :

Une machine qui chauffe l’eau → 2000 W (ordre de grandeur).

La même machine avec eau déjà chaude envoyée depuis ailleurs → ~150 W (juste le moteur).

On peut produire l’eau chaude différemment : solaire thermique, poêle de masse, excédent PV… Je détaille tout ça dans l’article « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge ».

Une installation solaire thermique, c’est :

  • low-tech,
  • rentable sur la durée,
  • souvent subventionnée.

En gros :

  1. Isoler sa maison (chauffage = 1er poste).
  2. Travailler sur l’eau chaude (2e gros poste).

Quel est ton retour d’expérience par rapport à l’autonomie énergétique ?

Quand je faisais des formations sur l’autonomie électrique solaire, je voyais bien les tiraillements :

  • financier,
  • écologique,
  • confort / sécurité.

Je vais le dire tout de suite : l’autonomie n’est pas économiquement viable.

Sinon, tous les radins seraient débranchés du réseau, auraient des cuves de récupération d’eau, etc.

Le kWh est encore trop bas. Même si le prix fait x2, on a encore de la marge. À l’échelle de plusieurs années, ça reste peu rentable.

Donc il ne faut pas le faire pour ça.

Moi, je suis allé vers l’autonomie pour plusieurs raisons :

  • j’étais dans un champ,
  • si je voulais l’électricité, il fallait soit tirer une ligne, soit être autonome,
  • il y avait un enjeu de mobilité / réversibilité de l’habitat.

Je pensais que c’était « l’idéal ».

Avec le temps, j’ai changé de regard : si demain tous les foyers sont autonomes, avec des panneaux sur tous les toits tout en gardant le même niveau de confort et de dépenses, on a un problème :

  • les études montrent qu’on n’a pas assez de minerais rares pour installer du photovoltaïque partout à ce niveau de consommation ;
  • on risque de griller les ressources à court terme, pour ne plus pouvoir renouveler demain.

Donc, encore une fois, ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins.

Par contre, je dis merci à cette période où j’ai été autonome, parce qu’elle m’a empêché de croître en besoins pendant 8–9 ans.

Quand tu fais ton installation autonome, c’est comme un puits :

  • elle a une certaine taille (panneaux, batteries),
  • peu importe ce qui se passe, tu as ça.

Tu ne peux pas acheter un nouvel appareil sans négocier :

  • soit tu le fais tourner seulement quand il y a du soleil,
  • soit tu l’utilises seulement l’été,
  • soit tu renonces à autre chose.

C’est une vraie contrainte.

Du coup, je dirais que ce serait intéressant que tous les Français vivent 2–3 ans en autonomie pour acquérir des gestes et des habitudes.

Exemple de l’eau :

  • pendant 3 ans, on a eu notre bidon d’eau propre qui se vidait dans un bidon d’eau sale ;
  • quand on a mis l’eau courante ensuite, notre consommation d’eau n’a pas augmenté.

Les habitudes étaient ancrées.

Poêle de masse

Ici, on est devant le MiniMasse, le petit poêle de masse d’Agir Low-Tech.

C’est un poêle conçu pour :

  • les petits habitats légers et/ou mobiles,
  • satisfaire tous les besoins de chaleur d’un petit habitat : chauffage, cuisson, eau chaude.

Un poêle de masse, c’est souvent plus gros et plus massif que celui-là ; celui-ci a été dimensionné pour des petites surfaces :

  • maison de 40 m²,
  • jusqu’à ~100 m² très bien isolés / très bien pensés (limite haute).

Il a été pensé pour être semi-démontable :

  • de grands linteaux qu’on peut démonter assez facilement,
  • maçonnés à l’argile réfractaire,
  • on peut le démonter en une journée,
  • poids total ~400 kg,
  • le foyer central ~150 kg, transportable sur un diable.

On peut donc :

  • venir en stage 5 jours,
  • construire son poêle,
  • le démonter,
  • l’emporter chez soi et le remonter.

Les matériaux principaux :

  • briques réfractaires (écrasante majorité),
  • un peu de métallerie (portes, clapets, plancha, etc.),
  • quelques matériaux annexes (tresse de verre, joints).

Fonctionnement

Il faut imaginer un conduit de cheminée raccordé en haut (je l’ai démonté pour le transport). Ce n’est pas du Wi-Fi : il faut un vrai conduit.

Sur ce poêle, on a :

  • une plaque de cuisson au-dessus, en contact thermique avec le foyer,
  • des ailettes internes qui conduisent la chaleur dans la masse,
  • la possibilité de cuisiner sur le poêle,
  • un four noir à l’intérieur (là où on fait le feu).

À la fin de la flambée :

  • on peut cuisiner à l’intérieur (pain, tartes, cookies, etc.),
  • on met parfois une brique à la place du bois pour ne pas être en contact direct avec les braises,
  • les parois rayonnent la chaleur sur le plat.

C’est un foyer dans lequel :

  • on brûle du bois de façon vive,
  • on émet peu de particules fines,
  • les briques réfractaires stockent la chaleur,
  • la chaleur est ensuite diffusée par rayonnement dans la maison.

La flambée typique chez nous :

  • foyer prévu pour 3 kg de bois,
  • environ 1 heure de feu,
  • et 24 heures de chaleur.

En pratique :

  • j’allume souvent mon feu le soir,
  • le matin, il fait la même température qu’au coucher,
  • la montée en température est progressive (1–2 °C max),
  • la descente aussi est très stable.

Contrairement à un poêle en fonte / en métal (très réactif) :

  • il fait très vite trop chaud,
  • puis ça se refroidit très vite.

Le secret de cette progressivité :

  • le poids (l’inertie),
  • la quantité de briques,
  • et le parcours des fumées (dimensionné comme décrit sur le blog).

Durée de construction, accompagnement

Au sein d’Agir Low-Tech, l’asso fait de la R&D et diffuse les plans. Des personnes (dans ou autour du réseau) organisent des stages :

  • sur 5 jours,
  • on construit un poêle de masse,
  • on repart avec (semi-démonté),
  • on sait maçonner des briques (droites de préférence !).

Consommation de bois

Nous, avec ce poêle pour ~50 m², c’est :

  • 3 kg de bois/jour,
  • soit ~0,5–0,7 stère par an, selon l’hiver,
  • moins d’1 stère pour couvrir :
    • le chauffage,
    • la cuisson (soupe, pain, etc.),
    • une partie de l’eau chaude (via échangeur).

Au regard des usages couverts, c’est peu. Je montre ça en détail dans l’article « Une soirée de cuisine sur/dans le MiniMasse ».

Allumage « propre »

On ne fait pas d’allumage par le dessous (comme avant).

On allume :

  • par le dessus,
  • voire par l’avant,

→ jusqu’à 80 % de particules fines en moins.

Les anciens laissaient souvent une bûche couver pour retrouver de la braise le matin et éviter de rallumer.

