[video] Low-Tech de mon quotidien pour viser les 2 tonnes d’équivalent CO₂

J’ai déjà publié mon bilan carbone (eq CO₂) et j’ai pu faire le constat que je n’était pas rendu au 2T de CO₂ équivalent nessécaire d’ici 2030 pour pas dépasser les 1,5°C de réchauffement global (dit le GIEC au moment ou j’écris). Je suis plutôt à 3… On est quand même pas si loin (par rapport au Français moyen qui est plutôt à ~10). Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu discuter des Low-Tech qui était à l’œuvre pour arrivé à ces 3T et elle en a fait une vidéo que voici :

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Des articles en liens avec ce dont on va la vidéo :

Transcription

Introduction

Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer David, qui nous explique les postes de consommation les plus énergivores, son principe d’autocontrainte qui lui permet de diviser par 10 sa consommation d’eau et par 14 sa consommation électrique par rapport à la moyenne française.

Quelles low-tech met-il en place pour limiter son impact environnemental ? Il nous livrera aussi sa vision et son retour d’expérience sur l’autonomie énergétique.

David et sa famille appliquent une vraie philosophie de vie autour d’une remise en question fondamentale de leurs besoins, leur permettant d’être à presque 2 tonnes équivalents CO₂ par an et par personne, quand la moyenne française est à 9,8 tonnes. Tu trouveras plus de détails dans son article « Bilan CO₂ : Mon mode de vie n’est pas soutenable ».

Une sobriété qui leur permet de reconsidérer leur rapport au travail, à l’argent et au temps.

David donne des formations sur le poêle de masse et sur le solaire photovoltaïque (voir par exemple la page Carnet de Yourte et les stages autour de l’autonomie électrique solaire). Il a d’ailleurs collaboré avec le LowTech Lab sur la construction d’un poêle de masse, et fait partie d’Agir Low-Tech, un fonds de dotation qui fait de la recherche et du développement sur des solutions low-tech dont le partage de connaissances est diffusé librement.

La section LowTech de l’École Centrale de Nantes vient même étudier le mode de vie low-tech de David. Il tient un blog très bien documenté sur ses retours d’expérience où il partage tout autant ses modes d’emploi que ses erreurs. Je vous recommande vraiment d’aller le voir : c’est une vraie mine d’or. Sa devise d’ailleurs : « Le savoir n’est rien s’il n’est pas partagé. » Et je suis bien d’accord avec lui.

Une vidéo sur sa paillourte et son cheminement constructif viendra par la suite. J’espère que cela pourra vous inspirer à passer au low-tech, et, pour ceux qui y sont déjà, à développer encore votre esprit low-tech.

Comment es-tu venu à avoir une vie low-tech ?

Je suis venu un peu sur cette démarche-là par le pendant écologie, sobriété, tout ça. Je pense que ma prise de conscience s’est faite – j’ai l’impression, comme pas mal de gens – par l’alimentation : mettre le pied dans « Ah ouais, le bio c’est quoi ? », l’agriculture, etc.

Et puis, après, tout ce petit chemin m’a emmené à une prise de conscience de plus en plus ancrée.

Il y a eu un moment où je n’étais plus trop aligné avec mes convictions profondes, et je me suis dit qu’il fallait passer un cap, un gap même.

On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu ça, le point de bascule. Même si je faisais des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort.

Cette yourte nous permettait assez rapidement de tester tout ça : d’arriver avec un petit habitat pas trop cher, assez vite à construire. On a mis un mois, un mois et demi à la construire, et du coup, bam, on est arrivés, on a pu s’installer, et après c’était bon.

Un mois et demi, c’était fatiguant, c’était un gros mois et demi, mais il nous restait un peu de jus pour essayer d’autres trucs.

À cette période-là, j’ai pu me lancer à expérimenter le poêle de masse (c’était le Poilito à l’époque), le four solaire, tous les trucs qu’on avait envie de tester.

Je pense aussi que ce qui nous a fait avancer vers la sobriété, c’est qu’on a fait table rase.

