[video] Low-Tech de mon quotidien pour viser les 2 tonnes d’équivalent CO₂

J’ai déjà publié mon bilan carbone (eq CO₂) et j’ai pu faire le constat que je n’était pas rendu au 2T de CO₂ équivalent nessécaire d’ici 2030 pour pas dépasser les 1,5°C de réchauffement global (dit le GIEC au moment ou j’écris). Je suis plutôt à 3… On est quand même pas si loin (par rapport au Français moyen qui est plutôt à ~10). Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu discuter des Low-Tech qui était à l’œuvre pour arrivé à ces 3T et elle en a fait une vidéo que voici :

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Des articles en liens avec ce dont on va la vidéo :

Transcription

Introduction

Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer David, qui nous explique les postes de consommation les plus énergivores, son principe d’autocontrainte qui lui permet de diviser par 10 sa consommation d’eau et par 14 sa consommation électrique par rapport à la moyenne française.

Quelles low-tech met-il en place pour limiter son impact environnemental ? Il nous livrera aussi sa vision et son retour d’expérience sur l’autonomie énergétique.

David et sa famille appliquent une vraie philosophie de vie autour d’une remise en question fondamentale de leurs besoins, leur permettant d’être à presque 2 tonnes équivalents CO₂ par an et par personne, quand la moyenne française est à 9,8 tonnes. Tu trouveras plus de détails dans son article « Bilan CO₂ : Mon mode de vie n’est pas soutenable ».

Une sobriété qui leur permet de reconsidérer leur rapport au travail, à l’argent et au temps.

David donne des formations sur le poêle de masse et sur le solaire photovoltaïque (voir par exemple la page Carnet de Yourte et les stages autour de l’autonomie électrique solaire). Il a d’ailleurs collaboré avec le LowTech Lab sur la construction d’un poêle de masse, et fait partie d’Agir Low-Tech, un fonds de dotation qui fait de la recherche et du développement sur des solutions low-tech dont le partage de connaissances est diffusé librement.

La section LowTech de l’École Centrale de Nantes vient même étudier le mode de vie low-tech de David. Il tient un blog très bien documenté sur ses retours d’expérience où il partage tout autant ses modes d’emploi que ses erreurs. Je vous recommande vraiment d’aller le voir : c’est une vraie mine d’or. Sa devise d’ailleurs : « Le savoir n’est rien s’il n’est pas partagé. » Et je suis bien d’accord avec lui.

Une vidéo sur sa paillourte et son cheminement constructif viendra par la suite. J’espère que cela pourra vous inspirer à passer au low-tech, et, pour ceux qui y sont déjà, à développer encore votre esprit low-tech.

Comment es-tu venu à avoir une vie low-tech ?

Je suis venu un peu sur cette démarche-là par le pendant écologie, sobriété, tout ça. Je pense que ma prise de conscience s’est faite – j’ai l’impression, comme pas mal de gens – par l’alimentation : mettre le pied dans « Ah ouais, le bio c’est quoi ? », l’agriculture, etc.

Et puis, après, tout ce petit chemin m’a emmené à une prise de conscience de plus en plus ancrée.

Il y a eu un moment où je n’étais plus trop aligné avec mes convictions profondes, et je me suis dit qu’il fallait passer un cap, un gap même.

On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu ça, le point de bascule. Même si je faisais des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort.

Cette yourte nous permettait assez rapidement de tester tout ça : d’arriver avec un petit habitat pas trop cher, assez vite à construire. On a mis un mois, un mois et demi à la construire, et du coup, bam, on est arrivés, on a pu s’installer, et après c’était bon.

Un mois et demi, c’était fatiguant, c’était un gros mois et demi, mais il nous restait un peu de jus pour essayer d’autres trucs.

À cette période-là, j’ai pu me lancer à expérimenter le poêle de masse (c’était le Poilito à l’époque), le four solaire, tous les trucs qu’on avait envie de tester.

Je pense aussi que ce qui nous a fait avancer vers la sobriété, c’est qu’on a fait table rase.

On avait la yourte, on avait des murs, et au début on n’avait pas l’eau, pas l’électricité, rien. Il y avait tout à construire.

Du coup, clairement, tu repars de zéro. C’est l’inverse du mec qui s’installe dans sa maison avec tout le confort habituel et qui doit ensuite déconstruire. Là, on avait tout à construire et il faut prioriser.

Tu te dis :

  • « OK, il me manque quoi ? L’eau, c’est pas mal quand même. » → On avance.
  • « L’électricité, c’est pas mal quand même. » → On avance.
  • « Finalement, pour faire la vaisselle, c’est urgent. » → On fait ça.
  • « Après, il nous faut un petit coin pour se laver. » → On fait ça.

On a fait un baquet, on n’avait pas l’eau courante, et finalement ça fait 9 ou 10 ans qu’on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche… et ça va bien.

Du coup, on a pu travailler sur notre confort et notre besoin de confort petit à petit, en repartant de zéro.

Je pense que c’est ça qui nous a emmenés vers la sobriété.

C’est difficile de vivre dans ce monde d’abondance et de retirer des couches, alors qu’ajouter des couches, des petites couches, et se demander si la couche suivante est nécessaire, vitale, tout ça, c’est plus facile.

Nous, on est partis de ce truc-là d’autocontrainte, parce qu’un monde d’abondance, ça emmène à la surconsommation. On le voit bien.

Typiquement, pour l’eau :

Quand on a installé l’eau, on avait un robinet qui arrivait, mais on l’a volontairement fait arriver à l’extérieur de la maison, juste devant. On passait la porte, et il y avait le robinet d’eau.

Ce simple truc te fait rationaliser tes comportements.

Pour la vaisselle, j’avais mis en place un système de double jerrican :

  • un jerrican d’eau propre,
  • qui se vidait dans l’évier,
  • puis l’eau allait dans un jerrican d’eau sale.

Après, tu vas mettre le jerrican d’eau sale dans le jardin, et tu remplis un jerrican d’eau propre.

Ce simple truc-là, mine de rien, quand le jerrican est vide, il faut aller porter 20 L d’eau. Même si c’est juste devant la porte, c’est 20 L d’eau à porter pour arroser le jardin. 20 L d’eau, c’est 20 kg, donc deux fois 20 kg à porter.

Ça te fait rationaliser ton comportement.

Ce truc de l’autocontrainte, je pense que c’est assez fort.

C’est aussi un peu pour ça qu’on a été vers l’autonomie électrique. Au début, on était en autonomie électrique solaire : on a une quantité finie d’énergie. C’est le cas en vrai, même sur le réseau, mais nous on a ce sentiment d’infini.

Tant qu’on est capable de payer la facture – et encore, c’est différé, c’est à la fin du mois – ce n’est pas tout de suite que tu vois les euros, les watts ou les litres défiler. Ce n’est pas palpable.

Donc tu tires, tu tires.

Si tu es sur un puits, tu vois que ton puits baisse, baisse, baisse, et à un moment donné tu ne vas peut-être plus nettoyer ta voiture ou remplir ta piscine.

Le fait d’avoir été autonome nous a permis de réduire fortement notre besoin énergétique, parce qu’on a refait le point sur ce dont on avait vraiment besoin. J’en parle d’ailleurs dans « L’autonomie électrique solaire c’est rentable ? C’est écologique ? » puis dans « L’autonomie électrique, c’est fini ».

Je n’ai pas du tout le parcours « carte postale » qu’on aime bien raconter dans les médias :

« J’étais à Paris, j’étais trader, j’ai tout quitté, je suis allé m’installer dans la Creuse… »

Non. Ça a été hyper progressif.

J’avais un travail ; j’ai toujours cherché à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux.

Toujours ce truc de ne pas passer ma vie au travail : plus de temps, moins d’argent. Du coup, tu fais ton potager, tu fais des trucs qui te prennent plus de temps mais moins d’argent, et c’est OK.

On a divisé nos besoins.

Un Français moyen, c’est à peu près 7 kWh par jour et par personne.

Quelle est votre consommation énergétique et en eau ?

Nous, notre besoin, c’était 500 Wh jour par personne. On avait divisé quasi par 14.

Ça, c’est en période de « pas de soleil », l’hiver. Donc pas de frigo, pas de chauffage électrique, pas de ballon d’eau chaude, etc.

L’hiver, on monte à x4 : on arrive à environ 2 kWh/jour par individu, soit 4 kWh/jour pour le foyer.

Parce que là, il y a le frigo, du surplus d’eau chaude, mais qu’on n’utilise que quand il y a du soleil. On n’a pas augmenté la surface de panneaux solaires : c’est le même matériel, mais on n’utilise ces usages que quand l’énergie est là.

Chez les écolos, il y a souvent ce paradoxe :

  • On veut de l’énergie renouvelable,
  • cette énergie est intermittente,
  • mais on ne supporte pas l’intermittence.

Ce n’est pas OK de ne pas avoir d’électricité quand il n’y a pas de soleil… alors que ce serait justement jouer sur notre confort.

Maintenant, j’ai racheté des panneaux solaires et je suis en autoconsommation sur le réseau. Mon installation autonome était en fin de vie. Il lui restait quelques années, mais on arrivait à 9 ans : sur une installation autonome, ce sont les batteries qui flanchent en premier. Une batterie plomb, c’est 12–15 ans si tu l’as bien menée (les panneaux, c’est 25–30 ans).

J’avais opté pour le plomb parce que :

  • il y a une filière de recyclage,
  • avec des batteries au plomb, on peut refaire des batteries au plomb.

Ça nécessite de l’énergie, donc il faut le faire le moins possible, toujours moins, mais c’est faisable.

Mon enjeu, maintenant, c’est d’avoir le plus de stockage possible sans batterie (donc dans les matériaux, l’eau chaude, etc.), parce que c’est ça qui meurt le plus vite.

Malgré ça, ce côté intermittent, j’aime bien. J’aime bien jouer avec cette énergie intermittente.

Je vise quasiment pas d’énergie par jour depuis le réseau.

Dernièrement, j’ai regardé : on était à 60 centimes de consommation par jour d’électricité (hors abonnement).

L’abonnement, c’est 10 € par mois ; il est plus cher que l’énergie elle-même, mais c’est OK : le réseau, c’est un truc collectif.

Je trouve normal que si j’habite près du poteau ou de la centrale, il y ait un ratio avec celui qui habite plus loin. On collectivise une installation.

Donc, on est sur le réseau, mais on joue avec le soleil.

Le jeu, c’est :

  • consommer le moins possible la nuit,
  • et ramener le plus possible la consommation en journée quand il y a du soleil.

S’il n’y a pas de soleil :

  • je ne peux pas recharger mon vélo électrique → peut-être que je prends mon vélo sans assistance,
  • je ne peux pas allumer l’eau chaude → soit je fais l’eau chaude ailleurs, soit je m’en passe.

En été, je pense que je suis autour de 80 % de solaire direct, 20 % réseau.

Pour l’eau : un Français moyen, c’est 150 L/jour/personne.

Nous, on est autour de 10–20 L/jour/personne, très variable selon les machines à laver, etc. Globalement, on a divisé par 10 notre consommation d’eau par rapport à la moyenne. Je détaille ces chiffres dans l’article sur mon bilan CO₂.

On est toujours à 3 tonnes de CO₂, et l’objectif c’est 2 tonnes par an et par habitant.

Quels sont les postes de consommation les plus énergivores ?

Si on part de l’eau :

Le plus gros poste, ce n’est pas les toilettes comme on l’entend souvent, c’est la douche / le bain.

En France, en moyenne, c’est 150 L/jour/personne, et la douche est une énorme part de cette consommation.

Une pomme de douche classique :

  • 9–10 L/min (jusqu’à 15 pour les pires),
  • les très économes, 5 L/min.

La douche moyenne : 9 minutes.

Tu fais le calcul : environ 60–80 L.

70 L d’eau, c’est 70 kg. Si tu devais porter cette eau pour la mettre dans ta douche, tu aurais déjà pris une bonne suée → tu ne le ferais pas.

Ensuite viennent les toilettes : deuxième poste.

Une chasse d’eau, c’est environ 9–10 L. À chaque tirage, 10 L d’eau potable.

On distingue :

  • l’eau grise (douche, vaisselle) : huileuse, savonneuse, un peu « cracra » mais relativement récupérable ;
  • l’eau noire (toilettes) : contaminée par les excréments, médicaments, hormones, etc.

Tout ce qui est contaminé par les excréments, c’est fatal pour le cycle de l’eau.

Exemple : la pilule hormonale féminine (oestrogènes). Ces molécules ne sont pas filtrées correctement dans les stations d’assainissement.

Résultat :

  • on les rejette,
  • on les retrouve dans les rivières,
  • on les reboit,
  • on en remet encore plus dans le milieu : boucle infinie.

Dans l’eau, ces molécules restent entières.

Dans un compost de toilettes sèches, avec montée en température, elles sont au moins en partie disloquées (sans disparaître totalement).

À l’échelle individuelle, l’habitat n’est qu’une petite part de ce qu’on génère en termes de dépenses en eau : nos vêtements, nos ordinateurs, notre alimentation ont besoin d’eau « cachée ».

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire dans l’habitat ; il faut faire les deux : individuel et collectif. J’en parle aussi dans mes articles sur l’assainissement et la phytoépuration.

Souvent on oppose :

« Il ne faut pas culpabiliser l’individu, c’est à l’échelle collective que ça se joue. »

Moi, je ne veux pas opposer les deux. Il faut faire les deux.

Ce sont les comportements individuels qui font émerger des comportements collectifs, et les comportements collectifs (loi, normes, obligations) ont des effets de bascule sur les comportements individuels.

Pour l’énergie, c’est pareil : l’énergie qu’on utilise au sein du foyer est une petite part de notre empreinte, mais c’est celle qu’on maîtrise le plus directement.

Le plus gros poste de dépense : le chauffage.

Et maintenant, de plus en plus, la climatisation l’été.

Juste derrière : l’eau chaude. Globalement, tous les postes où on transforme de l’énergie en chaleur : c’est colossal.

Et pour ça, il n’y a pas de mystère : c’est moins.

Moins de m² à chauffer, ou chauffer moins fort, ou chauffer moins longtemps.

On peut aussi :

  • chauffer les corps plutôt que les volumes,
  • utiliser des tapis chauffants, plaids, vêtements adaptés.

Exemple :

  • tapis de souris/chauffant à 100 W vs chauffer toute une maison à plusieurs kW ;
  • un tapis au sol dans un salon carrelé peut permettre de baisser la consigne d’1 °C.

Pour le chauffe-eau :

Un ballon de 200 L d’eau chaude en permanence, est-ce nécessaire ? Il faut se poser la question.

Après le chauffage et l’eau chaude, viennent la cuisson et les appareils électriques.

Les veilles ne sont pas négligeables :

  • un appareil qui consomme peu mais 24/24 pèse lourd sur la facture,
  • par exemple une box Internet : 10 W sans Wi-Fi, 20 W avec Wi-Fi.

On peut :

  • couper le Wi-Fi quand on n’en a pas besoin,
  • ou couper complètement la box la nuit avec une prise programmable.

On n’est pas encore dans une adoption massive des low-tech, parce qu’on n’est pas matériellement contraints par le changement climatique dans notre quotidien immédiat.

En vrai on l’est, mais le lien est lointain, ce n’est plus seulement « pour nos petits-enfants », c’est déjà pour nos enfants… mais on a encore accès à une énergie abondante et peu chère.

J’ai fait un petit bilan carbone : je suis à 3 tonnes équivalent CO₂ par an.

Un Français moyen est à 10 tonnes. L’objectif, pour les scénarios à 1,5–2 °C, c’est 2 tonnes par an.

Donc 3 tonnes, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faut faire mieux.

Dans ces 3 tonnes, il y a 1 tonne imputable au collectif / services publics, que j’utilise (école, transports, hôpital, routes, etc.), et c’est normal.

Du coup, les 2 tonnes « restantes » sont à viser sur ce que je maîtrise vraiment. Est-ce utopique ?