Mais laisser couver une bûche à très faible tirage toute la nuit, c’est extrêmement polluant.

Guillaume (copain d’Agir Low-Tech) avait fait le calcul :

Laisser une bûche couver toute la nuit, c’est comme si tu prenais ta voiture (vieux diesel) et que tu faisais des tours de périph’ toute la nuit en termes de particules fines.

Si tu en es là, c’est souvent que :

  • dès que tu coupes ton poêle, il fait froid,
  • donc soit ta maison est mal isolée,
  • soit ton poêle manque d’inertie,
  • soit les deux.

Dans ce poêle de masse-là, ça n’a pas de sens de laisser couver :

  • soit c’est à fond (flambée vive),
  • soit c’est arrêté.

Les gens qui viennent à la maison :

  • voient rarement le poêle allumé,
  • mais il fait toujours bon,
  • → ça les convainc souvent tout seuls.

Rayonnement vs convection

Le poêle de masse fonctionne principalement par rayonnement.

Un poêle classique fonctionne surtout par convection :

  • l’air est chauffé,
  • il monte, redescend, crée des mouvements d’air.

Le rayonnement, lui :

  • vient d’une masse chaude (le poêle, les murs),
  • traverse notre corps,
  • nous réchauffe « de l’intérieur ».

La convection, c’est plutôt de la chaleur qui nous caresse la peau en surface, mais pas en profondeur.

On l’a rapidement constaté avec les murs :

  • le rayonnement se transmet d’une masse chaude vers une masse plus froide,
  • nous sommes une masse,
  • si la surface de notre corps est à ~30 °C et le poêle à 60 °C, on récupère ses calories,
  • idem pour les murs et le sol.

On a vécu un an dans la maison avec un poêle classique :

  • parfois 24–25 °C d’air,
  • murs à 19 °C,
  • dès que le poêle s’arrêtait, ça retombait vite à 17 °C.

Avec le poêle de masse, après quelques flambées :

  • murs montés à 19–21 °C,
  • et ils ne bougent plus de l’hiver.

Le confort thermique ressenti, pour simplifier, c’est la moyenne entre :

  • température de l’air (thermomètre classique),
  • température des parois (thermomètre infrarouge).

Si :

  • tes murs sont à 10 °C,
  • l’air à 20 °C,

ton corps ressent quelque chose comme 15 °C.

C’est là que l’inertie joue un rôle énorme.

Isolation par l’intérieur / extérieur

Si tu mets l’isolant à l’extérieur :

  • tu gardes la masse à l’intérieur,
  • tu peux la réchauffer,
  • elle te restitue doucement sa chaleur,
  • température plus stable (hiver comme été).

Si tu mets l’isolant à l’intérieur :

  • tu ne bénéficies pas de la masse du mur,
  • pas de « batterie thermique » accessible,
  • variations de température plus fortes.

Les maisons en pierre avec de gros murs sont très confortables l’été pour cette raison.

On peut faire l’analogie avec la bouillotte :

  • personne ne met la bouillotte sur la couette,
  • on la met dans le lit, sous la couette,
  • → la bouillotte (inertie) dedans, l’isolant dehors.

C’est ce qu’on devrait faire pour les maisons.

Chauffe-eau couplé au poêle

En plus de faire la popote dessus, dessous, dedans, le poêle chauffe de l’eau.

Sur la paroi, j’ai :

  • un tuyau de cuivre,
  • plaqué contre le poêle,
  • recouvert de terre.

Ce tuyau est dans un circuit fermé en thermosiphon :

  • en bas : arrivée d’eau froide,
  • l’eau se réchauffe le long du poêle,
  • l’eau chaude, plus dilatée, monte vers un ballon à échangeur,
  • elle cède ses calories à l’eau sanitaire,
  • ressort refroidie, redescend, etc.

Chez nous :

  • petit poêle → petit ballon,
  • 20 L, ballon de camion (avec échangeur prévu pour un moteur à l’origine).

Avec 3 kg de bois et une seule paroi chauffante, on obtient :

  • de l’eau à ~35–40 °C,
  • suffisant pour une douche,
  • mais avec peu de « tampon » (petit volume).

Douche

La douche low-tech, c’est ça :

  • un gant de toilette,
  • une bassine dans un baquet galvanisé,
  • une bonde au fond,
  • évacuation au tout-à-l’égout / phyto,
  • mais pas d’arrivée d’eau.

L’arrivée d’eau se fait :

  • au robinet du plan de travail,
  • en remplissant à la main (eau chaude venant du ballon, du poêle, du solaire ou du gaz au besoin).

Pour se laver au gant, il faut 2 L d’eau max.

Installer une arrivée d’eau courante dans la douche serait très simple : le ballon est juste à côté. Mais c’est un choix d’autocontrainte de ne pas le faire, pour ne pas retomber dans le gaspillage.

Stockage alimentaire

On a pas mal de petits stockages alimentaires.

Longtemps, on a fonctionné avec un garde-manger extérieur.

Aujourd’hui :

  • un petit frigo uniquement l’été (70 L environ),
  • l’hiver, il est éteint.

En autonomie, on est partis de ça :

  • en été, il y a de l’énergie solaire → facile d’avoir un petit frigo,
  • en hiver, beaucoup moins → un frigo consomme ~250 Wh/jour, soit environ ¼ de notre conso hivernale de l’époque.

Rajouter ¼ de conso en hiver aurait nécessité de :

  • augmenter largement la puissance PV,
  • augmenter la capacité batterie.

On était déjà juste, donc ça aurait été quasi un doublement de l’installation juste pour un frigo.

En plus, c’est un peu absurde de faire du froid à l’intérieur l’hiver, alors qu’on cherche à chauffer la maison, et qu’il fait froid dehors.

L’été, à l’inverse, mettre le frigo à l’intérieur dégage de la chaleur là où il fait déjà chaud. Le mettre dehors le ferait consommer plus. Il faut trouver un équilibre.

On est végétariens, ce qui simplifie un peu la chaîne du froid :

  • le fromage, ça tient,
  • on ne gère pas de viande au quotidien.

Longtemps, on a eu un garde-manger extérieur au nord, abrité de la pluie, en hauteur (pour les rongeurs), une boîte en bois avec grillage. En termes de low-tech, c’est imbattable, un peu comme le réfrigérateur d’hiver low-tech décrit sur le blog.

Aujourd’hui, on a :

  • un cellier type « cave », en briques de terre crue (adobe),
  • non isolé mais avec beaucoup d’inertie,
  • température plus stable que dehors (lisse les pics).

Et un mini-frigo passif :

  • arrivée d’air frais canalisée depuis l’extérieur,
  • évacuation en haut vers le toit,
  • petite éolienne de toiture qui crée le tirage,
  • joint type joint de frigo, clapets pour ouvrir/fermer selon où il fait le plus frais.