On avait la yourte, on avait des murs, et au début on n’avait pas l’eau, pas l’électricité, rien. Il y avait tout à construire.

Du coup, clairement, tu repars de zéro. C’est l’inverse du mec qui s’installe dans sa maison avec tout le confort habituel et qui doit ensuite déconstruire. Là, on avait tout à construire et il faut prioriser.

Tu te dis :

  • « OK, il me manque quoi ? L’eau, c’est pas mal quand même. » → On avance.
  • « L’électricité, c’est pas mal quand même. » → On avance.
  • « Finalement, pour faire la vaisselle, c’est urgent. » → On fait ça.
  • « Après, il nous faut un petit coin pour se laver. » → On fait ça.

On a fait un baquet, on n’avait pas l’eau courante, et finalement ça fait 9 ou 10 ans qu’on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche… et ça va bien.

Du coup, on a pu travailler sur notre confort et notre besoin de confort petit à petit, en repartant de zéro.

Je pense que c’est ça qui nous a emmenés vers la sobriété.

C’est difficile de vivre dans ce monde d’abondance et de retirer des couches, alors qu’ajouter des couches, des petites couches, et se demander si la couche suivante est nécessaire, vitale, tout ça, c’est plus facile.

Nous, on est partis de ce truc-là d’autocontrainte, parce qu’un monde d’abondance, ça emmène à la surconsommation. On le voit bien.

Typiquement, pour l’eau :

Quand on a installé l’eau, on avait un robinet qui arrivait, mais on l’a volontairement fait arriver à l’extérieur de la maison, juste devant. On passait la porte, et il y avait le robinet d’eau.

Ce simple truc te fait rationaliser tes comportements.

Pour la vaisselle, j’avais mis en place un système de double jerrican :

  • un jerrican d’eau propre,
  • qui se vidait dans l’évier,
  • puis l’eau allait dans un jerrican d’eau sale.

Après, tu vas mettre le jerrican d’eau sale dans le jardin, et tu remplis un jerrican d’eau propre.

Ce simple truc-là, mine de rien, quand le jerrican est vide, il faut aller porter 20 L d’eau. Même si c’est juste devant la porte, c’est 20 L d’eau à porter pour arroser le jardin. 20 L d’eau, c’est 20 kg, donc deux fois 20 kg à porter.

Ça te fait rationaliser ton comportement.

Ce truc de l’autocontrainte, je pense que c’est assez fort.

C’est aussi un peu pour ça qu’on a été vers l’autonomie électrique. Au début, on était en autonomie électrique solaire : on a une quantité finie d’énergie. C’est le cas en vrai, même sur le réseau, mais nous on a ce sentiment d’infini.

Tant qu’on est capable de payer la facture – et encore, c’est différé, c’est à la fin du mois – ce n’est pas tout de suite que tu vois les euros, les watts ou les litres défiler. Ce n’est pas palpable.

Donc tu tires, tu tires.

Si tu es sur un puits, tu vois que ton puits baisse, baisse, baisse, et à un moment donné tu ne vas peut-être plus nettoyer ta voiture ou remplir ta piscine.

Le fait d’avoir été autonome nous a permis de réduire fortement notre besoin énergétique, parce qu’on a refait le point sur ce dont on avait vraiment besoin. J’en parle d’ailleurs dans « L’autonomie électrique solaire c’est rentable ? C’est écologique ? » puis dans « L’autonomie électrique, c’est fini ».

Je n’ai pas du tout le parcours « carte postale » qu’on aime bien raconter dans les médias :

« J’étais à Paris, j’étais trader, j’ai tout quitté, je suis allé m’installer dans la Creuse… »

Non. Ça a été hyper progressif.

J’avais un travail ; j’ai toujours cherché à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux.

Toujours ce truc de ne pas passer ma vie au travail : plus de temps, moins d’argent. Du coup, tu fais ton potager, tu fais des trucs qui te prennent plus de temps mais moins d’argent, et c’est OK.