Je ne pense pas que se couper du réseau soit la solution : les effets d’échelle sont importants, et il y a plein de choses qu’on ne peut pas optimiser à l’échelle individuelle.

Exemple :

  • une installation PV autonome chez soi + une installation PV autonome au travail → doublon de matériel ;
  • le réseau permet de mutualiser.

Encore une fois : ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins : moins d’eau, moins de transport, moins de m², moins d’objets.

Quelles sont les low-tech qui ont un impact significatif ?

La première qui me vient, parce que c’est au cœur de l’impact individuel : le transport.

Il existe une low-tech qui marche à merveille : le vélo.

Même à la campagne.

Moi je n’ai pas de voiture.

Je triche un peu : j’ai un vélo électrique que j’ai électrifié moi-même (j’ai même tenté de faire ma batterie – retour d’expérience : ne faites pas ça chez vous, c’est galère et ça ne tient pas longtemps).

C’est un vélo un peu porteur : je peux emmener ma fille, les courses, j’ai une remorque, une vraie capacité d’emport.

Un vélo électrique permet d’allonger les distances, par tous les temps, avec le bon équipement :

  • bon casque avec visière,
  • tenue de pluie,
  • guêtres, etc.

Je vais chez mes clients à Nantes en vélo, 1h–1h15 de route : j’arrive, j’ai à peine la barbe mouillée.

Économiquement, si tu enlèves ta voiture de ton budget, tu peux t’acheter un très bon vélo, l’entretenir, et tu gagnes.

Quelques ordres de grandeur :

  • une recharge de vélo électrique : ~10–15 centimes pour 80–100 km,
  • transporter 60–70 kg de « bidoche » avec 1–1,5 tonne de métal, c’est une aberration par rapport à 20–30 kg de métal (un vélo).

Ensuite, la douche : premier poste de dépense en eau.

Juste couper le chauffe-eau, ou avoir un plus petit ballon, peut déjà changer beaucoup.

Nous, on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche. On fonctionne au gant de toilette et à la bassine.

  • 1 à 3 L d’eau suffisent pour se laver.

En termes de low-tech, c’est imbattable : une bassine, un gant. J’ai aussi testé des douches à recyclage type Showerloop, mais pour notre usage ce n’est pas ce qui marche le mieux au quotidien.

Ensuite, la cuisson :

Si tu as un peu de jardin, le four solaire Atominique, ce n’est pas très cher, et très peu impactant à fabriquer. Si tu es au travail toute la journée et que tu rentres juste le soir, c’est moins pertinent (il faut être là quand il y a du soleil), mais même juste le week-end, ça peut valoir le coup.

Les toilettes sèches :

Deuxième gros poste de dépense en eau, et gros impact sur le milieu naturel.

Low-tech par excellence :

  • une boîte en bois,
  • un trou,
  • un seau,
  • de la sciure.

Idéalement : condamner les toilettes à eau, sinon on finit par ne plus utiliser les toilettes sèches. J’ai détaillé tout ça dans « Toilettes sèches à litière (théorie et pratique) ».

Il y a aussi les composts partagés : je ne sais pas si on peut y mettre du compost de toilettes sèches, c’est à discuter au cas par cas, mais il existe quelques initiatives locales qui collectent les matières de toilettes sèches.

Pour la machine à laver :

Une machine qui chauffe l’eau → 2000 W (ordre de grandeur).

La même machine avec eau déjà chaude envoyée depuis ailleurs → ~150 W (juste le moteur).

On peut produire l’eau chaude différemment : solaire thermique, poêle de masse, excédent PV… Je détaille tout ça dans l’article « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge ».

Une installation solaire thermique, c’est :

  • low-tech,
  • rentable sur la durée,
  • souvent subventionnée.

En gros :

  1. Isoler sa maison (chauffage = 1er poste).
  2. Travailler sur l’eau chaude (2e gros poste).

Quel est ton retour d’expérience par rapport à l’autonomie énergétique ?

Quand je faisais des formations sur l’autonomie électrique solaire, je voyais bien les tiraillements :

  • financier,
  • écologique,
  • confort / sécurité.

Je vais le dire tout de suite : l’autonomie n’est pas économiquement viable.

Sinon, tous les radins seraient débranchés du réseau, auraient des cuves de récupération d’eau, etc.

Le kWh est encore trop bas. Même si le prix fait x2, on a encore de la marge. À l’échelle de plusieurs années, ça reste peu rentable.

Donc il ne faut pas le faire pour ça.

Moi, je suis allé vers l’autonomie pour plusieurs raisons :

  • j’étais dans un champ,
  • si je voulais l’électricité, il fallait soit tirer une ligne, soit être autonome,
  • il y avait un enjeu de mobilité / réversibilité de l’habitat.

Je pensais que c’était « l’idéal ».

Avec le temps, j’ai changé de regard : si demain tous les foyers sont autonomes, avec des panneaux sur tous les toits tout en gardant le même niveau de confort et de dépenses, on a un problème :

  • les études montrent qu’on n’a pas assez de minerais rares pour installer du photovoltaïque partout à ce niveau de consommation ;
  • on risque de griller les ressources à court terme, pour ne plus pouvoir renouveler demain.

Donc, encore une fois, ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins.

Par contre, je dis merci à cette période où j’ai été autonome, parce qu’elle m’a empêché de croître en besoins pendant 8–9 ans.

Quand tu fais ton installation autonome, c’est comme un puits :

  • elle a une certaine taille (panneaux, batteries),
  • peu importe ce qui se passe, tu as ça.

Tu ne peux pas acheter un nouvel appareil sans négocier :

  • soit tu le fais tourner seulement quand il y a du soleil,
  • soit tu l’utilises seulement l’été,
  • soit tu renonces à autre chose.

C’est une vraie contrainte.

Du coup, je dirais que ce serait intéressant que tous les Français vivent 2–3 ans en autonomie pour acquérir des gestes et des habitudes.

Exemple de l’eau :

  • pendant 3 ans, on a eu notre bidon d’eau propre qui se vidait dans un bidon d’eau sale ;
  • quand on a mis l’eau courante ensuite, notre consommation d’eau n’a pas augmenté.

Les habitudes étaient ancrées.

Poêle de masse

Ici, on est devant le MiniMasse, le petit poêle de masse d’Agir Low-Tech.

C’est un poêle conçu pour :

  • les petits habitats légers et/ou mobiles,
  • satisfaire tous les besoins de chaleur d’un petit habitat : chauffage, cuisson, eau chaude.

Un poêle de masse, c’est souvent plus gros et plus massif que celui-là ; celui-ci a été dimensionné pour des petites surfaces :

  • maison de 40 m²,
  • jusqu’à ~100 m² très bien isolés / très bien pensés (limite haute).

Il a été pensé pour être semi-démontable :

  • de grands linteaux qu’on peut démonter assez facilement,
  • maçonnés à l’argile réfractaire,
  • on peut le démonter en une journée,
  • poids total ~400 kg,
  • le foyer central ~150 kg, transportable sur un diable.

On peut donc :

  • venir en stage 5 jours,
  • construire son poêle,
  • le démonter,
  • l’emporter chez soi et le remonter.

Les matériaux principaux :

  • briques réfractaires (écrasante majorité),
  • un peu de métallerie (portes, clapets, plancha, etc.),
  • quelques matériaux annexes (tresse de verre, joints).

Fonctionnement

Il faut imaginer un conduit de cheminée raccordé en haut (je l’ai démonté pour le transport). Ce n’est pas du Wi-Fi : il faut un vrai conduit.

Sur ce poêle, on a :

  • une plaque de cuisson au-dessus, en contact thermique avec le foyer,
  • des ailettes internes qui conduisent la chaleur dans la masse,
  • la possibilité de cuisiner sur le poêle,
  • un four noir à l’intérieur (là où on fait le feu).

À la fin de la flambée :

  • on peut cuisiner à l’intérieur (pain, tartes, cookies, etc.),
  • on met parfois une brique à la place du bois pour ne pas être en contact direct avec les braises,
  • les parois rayonnent la chaleur sur le plat.

C’est un foyer dans lequel :

  • on brûle du bois de façon vive,
  • on émet peu de particules fines,
  • les briques réfractaires stockent la chaleur,
  • la chaleur est ensuite diffusée par rayonnement dans la maison.

La flambée typique chez nous :

  • foyer prévu pour 3 kg de bois,
  • environ 1 heure de feu,
  • et 24 heures de chaleur.

En pratique :

  • j’allume souvent mon feu le soir,
  • le matin, il fait la même température qu’au coucher,
  • la montée en température est progressive (1–2 °C max),
  • la descente aussi est très stable.

Contrairement à un poêle en fonte / en métal (très réactif) :

  • il fait très vite trop chaud,
  • puis ça se refroidit très vite.

Le secret de cette progressivité :

  • le poids (l’inertie),
  • la quantité de briques,
  • et le parcours des fumées (dimensionné comme décrit sur le blog).

Durée de construction, accompagnement

Au sein d’Agir Low-Tech, l’asso fait de la R&D et diffuse les plans. Des personnes (dans ou autour du réseau) organisent des stages :

  • sur 5 jours,
  • on construit un poêle de masse,
  • on repart avec (semi-démonté),
  • on sait maçonner des briques (droites de préférence !).

Consommation de bois

Nous, avec ce poêle pour ~50 m², c’est :

  • 3 kg de bois/jour,
  • soit ~0,5–0,7 stère par an, selon l’hiver,
  • moins d’1 stère pour couvrir :
    • le chauffage,
    • la cuisson (soupe, pain, etc.),
    • une partie de l’eau chaude (via échangeur).

Au regard des usages couverts, c’est peu. Je montre ça en détail dans l’article « Une soirée de cuisine sur/dans le MiniMasse ».

Allumage « propre »

On ne fait pas d’allumage par le dessous (comme avant).

On allume :

  • par le dessus,
  • voire par l’avant,

→ jusqu’à 80 % de particules fines en moins.

Les anciens laissaient souvent une bûche couver pour retrouver de la braise le matin et éviter de rallumer.

Mais laisser couver une bûche à très faible tirage toute la nuit, c’est extrêmement polluant.

Guillaume (copain d’Agir Low-Tech) avait fait le calcul :

Laisser une bûche couver toute la nuit, c’est comme si tu prenais ta voiture (vieux diesel) et que tu faisais des tours de périph’ toute la nuit en termes de particules fines.

Si tu en es là, c’est souvent que :

  • dès que tu coupes ton poêle, il fait froid,
  • donc soit ta maison est mal isolée,
  • soit ton poêle manque d’inertie,
  • soit les deux.

Dans ce poêle de masse-là, ça n’a pas de sens de laisser couver :

  • soit c’est à fond (flambée vive),
  • soit c’est arrêté.

Les gens qui viennent à la maison :

  • voient rarement le poêle allumé,
  • mais il fait toujours bon,
  • → ça les convainc souvent tout seuls.

Rayonnement vs convection

Le poêle de masse fonctionne principalement par rayonnement.

Un poêle classique fonctionne surtout par convection :

  • l’air est chauffé,
  • il monte, redescend, crée des mouvements d’air.

Le rayonnement, lui :

  • vient d’une masse chaude (le poêle, les murs),
  • traverse notre corps,
  • nous réchauffe « de l’intérieur ».

La convection, c’est plutôt de la chaleur qui nous caresse la peau en surface, mais pas en profondeur.

On l’a rapidement constaté avec les murs :

  • le rayonnement se transmet d’une masse chaude vers une masse plus froide,
  • nous sommes une masse,
  • si la surface de notre corps est à ~30 °C et le poêle à 60 °C, on récupère ses calories,
  • idem pour les murs et le sol.

On a vécu un an dans la maison avec un poêle classique :

  • parfois 24–25 °C d’air,
  • murs à 19 °C,
  • dès que le poêle s’arrêtait, ça retombait vite à 17 °C.

Avec le poêle de masse, après quelques flambées :

  • murs montés à 19–21 °C,
  • et ils ne bougent plus de l’hiver.

Le confort thermique ressenti, pour simplifier, c’est la moyenne entre :

  • température de l’air (thermomètre classique),
  • température des parois (thermomètre infrarouge).

Si :

  • tes murs sont à 10 °C,
  • l’air à 20 °C,

ton corps ressent quelque chose comme 15 °C.

C’est là que l’inertie joue un rôle énorme.

Isolation par l’intérieur / extérieur

Si tu mets l’isolant à l’extérieur :

  • tu gardes la masse à l’intérieur,
  • tu peux la réchauffer,
  • elle te restitue doucement sa chaleur,
  • température plus stable (hiver comme été).

Si tu mets l’isolant à l’intérieur :

  • tu ne bénéficies pas de la masse du mur,
  • pas de « batterie thermique » accessible,
  • variations de température plus fortes.

Les maisons en pierre avec de gros murs sont très confortables l’été pour cette raison.

On peut faire l’analogie avec la bouillotte :

  • personne ne met la bouillotte sur la couette,
  • on la met dans le lit, sous la couette,
  • → la bouillotte (inertie) dedans, l’isolant dehors.

C’est ce qu’on devrait faire pour les maisons.

Chauffe-eau couplé au poêle

En plus de faire la popote dessus, dessous, dedans, le poêle chauffe de l’eau.

Sur la paroi, j’ai :

  • un tuyau de cuivre,
  • plaqué contre le poêle,
  • recouvert de terre.

Ce tuyau est dans un circuit fermé en thermosiphon :

  • en bas : arrivée d’eau froide,
  • l’eau se réchauffe le long du poêle,
  • l’eau chaude, plus dilatée, monte vers un ballon à échangeur,
  • elle cède ses calories à l’eau sanitaire,
  • ressort refroidie, redescend, etc.

Chez nous :

  • petit poêle → petit ballon,
  • 20 L, ballon de camion (avec échangeur prévu pour un moteur à l’origine).

Avec 3 kg de bois et une seule paroi chauffante, on obtient :

  • de l’eau à ~35–40 °C,
  • suffisant pour une douche,
  • mais avec peu de « tampon » (petit volume).

Douche

La douche low-tech, c’est ça :

  • un gant de toilette,
  • une bassine dans un baquet galvanisé,
  • une bonde au fond,
  • évacuation au tout-à-l’égout / phyto,
  • mais pas d’arrivée d’eau.

L’arrivée d’eau se fait :

  • au robinet du plan de travail,
  • en remplissant à la main (eau chaude venant du ballon, du poêle, du solaire ou du gaz au besoin).

Pour se laver au gant, il faut 2 L d’eau max.

Installer une arrivée d’eau courante dans la douche serait très simple : le ballon est juste à côté. Mais c’est un choix d’autocontrainte de ne pas le faire, pour ne pas retomber dans le gaspillage.

Stockage alimentaire

On a pas mal de petits stockages alimentaires.

Longtemps, on a fonctionné avec un garde-manger extérieur.

Aujourd’hui :

  • un petit frigo uniquement l’été (70 L environ),
  • l’hiver, il est éteint.

En autonomie, on est partis de ça :

  • en été, il y a de l’énergie solaire → facile d’avoir un petit frigo,
  • en hiver, beaucoup moins → un frigo consomme ~250 Wh/jour, soit environ ¼ de notre conso hivernale de l’époque.

Rajouter ¼ de conso en hiver aurait nécessité de :

  • augmenter largement la puissance PV,
  • augmenter la capacité batterie.

On était déjà juste, donc ça aurait été quasi un doublement de l’installation juste pour un frigo.

En plus, c’est un peu absurde de faire du froid à l’intérieur l’hiver, alors qu’on cherche à chauffer la maison, et qu’il fait froid dehors.

L’été, à l’inverse, mettre le frigo à l’intérieur dégage de la chaleur là où il fait déjà chaud. Le mettre dehors le ferait consommer plus. Il faut trouver un équilibre.

On est végétariens, ce qui simplifie un peu la chaîne du froid :

  • le fromage, ça tient,
  • on ne gère pas de viande au quotidien.