On y met :

  • beurre (salé, ce qui aide à la conservation),
  • lait végétal,
  • yaourts (on essaie de ne pas les garder trop longtemps),
  • plats entamés, etc.

On a aussi renoncé au congélateur, trop énergivore en autonomie (et à l’année).

À la place :

  • lactofermentation (saumure),
  • conserves au four solaire,
  • autres méthodes de conservation.

Le congélateur est très pratique, mais très énergivore. Sans congél, on est obligés de réfléchir, de transformer, de conserver autrement.

Poste de pilotage énergétique

Dans la maison, j’ai un coin « poste de pilotage énergétique » :

  • batteries de vélo,
  • batteries d’outillage (Makita),
  • commande du chauffe-eau,
  • un système domotique maison basé sur PvMonit.

Une petite électronique :

  • pilote le surplus d’énergie solaire,
  • envoie le surplus dans certains usages (chauffe-eau, etc.),
  • avec des règles de priorité : par exemple, le chauffe-eau ne s’enclenche que s’il y a du surplus et si la maison est en dessous de 22 °C.

C’est une sorte de domotique pour la gestion énergétique optimisée, que je détaille dans la série d’articles autour de PvMonit.

Toilettes sèches à ventilation canalisée

Nos toilettes sèches :

  • cuvette confortable (matière un peu isolante → fesses pas glacées dans une pièce froide),
  • seau,
  • sciure / matière carbonée,
  • ventilation canalisée.

Ventilation :

  • prise d’air extérieure en bas,
  • arrivée d’air dans la caisse,
  • évacuation par un tuyau qui monte au toit,
  • petite éolienne de toiture qui crée un tirage constant.

Résultat :

  • toilettes bien sèches,
  • zéro odeur,
  • zéro mouche (cuvette bien étanche).

On a aussi un composteur dédié aux toilettes sèches :

  • trois bacs,
  • rotation sur plusieurs années,
  • temps de repos de 18 mois à 2 ans avant utilisation au potager.

On a un peu surdimensionné (trois bacs suffisent largement pour nous).

On mélange :

  • contenu des seaux,
  • déchets verts,
  • beaucoup de carbone (carton, feuilles mortes, tonte sèche).

On utilise un brass-compost (vis/ressort) pour :

  • aérer,
  • mélanger,
  • obtenir un compost très vivant.

Après 18–24 mois de repos (sans ajout), on peut l’utiliser, y compris sur les légumes racines, sous certaines précautions.

Le SPANC est venu contrôler notre aire de compost :

  • obligation d’avoir un toit au-dessus,
  • pour éviter que l’eau de pluie ne ravine des matières fécales vers les nappes.

Une dalle béton sous le compost, c’est une mauvaise idée (compost qui ne fonctionne pas, gros jus, odeurs).

On a réussi à argumenter pour ne pas en mettre, tout en garantissant qu’il n’y aurait pas de ruissellement problématique (toit, emplacement, etc.). Je raconte l’ensemble de cette histoire dans « Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation ».

Phyto-épuration

On a une phyto-épuration (roseaux) pour les eaux grises de la maison.

Principe :

  • un bac (ici en plastique, mais maintenant on peut faire maçonné avec agrément),
  • au fond : gros gravier,
  • puis petit gravier,
  • puis sable,
  • on plante des roseaux dans le sable.

Le bac est séparé en deux :

  • on change une vanne toutes les 2 semaines pour alterner le côté alimenté,
  • au fond de chaque côté : un drain (tuyau percé) récupère l’eau,
  • l’eau part ensuite par gravité vers les marais / fossé.

En été, il sort très peu d’eau : les roseaux boivent quasiment tout.

On a fait une auto-construction accompagnée pour obtenir l’agrément :

  • une entreprise agréée accompagne,
  • vérifie que le chantier suit le plan,
  • valide pour le SPANC.

Dimensionnement :

  • 3 équivalents habitants (150 L/jour/personne),
  • chez nous c’est surdimensionné, vu notre faible consommation d’eau,
  • au début, les roseaux avaient « faim » : on a aidé au démarrage avec un peu de compost de toilettes sèches.

Frigo du désert et stockage semi-enterré

On a un petit garde-manger semi-enterré :

  • gros regard en béton,
  • enterré lors des fondations,
  • 4–5 °C d’écart avec l’ambiance du cellier selon les saisons,
  • surtout utilisé pour les légumes (patates, etc.).

On m’a parlé du « frigo du désert » :

  • un pot en terre dans un autre pot en terre,
  • sable entre les deux, humidifié,
  • refroidissement par évaporation.

Je ne suis pas fan de le documenter tel quel sous nos latitudes :

  • ça marche bien dans le désert,
  • chez nous, climat humide et tempéré, ça marche beaucoup moins bien,
  • il faut remettre beaucoup d’eau (évaporation), ce qui a aussi un coût.

Mitigeur d’eau pour la machine à laver

On a une vieille machine à laver (Vedette) que j’ai adaptée :

  • arrivée d’eau froide classique,
  • arrivée d’eau chaude produite ailleurs (poêle, solaire, etc.),
  • mitigeur thermostatique réglable entre les deux,
  • la machine est paramétrée sur « froid »,
  • et le mitigeur lui envoie l’eau à 30, 40 °C selon le cycle choisi.

Résultat :

  • la résistance électrique de la machine ne sert plus (ou très peu),
  • consommation divisée par ~10 (de ~2000 W à 100–150 W).

Tout ça est détaillé dans « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge » et mes tests de douche à recyclage.

Four solaire

On a un four solaire « Atominique », conçu par Dominique (presque voisin). J’en parle dans les articles « Fabriquer un four solaire (cuiseur type boîte) » et « Four solaire (cuiseur type boîte) 2ème version ».

J’avais d’abord fait un four solaire moi-même, mais j’étais tombé dans plusieurs écueils :

  • four trop petit (surface de captation trop faible),
  • réflecteurs pas assez réfléchissants (pas de vrai miroir),
  • vitre s’ouvrant par le dessus (perte de chaleur à l’ouverture).

Dominique a conçu ce four :

  • grand,
  • réflecteurs en alu miroir,
  • parois intérieures en tôle sombre (rouillée),
  • vitre qui s’ouvre par l’arrière (la chaleur reste piégée).

Les réflecteurs latéraux sont fixes (angle optimisé), ceux du haut et du bas sont orientables.

On oriente :

  • le four au soleil,
  • les réflecteurs,
  • jusqu’à voir le reflet du soleil au fond du four.

Usage :

  • la plupart des cuissons mettent environ le double du temps d’un four classique,
  • nécessite un vrai soleil (pas de voile nuageux),
  • températures courantes : 110–130 °C pour plein de plats.