Longtemps, on a eu un garde-manger extérieur au nord, abrité de la pluie, en hauteur (pour les rongeurs), une boîte en bois avec grillage. En termes de low-tech, c’est imbattable, un peu comme le réfrigérateur d’hiver low-tech décrit sur le blog.

Aujourd’hui, on a :

  • un cellier type « cave », en briques de terre crue (adobe),
  • non isolé mais avec beaucoup d’inertie,
  • température plus stable que dehors (lisse les pics).

Et un mini-frigo passif :

  • arrivée d’air frais canalisée depuis l’extérieur,
  • évacuation en haut vers le toit,
  • petite éolienne de toiture qui crée le tirage,
  • joint type joint de frigo, clapets pour ouvrir/fermer selon où il fait le plus frais.

On y met :

  • beurre (salé, ce qui aide à la conservation),
  • lait végétal,
  • yaourts (on essaie de ne pas les garder trop longtemps),
  • plats entamés, etc.

On a aussi renoncé au congélateur, trop énergivore en autonomie (et à l’année).

À la place :

  • lactofermentation (saumure),
  • conserves au four solaire,
  • autres méthodes de conservation.

Le congélateur est très pratique, mais très énergivore. Sans congél, on est obligés de réfléchir, de transformer, de conserver autrement.

Poste de pilotage énergétique

Dans la maison, j’ai un coin « poste de pilotage énergétique » :

  • batteries de vélo,
  • batteries d’outillage (Makita),
  • commande du chauffe-eau,
  • un système domotique maison basé sur PvMonit.

Une petite électronique :

  • pilote le surplus d’énergie solaire,
  • envoie le surplus dans certains usages (chauffe-eau, etc.),
  • avec des règles de priorité : par exemple, le chauffe-eau ne s’enclenche que s’il y a du surplus et si la maison est en dessous de 22 °C.

C’est une sorte de domotique pour la gestion énergétique optimisée, que je détaille dans la série d’articles autour de PvMonit.

Toilettes sèches à ventilation canalisée

Nos toilettes sèches :

  • cuvette confortable (matière un peu isolante → fesses pas glacées dans une pièce froide),
  • seau,
  • sciure / matière carbonée,
  • ventilation canalisée.

Ventilation :

  • prise d’air extérieure en bas,
  • arrivée d’air dans la caisse,
  • évacuation par un tuyau qui monte au toit,
  • petite éolienne de toiture qui crée un tirage constant.

Résultat :

  • toilettes bien sèches,
  • zéro odeur,
  • zéro mouche (cuvette bien étanche).

On a aussi un composteur dédié aux toilettes sèches :

  • trois bacs,
  • rotation sur plusieurs années,
  • temps de repos de 18 mois à 2 ans avant utilisation au potager.

On a un peu surdimensionné (trois bacs suffisent largement pour nous).

On mélange :

  • contenu des seaux,
  • déchets verts,
  • beaucoup de carbone (carton, feuilles mortes, tonte sèche).

On utilise un brass-compost (vis/ressort) pour :

  • aérer,
  • mélanger,
  • obtenir un compost très vivant.

Après 18–24 mois de repos (sans ajout), on peut l’utiliser, y compris sur les légumes racines, sous certaines précautions.

Le SPANC est venu contrôler notre aire de compost :

  • obligation d’avoir un toit au-dessus,
  • pour éviter que l’eau de pluie ne ravine des matières fécales vers les nappes.

Une dalle béton sous le compost, c’est une mauvaise idée (compost qui ne fonctionne pas, gros jus, odeurs).

On a réussi à argumenter pour ne pas en mettre, tout en garantissant qu’il n’y aurait pas de ruissellement problématique (toit, emplacement, etc.). Je raconte l’ensemble de cette histoire dans « Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation ».

Phyto-épuration

On a une phyto-épuration (roseaux) pour les eaux grises de la maison.

Principe :

  • un bac (ici en plastique, mais maintenant on peut faire maçonné avec agrément),
  • au fond : gros gravier,
  • puis petit gravier,
  • puis sable,
  • on plante des roseaux dans le sable.

Le bac est séparé en deux :

  • on change une vanne toutes les 2 semaines pour alterner le côté alimenté,
  • au fond de chaque côté : un drain (tuyau percé) récupère l’eau,
  • l’eau part ensuite par gravité vers les marais / fossé.

En été, il sort très peu d’eau : les roseaux boivent quasiment tout.

On a fait une auto-construction accompagnée pour obtenir l’agrément :

  • une entreprise agréée accompagne,
  • vérifie que le chantier suit le plan,
  • valide pour le SPANC.

Dimensionnement :

  • 3 équivalents habitants (150 L/jour/personne),
  • chez nous c’est surdimensionné, vu notre faible consommation d’eau,
  • au début, les roseaux avaient « faim » : on a aidé au démarrage avec un peu de compost de toilettes sèches.

Frigo du désert et stockage semi-enterré

On a un petit garde-manger semi-enterré :

  • gros regard en béton,
  • enterré lors des fondations,
  • 4–5 °C d’écart avec l’ambiance du cellier selon les saisons,
  • surtout utilisé pour les légumes (patates, etc.).

On m’a parlé du « frigo du désert » :

  • un pot en terre dans un autre pot en terre,
  • sable entre les deux, humidifié,
  • refroidissement par évaporation.

Je ne suis pas fan de le documenter tel quel sous nos latitudes :

  • ça marche bien dans le désert,
  • chez nous, climat humide et tempéré, ça marche beaucoup moins bien,
  • il faut remettre beaucoup d’eau (évaporation), ce qui a aussi un coût.

Mitigeur d’eau pour la machine à laver

On a une vieille machine à laver (Vedette) que j’ai adaptée :

  • arrivée d’eau froide classique,
  • arrivée d’eau chaude produite ailleurs (poêle, solaire, etc.),
  • mitigeur thermostatique réglable entre les deux,
  • la machine est paramétrée sur « froid »,
  • et le mitigeur lui envoie l’eau à 30, 40 °C selon le cycle choisi.

Résultat :

  • la résistance électrique de la machine ne sert plus (ou très peu),
  • consommation divisée par ~10 (de ~2000 W à 100–150 W).

Tout ça est détaillé dans « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge » et mes tests de douche à recyclage.

Four solaire

On a un four solaire « Atominique », conçu par Dominique (presque voisin). J’en parle dans les articles « Fabriquer un four solaire (cuiseur type boîte) » et « Four solaire (cuiseur type boîte) 2ème version ».

J’avais d’abord fait un four solaire moi-même, mais j’étais tombé dans plusieurs écueils :

  • four trop petit (surface de captation trop faible),
  • réflecteurs pas assez réfléchissants (pas de vrai miroir),
  • vitre s’ouvrant par le dessus (perte de chaleur à l’ouverture).

Dominique a conçu ce four :

  • grand,
  • réflecteurs en alu miroir,
  • parois intérieures en tôle sombre (rouillée),
  • vitre qui s’ouvre par l’arrière (la chaleur reste piégée).

Les réflecteurs latéraux sont fixes (angle optimisé), ceux du haut et du bas sont orientables.

On oriente :

  • le four au soleil,
  • les réflecteurs,
  • jusqu’à voir le reflet du soleil au fond du four.

Usage :

  • la plupart des cuissons mettent environ le double du temps d’un four classique,
  • nécessite un vrai soleil (pas de voile nuageux),
  • températures courantes : 110–130 °C pour plein de plats.

On y fait :

  • tartes, gâteaux, plats mijotés,
  • lentilles, légumes racines (betteraves, etc.),
  • surtout des bocaux (stérilisation),
  • pas de cuisson « saisie » type oignons à feu vif.

C’est particulièrement pertinent pour les bocaux : laisser le four allumé toute la journée au soleil ne choque pas, contrairement à laisser tourner du gaz pendant des heures.

Construction :

  • structure bois (double paroi, pas nécessairement isolée),
  • tôle sombre à l’intérieur,
  • alu miroir pour les réflecteurs,
  • roulettes pour le déplacement,
  • capote/bâche pour l’hiver.

Impact de fabrication : très modeste (surtout du bois de récup, quelques plaques métalliques, un peu d’alu miroir).

Concentrateur solaire (tube sous vide)

Je me suis fait aussi un cuiseur concentrateur solaire pour le pain :

  • un tube en verre noir à l’intérieur d’un tube en verre transparent,
  • vide d’air entre les deux (meilleur isolant),
  • vendu par David de « Du soleil dans nos assiettes ».

Le tube seul chauffe déjà au soleil (piège à calories). Avec un réflecteur en demi-cylindre (tôle de conduit de poêle coupée), on augmente encore la température.

On peut :

  • faire du pain,
  • faire des cookies,
  • stériliser des bocaux (avec une version adaptée).

On glisse un plat ou une gouttière à l’intérieur du tube. Le tube :

  • peut monter à 180 °C à l’intérieur,
  • reste tiède à l’extérieur grâce au vide d’air.

C’est à la fois low-tech (verre, métal) et un peu high-tech (tube sous vide non trivial à fabriquer soi-même), mais ça reste raisonnable. Je regroupe ces expériences sous le mot-clé tube-solaire.

Le concentrateur est :

  • monté sur un axe rotatif,
  • on oriente grâce à un petit viseur (ombre projetée sur un carré),
  • on verrouille la position avec une cale (amélioration en cours).

On pourrait encore améliorer :

  • tube fixe, réflecteur qui tourne autour,
  • pour éviter de contraindre le tube (cher et fragile).

[video] La paillourte, ~7 ans après

Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu papoter à la maison autour de la Paillourte et en a tiré une vidéo. J’y parle de la construction mais aussi (surtout ?) du retour d’expérience (si chère à mon cœur) :

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Retrouver toutes les étapes du chantiers en détails et toutes les ressources sur la page dédier : https://david.mercereau.info/paillourte/

Transcription

Introduction

Une maison ronde, enveloppante, baignée de soleil, aux murs de terre à l’aspect chaleureux : un vrai cocon naturel, en somme. Vous en rêvez ?

David va nous expliquer les étapes de construction de sa paillourte, les coûts inhérents au projet et les avantages à construire en rond. Sept ans après sa construction, il nous livrera aussi son retour d’expérience.

Le secteur du bâtiment représente 40 % des émissions de CO₂ des pays développés, 37 % de la consommation d’énergie et 40 % des déchets produits. Notre façon de construire et de rénover est clairement un levier pour réduire notre impact environnemental.

Et je vous pose la question : recréer son lien au vivant au travers de son habitat, ne serait-ce pas la plus belle façon d’habiter le monde, finalement ?

Introduction de David

On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu le point de bascule. Même si je faisais déjà des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort. Et puis après, il y a eu la paillourte.

Je pense qu’on est venu à la yourte parce que j’avais fait pas mal de chantiers participatifs. J’étais sur Lyon pendant tout un temps et il y a beaucoup de maisons en pisé là-bas. Les maisons en pisé, ce sont des maisons en terre uniquement : des murs, comme nous on a ici des murs en pierre, mais là-bas c’est que des murs en terre banchée. On met des planches, on met de la terre, on tasse… et là-bas il y a pas mal de restaurations de maisons en terre.

Je me suis dit que ça allait être un sacrément bon point de départ en tout cas pour amorcer d’autres trucs.

Dans mon petit parcours de chantiers participatifs, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’habitat, j’ai visité plein de types de chantiers : paille ou autres, mais pas mal paille. Et ce que je constatais, c’est que souvent, les gens faisaient de grandes baraques en paille, ce qui me semblait un peu un non-sens.

D’autant plus que, écologiquement, ça n’avait pas toujours beaucoup de sens, et en plus je constatais souvent que ces chantiers ne finissaient pas. Je me rappelle notamment d’un gars qui avait fait une baraque de 200 ou 250 m², et ça faisait huit ans qu’il y était. Clairement, il était fatigué. Il n’avait plus envie, ça n’avançait plus, bref, ça avait l’air dur.

Du coup, je m’étais bien dit que ce n’était pas ça que je voulais. J’ai l’impression que ces gens-là, qui partent sur des gros chantiers, à la fin sont tellement rincés que, dans la maison en paille, il n’y a que les murs qui sont écologiquement soutenables. Tout le reste, en fait, ils n’ont pas eu le temps de se poser la question ou ils sont trop fatigués, et du coup ils installent un chauffe-eau de 200 L électrique, etc.

Une fois que c’est là, tu ne te dis plus : « Ah oui, mince, comment je pourrais faire autrement ? » Ils sont fatigués, ils n’ont plus envie… fin de l’histoire.

Du coup, moi j’ai voulu prendre le truc un peu à l’envers : on a fait un petit habitat simple, peu coûteux, facile, rapidement constructible. Donc une yourte : une yourte en toile, en laine de mouton, tout ça. On s’est fait accompagner par La Frênaie (carnet de yourte), qui est une coopérative dans le Marais poitevin.

On va dans leur atelier : il y a des choses qu’on peut ramener à faire à la maison, et des trucs qu’on peut faire dans leur atelier, parce qu’ils ont plein de gabarits, de trucs chouettes. On a donc fait notre yourte là-bas.

On s’est installés en petit collectif, parce que c’était aussi ça l’idée, indépendamment de nos envies personnelles : ça nous permettait assez rapidement de tester tout ça, d’arriver avec un petit habitat pas trop cher et vite construit. On a mis un mois, un mois et demi, je crois, à construire la yourte.

Sobriété avant matériaux

Ensuite, avant de parler de paille ou de matériaux, j’essaie de tirer vers le moins de mètres carrés possible, d’abord parler de sobriété. Réduire ses besoins : en eau, en énergie, en espace vital, parce que ça a des conséquences sur tout le reste.

Ça a des conséquences sur le moyen de chauffage, sur l’entretien du bâtiment. Le bâtiment, c’est une énorme part de l’impact énergétique. Le logement, c’est un quart du problème à l’échelle individuelle, donc ce n’est pas négligeable.

Dans le logement, il y a la construction, la fin de vie, le chauffage, etc. On peut vivre écologiquement dans une petite maison en parpaing, en laine de verre, en paille, ce que tu veux, qui fait 30 m² ; et on peut vivre très « sale » dans une maison en paille, murs en terre, machin, tout ce que tu veux… Si elle fait 150 m² ou même 100 m², l’impact reste énorme. C’est la taille qui compte !

Évidemment, ça dépend du nombre d’habitants : si vous êtes huit, ça vaut le coup d’être à 200 m², c’est OK. Mais ce qu’on observe, c’est que les mètres carrés par habitant n’ont pas cessé d’augmenter depuis des lustres. C’est une conséquence négative : on peut isoler les baraques, c’est super, mais tant qu’on augmente le nombre de mètres carrés, la part énergétique par habitant ne fait que croître.

Quelle est la genèse de votre projet de paillourte ?

Je n’étais pas spécialement parti pour faire une paillourte. Rénover, pour moi, c’est tout aussi pertinent écologiquement : il y a déjà de la surface « squattée » par une maison, etc.

Mais quand on est arrivés ici, il y avait un petit bâtiment en pierre : une ancienne maison (ou étable) à cochons, un tout petit habitat. Il ne restait plus que deux murs sur quatre, et même ce peu restait assez abîmé. Il n’y avait plus de toit depuis des années. Il aurait fallu tout mettre par terre et reconstruire. Autant dire que je n’étais pas chaud.

On est arrivés là, et on s’est dit : « Bon, OK, du coup ce n’est pas une rénovation, mais le terrain nous plaît. » C’était une dent creuse, le terrain est assez étroit, donc il fallait faire une petite maison dessus. C’est pour ça qu’il n’était pas si cher. Enfin, pas si cher… tout est relatif par rapport à pas mal d’endroits en France, mais par rapport au coin ici, ce n’était pas si cher.

Nous, on voulait faire une petite maison : nickel, parfait. On a réfléchi à ce qu’on voulait vraiment. Moi je voulais reconstruire en paille parce que je trouve ça trop pertinent, et j’avais fait plein de chantiers autour de ça, en terre aussi.

Un truc qu’on voulait garder, c’était le côté rond et surtout le côté « plein de lumière », la lumière centrale, la lumière zénithale. C’est vraiment un truc qu’on avait kiffé dans les yourtes : tu es baigné dans la lumière.

On l’a fait un peu différemment : on a fait un clocheton pour s’épargner, dans une logique bioclimatique, le soleil d’été quand il est zénithal et cogne trop fort dans la maison. Dans les yourtes, tu te retrouves vite dans une bulle de chaleur.

Donc on a mis un petit toit : on a fait un compromis entre la lumière – parce qu’on a quand même un peu moins de lumière – et la surchauffe. Et la surchauffe n’est vraiment pas à négliger, surtout avec les épisodes caniculaires qu’on commence à avoir.

Pourquoi construire en rond ?

On voulait reconstruire en rond pour plusieurs raisons.

Facilité et tolérance aux erreurs
En rond, c’est plus facile. Si tu fais des bêtises, ça se voit moins, c’est moins grave et moins impactant pour le bâti. Toute la charge du toit est répartie sur tous les murs, alors que sur un carré, les angles ont beaucoup plus de charge et de contraintes. Tu peux te permettre des petites erreurs sur ton mur et que ta maison tienne debout.

Je pense que si on avait fait les mêmes conneries sur un carré, on aurait eu des problèmes… Là, ça va.

Moins de matériaux, moins d’échanges thermiques
Tu as environ 11 % de matériaux en moins à surface égale. À 40 m² au sol, tu as 11 % de matériaux en moins sur un rond que sur un carré, parce que le périmètre est différent pour une même surface.

11 % de matériaux en moins, c’est 11 % de coût en moins, mais c’est surtout 11 % de surface en contact avec l’extérieur en moins. Or c’est cette surface en contact avec l’extérieur qui génère le besoin de chauffage, parce que ça génère de la déperdition thermique. Moins tu as de surface en contact avec le dehors, moins tu as besoin de chauffer.

Esthétique et lien au vivant
Il y avait aussi le côté esthétique qui nous plaisait. Si on regarde les habitats primitifs, ou même la nature : terriers, igloos, yourtes, grottes… La plupart des animaux font des formes rondes, c’est plus simple à faire.

Il n’y a que les abeilles qui font une géométrie « compliquée ». Et encore : a priori, elles font d’abord du rond, et c’est parce qu’elles sont toutes côte à côte que ça crée des hexagones.

On a acheté le terrain 65 000 € et la paillourte nous est revenue à 20 000 €. En fait, au bout de 3 ou 4 ans, avec l’économie de loyers, tu revends la yourte ; nous, on a revendu la yourte pour financer la paillourte. Il y a eu un peu de sous à mettre dans le terrain, mais ce n’était pas loin d’une opération blanche. On s’en est plutôt bien sortis.

Quel a été le coût du projet ?

La maison habitable, au début, c’était 15 000 € pour la paillourte seule. Maintenant, avec le terrain, on est chez nous pour moins de 100 000 €. On était deux, donc 50 000 € chacun : tu n’as pas 25 ans d’emprunt à faire.

Moi j’ai toujours travaillé avant, donc j’ai toujours eu des salaires dont je ne faisais pas grand-chose. Mes vacances, c’était du woofing, des chantiers participatifs, etc. J’avais donc des petites économies. Très vite, on a pu autofinancer notre truc, sans emprunt.

Aujourd’hui, on n’a plus trop de sous de côté, c’est sûr, on a tout mis dans la maison. Mais en contrepartie, on a un rythme de vie où je peux prendre une journée pour discuter avec vous, par exemple. Moi je ramène environ 600 € par mois dans le foyer, ma compagne 500 €, et on arrive à vivre à trois (avec notre fille de 8 ans) parce qu’on n’a pas d’emprunt.

Le premier poste de dépense, souvent, c’est l’emprunt ou le loyer : nous, on n’a pas ça. Et on avait aussi la ressource pierre sur site avec la vieille bâtisse à moitié par terre.

Quelles ont été les étapes de construction de la paillourte ?

Fondations

On a fait nos fondations en pierre. On a creusé un fossé et maçonné des pierres. Ce n’est pas juste « jeter des pierres dans un trou » : maçonner des pierres, c’est un boulot en soi, un sacré boulot. On était rincés au bout de la semaine et demie de chantier, au bout de notre vie. On s’est dit qu’on ne finirait jamais, mais on a fini quand même.

Tous les voisins et copains qui sont passés nous ont dit :
« Tes fondations seront encore là quand ta maison ne sera plus là. »

Et en vrai, les fondations, c’est primordial : si tu rates cette étape, ça a des conséquences sur tout le reste. Autant tu peux refaire un bout de toiture, autant refaire un bout de fondation, ce n’est pas facile.

Inspirations et retours d’expérience

Dans mes chantiers précédents, je n’avais pas trop fait de maisons rondes. Ce n’était pas forcément mon « délire » au départ. Je suis donc passé par une étape « retour d’expérience » : aller voir des gens, revoir des gens, chercher de l’expérience concrète.

Je suis allé voir plein de personnes autour de chez nous qui avaient soit une technique que je voulais mettre en œuvre, soit une configuration particulière. Je voulais faire de la paille porteuse, donc je suis allé voir des maisons en paille porteuse, rondes ou carrées, peu importe, mais avec un point commun.

Je trouvais rarement ce type de retour d’expérience sur internet ou dans les livres, donc je suis allé les chercher sur place. C’était super chouette : plein de gens m’ont ouvert leurs portes.

Par exemple, une maison en paille porteuse en Bretagne, ronde, à étage. Et puis Gurun, du côté de la forêt de Brocéliande : mon procédé s’inspire partiellement du sien. On dit souvent qu’il y a plusieurs techniques de mise en œuvre de la paille, mais en réalité, il y en a autant que d’auto-constructeurs.

J’ai pris ma part chez Gurun, ce qui me convenait en termes de besoins, de sécurité, etc.

  • Gurun ne faisait pas de fondations à l’époque, maintenant il en fait des petites.
  • Moi, je ne me voyais pas ne pas faire de fondation ici, parce qu’on a 8 m d’argile avant d’arriver à la roche. Il y a des choses qui peuvent bouger. Donc pour moi, pas de fondation, ce n’était pas envisageable.

J’ai donc repris une partie de son procédé : du sous-bassement jusqu’à la toiture réciproque, c’est « du Gurun » (les murs, etc.). Mais le toit et les fondations/sous-bassement, c’est plutôt ma sauce.

L’idée, c’est que vous pouvez aller piocher les idées qui vous correspondent, en fonction de votre contexte et des matériaux disponibles.

Sous-bassement et gestion de l’humidité

Sur les fondations, on a un problème de capillarité. La capillarité, c’est le phénomène du sucre qu’on met dans le café : le café remonte dans le sucre. L’eau peut remonter à travers les joints des pierres.

Il me fallait donc un matériau peu capillaire, qui n’amène pas trop d’eau vers la botte de paille. Une maison en paille, c’est :

  • un beau chapeau (un bon débord de toit),
  • de bonnes bottes (un mur surélevé par rapport au sol).

La paille et l’eau, ce n’est pas génial.

Pour ça, on a utilisé des blocs de pierre ponce (PonceBloc). Ça ressemble à des parpaings, mais c’est de la pierre ponce : roche volcanique, avec de l’air emprisonné dedans, donc c’est très léger, partiellement isolant, et non cuit (pressé à froid). L’impact carbone est assez faible. C’est peu capillaire et un peu isolant.

On a posé ces blocs de pierre ponce sur les fondations, ce qui limite la remontée d’eau et évite que la paille soit en contact direct avec le sol.

Par-dessus, on a mis de l’EPDM (la même membrane que pour la toiture végétalisée) pour éviter encore plus les remontées capillaires. Si le mur est mouillé, l’eau ne doit pas pouvoir migrer dans la botte de paille. C’est primordial : l’humidité et la paille, ça ne fait pas bon ménage.

Pour atteindre un niveau d’isolation correct :

  • les blocs de pierre ponce ont une certaine épaisseur et un certain R (résistance thermique),
  • mais on était loin de l’isolation qu’apporte une botte de paille.

On a donc rajouté un morceau de liège à l’intérieur pour augmenter la résistance thermique et ralentir la fuite du chaud vers l’extérieur.

On a aussi mis une lisse basse, un petit bout de bois qui court tout autour, avec des broches pour brocher le premier rang de bottes, afin de solidariser le mur de paille au sous-bassement.

On est en zone sismique niveau 2 sur 3 ici. Tu es soumis à une norme (déclarative : tu dis « oui, j’ai respecté la norme »). Dans cette norme, il y a notamment deux points :

  1. Que toutes les parties, de bas en haut, soient liées ensemble (continuité de chaînage).
  2. Renforcer les angles.

Maison ronde = fin de chantier, tout va bien : il n’y a pas d’angles fragiles. En cas de tremblement de terre, il n’y a pas de points de rupture. C’est naturellement une forme sismique, la maison ronde.

Murs en paille porteuse

Sur ce bloc de pierre ponce, on a monté des bottes de paille en paille porteuse : la botte fait le mur et porte la toiture.

On a pris des bottes assez denses, avec un bon serrage des ficelles. Gurun, lui, reficelle ses bottes pour les densifier. Pour la paille porteuse, la densité et l’humidité sont importantes, donc on testait les bottes :

  • Hygromètre à sonde pour mesurer l’humidité,
  • Peson pour peser les bottes,
  • Avec ces deux infos, on calcule la densité (une botte humide et lourde peut être peu dense si elle est trempée).

On a pris les bottes les plus denses pour les murs, qu’on a montées en quinconce, comme un mur de briques.

On les a brochées et « cousues » entre elles, ficelées avec de la ficelle de botte de paille. C’est ce que Gurun appelle sa méthode : tu prends une botte, tu passes la ficelle autour de la botte d’à côté, tu tires, ça regale la botte (elle reprend une forme arrondie) et tu remets de la tension dans les fibres.

Autour des portes et fenêtres, on a mis de l’ossature bois, parce que ça ne tiendrait pas sur de la paille « molle ».

Pour les murs, on a utilisé des bottes à champ plutôt qu’à plat :

  • Botte à plat : posée sur sa grande face (le côté le plus large au sol).
  • Botte à champ : posée sur la tranche.

Une botte à champ isole aussi bien qu’une botte à plat, parce que c’est le sens des fibres qui compte. Ça permet de gagner un peu de mètres carrés.

Nous, on a fait une maison de 40 m² parce que c’était satisfaisant pour nous, mais il ne fallait pas dépasser 50 m² au nu extérieur du mur pour ne pas être soumis à la RT 2012 (c’est encore vrai aujourd’hui avec la RE 2020). C’était un petit objectif : éviter les papiers, les études thermiques obligatoires et payantes.

Sous pas mal d’aspects, on est au-delà de la RT/RE en termes d’isolation, etc., mais ça nous a épargné la contrainte administrative.

En haut du mur, on n’a pas mis de lisse haute (anneau de bois qui ceinture le mur) :

  • Sur une maison carrée, j’en aurais mis une, pour répartir la descente de charge et reprendre les efforts dans les angles.
  • Sur une maison ronde, chaque perche de charpente reporte la charge uniformément sur le mur. Tout le mur reçoit la même charge, donc ce n’était pas indispensable.

C’est aussi du bois en moins (donc de l’argent en moins et un impact carbone réduit).

Charpente réciproque et bois

On a fait le choix d’une charpente réciproque en bois rond :

  • Bois local (châtaignier), coupé en taillis à côté.
  • Peu de transport, pas de sciage industriel, peu de déchets.
  • Pas besoin de sections standard (20×20, etc.) : on garde l’arbre entier.

Le bois rond évite :

  • les pertes liées au sciage en scierie,
  • la monoculture de Douglas pour faire des maisons « écolos » (qui est une catastrophe dans certaines régions).

On a donc :

  • Abattu les petits troncs,
  • Écorcé à la plane (travail assez agréable),
  • Monté la charpente réciproque en une journée, avec l’aide de Gurun.

Une charpente réciproque en bois rond, ça ne coûte quasiment rien en matériaux, et c’est très économe en énergie grise.

Toiture végétalisée

Sur la charpente, on a mis un voligeage (planches), puis :

  1. Un pare-vapeur sous l’isolant,
  2. L’isolant,
  3. L’EPDM (membrane d’étanchéité),
  4. Un géotextile,
  5. De la tuile concassée,
  6. Un peu de terre,
  7. Des plantes grasses.

Pourquoi un pare-vapeur ?
Au-dessus, l’EPDM n’est pas perspirant. La vapeur d’eau générée dans la maison (cuisine, habitants…) ne doit pas migrer dans l’isolant et rester coincée sous l’EPDM. On la bloque donc sous l’isolant, côté chaud, avec un pare-vapeur.

L’EPDM :

  • Bâche caoutchouc, un peu de pétrole,
  • S’étire à 400 %,
  • Garanti environ 40 ans en toiture si protégé des UV,
  • Très peu d’entretien, surtout avec la végétalisation.

On aurait préféré une toiture avec un autre matériau (terre cuite, etc.), mais le système global (fondations souples, murs de paille, charpente réciproque souple) nous guidait vers une toiture souple qui suit les mouvements éventuels. Une toiture en tuiles sur une charpente réciproque, c’est plus compliqué.

Par-dessus l’EPDM, on a mis :

  • Un géotextile tissé issu du recyclage de vêtements (coton, etc.) pour empêcher les racines d’atteindre l’EPDM et créer une cohésion de l’ensemble végétal.
  • De la tuile concassée en support drainant. On aurait pu mettre de la pouzzolane (plus légère), mais on avait un stock de tuiles de la ruine sur place.
    • La tuile concassée draine, stocke un peu d’eau, la restitue quand c’est plus sec.
    • On a à peu près 4 tonnes de tuile et 1 tonne de terre : donc 3–4 cm de tuile et 1 cm de terre. Très peu de terre, parce que la terre mouillée, c’est très lourd.

Les plantes :

  • Plantes grasses, plantes de rocaille, qui poussent sur substrat très mince.
  • On a semé du trèfle au début pour créer un tissu racinaire, puis on a récupéré des boutures/plantules chez des voisins.

Si c’était à refaire, on mettrait probablement de la pouzzolane pour plus de sécurité en termes de charge, mais ça tient très bien comme ça.

Débord de toit et clocheton

Le débord de toit fait entre 80 cm et 1,20 m. Là, il est environ 14 h, le soleil ne rentre pas par la grande baie au sud. Le débord protège bien les murs.

Le clocheton, lui, est plus compliqué à doter d’un débord important, sinon on perdrait trop de lumière hivernale. On a déjà un petit toit pour limiter la surchauffe d’été. On aurait pu être un peu plus généreux sur le débord, mais c’est un compromis entre :

  • lumière d’hiver,
  • protection d’été,
  • contraintes de construction.

Le sol : hérisson, isolation, dalle en terre

Sous la maison, au milieu des fondations, on a mis du verre cellulaire :

  • Habituellement, on fait un hérisson de cailloux pour casser la capillarité et drainer. On met ensuite un isolant (souvent polystyrène), puis une dalle.
  • Le hérisson sert aussi de drainage (l’eau circule entre les cailloux).

Le verre cellulaire :

  • Est drainant,
  • Non capillaire,
  • Isolant.

Pour un auto-constructeur, c’est génial :

  • Tu balances le verre cellulaire au milieu de la maison avant de couler ta dalle,
  • C’est léger, facile à mettre en œuvre,
  • Ça fait les trois fonctions d’un coup.

On a ensuite fait une dalle en terre sur toute la maison :

  • Mélange terre + sable (béton de terre : la terre remplace le ciment).

Pas de paille dans la dalle chez nous, parce que nous sommes dans une zone très humide (marais) et il y a un champignon bien connu, la mérule, qui mange la cellulose (contenue dans la paille et le bois). Si la mérule s’installe dans une maison, il faut la démolir. Donc je ne joue pas avec ça dans la dalle.