On y fait :

  • tartes, gâteaux, plats mijotés,
  • lentilles, légumes racines (betteraves, etc.),
  • surtout des bocaux (stérilisation),
  • pas de cuisson « saisie » type oignons à feu vif.

C’est particulièrement pertinent pour les bocaux : laisser le four allumé toute la journée au soleil ne choque pas, contrairement à laisser tourner du gaz pendant des heures.

Construction :

  • structure bois (double paroi, pas nécessairement isolée),
  • tôle sombre à l’intérieur,
  • alu miroir pour les réflecteurs,
  • roulettes pour le déplacement,
  • capote/bâche pour l’hiver.

Impact de fabrication : très modeste (surtout du bois de récup, quelques plaques métalliques, un peu d’alu miroir).

Concentrateur solaire (tube sous vide)

Je me suis fait aussi un cuiseur concentrateur solaire pour le pain :

  • un tube en verre noir à l’intérieur d’un tube en verre transparent,
  • vide d’air entre les deux (meilleur isolant),
  • vendu par David de « Du soleil dans nos assiettes ».

Le tube seul chauffe déjà au soleil (piège à calories). Avec un réflecteur en demi-cylindre (tôle de conduit de poêle coupée), on augmente encore la température.

On peut :

  • faire du pain,
  • faire des cookies,
  • stériliser des bocaux (avec une version adaptée).

On glisse un plat ou une gouttière à l’intérieur du tube. Le tube :

  • peut monter à 180 °C à l’intérieur,
  • reste tiède à l’extérieur grâce au vide d’air.

C’est à la fois low-tech (verre, métal) et un peu high-tech (tube sous vide non trivial à fabriquer soi-même), mais ça reste raisonnable. Je regroupe ces expériences sous le mot-clé tube-solaire.

Le concentrateur est :

  • monté sur un axe rotatif,
  • on oriente grâce à un petit viseur (ombre projetée sur un carré),
  • on verrouille la position avec une cale (amélioration en cours).

On pourrait encore améliorer :

  • tube fixe, réflecteur qui tourne autour,
  • pour éviter de contraindre le tube (cher et fragile).

Aménagement cellier et retour d’expérience

Je ne vais pas détailler l’aménagement de la chambre dans cette extension parce que ça reste « standard » mais sur le cellier j’ai quelques trucs à dire. J’ai peut être pas mis de photo « fini » de l’extension côté chambre alors quand même j’en met :

Toilettes sèches

Voici mes nouveaux toilettes secs, en intérieur mais sans odeur :-). En effet j’ai profité de ce cellier pour, truc de riche, avoir des toilettes en intérieur. Comme j’ai pu le conseillé, en intérieur le mieux c’est de connecter « la boîte » des toilettes sec à une VMC/une extraction d’air. C’est ce que j’ai fais avec un petit extracteur éolien et une arrivé d’air par le sol. Le conduit est noir pour favoriser le tirage naturel en chauffant l’été.

C’est d’autant plus confortable que dans ce cellier il y aura de l’alimentaire… Même si je suis pas bien sûr que de l’odeur de caca contamine des patates… C’est psychologique, confortable si les 2 « aires » ne se mélanges pas.

Des z’images de la mise en œuvre (Note : le second extracteur de la photo c’est pour la partie suivante, le garde manger… )

Bien sûr il faut que l’abattant de toilettes soit « étanche » (relativement, il n’y a pas de joint). mais un contact de matière à matière suffit. ça évite les mouches et que la prise d’air se fasse « par l’ambiant » et préfère arrivé par la prise d’air canalisé conçu pour ça.

Tout ceci devrait permettre aussi l’évaporation d’une partie des urines et donc d’alléger (en kg) la corvée d’aller vider le seau (ici une poubelle de 100l) dans le composte.

Le retour d’expérience après ~1 ans d’utilisation

Car ça fonctionne plutôt bien ! Évidement juste après le caca ça sens un peu. On ne sens pas la présence du toilette sec quand on passe dans la pièce après ~1/.2 d’un passage à la commission… On est plutôt content de cette installation.

Les extracteurs avec le conduit noir pour l’été et avec éolienne pour le vent ne « tire » vraiment pas beaucoup d’air. Il faut vraiment gros vent pour qu’on sente une petite brise au bout du conduit. Ceci étant ça doit suffire pour diminuer les odeurs. La question serait de savoir si on aurait le même effet sans l’extracteur… C’est pas impossible… (mais difficile à tester/comparer)

L’abattant des toilettes est en polystyrène. Au départ mon amie était septique mais forcé de constaté que c’est hyper confortable car jamais « froid ». Dans le cellier quand il fait 10°C et que tu pose tes fesses sur un abattant en bois il y a un petit mouvement de rejet qu’il n’y a pas du tout ici.

Stockage alimentaire

Avant, garde manger extérieur

On a un réfrigérateur mais on le branche seulement l’été, quand les panneaux solaires nous le « permette ». Pour l’hiver, quand il fait froid dehors, nous avions un garde manger à l’extérieur en hauteur, au Nord, abrité de la pluie. J’en avais fait un article. On a fonctionné ~7 ans ainsi.

N’y a t-il pas un paradoxe à dépenser énormément d’énergie pour réchauffer sa maison en hivers et à en dépenser encore pour refroidir une toute petite partie de cet espace chaud (le réfrigérateur). En considérant qu’il fait froid de l’autre côté du mur… Est-ce qu’on marche pas sur la tête ?

Mais voilà, on remarque qu’il fait de plus en plus « doux » l’hiver et même si on adapte notre consommation alimentaire au fait qu’on a pas de réfrigérateur en hiver. On constat que c’est de plus en plus difficile.

Et maintenant avec le cellier

Pour ce cellier (~4m2), le souhait était de partir sur des murs non isolés, pour faire une pièce type « cave » (par chez moi (les marais), on ne construit pas de cave parce que les sols sont gorgés d’eau). On cherchait de l’inertie plutôt que de l’isolation, pour aller vers une température stable. Pour ça on a fabriqué des adobe (brique de terre crue) pour faire les murs. De plus la pièce est placé au Nord, le soleil ne vient quasi pas toucher les murs de celui-ci. J’ai 3 espaces de stockage alimentaire dans ce cellier :

  • Une boîte compact, hermétique à la pièce mais ventilé à l’intérieur (extracteur comme pour les toilettes, prise d’air par la façade Nord)
    • Pour faire vraiment le « réfrigérateur » il y a des clapet sur les arrivés et extraction d’air. S’il fait plus froid dedans que dehors on peut fermer les claper (peut être que ce truc sera automatisé un jour…)
  • Une trappe dans le sol : Qui est en fait un gros regard béton de 50×50 qui a été placé là avant de faire la dalle.
    • C’est pour stocker des patates ou autre truc qui a besoin de noir, pas forcément besoin de ventilation mais d’une stabilité de température (il faut toujours au moins 1°C de moins dans la boîte que dans le cellier)
  • Les étagères dans le garde manger
    • Là c’est pour stocker bocaux, boisson, fuit de garde mais aussi courges et autres légumes frais qui arrive et qui partent dans la semaine…

La partie « boîte hermétique » a été faite dans un meuble au dessus du lave main. Pas grand chose à y redire c’est un peu comme les toilettes secs, une arrivé d’air par en dessous, un départ vers l’extracteur au dessus.