Pour la surface de la dalle :

  • On a fait des essais : huile de lin, huile dure, etc.
  • Ce qui nous convient bien, c’est la tempera :
    • pigments d’argile particuliers,
    • œuf,
    • huile de lin.

Ça se passe comme une peinture, crée une couche jolie, légèrement étanche, qui se lustre au passage des chaussettes. Aspect un peu marbré, que l’on aime bien, et cela se retouche facilement.

On a complété par :

  • De la tomette (terre cuite) côté cuisine, zone très sollicitée (chaises, chutes d’objets, etc.),
  • De la terre crue côté salon.

On avait aussi testé des dalles stabilisées à la chaux :

  • Plus résistantes, mais en cas de choc important, ça casse net.
  • Les retouches sont plus délicates qu’avec une dalle en terre, où tu peux réhumidifier et réparer localement.

Enduits

À l’extérieur :

  • Enduit terre-chaux-paille au départ.

Retour d’expérience : la paille dans les enduits extérieurs, en climat océanique venteux, finit par moisir un peu en surface aux endroits exposés à la pluie battante. Ce n’est pas dramatique (on a 8 cm d’enduit), mais on voit que beaucoup de pros du bâti écologique commencent à arrêter de mettre du végétal dans les enduits extérieurs. J’en parle aussi dans différents articles « paillourte ».

Pour l’extension, on a donc fait :

  • Terre + chaux + sable (sans paille) à l’extérieur.

La chaux :

  • Fige le mélange,
  • Résiste bien à la pluie battante,
  • Évite que l’enduit ne finisse « par terre » au bout de quelques années comme dans certains pays où l’on n’a que la terre crue sans liant hydraulique.

À l’intérieur :

  • Enduits terre-paille, plus « souples » et perspirants.

On essaie aussi de limiter le sable, parce que :

  • Le sable de maçonnerie (rivière, carrière) n’est pas inépuisable,
  • Le sable du Sahara ne se maçonne pas.

On utilise la paille comme « charge » dans les murs pour remplacer une partie du sable.

On a beaucoup appris sur la qualité des terres :

  • La première terre (pour la paillourte) : très argileuse, blocs très durs après séchage, nécessitant beaucoup de trempage, de tamisage et de correction au sable/paille. J’ai passé à peu près un mois, sur un an et quelques de chantier, à tamiser de la terre…
  • Pour l’extension, on a trouvé une terre plus sableuse, déjà plus friable, beaucoup plus agréable à travailler, avec moins de corrections à faire.

Quelle a été ta méthode de construction pour l’extension ?

Pour l’extension, je n’ai pas refait de paille porteuse. J’ai fait une structure poteau-poutre :

  1. On commence par faire un préau : quatre poteaux et un toit.
  2. Le toit repose sur les poteaux, pas sur les murs.
  3. Ensuite, on construit les murs en dessous, en paille (non porteuse, en quinconce, sans ossature bois continue).

Avantages :

  • Le toit est déjà contreventé, il tient par lui-même.
  • Moins de contraintes sur les murs : la paille n’est plus porteuse, c’est sécurisant.
  • On peut diminuer la taille des fondations :
    • Fondations en gravier pour les murs,
    • Petits plots sous les poteaux.

Je trouve que c’est un très bon compromis entre :

  • écologie / impact,
  • temps,
  • sécurité,
  • budget (moins de bois d’ossature qu’une maison paille-ossature bois classique).

Cette extension, c’était le cadeau de Noël de ma fille :

  • On a commencé le chantier en mars,
  • Fini et emménagé en novembre.

Elle a pu voir sa chambre avancer, participer un peu, voir que c’est long, que c’est du travail. Un jour, elle est arrivée, elle a dit :
« Ah ouais, c’est quand même une petite maison… »
Eh oui, c’est ça.

L’avantage de la paillourte, c’est qu’on peut faire des extensions comme des pétales autour. C’est chouette.

Les contraintes :

  • Terrain très étroit, limite de propriété,
  • Raccord entre deux toitures,
  • Envie de n’avoir que trois murs (le quatrième étant celui de la paillourte) pour limiter le volume de déperdition.

Le plus simple aurait été de faire un couloir et une nouvelle pièce indépendante, mais on aurait alors quatre murs supplémentaires et moins de mutualisation thermique.

Résultat :

  • On n’a pas changé le poêle de masse : il était un peu surdimensionné au départ.
  • Avant l’extension, on faisait un feu tous les un jour / un jour et demi.
  • Maintenant, on fait un feu par jour, ce qui est plus « normal » pour un poêle de masse, et on chauffe 10 m² de plus.
  • Il fait environ 1 °C de moins dans la chambre que dans la paillourte, ce qui est très acceptable.

On a aussi réfléchi au côté sociétal :

  • Notre fille était très contente d’être dans la mezzanine sous nous, ce n’est pas elle qui réclamait une chambre.
  • Aujourd’hui, elle est contente d’avoir sa chambre, et nous, on est contents d’avoir le luxe de pouvoir fermer une porte entre elle et nous.

Mais si tu raisonnes à l’échelle du monde, combien d’enfants ont une chambre individuelle ? C’est un luxe de riche occidental. Ça pose question :

  • Est-ce que c’est un besoin réel ?
  • Est-ce que c’est une norme sociale ?
  • Quel impact en surfaces construites supplémentaires ?

Une chambre par enfant, c’est vite 40 m² de plus pour trois enfants, plus le salon, etc. Ça fait réfléchir.

Quelle est la réglementation par rapport à la paillourte ?

Sur la RT/RE, tout est accessible :

  • Les textes,
  • Les méthodes d’étude thermique,
  • Les dimensionnements, etc.

Si tu ne le sens pas, tu peux déléguer :

  • Il y a des gens dont c’est le métier de faire la partie étude thermique, dimensionnement structurel, etc., et toi tu fais le reste.

Les grandes familles de réglementation :

  • Réglementation thermique (RT 2012, maintenant RE 2020),
  • Assainissement,
  • Sismique (dans les zones concernées),
  • PLU (Plan Local d’Urbanisme).

PLU et forme de la maison

Le PLU est accessible : tu peux le lire, c’est marqué ce que tu as le droit de faire ou pas. Le texte peut être un peu indigeste, mais en une journée, tu peux te faire une idée claire.

Dans notre cas :

  • On est dans un village un peu excentré,
  • Pas de bâtiment historique autour,
  • Pas d’Architectes des Bâtiments de France sur le dos,
  • Peu de contraintes sur les formes : on ne dit pas « il faut faire des maisons carrées ou rectangulaires ».

La paillourte n’est donc pas problématique sur le plan réglementaire, sauf si tu es très proche d’un clocher ou dans un secteur sauvegardé où les ABF ont leur mot à dire.

Le permis de construire / PLU s’intéresse essentiellement à :

  • L’esthétique extérieure,
  • La couleur des enduits,
  • Le type de couverture (tuile, ardoise, etc.).

Ils ne regardent pas ce que tu mets dans les murs. Je n’ai jamais dit à la mairie que je faisais une maison en paille, notamment parce qu’on n’a pas à leur dire, et qu’ils s’en fichent. Pour toutes les questions autour de l’urbanisme et des démarches, j’ai détaillé pas mal de choses dans « Questions fréquentes sur la paillourte ».

Pour la toiture végétalisée, a priori il existe une sorte de « joker » européen en lien avec la compensation carbone, qui peut permettre de passer au-dessus de certaines règles locales imposant, par exemple, la tuile ou l’ardoise. C’est à vérifier selon les communes, mais il y a un cadre.

Assainissement et phytoépuration

Chez nous, pas de tout-à-l’égout, donc :

  • Obligés d’installer un système d’assainissement conforme avant d’emménager sur le terrain, avant même que la maison soit construite.
  • On a choisi une phytoépuration.

La phytoépuration :

  • Est maintenant normée, avec des systèmes passés en laboratoire (agréments).
  • Les SPANC (services publics d’assainissement non collectif) ne peuvent plus les refuser si les conditions techniques sont remplies.

On a fait une autoconstruction accompagnée :

  • Un organisme fait l’étude de faisabilité et le dimensionnement,
  • Donne les plans,
  • L’entreprise qui porte la filière phyto vient contrôler à plusieurs étapes, pour vérifier que c’est conforme à ce qui a été validé en labo,
  • Ça permet de réduire le coût (tu fais les travaux), tout en respectant la norme.

Techniquement, c’est assez simple :

  • Un tuyau au fond,
  • Un lit de cailloux,
  • Un lit de sable,
  • Des plantes (roseaux) qui assurent l’épuration via leur système racinaire.

Temps de réalisation :

  • Une petite phyto 3 EH (3 équivalents habitants) nous a pris 3–4 jours de chantier.
  • Le plus long, c’est d’aller chercher les graviers, cailloux, etc. (nous avons des carrières proches, donc ça allait).

Le dimensionnement :

  • Au départ, on nous préconisait une 5 EH (5 × 150 L/j/personne).
  • Vu notre consommation d’eau réelle et la taille de la maison, l’étude concluait qu’il faudrait arroser les roseaux l’été…

Nous, si on fait des économies d’eau, ce n’est pas pour arroser la phyto, ça n’a aucun sens.

On s’est donc un peu battus avec le SPANC :

  • On a obtenu une dérogation pour installer une plus petite phyto (3 EH) adaptée à nos besoins,
  • Tout en restant excédentaire par rapport à notre consommation réelle (on est à 15–20 L d’eau/jour/personne).

Les premières années :

  • Les roseaux avaient faim, ils montaient très haut, etc.
  • Le technicien d’Aquatiris est revenu plusieurs fois, passionné, pour nous conseiller :
    • Ajouter du compost de toilettes sèches dans les bassins les premières années pour booster la vie bactérienne et le développement des roseaux.

Que ressors-tu de cette expérience d’auto-construction ?

Le fait d’avoir fait ma maison là, et d’avoir fini par la paillourte (qui est un plus gros chantier qu’une yourte, clairement), ça m’a vraiment sécurisé ma vie.

Je me sens vraiment en sécurité :

  • Je me dis que je suis capable de refaire une maison en paille et en terre ailleurs, si un jour il faut partir, si c’est le bazar.
  • En termes de sécurité, c’est assez fort de savoir réparer et construire quelque chose.

Ça m’a apporté beaucoup de sécurité intérieure, mais ça a aussi demandé une grosse phase d’insécurité :

  • Quand tu construis toi-même, tu doutes en permanence :
    • « Est-ce que ça va tenir ? »
    • « Est-ce que ça ne va pas me tomber sur la gueule ? »
  • J’ai eu une période où je ne dormais pas beaucoup…

Mais aujourd’hui, avec le recul, je sais que :

  • C’est faisable,
  • C’est à la portée de gens motivés,
  • Ça donne une liberté énorme sur la manière de vivre, de travailler, sur le rapport à l’argent et au temps.

Série vidéo sur la Paillourte

Gurun, qui pense, expérimente et forme depuis 2006 sur la Paillourte eu l’envie de créer des vidéos sur ces différentes étapes de construction. Léna a fait ce travail titanesque (des centaines d’heures de travail 30h de montage par vidéo) de nous concocter cette série de vidéo sur la Paillourte. Et c’est très bien fait !

L’idée est d’apporter un support visuel et explicatif à toutes les personnes qui ont participé à une formation Paillourte, qui ont fait un chantier participatif, ou qui sont juste curieuses de découvrir cet habitat.

Les différentes étapes et vidéos sont :

Ces vidéos sont toutes en accès libre, et chaque montage prend environ une semaine de chantier et 30h de montage. Si vous voulez soutenir le projet et aider à sortir les prochains épisodes c’est par ici : https://fr.tipeee.com/caracolvideos/

[video] Formation : Comprendre et concevoir une installation photovoltaïque autonome (2.5.1)

Pour le moment aucune formation « comprendre et concevoir son installation solaire autonome » n’est planifier en présentiel à ce jour. Mais si vous souhaitez être informé des dates futurs laissez votre e-mail :

Mise en ligne de cette petite formation (de presque 7 heures) pour comprendre et concevoir une installation électrique solaire photovoltaïque autonome. Cette formation est libre, n’hésitez pas à proposer des axes d’amélioration / soutenir/faire un don.

C’est une capture en direct différé donc « spontané ». Il peut y avoir des approximations, trucs bancals… c’est du direct différé (non monté, sans filet) sur 2 jours de formation. Désolé pour les « heuuu » « donc heuuuu »… c’est du live…

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Les documents nécessaires pour suivre la formation :

J’ai passé 50 heures pour concevoir cette formation +~10h à la monter. Ce travail est libre de droit et accessible gratuitement, malgré ça, si vous pensez que ça vaux le coup, merci de le soutenir/faire un don.

Si vous avez des compétences techniques à mettre à disposition (par exemple pour améliorer le son de cette vidéo) n’hésitez pas à le faire savoir. Je peux mettre tous les rush à disposition !

Contributeur :

  • Guillaume pour la version 2.5 : relecture + orthographe.

Vidéos témoignages

J’ai participé au MOOC d’Hameaux Léger, si vous ne l’avez pas suivi, il est encore temps 🙂

Ces vidéos sont extraites des témoignages du MOOC, je les mets ici, car je trouve qu’elle résume le chemin « de la yourte vers la paillourte« . Si jamais ça vous intéresse et que vous n’avez pas envie de parcourir tout le blog ça tien en quelques vidéos ci-après.

Retrouvez tout le contenu du MOOC ainsi que d’autre témoignage à l’adresse : https://mooc.hameaux-legers.org/

Introduction

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Par Hameaux Léger, licence créative commons BY-SA
Transcription

Bonjour, je m’appelle David. On est dans les Pays de la Loire, près de Nantes. Et ce que vous voyez derrière moi, c’est ma maison. C’est une Paillourte. C’est une petite maison ronde en paille porteuse.

Ce qui m’a amené à changer d’habitat et aller vers de l’habitat léger et ou réversible, c’était déjà une envie de se réapproprier son habitat. On avait des convictions écologiques. Tout ça, mais c’était plutôt dans les idées plutôt que dans les faits. Donc aller vers de l’habitat réversible, c’était pertinent en termes d’impact écologique. Aller aussi vers du petit, c’était à mon avis le plus pertinent. Je pense clairement que là, pour le coup, la taille compte.

Et du coup, on a été vers ça, pas forcément du premier coup, on va dire qu’on avait des objectifs de changement de vie. Au départ, on était parti sur un projet de vie plus collectif aussi. avec des ambitions de construire en terre paille, mais plutôt à plusieurs et tout ça, et en fait on s’est aperçu que c’était hyper chronophage en termes de réunions. On était en train de dessiner le potager alors qu’on ne vivait pas encore ensemble et qu’on n’avait pas posé une pierre à l’édifice. Donc du coup on a été on avait envie d’avancer et moi j’avais surtout envie de me réapproprier mon habitat donc du coup on a été faire un chantier participatif parce que mon ami à l’époque n’avait jamais fait de chantier participatif de maison en terre, paille, tout ça alors que moi j’en avais déjà fait pas mal et du coup je l’ai traîné sur un chantier pour lui dire voilà Essaye quand même avant de te lancer, faut qu’au moins que t’aies un F1 quoi. Et là elle a pas du tout aimé, elle s’est dit c’est trop long, c’est trop fatigant, trop trop quoi. Et en même temps ça se tient parce que c’était une maison énorme et c’est souvent le gros problème des autoconstructeurs c’est que C’est pas cher, c’est de la terre, de la pâle, alors du coup, on se fait une salle de yoga, on se fait une salle de… Du coup, c’est énorme. Et du coup, le chantier traîne sur cinq ans. C’est vraiment… Très compliqué. Donc du coup, ça a bien refroidi, mais sur le lieu, il y avait une yourte qui était… Il y avait un mec qui vivait en yourte sur le même lieu. Et du coup, on est rentrés dans la yourte, et mon ami a fait « Wow, c’est trop bien ! » Et le gars avait auto-construit sa yourte. Et moi, je me suis dit « Ah ben voilà ! Si toi t’aimes bien ça, et que moi j’ai juste envie de construire avec mes mains, en fait, on va essayer de faire ça, quoi ! »

Et donc c’est comme ça qu’on est venu à la yourte, pour le coup, parce qu’on a commencé par passer dans une yourte, une vraie yourte en toile. Alors une yourte contemporaine quand même, dans le sens où on avait des baies, par rapport aux yourte mongoles on avait aussi une toile acrylique, parce que les toiles coton par ici ça tient pas très très longtemps, parce que le climat est différent entre la Mongolie et les pays de la Loire, enfin la France en règle générale d’ailleurs.