Et voilà le tout terminé avec du mangé dedans !!! 🙂

Retour d’expérience

Une pièce quand même très humide (toujours ~80%) pour le moment. C’était la première année donc il y a fort à parier que les adobes n’était pas sèche et que l’humidité de celle-ci séchait par l’intérieur ayant un enduit terre-chaux en extérieur… Forcément on augmente l’humidité. Je me demande si la présence des courges (qui dégage beaucoup d’humidité n’accentue pas ce phénomène… C’est pas non plus dramatique on a protégé les planches de bois des étagères et il faudrait peut être encore plus ventilé (les éoliennes ne suffissent peut être pas..). Je n’ai pas mis de prise étanche électrique et vu le taux d’humidité c’est peut être une erreur (corrosion / usure prématuré probable…)

Le côté frais et stable l’hiver fonctionne plutôt bien, on a pu vraiment rallumer le réfrigérateur tard cette année avec le cellier qui est resté froid longtemps. J’ai pas de donnée/graph de cette partie de l’année (~mars-avril). J’ai un graphique de l’autonome où on peut observé la stabilité de température mais celle-ci reste un peu haute pour tenir frais. Cet autonome (si on peut encore l’appeler comme ça) est très doux :

Jaune : température extérieur / Bleu : température ambiante cellier

L’été c’est moins dingue pour le côté « frais » et c’est principalement dû au fait qu’il n’y a que 10cm de laine de bois pour isoler la toiture. Toiture qui est en bac acier… Même avec une lame d’air très généreuse 10cm de laine de bois c’est ~6h de déphasage et on le constat bien. Au alentour de 16h il y a une grosse chape de chaleur qui arrive dans le cellier.

Période canicule août 2025

La boîte compacte et étanche ventilé de l’extérieur est utilisé en hiver uniquement quand le réfrigérateur est débranché. La température à l’intérieur de la boîte n’est pas bien différente de celle du cellier, c’est un peu décevant de ce côté là. Peut être qu’un automatisme plus poussé pour les clapets améliorerai la situation ou de l’isolant sur le bois… Bon ceci étant c’est utilisable en l’état et ça me parait toujours une bonne chose que l’air de mon « réfrigérateur » ne soit pas mélanger avec l’air ambiant ou je fais mon caca…

La trappe c’est pas très pratique à l’usage du quotidien surtout dans un petit espace mais c’est parfait pour garder les patates ! J’aurais dû la faire plus haute pour pouvoir stocker des bouteilles debout (les bières artisanal ça préfère vivre debout)

Les étagères sont très utilisés. Je suis dans un groupement d’achat pour le sec donc quand c’est pas les conserves du jardin, de la lactofermentation, c’est le sec pour la 1/2 année…

Pour conclure on est plutôt content de son comportement en hiver, en sortie d’hiver c’est hyper utile. Le reste du temps pas tant et en même temps c’était pas le besoin premier. Il faudrait augmenter l’isolant en toiture… un jour peut être…

Fabriquer un séchoir solaire démontable

Le séchage est un moyen de conserver les plantes, les fruits, les légumes, mais aussi un moyen de varier la consommation de ceux-ci  Cette transformation ne nécessite, en l’occurrence, aucune dépense énergétique supplémentaire, c’est donc complètement gratuit (merci le soleil). Je ne consomme plus de thé au profit de tisanes (plus locales et souvent meilleures pour la santé). Le séchoir solaire nous permet de ne plus acheter de tisane mais de les produire avec des plantes locales. J’espère arriver à faire sécher des fruits / légumes cet été (chose que je n’ai pas pu encore tester).

Je suis parti sur le modèle d’onpeutlefaire.com et j’en suis arrivé là :

Schéma Séchoir solaire by guilleuseries

Au cours de mes recherches sur ce modèle, j’ai découvert que d’autres l’avaient aussi réalisé. En particulier le creactiviste (j’aime beaucoup son nom) qui a entre autre bien bossé sur les plans et la 3D sur sketchup :

Donc merci à lui ! (ça m’a évité de le faire)

Click here to display content from 3dwarehouse.sketchup.com.

La différence principale entre mon séchoir et celui du creactiviste, c’est la position de la porte, que j’ai personnellement mis à l’arrière. Pour moi, ça simplifie la conception, dans le cas d’une ventilation mécanique (mon cas). Pour une ventilation naturelle avec cheminée, ça me semble compromis ou plus difficile (le conduit étant à l’arrière).

Ventilation forcée / mécanique

J’ai fait ce choix de la ventilation mécanique pour me faire plaisir et parce que ça évite la cheminée (présentée sur onpeutlefaire) et c’est un gain de place non négligeable pour moi.

J’ai récupéré un ventilateur de PC (ça fonctionne en 12V), un petit Antec Tricool. et j’ai acheté 2 mini panneaux solaires 1,25W (5V, 250mA à 5€) qui seront câblés en série pour monter à 10V, 250mA (en série on multiplie la tension mais on reste sur la même intensité, en parallèle c’est l’inverse). Tout ça pour exploiter au mieux le ventilateur qui est en 12V, 240mA (ça passe).

Démontable

Démontable pour un souci de place, pour pouvoir le mettre à l’abri l’hiver histoire qu’il tienne dans le temps… Il y a moins de 20 vis et ça se monte en moins de 10 minutes (sans forcer…). La preuve en vidéo :

Clique ici pour afficher le contenu de Vimeo.
Learn more in Vimeo’s privacy policy.

Fabrication

La vitre

Pour la vitre, j’ai récupéré une vieille vieille (oui 2 fois) porte simple vitrage et j’ai retiré le verre :

Ensuite j’ai fais un cadre sandwich en palette (comme j’avais fais pour mon four solaire car je n’ai toujours pas de défonceuse…)

La boîte

La boîte sera en contre plaqué de 5mm. Si vous avez plus épais, c’est peut être tout aussi bien mais c’est ce que j’avais à disposition… Elle aura cette tête :

La taille de cette boîte permet, avec 7 claies, une surface de séchage d’environ 3m².

L’isolation a été faite avec de la récup’ de barquette de poissonnier en polystyrène (je n’ai pris que les couvercles).. On en trouve partout, en fin de marché, dans les cantines… Le polystyrène est un très bon isolant mince. C’est un produit issu du pétrole : c’est donc pas l’idéal écologiquement mais celui que j’ai récupéré partait à la poubelle, c’est une seconde vie sans transformation (recyclage qui réclame lui aussi de l’énergie) donc mon karma se porte bien…. J’ai aussi complété avec des plaques de polystyrène trouvées dans la poubelle d’un magasin d’électroménager, c’est encore plus pratique car les plaques sont souvent grandes, mais méfiance, souvent pas très denses (apparemment plus il est dense, plus il est isolant).

On commence par faire les côtés :

Le fond :

Le toit, rien de neuf, même procédé :

Premier montage histoire de voir si c’est droit, si c’est bon :

La tôle

Elle va être peinte en noir et va servir à capter la chaleur du soleil derrière la vitre pour faire monter la température du séchoir (la rampe de chauffe).

J’ai récupéré une tôle dans les poubelles de la petite zone artisanale proche de chez moi. Le truc pénible, c’est qu’elle était ondulée (souvent…), du coup pour la découpe avec l’angle c’était pas simple, j’ai utilisé le laser de ma scie sauteuse pour tracer la découpe :

Pour la peinture noire, histoire de ne pas avoir d’émanation douteuse avec les peintures du commerce, je me suis lancé dans une peinture maison comme le suggère ce petit monsieur sur ce forum avec du charbon de bois concassé en guise de pigment noir…

Ingrédient :

  • 70cl d’eau
  • 70g de farine
  • 10cl d’huile de lin
  • 1cl savon noir
  • 200g de pigment noir (le charbon de bois concassé)

La recette :

  1. 10cl d’eau avec les 70g de farine, portés a ébullition en délayant pendant 1/4 d’heure (à la fin de cette étape, ça doit ressembler à de la colle à papier peint)
  2. Ajouter les pigments et remuer 1/4 d’heure
  3. Ajouter au fur et à mesure l’huile de lin et le savon noir et remuer pendant 1/4 d’heure.

Jusqu’au séchage, je n’y croyais pas trop… mais bon, ça tient pas trop mal, c’est pas hyper bien fini mais je pense que ça suffira pour ce que nous en avons à faire. Clairement, c’est une peinture qui tien très bien sur du bois mais ça accroche difficilement sur de la tôle. Actuellement si on balance de l’eau dessus ou si on gratte fort on peut tout retirer. Mais la tôle ne va pas être beaucoup manipulée, et pas exposée à l’eau alors je m’en contente.

La prise d’air

La prise d’air se fait à l’avant, j’ai équipé celle-ci d’un grillage fin à garde mangé (la moustiquaire fonctionnerai aussi) afin d’éviter que les insectes ne pénètrent trop facilement…

La porte

Rien de neuf, un sandwich de contreplaqué avec des barquettes de poissons en guise d’isolant…  La petite variante c’est l’incorporation d’un ventilateur de PC qui va servir à extraire l’air/l’humidité.

Les claies

Alors là, c’est plus long que je l’avais imaginé ! Bon ok, j’ai pas récupéré de baguettes donc j’ai découpé des baguettes dans des planches de récup’ (dans le sens de la longueur, c’est long les découpes) donc ça m’a pas aidé à trouvé ça chouette…

J’ai utilisé une chute de moustiquaire pour faire la « toile », il est aussi possible de le faire en tulle (~1,5€ le m) ou en grillage très fin. L’important c’est que l’air circule… Pour l’assemblage j’ai essayé juste en agrafant mais ça déchire plus qu’autre chose. J’ai donc découpé des bandes/baguettes de médium et j’ai enroulé la moustiquaire autour. J’ai ensuite pointé le médium sur le cadre de la claie. Attention, ne pas visser sinon la moustiquaire s’enroule autour de la vis et se déchire…

J’ai utilisé les chutes de contre plaqué de la boîte que j’ai découpé en triangles pour maintenir l’équerrage des claies (ça m’a évité d’acheter des équerres en ferraille)

Les panneaux solaire

Je me suis fait un petit support en faisant une rainure dans un tasseau. J’ai soudé les panneaux ensemble avec un câble électrique standard que j’avais de reste de mon installation électrique (il n’est pas utile d’avoir de si grosse section pour le peu de courant qui passe mais bon, j’avais que ça…)

Des petits détails / finitions

J’ai passé 3 couches d’huile de lin. Même si j’ai prévu que le bois ne prenne pas l’eau directement (car il sera couvert par une capote en bâche sur mesure) j’avais un fond d’huile de lin de reste de la construction de ma yourte, j’en ai donc profité…

Des joints pour l’étanchéité à l’air

Fabrication d’un sur-toit (pour que l’eau ne stagne pas) et réalisation de la capote en bâche sur mesure par ma couturière préférée afin que le petit contre plaqué ne gondole pas trop vite avec la pluie :

Et ça marche ?

Non ça court… narf, oui ça fonctionne, je suis déjà épaté de la ventilation qui est vraiment top. J’ai pas trouvé mieux que ça pour vous le montrer :

Petit test rapide en avril (pas un soleil de plomb, ~16°C à l’extérieur) la température dans le séchoir est très facilement à 35° avec le ventilation à fond. Elle monte à 40° en 5 minutes si je diminue la vitesse du ventilateur. Donc cet été je penses qu’il ne faudra pas l’orienter face au soleil tout le temps sinon ça va trop chauffer… le futur me le dira.

Première « grosse session cueillette » : des orties, du plantain, de la menthe, de la mélisse, du persil, de la fumeterre, des feuilles de ronce :

A titre indicatif, les orties ont séché en ~2 jours. En sachant qu’on est en avril et que mon séchoir est au soleil à partir de 10h30. Je n’ai pour l’instant pas testé les fruits, ce sera pour cet été…

Si c’était à refaire ?

Parce que si c’était à refaire, ça serait différent, forcément :

  • Je ne ferais pas un toit plat pour m’éviter de bricoler un sur-toit pour que l’eau ne stagne pas sur la bâche de protection. Je ferai même un toit double pans dans l’idée comme ci-contre. Même si ça retire une claie et donc diminue la surface de séchage ;
  • Je ferais peut être plus petit, je ne m’étais pas rendu compte… Enfin plus large et moins haut. Ceci dit, là c’est chouette, je vais pouvoir le mutualiser à fond avec les copains, les voisins…

Mon réfrigérateur (d’hiver) low-tech

Attention cet article est un placement de produit discret (je viens d’acquérir 48% du capital d’actions chez le fabriquant de ce réfrigérateur).