Voilà, c’est comme ça qu’on y est venu. Et alors, comment on a fait le bon pour aller vers la Paillourte ? Comment on a fait le bon pour aller vers la Paillourte ? Alors du coup, suite à cette construction de yourte, donc la yourte, on a mis à peu près un mois et demi à la construire. Alors on l’a construit dans les ateliers de la lafrenaie. qui est un atelier dans le Marais-Poix-de-Vin qui accompagne les autoconstructeurs de yourte. Donc, en gros, eux, ils font une sorte de groupement d’achat. Donc, tu as les matériaux qui sont déjà sur place. Et après, il faut que tu fasses. Mais bon, il y a des machines, il y a des machines à bois. Et puis, tu es plus ou moins accompagné. Moi, je n’avais jamais fait de yourte. Donc, du coup, il y avait un mec pas loin qui disait Ah, là, c’est pas terrible, tu recommences. Donc c’était sécurisant d’avoir un point de vue extérieur de mec qui avait déjà de la bouteille sur la conception et la réalisation pour nous aider à faire ce truc-là. Donc ça c’était bien sécurisant. Donc on a mis un mois et demi en gros à faire la yourte et puis on a emménagé direct. Et du coup, pour la petite histoire, on avait signer pour les matériaux avant de trouver un terrain, parce que c’était compliqué de trouver un terrain. Du coup, ça n’avançait pas, on stagnait complètement. C’était bon, on n’a pas de terrain, alors on ne signe pas pour le devis pour les matériaux. Mais en même temps, il y avait un truc qui se mordait avec eux. C’est bon, je signe. Et après, il y avait de l’urgence. Mais au moins, c’était concret. Les gens, ils disaient… Enfin, je disais, ben voilà, là, dans deux mois, on a une yourte, donc là, faut qu’on la pose, quoi. C’était plus le… Ouais, on va se construire une yourte, un jour, peut-être, ça viendra, quoi. Donc là, on était dans l’urgence, donc du coup, ça s’est fait, ça s’est trouvé. Donc on a passé deux ans chez ces gens-là, dans un bout de champ qui leur appartenait. Et au bout de deux ans, on a, d’une part, On a eu quelques frottements dus au collectif, qui n’étaient pas forcément hyper confortables. Et puis, nous, on a eu un enfant, du coup, on s’est dit, voilà, il y avait une envie quand même de construire quelque chose qui n’était pas là quand on allait aller vers la yourte. Quand on allait vers la yourte, c’était aussi ce truc de pas… une difficulté d’aller vers la propriété foncière. La propriété en général, je ne suis pas très fan, mais la propriété foncière, j’avais pas mal de mal. Du coup, c’était aussi ce truc-là de s’épargner cette propriété foncière. Donc… Mais bon, voilà, avec Samson qui est arrivé, et puis tout ce qui est législatif, qui n’était pas forcément évident à gérer, enfin, en tout cas, qui me… qui frottait un peu sur mon besoin de sécurité, je… Ouais, j’avais eu des petits… Voilà, on avait un accord oral, nous, avec la mairie, mais… On a bien senti qu’à un moment donné, ça allait être un peu long. Du coup, c’était le moment de partir aussi. Et puis, il y avait aussi ce truc de, voilà, envie de s’investir finalement dans un lieu vraiment comme on a envie et tout. Du coup, on a été… On a fait une sorte de debriefing de ce qu’on voulait garder de notre vie là qu’on avait dans notre champ avec notre yourte et puis de ce qu’on voulait dans le futur. Et donc ce qu’on voulait dans le futur, c’était clairement plus de sécurité en termes de la législative, mais quand même garder le rond, garder cette surface qu’on avait dans la yourte qui était de 40 mètres carrés, qui nous convenait bien, même à 3, c’était cool, ça le faisait.

Du coup, le pas vers la Paillourte, ça a été ça. On cherche un terrain. Et la Paillourte, ça permet d’avoir le côté légal qu’a n’a pas la yourte. C’est-à-dire que là, on a un permis de construire. Personne ne peut nous virer ou venir nous virer. Et voilà, c’était principalement ça le gros truc. On a réussi à conserver le rond, on a conservé la surface. Ça, c’était plutôt des choix techniques par rapport à ce qu’on allait construire sur le lieu.

Architecture et aménagement

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Par Hameaux Léger, licence créative commons BY-SA
Transcription

Par rapport à l’aménagement du terrain, nous on partait d’un bâtiment existant, une petite ruine en pierre avec soie, cochons, donc il y avait une petite partie habitation. 15 m². C’était une maison à l’ancienne. Et du coup, on s’est dit que si les anciens avaient construit à cet endroit-là, ça ne devait pas être pour rien. Du coup, on s’est dit qu’on allait construire notre maison en lieu et place à cet endroit-là. Parce qu’il y a toutes les histoires de veines d’eau, où on dit qu’il ne faut pas avoir son lit sous une veine d’eau, tout ça. Bon, on n’y croit, on n’y croit pas, mais il y avait aussi ce truc de… Les anciens étaient beaucoup plus sensibles à tout ce truc-là, donc on s’est dit que si ils avaient choisi cet emplacement, on allait faire à cet emplacement. Par rapport au Vendôme, le terrain était déjà plutôt tassé à cet endroit-là aussi, parce qu’il y avait eu un bâti. Du coup, on s’était dit que ça serait aussi plus stable de le faire à cet endroit-là, à la maison. Du coup, on n’a pas vraiment choisi l’emplacement de la maison, enfin si on l’a choisi, mais il a été déterminé par l’existant. Une maison ronde. à surface égale, donc une maison de 40 m² ronde ou une maison de 40 m² carré, on gagne 11% de murs. C’est-à-dire que si vous faites un rond, le périmètre, il y a 11% de murs en moins qu’un carré. Donc c’est 11% de matériaux en moins, donc d’impact écologique, de tout ce que tu veux. C’est aussi 11% de déperdition thermique, parce que ce qui nous fait perdre en chauffage, etc., c’est la surface d’échange entre l’air extérieur et l’air intérieur. Du coup, si t’as moins de surface, forcément, t’as moins de déperdition. Du coup, tu gagnes encore un petit peu en performance thermique. Donc sur tous ces aspects, ça me semblait pertinent, le rond. Et aussi, c’est beaucoup plus agréable à vivre. Je pense que je ne serais pas capable de vivre dans un carré de 40 mètres carrés, mais dans un rond de 40 mètres carrés, je trouve ça beaucoup plus agréable.

Sur l’aménagement, on n’avait pas trop réfléchi. Au début, ça a été assez rapidement. Pour le permis de construire, il faut pondre un schéma de l’extérieur. Du coup, j’avais modélisé ça sur Sketchup. J’avais modélisé la maison, mais j’avais fait un rond. C’était vide. Il n’y avait rien en milieu. On ne savait pas du tout comment on allait mettre la cuisine, si on la mettait là ou là. Et c’est un truc qui est venu En construisant, on était devant le fait qu’il fallait passer les canalisations. Alors on la met où la cuisine ? On la met là, après il faut mettre l’électricité. Du coup, où est-ce qu’on mettrait un potentiel bureau ? On va la mettre là. A la fois dans 40m², de toute façon t’es à peu près toujours pas loin d’une prise électrique, donc y’a pas forcément de problème hyper pénible avec ça. Les points d’eau, moi je suis très mauvais en plomberie, du coup c’était clairement pour moi, c’était tout mettre dans un seul endroit, donc là tous les points d’eau se concentrent dans 2m². Et toute la plomberie est apparente, parce que comme je disais je suis très mauvais plombier, du coup je voulais surtout pas qu’il y ait une fuite dans un mur, un mur de paille en plus, c’est l’horreur quoi. Donc pour moi c’était tout apparent. Et puis comme ça s’il y a à intervenir, on peut intervenir quoi. Donc non, on avait rien conçu sur l’aménagement intérieur. Après vu qu’on vivait dans la même surface, dans à peu près la même configuration, en termes d’ouverture et tout ça, on savait à peu près où on allait. En termes d’ouverture, avant dans la yourte on avait une porte plein sud et une porte à l’est. Et on s’est dit que c’était cool d’avoir une porte à l’ouest aussi. Donc nous, vu qu’on avait… Alors on a fait le choix, c’était un choix purement technique, d’avoir que des portes-fenêtres. D’une part pour faciliter la circulation, pour faire rentrer de la lumière, et aussi parce que les fenêtres, tout court, dans une maison en paille porteuse, c’est hyper chiant à poser. Parce que du coup, il faut faire une sorte de structure bois, mais qui tient, qui va bouger un peu avec le tassement de la paille, pour avoir un truc d’aplomb, c’est l’horreur. Du coup, porte-fenêtres, c’était fastoche. En fait, il n’y a pas de bottes de paille au-dessus de nos portes, c’est juste un linteau et puis ils roulent. Donc les bottes de paille s’arrêtent entre chaque porte. Donc ça, c’est pour les portes. Et pour le dôme central, ça, ça faisait partie des envies que je voulais conserver de la yourte. Garder la lumière zénitale, ça, c’était vraiment un bonheur dans la yourte d’avoir la lumière qui venait du milieu et qui, du coup, qui te baigne vraiment du matin au soir. On était vraiment les derniers à allumer la lumière. Et même quand il faisait hyper sombre, on n’allumait jamais la lumière. C’était dingue. Du coup, c’est un truc que je voulais conserver, cette lumière zénithale, mais je voulais un petit peu l’améliorer, dans le sens où on avait un dôme ouvrant, en plexi, dans la yourte. Mais même en ouvrant, tu remarques quand même que ça fait rentrer beaucoup de chaleur dans la maison, enfin dans la yourte, en tout cas l’été. Donc là, on a fait un clocheton, une sorte de clocher, du coup, vitré juste sur la périphérie et couvert sur le dessus. Et ça marche plutôt pas mal. Donc ça fait que, en fait, quand l’été, le soleil est très haut dans le ciel, en fait, le toit, le toit qui est isolé, nous épargne cette chaleur, cette lumière abondante. Et en fait, l’hiver, quand le soleil est bas, ça fait quand même rentrer de la lumière. Et du coup, on a fait un compromis. Alors, ça fait quand même moins rentrer de lumière l’hiver que le dôme, mais c’est un bon compromis avec les surchauffes l’été et notamment quand on voit les les étés caniculaires qu’on voit, je pense que c’est quand même pas mal de se prémunir de la surchauffe. Je peux parler aussi du débord de toit qui est aussi conçu dans cette idée, donc dans l’idée de mettre les bottes de paille au sec. Donc on a entre 80 et 1m20 de débord de toit à des endroits, ça dépend. Ça a dépendu de la charpente réciproque, comment elle voulait bien se mettre. Et au-dessus des fenêtres, ça a été calculé pour que l’été, justement, la lumière et le soleil s’arrêtent devant la porte. Et ça marche hyper bien. Le soleil s’arrête devant la baie, devant la porte-fenêtre l’été, et ça, c’est quand même top. T’as pas à fermer les volets. De toute façon, on n’a pas de volets, mais… T’as pas à fermer les volets, comme les voisins, pour te prémunir du chaud. Juste au fait, ça s’arrête devant, quoi. Ça, c’est quand même top.

Réglementation

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Transcription

Par rapport à l’aménagement, PLU, contacte mairie, tout ça, vu qu’on sortait de la yourte, on avait bien conscience de tout ça. Enfin, qu’on sortait de l’expérience avec la yourte, on savait qu’il allait falloir draguer un peu. Mais clairement, moi, à chaque fois qu’on avait un terrain potentiel, j’épluchais le PLU de long en large pour voir s’il y avait des… des contraintes trop pénibles. Donc de ce côté là le PLU ici il est plutôt cool, il y a des restrictions mais c’est pas très restrictif, c’est pas du il faut faire ça, c’est plutôt il faut pas faire ça, donc du coup ça laisse quand même plus de marge de manœuvre.

Ce qu’on a fait quand même, c’est qu’on a été voir la mairie aussi en avant-projet pour leur présenter l’idée, même avant de déposer, vraiment avoir un contact avec la mairie et du coup le chargé de l’urbanisme pour lui expliquer, lui montrer des premières esquisses, confirmer certaines choses que j’ai lues dans le PLU. Parce que même si le PLU dit ça va, après il y a l’Amérique qui est quand même le dernier mot, donc avoir sondé un petit peu, c’était à mon avis pertinent. Et en fait, l’adjoint à l’urbanisme a été assez chouette, il nous a même dit que c’était son rêve d’avoir une maison ronde, alors on a dit c’est cool, c’est dans la poche ! Donc tout ça nous a pas mal conforté dans l’idée qu’à cet endroit-là précis, sur ce terrain, ça pouvait être pas mal.

Bon, de façon générale, sur une paillourte, il y a rarement des exceptions près, mais il y a rarement des contraintes sur la forme, donc il faut une maison carrée ou rectangle ou losange, c’est rarement défini comme tel. Après, ce qui peut être gênant, c’est l’aspect des murs, la couleur, souvent, qui peut être définie dans un PLU. Pour le coup, nous, il n’y avait pas ça, donc on a pu laisser les couleurs brutes terres. Mais bon, ça, c’est aménageable, on va dire, avec une peinture, un pigment d’argile, ça se fait bien aussi. J’en ai fait des chantiers extérieurs pour colorer des murs et c’est carrément faisable. Et puis il y a la toiture qui pouvait poser problème, où il y a souvent des contraintes, tuiles ou ardoises ou des trucs comme ça. Pour le coup ici il n’y avait pas de contraintes sur la toiture, enfin il n’y avait pas de contraintes il faut faire ça, il y avait des contraintes il faut pas faire ça. Typiquement c’était sur les trucs interdits, déjà le, comment ça s’appelle, le fibro-ciment. On parlera au fibro-ciment, tant pis.

Nous, on a fait le choix d’une toiture végétalisée et il n’y avait pas de contraintes à ce niveau-là. J’ai eu un son de cloche par rapport au fait qu’il y ait une loi européenne qui, pour des histoires de compensation carbone, dirait qu’on a le droit de faire de la toiture végétalisée partout et ça passerait au-dessus des PLU. Souvent, les lois européennes passent au-dessus de la loi française. Je n’ai pas creusé cette histoire parce que nous, on n’a pas eu besoin de creuser cette histoire, mais peut-être que c’est une histoire à creuser. Il y avait aussi le truc de l’habitat temporaire de chantier, parce que nous, on voulait vivre sur le lieu avec la yourte le temps de construire la maison, et ça, clairement, c’est au bon vouloir de la mairie et ce n’est pas marqué dans le PLU. Donc on voulait aussi sonder ça avec l’adjoint de l’urbanisme. Elle nous a dit qu’il fallait en faire une demande, On a compris qu’il y avait déjà eu des autorisations dans ce sens-là, que ça pouvait se passer. Mais bon, il y avait quand même un petit doute. Enfin, c’est pas elle, de toute façon, qui prenait la décision. Donc, elle nous a quand même confirmé que ça pouvait se faire. Et puis, la mairie, pour la petite histoire, la mairie… Donc, on a fait notre demande de permis de construire, qui a été acceptée. Enfin, qui a été acceptée. On a eu des petits retours, mais bon, c’était des fautes de… construction du permis. Et on a eu la demande d’habitat temporaire de chantier qui a été validée. Donc c’était pour la petite histoire. Nous, on avait fait une demande d’habitat temporaire de chantier. On n’avait pas spécifié yourte ou mobilhomes ou trucs comme ça. On a dit, on va pas chercher les noises. On fait un truc légal, mais… Mais par contre, on avait quand même mis sur le plan l’implantation de la maison, l’implantation de l’habitat temporaire de chantier, qui était en rond aussi. Et on nous a répondu sur la lettre « Pas de problème pour l’installation de votre mobilhome ». Mais bon, on était dans notre bon droit. une acceptation d’habitat temporaire de chantier, donc c’était cool pour nous. Et de toute façon, vu que le voisin était dans le conseil municipal, le conseil municipal passait de temps en temps à boire un coup et on suivit le chantier et on a vu la gourde s’installer, donc il n’y a pas eu de problème.