J’ai réussi à négocier l’exclusivité de publication en France. Pour la première fois donc, voici LE réfrigérateur du 22ème siècle, le symbole du lowtech par excellence :

Les avantages de ce réfrigérateur LowTech :

  • Consommation électrique : 0W pour une utilisation 24h/24 ;
  • Bilan carbone : proche de 0 g de CO2 ;
  • Aucun gaz néfaste pour la santé de l’homme, la nature, les animaux (comme le Fréon utilisé dans les réfrigérateur classique) ou métaux rare n’a été utilisé pour sa fabrication  ;
  • Coût d’acquisition faible : ~8€ sur un vide grenier ;
  • Installation rapide ;
  • Ne nécessite aucun entretien ;
  • État de remplissage du frigo sans ouverture de porte et sans application smartphone nécessaire ;

Les inconvénients :

  • Fonctionne 6 mois / 12 ;
  • N’est pas vendu dans les temples de la consommation en grande surface ;

Aller, trêve de galéjade… sérieusement :

J’ai installé un petit garde-manger dehors, avec un petit sur-toit en palettes + bâche pour éviter les infiltrations d’eau, plein Nord & à l’ombre pour maximiser le frais à mi-saison, en hauteur pour éviter de tenter les rongeurs… De cette façon je préserve mes batteries solaires de la décharge profonde. Pour la saison chaude nous avons un mini réfrigérateur A++ qui consomme 300Wh/j et comme l’été on est en excédent d’électricité solaire ça ne pose pas de problème.

Tout ça m’a fait prendre conscience qu’il y a peut-être un paradoxe en hiver, à dépenser beaucoup d’énergie pour réchauffer sa maison et à en dépenser encore pour refroidir une toute petite partie (le réfrigérateur). En considérant qu’il fait froid dehors on marche sur la tête non ?

Sur l’utilisation du réfrigérateur en général : le réfrigérateur est souvent trop froid pour les légumes (pour qu’ils conservent leurs propriétés et qu’ils se tiennent), il n’est pas utile de mettre les œufs aux frais, la salade se tient très bien dans un saladier recouvert d’un torchon humide et j’en passe… Donc il reste plus grand chose sinon le beurre, le pot de confiture ouvert… toutes ces petites choses supportent très bien les petites variations de température jour/nuit. Le mieux serait une cave pour beaucoup de choses (le fromage, les légumes) car la température est stable sous terre, mais bon faut creuser et c’est fatiguant 🙂 Ceci étant dit, si vous mangez (encore) de la viande, effectivement le réfrigérateur et sa température (plus) constante sont nécessaires.

Note : Dans ma région, le gel est très rare. Mais si vous êtes fréquemment exposé à des gelées, vous pouvez toujours isoler le garde-manger…

Fabriquer un four solaire (cuiseur type boîte)

Pour vos questions « cuisson solaire » (four/tube…) : un forum dédié existe, j’y suis pour papoter ! Venez discuter : https://forum.cuisson-solaire.fr/

Edit 03/2017 : une vidéo et un tuto sur le site du lowtechlab vient compléter cette page.

Edit 03/2017 : si c’était à refaire je ferai peut être un modèle avec porte à l’arrière. Au départ j’avais choisie l’ouverture sur la vitre (par le haut donc) pour pouvoir basculer en « mode hivers » avec l’inclinaison 60° (voir schéma d’après). Finalement je e m’en suis pas servie de l’hiver et je penses que c’est pas simple sous nos latitude (journée courte, peut d’ensoleillement). Si cette contrainte de bascule n’est plus autant mettre la porte à l’arrière ça permet de perdre moins de chaleur que la porte au dessus quand on ouvre…

J’en avais parlé, et bien c’est fait ! Je me suis fait un four solaire type boîte. A la différence du cuiseur que l’on peut apparenter à une « plaque de cuisson » avec sa chaleur concentrée & vive (cuire des courgettes, de l’eau pour le thé, des patates sautées…), le four solaire à une chaleur diffuse et douce (gâteaux, tartes….)

four_solaire_europe
Source atlascuisinesolaire.com

J’ai choisi un modèle type « européen » avec deux « oreilles » (réflecteurs orientables). Ce modèle a la particularité de pouvoir se basculer suivant la saison (différence de hauteur du soleil).

Pour la conception je me suis inspiré de mon livre manuel de construction d’un cuiseur solaire de passerelleco. (que je n’ai pas trouvé suffisamment détaillé), du modèle de ouest-atlantis & de celui de iguane.

Fabrication de la boîte isolée

J’ai utilisé du contre plaqué (10mm) de reste, j’ai envisagé de le faire avec des chutes d’OSB (25mm) récupérées dans les poubelle d’un menuisier mais c’était un peu trop épais, ça aurait alourdi l’objet.

Pour l’isolant il s’agit de liège (40mm) car j’avais des chutes de la construction du plancher de la yourte. J’ai envisagé de le faire en récupérant des barquettes de poissonnier en polystyrène à la fin d’un marché (il s’en jette des quantités folles). Le polystyrène est un très bon isolant même s’il n’est vraiment pas écologique mais dans le cas présent, le récupérer avant qu’il soit jeté, c’est éviter qu’il soit brûlé…

Le petit plan qui va bien :

FourSolaire-PlanBoîte

En vue 3D :

Click here to display content from 3dwarehouse.sketchup.com.

Le fichier Sketchup source

Dans la pratique ça donne :

Il ne reste plus qu’à poser de l’adhésif miroir sur la boîte intérieure.

La vitre

J’ai récupéré une vitre 2mm dans les poubelles d’un menuisier par hasard, mais chez les vitriers il est possible d’en récupérer en pagaille. Quand il remplace une vitre il récupère les anciennes, il y a donc très souvent un container avec beaucoup de vitrage (souvent simple) à récupérer.

J’ai acheté une petite roulette pour découper le verre, ça se fait très bien. Le truc c’est de tenir la roulette bien droite et de l’avoir préalablement imbibée de pétrole désaromatisé.

Le cadre de la vitre

Je n’ai pas de défonceuse pour faire une rainure dans une planche épaisse (ça aurait été l’idéal) j’ai donc fait autrement. Le cadre est constitué de planches de palettes et d’une plaque de bois aglo MDF (souvent dans les fonds de meuble industriel) de la même épaisseur que la vitre (2mm).

Un cadre au-dessus, un cadre en dessous en prenant soin de disposer les angles en quinconce sur les deux épaisseurs. La vitre est prise en sandwich. Elle rentre de 15mm dans les cadres superposés et la périphérie de celle-ci est comblée avec la plaque d’aglo MDF découpée. Le tout collé et vissé.

Il serait peut être bon de faire un joint étanche pour la vitre mais je n’ai pas trouvé de façon écologique de le faire alors tant pis… (c’est du simple vitrage de toute façon…)

Sélection_041

En vue 3D

Click here to display content from 3dwarehouse.sketchup.com.

Le fichier Sketchup source

Voilà dans le détail :

Premier petit test

Même si c’est pas terminé, il fait beau, je test :

Je suis monté à 75° dans la gamelle noire sans les deux oreilles. Avec les deux oreilles j’ai bon espoir de monter plus haut (ça double presque la surface de captation).