On a fait une maison de 49,5m² parce qu’au-delà de 50m², on était soumis à la RT 2012, la réglementation thermique, qui impose pas mal de choses en termes constructifs et qui impose aussi des contrôles obligatoires payants et des choses qu’on n’avait pas forcément envie de se soumettre. Donc, sur plein d’aspects, notre maison est largement au-delà de la RT 2012, notamment par rapport aux coefficients d’isolation et tout ça. Nous, on n’a pas eu tous les tests d’infiltrométrie, donc de résistance à l’étanchéité à l’air et tout ça, obligatoires, l’étude thermique obligatoire, payante, tout ça. On s’est un peu affranchis de ça.

Ici, dans le pays de la Loire, on est soumis à la loi… Enfin, on est en zone sismique niveau 2, je crois, sur 3. Donc, on est soumis aux normes sismiques. Donc, du coup, quand j’ai commencé à déposer mon verre y construire, je me suis dit, oula, c’est quoi les normes sismiques ? Donc, j’ai commencé à lire. Et en fait, ce qu’ils disent dans la réglementation sur les séismes, c’est, en gros, renforcer les angles. Parce que s’il y a un séisme, c’est les angles qui cassent. Du coup, j’ai dit, c’est bon, on a fait une maison ronde, nickel. Problème. Problème suivant.

Budget, financement & assurance

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Transcription

Nous, quand on s’est lancé dans le projet, on a autofinancé la yourte avec nos petits deniers personnels. Moi, j’avais bossé 5-6 ans dans l’informatique, alors du coup, j’avais un petit tapis de sous parce que mes vacances, c’était aller faire du woofing et des trucs comme ça, donc je faisais rien de mon argent, en fait. Donc j’avais de l’argent qui dormait, donc on a réussi à financer ça avec ça. La yourte nous avait coûté à l’époque, je crois, un truc genre 16 000 euros. Et on l’a revendu à un truc genre 14 000 euros trois ans après. Donc c’est vraiment pas des opérations financières risquées, à mon avis, d’aller vers de l’habitat léger, mobile et tout ça. Et après, ici, on avait un terrain à acheter, donc c’était un petit peu plus… un peu plus cher. Mais à deux, en fait, on avait assez d’apports personnels aussi. Le terrain nous a coûté ici 65 000 € à l’époque. Et la maison, on s’en est tiré pour 20 000, 21 000 €. Plus la phyto, 3 000, 4 000 €. Voilà. Moins de 100 000 € au global. pour le terrain et tout quoi. Donc du coup, en plus, la vente de la yourte nous a quasiment financé les matériaux de la paillourte après. Et puis, c’était trois ans sans loyer. C’est clair. Donc, si tu comptes 500 balles de loyer par mois, Tu multiplies ça, ça donne vite le vertige, faut pas faire ça. Bref, du coup on s’en est pas trop mal sorti là-dessus. Donc on a réussi à ne pas faire d’emprunts pour tout ça, ce qui était aussi pas mal l’objectif. Parce que dès que tu as un emprunt, après, il faut le rembourser. Et aussi, je considère qu’avoir un emprunt, c’est aussi vivre au-dessus de ses moyens. Tu achètes quelque chose qui n’est pas à toi, qui est à la banque. Et donc, du coup, tu vis au-dessus de tes moyens. Il y a ce truc-là… L’emprunt, ça t’instruit à continuer à travailler pour faire rentrer de l’argent quotidiennement. Nous, on avait aussi ce besoin de liberté qui était aussi la démarche pour aller vers ce type d’habitat. Du coup, ça frottait, donc il fallait se démerder pour rentrer dedans.

Pour budgétiser la paillourte, c’était assez compliqué, parce que c’est des matériaux, la paille, la terre, à la fois ça coûte rien, et à la fois c’est souvent le transport en fait, parce que même si la paille, il ne faut pas aller la chercher loin, ça fait une remorque de malade, donc tu ne peux pas juste y aller avec ton kangoo et une petite remorque. Il faut faire venir un agri qui a un plateau. Souvent, c’est le transport qui coûte le plus cher. Ou en tout cas, qui n’est pas loin d’être le plus cher. Donc, c’était difficile à budgétiser. Donc, j’ai fait un budget à la grosse, grosse louche. J’avais budgétisé 15 000 euros, j’ai fait x2. Je m’étais dit, il faut que ça tienne dans 30 000 euros. Et puis, en fait, on a réussi à faire 20 000. Après, nous, c’était vraiment pas l’idée de faire une maison pas chère. On voulait faire une maison qui dure, qui soit confortable. On n’a pas lésiné sur les matériaux ou quoi. On s’est pas dit, on va acheter des portes de récup un peu pourries, puis on verra bien. Tout ça, on a pris du double vitrage. On n’a pas fait… Enfin ouais, on n’a pas les idées sur les matériaux. Et puis, ce n’est pas des maisons, comme je disais, où il y a besoin de beaucoup d’outillage. Du coup, l’apport en outillage, il est assez faible. Ce dont on s’est servi le plus et qui nous a coûté un peu d’argent, c’est le malaxeur pour les enduit. Le malaxeur, ça coûte 100 euros. Ce n’est vraiment pas des gros postes de dépense. Puis les sceaux, les truels, des bêtises comme ça, des petits échafaudages. On avait des trésors de maçons. En termes d’outillage, ce n’est vraiment pas très cher.

En termes d’assurance, vu qu’on est sur de l’autoconstruction, c’est très compliqué. Alors nous, on avait… Normalement, il y a une assurance qui est obligatoire quand tu construis une maison, c’est l’assurance dommage ouvrage. Mais on n’a même pas cherché à essayer d’en avoir une parce qu’on savait que c’était la croix et la bannière, et puis qu’en tant qu’autoconstructeur, c’est quasi impossible d’en avoir une. Par contre, on avait quand même assuré le chantier et ses participants avec les castors. Les castors qui proposent une assurance pour les participants au chantier, sur le chantier participatif. C’était un peu lourd à gérer parce que chaque participant fallait que je lui demande son numéro de sécu, que je l’envoie. C’était un peu pénible, mais bon, c’était… un moindre mal, on va dire. On n’a pas eu de pépins sur le chantier, heureusement. Mais bon, on avait ce truc-là. Et après, en termes d’assurance habitation, c’est pareil qu’une maison. Tu peux avoir une assurance tout pareil. Nous, on a pris une assurance un peu râlée pas crête. Tu n’es même pas obligé d’en avoir une assurance habitation. C’est que quand tu es locataire que tu es obligé d’avoir une assurance habitation. Et pour la décennale, on n’a pas de décennale. La décennale, c’est une assurance qui fait que si ta maison se casse la figure, en gros, ou s’il y a un gros défaut, c’est l’artisan qui a conçu ta maison qui qui porte la responsabilité de ce dommage. Sauf qu’en tant qu’autoconstructeur, tu ne peux pas avoir ce truc-là et personne ne t’y vient. Donc c’est toi qui portes la décennale. Si on revend la maison dans les dix ans et qu’il se passe un pépin, c’est moi qui suis responsable en tant que constructeur. des problèmes potentiels. Donc c’est un risque. C’est un risque que de toute façon, vu le temps qu’on a mis à la faire, on n’est pas près de partir de toute façon. Mais l’énergie surtout, peut-être pas trop le temps, mais l’énergie. C’était un risque qu’on était carrément prêt à prendre, d’autant que pendant que j’étais dans ma phase de peur par rapport à la structure, j’en avais discuté avec un copain qui m’avait dit que la décennale, lui, il avait fait faire les murs et le toit par des artisans, puis après il avait fait tout le reste. Et lui, c’était dans l’idée d’avoir une décennale structurelle. Et clairement, lui, il m’a dit voilà, je paye ma décennale pour les 25 prochaines années, parce que les artisans et surtout la décennale. La décennale coûte cher aux artisans, donc ils la font payer aussi. Du coup, de fait, c’est cher.

Construction & autonomie

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J’avais lu une quantité de bouquins sur la paille, l’isolation phonique, l’isolation thermique, enfin voilà, je m’étais quand même déjà pas mal documenté, même avant la yourte d’ailleurs, j’avais encore tous ces bouquins qui dataient, donc je les ai relus. Et aussi par internet, et aussi par tout ce que je pouvais prendre, je le prenais, donc je pense que cette phase de derniers apprentissages, enfin plutôt, parce qu’en fait, quand tu lis un bouquin, tu prends tout le savoir qui est un peu général et puis il n’y a pas forcément, tout ne va pas te servir, il n’y a peut-être que 5% qui va te servir. Donc là, je replongeais dans les 5% qui allaient me servir. Et puis, j’essayais de construire le puzzle de façon, on va dire, générale. Je voulais avoir une vue d’ensemble générale assez construite. Et après, les points de détail, je les voyais Au dernier moment, mais pas loin. Généralement, quand j’étais en train de faire une phase, je pensais à la phase d’après et à tous les petits points de détail. Comment ça allait se passer pour tous les petits points de détail. Quelles vis j’allais prendre pour faire ça ? Qu’est-ce qu’il allait me falloir ? Globalement, tous les gros matériaux étaient là. la terre, la paille, tous les gros trucs qui allaient soit demander du temps ou de l’argent, je les avais achetés un peu, j’anticipais pas mal l’achat, et après pour tous les derniers petits trucs, les petits réglages, ça c’était un peu à la face d’avant. Quand j’étais au sol, je pensais au mur, quand j’étais au mur, je pensais au toit, etc. Du coup, j’affinais. Et à ce moment-là aussi, je retournais dans des bouquins où j’allais recontacter des gens que je savais qui avaient fait ça et que du coup, je voulais avoir des points de détail. Pour la toiture végétalisée, ça a été pas mal ça parce qu’il y avait beaucoup de doutes aussi là-dessus.
On a fait la fabrication en chantier participatif. On a fait 4 mois de chantier participatif sur 1 an et demi de chantier. Et en 4 mois, on a eu une centaine de personnes différentes qui sont passées sur le chantier. Donc c’était assez fou. Peut-être dire 2-3 mots sur cette phase de chantier participatif qui a été à la fois hyper riche humainement, à la fois éreintante, mais ça fait vraiment trop chouette. Moi, ça m’a clairement aidé à me lever le matin parce que je remarque que j’ai des copains qui font leur chantier tout seuls, tout seuls, tout seuls. Des moments où ils traînent au lit et puis voilà,
ils sont moins efficaces. Là, moi, je savais que le matin, à 8h30, il y avait cinq nouvelles personnes qui arrivaient avec une patate de foudre. Nous, on n’a pas fait ça pour une dimension financière d’économiser de la main-d’œuvre. C’était aussi dans la démarche de partage. Parce que moi, je suis passé sur des chantiers participatifs pour apprendre. Et je trouve ça cool comme démarche. Et puis du coup, maintenant, j’avais du savoir à transmettre. Du coup, que les gens passent sur mon chantier, que je leur enseigne un truc, pour qu’après, peut-être un jour, ils le fassent chez eux, je trouve que la démarche est chouette.
En chantier, il y a peu d’artisans qui sont venus, ou quasi pas. Il y a le mec avec sa mini-pelle, qui est venu deux heures, et Gurun, qui est venu nous aider sur la charpente réciproque une journée, à la poser, et une demi-journée d’une copine qui est très spécialisée dans les enduits, qui est venue bosser sur le chantier une demi-journée. Sur la conception, on avait fait appel à Gurun aussi une journée. On avait été chez lui, on s’est posé, et il m’a expliqué comment on lui faisait. Après, il y a des trucs que j’ai pris, des trucs que j’ai moins pris, que j’ai fait différemment. Mais on avait pris une journée pour se poser pour des petits détails techniques. Et aussi, la copine qui fait les enduitères, on avait pris un peu de temps avec elle, un peu en amont, pour aussi discuter de choses et d’autres. en lien avec la terre. Et ouais, Gurune, on l’a fait venir sur la charpente pour s’économiser ça, parce que ça faisait partie des techniques que j’avais envie de mettre en œuvre, mais que j’avais aucune idée de comment on allait s’y prendre. Après avoir cherché un peu de doc, c’était que de la doc en anglais, pas hyper touffu, pas très bilingue. Et ça me semblait obscur, donc si je voulais m’y mettre, il fallait que je me trouve un chantier participatif. et ou que je fasse des maquettes échelle à petite échelle, après à grande échelle, enfin voilà, ça allait me demander un mois de boulot quoi, au moins. Donc faire venir Gurune une journée, ça me paraissait pas déconnant, ni en termes de finances par rapport à son travail, ni même en termes d’économie de temps pour moi. Ça faisait partie des trucs que je m’étais dit, je fais l’impasse, je peux pas tout maîtriser non plus, on lâche un peu, on y va. Mais sinon, tout le reste des fondations, à l’électricité, à la plomberie, tout le reste a été fait en autoconstruction.
ça demande pas mal de lâcher prise, même si je pense pas être d’un naturel anxieux. Par contre, j’ai un grand besoin de maîtrise, ça, c’est sûr. Et du coup, typiquement, moi, pendant le chantier, j’avais besoin d’avoir quatre plans. Il fallait le plan A, c’était le plan parfait, comment ça allait devoir se faire. Il fallait un plan B si ça se passait pas bien, mais un plan C et un plan D, c’était pas mal aussi. Et souvent, les plans B, ils servent. Les plans C, rarement. Et le plan D, j’en ai jamais eu recours. Mais avoir un plan B sur… Parce que quand il y a 10 personnes sur ton chantier, c’est rare, quand il y avait 10 personnes, c’était plus 5, 6. Mais quand il y a 5, 6 personnes qui sont là, il faut que tu leur donnes du boulot. C’est toi qui leur dis où aller. Et si le plan A, il marche pas, tu peux pas leur dire. Bon ben on verra demain quoi, faut que le chantier l’invente, eux ils viennent là aussi pour apprendre des choses et tout donc plan B direct et puis c’est parti.
Sur le budget, au fur et à mesure que j’achetais des matériaux, j’avais un tableur et je rentrais au fur et à mesure des dépenses, je notais les dépenses. Je notais même le temps. J’ai un chiffrage en argent et en temps du chantier, en temps des chantiers, en jour-homme. Donc une personne pendant un jour, c’est un jour-homme. Deux personnes pendant un jour, c’est deux jours-homme. Donc j’ai ce chiffrage. Le chiffrage en argent est à mon avis plus juste que le chiffrage en temps, parce que des fois… Enfin, puis j’ai pas compté le temps de réflexion, de conception, de chantier participatif, tout ça. J’ai vraiment compté juste le temps sur chantier. Et je ne sais plus de combien il est, mais le tableau de temps et d’argent est disponible sur mon blog. En argent, c’est autour des 21 000, mais en temps, je ne sais plus. Je crois que c’est autour des 700 jours homme. Un truc comme ça.
sur la planification du chantier, moi j’avais fait un espèce de diagramme de gant, pareil à la louche mais c’était au mois, ce mois-ci on fait les fondations et le soubassement, l’autre mois on essaye d’avoir fini les murs, l’autre mois on fait le toit et voilà donc c’était vraiment à la grosse grosse louche. On n’était pas non plus hyper pressés de rentrer dans la maison, parce qu’on était dans la yourte à côté, donc on était confort, voilà, c’était cool. Après, on avait quand même de fait des contraintes, surtout liées à la météo. Puis il y a la paille, parce que la paille, elle arrive à la moisson. Après la moisson, il faut se grouiller avant d’arriver à la saison où il pleut. À partir de septembre, ça commence à être compliqué de poser de la paille. Et de toute façon, si tu veux commencer à faire des enduits, il ne faut pas que ça soit dans la saison trop humide, sinon ça ne sèche jamais. Donc on avait quand même cette fenêtre météo qui était en fait, c’était ce qui nous foutait un peu la pression. C’est ce qui nous faisait avancer. Donc on a fait En gros, on a fait 4-5 mois de chantier quasiment non-stop en mode sprint, pas du tout se ménager de repos, alors que c’était plus ou moins planifié dans le diagramme de Gantt. On s’était dit, on va prendre la course comme ça, le chantier finalement ça durera ça, puis on pourra se reposer un peu. Bon finalement, en fait, sur un chantier, il y a tout le temps un truc à faire. Si t’es pas en train de le faire, t’es en train de l’essayer, vu qu’il y a quand même plein de trucs sur lesquels on a expérimenté et des trucs qui sont de toute façon… Tu peux pas avoir de recette sur des enduits en terre, par exemple. Tu peux pas avoir une recette toute faite que je te donne et puis tu le fais. Avec sa terre, il faut essayer sur des grandes surfaces, en jaugeant les différents mélanges de sable, de paille, faire des tests, des espèces de tableaux, et puis voir ce qui fissure, ce qui fissure pas, ce qui tient, etc. Donc tout ça, ça demande un temps considérable. Mais globalement, on a réussi à tenir nos délais, même sur l’entrée dans la maison pour ne pas rentrer aussi tôt. Du coup, ça a duré en gros un an et un mois, le chantier, et quatre mois de chantier participatif. Voilà, on a réussi à ne pas trop mal tenir les délais aussi en temps.
Nous, on partait de la base yourte, et dans la yourte, on avait fait le chemin d’aller vers de la sobriété. C’était aussi ce qui était motivant, en fait. Moi, j’ai fait plein de chantiers participatifs, en fait, où les mecs, ils rêvaient d’autonomie. Et en fait, une fois qu’ils ont fait leurs 150 mètres carrés de maisons en paille, ils sont juste rincés au bout de cinq ans. Et puis, en fait, une fois que t’as installé ton petit chauffe-eau électrique et tout le confort, tu remets pas en cause ce truc-là. C’est trop tard. Donc nous on avait fait un peu le truc inverse en se disant on emménage dans la yourte. On réduit nos besoins aussi en termes d’espace et en termes de tout, quoi, d’eau, d’électricité, tout ça. Et puis, du coup, après, on pourra faire une maison en fonction de nos vrais besoins qu’on aura revus à la baisse. Enfin, nos besoins conduissants, on va dire, plutôt. Donc, tout ce que… Sur la partie eau, par exemple, on avait fait le choix dans la yourte de ne pas avoir l’eau courante dans la yourte. alors qu’on aurait pu, parce qu’on était chez des gens, on avait ramené un tuyau d’eau de l’eau du robinet, quoi. Mais on avait fait le choix de le mettre devant la porte, à l’extérieur. Ce qui fait que… Alors on avait quand même un petit système de pont-papier dans un bidon d’eau propre qui se visait dans un bidon d’eau sale. Et en fait, le simple fait d’avoir à porter ton bidon de 20 litres juste de l’autre côté de la porte, qui était à 3 mètres, Alors ramener dans la maison, d’aller vider ton eau sale dans le potager, etc… Tu raisonnes ta consommation d’eau, il y a juste… C’est con, mais moi, je crois pas mal à l’autocontrainte. Si on ne s’impose pas nos propres contraintes, on n’y arrive pas. Moi, si tu ouvres le robinet, tu l’ouvres, personne ne va te dire, tu consommes un petit peu trop la planète. Personne ne dit ça. Si tu es capable de payer la facture, tu payes. Donc, s’ajouter cette contrainte-là, ça nous a permis de raisonner nos besoins en eau. Qu’est-ce qu’on a vraiment besoin ? Typiquement, À l’heure actuelle, le poste de dépense en eau le plus important, ça doit être la vaisselle. Depuis la yourte, on n’a pas retrouvé de l’eau courante dans la douche. On s’est dit que ça marche bien aussi sans. On avait un bac de douche, une bassine et un gant de toilette. Ça fait 5 ans qu’on vit comme ça. on ne sent pas plus fort que les autres, finalement. Donc il y avait ce truc-là, par rapport à l’eau, essayer de raisonner ses comportements en eau. Et du coup, au bout des trois ans de vie en yourte, on a quand même, dans la paille yourte, 1000 eaux courantes sur le robinet. Mais ce qu’on a observé, c’est qu’on n’a pas augmenté notre consommation d’eau.
Nous, on était quand même contraints d’avoir un système d’épuration autonome. Du coup, on a choisi la phytoépuration parce que c’était pertinent en termes d’impact écologique. Qu’on a auto-construit, accompagné, parce que tu peux pas le faire tout seul, tout seul, au regard de la loi. Et nous, vu qu’on arrivait sur le terrain en habitat temporaire de chantier, il fallait même qu’on la construise avant d’arriver, parce qu’ils autorisaient l’habitat temporaire de chantier sous couvert d’un assainissement réalisés et aux normes. Donc on n’a pas tiré la ficelle trop là-dessus. On a tiré la ficelle un peu, on les a taquiné un peu pour avoir une phyto mieux dimensionnée pour nos besoins, c’est-à-dire qu’ils considèrent les toilettes sèches aussi, parce qu’aux yeux de la loi, les toilettes sèches, ça n’existe pas vraiment. Ça existe a priori dans la norme, mais pas dans la loi. Du coup, tu ne peux pas le considérer dans un dimensionnement de phytoépuration. Le fait est que nous, on consomme 18 litres d’eau par jour et par personne, sans considérer notre fille qui a 3 ans encore. Donc le foyer consomme en gros 40 litres par jour. Donc nous, on considère qu’on consomme moins de 20 litres par jour par personne. En français moyen, c’est 150 litres d’eau par jour et par personne. Donc nous, on est plutôt au niveau d’un moyen d’un Africain sud-saharien. Du coup, ça va pour nous. On considère qu’on a quand même radicalement diminué notre impact en tout cas là-dessus. Du coup, on est plutôt satisfait de ça. Mais malgré ça, on a une phyto qui est la plus petite qu’on puisse avoir de tout ce qu’on puisse faire en termes de normes. Et malgré ça, elle est capable d’encaisser 450 litres d’eau par jour, je crois. Donc nous, on lui en donne 40. Elle a soif, la phyto. Les roseaux poussent doucement. Dans la yourte, on avait le poêlio. Ici, on a notre nouveau poêle et ça, c’est notre chauffe-eau en ce moment. Le chauffe-eau pour l’hiver. Le chauffe-eau pour l’hiver, ça marche très bien sur le poêle. Faire chauffer de l’eau sur le poêle, de toute façon, tu allumes ton poêle, tu peux faire chauffer de l’eau, ça me paraît pertinent. Et puis l’été, on se débrouille avec un four solaire. Dès que le four solaire est vide, parce qu’on ne fait pas de la cuisine dedans, on glisse notre gamelle noire et puis ça chauffe le reste du temps. Et puis à la saison intermédiaire, quand il n’y a pas de soleil et qu’on n’allume pas le feu, on a la gazinière et puis on fait cuire une bouilloire. Enfin, on allume une bouilloire. De toute façon, quand tu fais la débarque, encore une fois, de faire chauffer ton eau et que tu n’as pas l’eau chaude abondante au bout du robinet, tu en utilises beaucoup moins. Encore une fois, pour notre douche, on doit utiliser l’équivalent d’une bouilloire. En termes d’énergie et d’eau, c’est excessivement moins que… Une douche, en moyenne, c’est 10 litres par minute. Nous, on utilise 3 litres pour toute la douche. Et la douche moyenne en France, je crois que c’est 9 minutes. C’est beaucoup d’eau. On a un petit chauffe-eau maintenant de 20 litres. On a un mini chauffe-eau de camion de 20 litres. qui est alimentée électriquement avec une toute petite résistante de 300 watts avec le surplus d’énergie électrique solaire. Parce qu’avec l’énergie électrique solaire, en gros, quand tes batteries sont pleines sur un système autonome, tout le reste de la journée, si tu n’utilises pas cette énergie, elle n’est pas utilisée. Donc c’est une perte sèche. On utilise ce surplus d’énergie pour chauffer de l’eau dans ce petit ballon de 20 litres. 20 litres d’eau, ça chauffe assez vite. Du coup, j’ai récupéré un ballon avec échangeur thermique en plus, ce qui va permettre de brancher le poêle sur le ballon, pour récupérer les calories du poêle et l’envoyer dans le ballon d’eau chaude pour, en plus, quand il n’y a pas de soleil et qu’il n’y a pas de surplus d’énergie, c’est-à-dire l’hiver, on allume le poêle et du coup, on chauffe de l’eau. Clairement, là, je peux témoigner qu’entre un poêle en fonte et un petit poêle de masse, en tout cas dans notre cas, parce que si j’avais une plus grosse maison, il me faudrait un plus gros poêle de masse, le confort thermique est radicalement différent. À savoir que le soir, on n’a plus ce phénomène de surchauffe parce que le feu réchauffe la masse et ensuite la masse diffuse la chaleur doucement. Et en fait, la température, elle est tout le temps à 20, 21 degrés sans forcer.
termes de dimensionnement du poil, ça pour le coup, c’est hyper compliqué et j’ai fait… Je me suis un peu penché sur la question, je n’ai pas réussi vraiment à trouver de réponse parce que c’est… hyper dépendant. Il y a plein de calculs qui existent et j’ai l’impression qu’ils ne donnent pas tous ces… J’arrivais à des calculs de l’ordre où il fallait un kilowatt ou quatre kilowatts, hyper variable, avec des différentes formules. Du coup, j’ai un peu fait confiance à Agir LowTech et j’ai un peu sauté sur l’occasion du fait qu’ils construisaient un poêle pour petit habitat pour essayer. Et en fait, Il convient hyper bien, on fait une heure de feu par jour avec trois kilos de bois. Trois kilos de bois, c’est quatre à six bûchettes comme ça. Vraiment très peu de bois. Et voilà, ça fait une heure de flambée pour… et 24 heures après, la température, vu qu’on est dans un habitat où il y a de l’inertie, parce qu’il y a les murs en terre, le sol, il y a de l’inertie aussi dans la maison, les murs ne bougent pas en température.
La démarche qui est en cours, c’est poser des panneaux solaires sur vos toits et vous serez des écolos. Ce qui est clairement, à mon avis, pas la bonne démarche. Il faut d’abord réviser sa consommation. Et ça, ça marche pour tout, pour l’eau, pour l’électricité, pour tout ce qu’on veut. Et après, penser en production. Donc nous, c’est ce qu’on a fait. On a emménagé dans la yourte, on a révisé notre consommation et après, on a dit OK, avec cette consommation, qu’est-ce qu’il va me falloir comme panneaux solaires, comme stockage, etc. Et du coup, j’ai conçu l’installation solaire électrique autonome en fonction de ces besoins-là.
Ça a été un peu long et fastidieux. J’ai lu des bouquins, rencontré des gens. J’ai plein de fois, je me suis dit je ne vais pas y arriver. Notre installation solaire, elle est prévue pour un kilowatt heure jour de besoin journalier. Donc un kilowatt. Ça fait qu’en gros, par personne, on va considérer qu’on est deux et pas trois, parce que notre fille, pour l’instant, ne consomme pas vraiment beaucoup d’énergie. On va considérer que c’est 500 watts heure jour. En français moyen, c’est 7 kilowatts heure jour. Donc on a une installation solaire qui est 14 fois moins grosse que les besoins d’un français moyen. Donc c’est pour ça qu’une installation solaire autonome, elle peut être pertinente que si déjà elle est petite, pertinente en termes d’écologie, et si elle est petite et sobre.

Conclusion & ouverture

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Par Hameaux Léger, licence créative commons BY-SA
Transcription

Si je pouvais donner un conseil pour ceux qui ont envie de s’installer, ça serait d’essayer, en fait. Il y a un adage qui dit que c’est en se plantant qu’on prend en racine. Il faut essayer, il faut se risquer. D’autant que je trouve que le risque n’est pas ouf. Ça peut être un changement de vie progressif. En tout cas, moi, je l’ai vécu comme ça, ça a été assez progressif. L’achat de la yourte, nous, on s’en est sorti pour 16 000 euros. Ça ne me semble pas l’investissement d’une vie comparé à pas mal d’autres investissements. C’est une somme, mais c’est pas… Et puis, comme je l’ai dit, ça se revend hyper bien. Donc il y a zéro… Le risque financier est maigre. Après, il y a le risque… Il n’y a pas le risque, il y a les peurs qui bloquent et tout ça. Donc ça, il faut arriver à mettre le doigt dessus. Qu’est-ce qui me bloque ? Pourquoi je ne suis pas déjà là ? Donc moi, ce qui m’a pas mal débloqué, c’est de participer au jeu du Tao, donc le livre du Tao. Ça fait partie du chemin qui m’a amené jusque-là. Je ne sais pas si c’est le seul truc, peut-être que c’était le moment pour moi, j’étais prêt et tout, mais en tout cas, ça a participé à mettre le doigt sur mes peurs, en tout cas, et à faire en sorte que j’avance vers ce truc-là. Donc voilà, le conseil c’est juste, faut essayer, faut arrêter de dire, faut le faire. Et c’est des choses qui m’ont valu des peurs, pas mal, notamment par rapport à la structure, en fait, cette histoire d’aller pousser les limites un peu plus loin pour la science, pour que demain on fasse des maisons comme ça ou différemment, mais en tout cas qu’on voit si ça marche ou ça marche pas. ça m’a causé des nuits blanches parce que, sur le coup, j’étais hyper content de contribuer. Et en même temps, une fois que c’était fait, que je l’avais au-dessus de ma tête, je me disais, oh là là, mais si ça se pète la gueule. Et qu’il y a moi et ou ma chérie et ma fille en dessous, c’est quand même pas terrible. Donc j’ai fait quand même pas mal de nuits blanches et j’étais complètement… Je psychotais complètement. J’avais un altimètre numérique et je regardais la descente de charge jour par jour. Enfin, voilà, je…

J’ai vraiment suivi ce truc-là. Et puis, j’ai fini par lâcher, au bout d’un moment, qu’on était, nous, dans la yourte et que la yourte vivait sa petite vie tranquille. On arrivait à la fin du chantier sur les finitions. Ça, c’était pas péter la tronche. Je me suis dit, bon, bah, allez, on verra bien. Et aussi, je me suis quand même auto-rassuré en me disant que c’est des maisons qui préviennent. C’est des maisons souples.

C’est un peu la fable du chêne et du roseau, de La Fontaine. Le roseau, il plie sous la tempête, alors que le chêne, il est fier, mais à un moment donné, il casse. C’est un peu ça avec ce type de maison. C’est des maisons souples qui vont prévenir s’il y a un problème. Les enduits vont fissurer. Ça va se voir, quoi. Ça va pas se péter la tronche tout de suite, alors qu’une maison en parpaing, généralement, ça tombe brutalement. Ou une maison en phénix ou un truc comme ça, c’est assez brutal. et chute. Voilà.


Retrouvez tout le contenu du MOOC ainsi que d’autres témoignage à l’adresse : https://mooc.hameaux-legers.org/

[vidéo] MiniMasse / Poêle de masse et chauffage au bois…

Si vous voulez comprendre pourquoi un poêle de masse est-ce pertinent ? Et avoir une présentation rapide du MiniMasse, cette vidéo est faite pour vous :

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Vous trouverez ici le diaporama (avec le lien vers les sources)

Pour vos questions poêles de masse : un forum dédié aux poêles de masse open source existe ! Venez discuter du MiniMasse, du poêlito et compagnie…
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C’est le contenu d’une conférence que j’ai donné en 2023.

Diminuer son impact numérique : comment envoyer des pièces jointes

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