Le constat c’est de la perte de chaleur sur la vitre (la vitre est chaude) 🙁

Des petites choses pour terminer :

Charnière, joint, plaque noire (amovible selon la position été, hiver), découpe des oreilles…

Première cuisson

Gâteau au chocolat réussi, la même gamelle noire monte cette fois ci à 110° avec les deux oreilles supplémentaire :

Petit plus

Après mon gâteau j’ai tenté une tarte et celle-ci n’a pas aussi bien cuite au fond. J’ai donc ajouter une plaque type plancha que j’avais sous la main. Elle a l’avantage d’être noire et va diffuser la chaleur sous le plat. Il est possible d’utiliser n’importe quel matériau plutôt lourd et sombre (tôle, fonte). L’avantage c’est :

  • Meilleur cuisson sous le plat
  • Ajout d’inertie (quand la porte s’ouvre la chaleur part, mais avec la plaque il y a conservation d’une partie de la chaleur. La contre partie c’est qu’à froid, la montée en température est plus lente)

En passant, pour la ficelle intérieure qui maintenait l’ouvrant j’ai fais un Noeud Tarbuck. Il est  autobloquant & permet de régler la longueur  (besoin quand le four est en position été ou hiver).

Axe d’amélioration

Parce que, comme d’habitude, si c’était à refaire, je le ferais différemment :

  • Double vitrage pour la vitre (à lire pour le double vitrage sur un four solaire : http://www.ouest-atlantis.com/org/soleil/construction.htm)
  • Le plat en haut de la caisse n’apporte finalement rien (parce que je ne m’y suis pas fixé pour l’ouverture) du coup c’est plus pénible qu’autre chose de l’avoir j’ai dû bricoler une pièce de rajout.
  • Pour maintenir les oreilles le système ficelle + baguette fonctionne bien, mais il y a peut-être plus commode à l’usage à inventer
  • Le papier adhésif miroir n’est peut être pas l’idée du siècle pour l’intérieur du four, car avec la chauffe il se décolle, se fripe. Personnellement j’ai été contraint de l’agrafé. Le papier aluminium agrafé serait donc tout aussi pertinent et moins cher.

Résumé (à la louche) de ce qu’il faut pour le réaliser

Matériel :

  • La boîte :
    • Panneau de bois : osb ou contre plaqué, l’important c’est qu’il soit pas trop épais pour que le four ne soit pas trop lourd, ~10mm c’est idéal. Il en faut ~9 plaques de 500*500mm + 2 autres plaques de même dimension pour les « oreilles »
    • 3, 4m de baguette (~25mmx~25mm)
    • Isolant : ~40mm d’épaisseur et ~4 plaques de 500*500mm au choix
      • Liège en plaque ou en vrac (difficile à récupérer, moi j’ai mis ça parce que j’en avait sous la main)
      • Vermiculite (moi j’en récupère dans un lycée, c’est avec ça que sont emballé beaucoup d’objet dans les labo)
      • Plaque de polystyrène (en fin de marché récupérer les barquettes de poissons ou dans les poubelles des magasin électroménager…
      • Autre au choix
    • Réfléchissant à l’intérieur du four au choix :
      • Papier adhésif miroir (2 rouleaux) (ça coûte cher)
      • Du papier aluminium (1 rouleau) (ça coûte beaucoup moins cher)
  • Pour la vitre & son cadre (noter que j’ai fait comme ça mais un bon bricoleur peut trouver à faire tout aussi bien voir mieux avec les matériaux qu’il a sous la main)
    • Vitre ~500mm x ~500mm ça se récupère très bien dans les poubelles d’un menuisier qui fait de la pose de vitre. elle ne doit pas être très épaisse pour qu’on puisse la découper facilement avec une roulette découpe verre
    • De l’aglo de la même épaisseur que la vitre. Une plaque de de 500mm x 500mm on sera large
    • Une palette ou des planches ou des chutes de panneaux de bois pour le cadre
  • 1m de charnière fine avec la visserie qui s’incruste bien à l’intérieur (pour faire basculer le cadre & les « oreilles »
  • 3m de cordelette (~4mm de diamètre)

Quincaillerie / Outillage :

  • De la visseries (4×20, 4×30, 4×40) là c’est compliquer à déterminer la quantité et peut être qu’on à pas besoin de tout…
  • Agrafeuse (avec des agrafes hein… :-p)
  • Visseuse/perceuse
  • Scie égoïne et/ou scie sauteuse (scie circulaire en bonus)
  • Scie à métaux (pour découper la charnière)
  • De quoi couper le verre & du un tout petit peu de pétrole désaromatisé pour la découpe

Liens utiles

Cuiseur solaire parabolique

Moins consommer d’énergie ça m’intéresse, donc si on peut aussi le faire pour la cuisson des aliments je prends. J’ai donc testé le cuiseur solaire parabolique, autrement appelé le concentrateur solaire.

Test / Construction d’un concentrateur

Je n’en avais jamais approché en fonctionnement. Je me suis donc lancé dans la fabrication rapide d’un petit à base de parabole satellite et adhésif miroir :

C’est impressionnant de passer un papier devant le faisceau du cuiseur, bricolé, ça brûle en quelques secondes. Pour le thé ça fonctionne aussi très bien (compter 1/4 d’heure). Cependant pour une cuisson plus lourde type courgette ça n’a pas bien fonctionné, pourtant c’est resté toute une après-midi au soleil mais il a fallu terminer au gaz…

Mais pourquoi ça n’a pas bien fonctionné ?

  1. Ma parabole n’est vraiment pas grande (60cm de diamètre) il faudrait un peut plus grand je pense. De plus les paraboles satellites ne sont pas très incurvées ;
  2. Mes récipients / casseroles ne sont pas appropriés : l’idéal c’est couvert, de couleur sombre et « fin » (pas de théière en fonte par exemple :-/) pour que la chaleur se conduise bien ;

Je suis convaincu que ça peut fonctionner correctement en le fabriquant soi-même. Voici donc des ressources pour aller plus loin :

L’acheter

Parce que quand même, de temps en temps, je me dis que le faire soit même ça va être chaud patate avec mon outillage, mes connaissances, j’ai craqué, j’en ai commandé un au père noël. Et voici ce qu’il m’a apporté, un COOKUP INOX de chez idcook :

Je suis très content de cet objet et l’utilise quasi quotidiennement en cette période estivale. L’objet est léger ce qui facilite sa manipulation. Quelques petits points d’interrogation sur la durée dans le temps des jonctions entre les tubes inox (qui sont en plastique) et des miroirs (en plastique mou) nous verrons bien…

La prochaine étape c’est le four solaire

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies (au chocolat) Plus d’informations

Les cookies sont utilisés à des fin de statistique de visite du blog sur une plateforme indépendante que j'héberge moi même. Les statistiques sot faites avec un logiciel libre. Aucune information n'est redistribué à google ou autre. Je suis seul autorisé à lire ces informations

Fermer