On a divisé nos besoins.

Un Français moyen, c’est à peu près 7 kWh par jour et par personne.

Quelle est votre consommation énergétique et en eau ?

Nous, notre besoin, c’était 500 Wh jour par personne. On avait divisé quasi par 14.

Ça, c’est en période de « pas de soleil », l’hiver. Donc pas de frigo, pas de chauffage électrique, pas de ballon d’eau chaude, etc.

L’hiver, on monte à x4 : on arrive à environ 2 kWh/jour par individu, soit 4 kWh/jour pour le foyer.

Parce que là, il y a le frigo, du surplus d’eau chaude, mais qu’on n’utilise que quand il y a du soleil. On n’a pas augmenté la surface de panneaux solaires : c’est le même matériel, mais on n’utilise ces usages que quand l’énergie est là.

Chez les écolos, il y a souvent ce paradoxe :

  • On veut de l’énergie renouvelable,
  • cette énergie est intermittente,
  • mais on ne supporte pas l’intermittence.

Ce n’est pas OK de ne pas avoir d’électricité quand il n’y a pas de soleil… alors que ce serait justement jouer sur notre confort.

Maintenant, j’ai racheté des panneaux solaires et je suis en autoconsommation sur le réseau. Mon installation autonome était en fin de vie. Il lui restait quelques années, mais on arrivait à 9 ans : sur une installation autonome, ce sont les batteries qui flanchent en premier. Une batterie plomb, c’est 12–15 ans si tu l’as bien menée (les panneaux, c’est 25–30 ans).

J’avais opté pour le plomb parce que :

  • il y a une filière de recyclage,
  • avec des batteries au plomb, on peut refaire des batteries au plomb.

Ça nécessite de l’énergie, donc il faut le faire le moins possible, toujours moins, mais c’est faisable.

Mon enjeu, maintenant, c’est d’avoir le plus de stockage possible sans batterie (donc dans les matériaux, l’eau chaude, etc.), parce que c’est ça qui meurt le plus vite.

Malgré ça, ce côté intermittent, j’aime bien. J’aime bien jouer avec cette énergie intermittente.

Je vise quasiment pas d’énergie par jour depuis le réseau.

Dernièrement, j’ai regardé : on était à 60 centimes de consommation par jour d’électricité (hors abonnement).

L’abonnement, c’est 10 € par mois ; il est plus cher que l’énergie elle-même, mais c’est OK : le réseau, c’est un truc collectif.

Je trouve normal que si j’habite près du poteau ou de la centrale, il y ait un ratio avec celui qui habite plus loin. On collectivise une installation.

Donc, on est sur le réseau, mais on joue avec le soleil.

Le jeu, c’est :

  • consommer le moins possible la nuit,
  • et ramener le plus possible la consommation en journée quand il y a du soleil.

S’il n’y a pas de soleil :

  • je ne peux pas recharger mon vélo électrique → peut-être que je prends mon vélo sans assistance,
  • je ne peux pas allumer l’eau chaude → soit je fais l’eau chaude ailleurs, soit je m’en passe.

En été, je pense que je suis autour de 80 % de solaire direct, 20 % réseau.

Pour l’eau : un Français moyen, c’est 150 L/jour/personne.

Nous, on est autour de 10–20 L/jour/personne, très variable selon les machines à laver, etc. Globalement, on a divisé par 10 notre consommation d’eau par rapport à la moyenne. Je détaille ces chiffres dans l’article sur mon bilan CO₂.

On est toujours à 3 tonnes de CO₂, et l’objectif c’est 2 tonnes par an et par habitant.

Quels sont les postes de consommation les plus énergivores ?

Si on part de l’eau :

Le plus gros poste, ce n’est pas les toilettes comme on l’entend souvent, c’est la douche / le bain.

En France, en moyenne, c’est 150 L/jour/personne, et la douche est une énorme part de cette consommation.

Une pomme de douche classique :

  • 9–10 L/min (jusqu’à 15 pour les pires),
  • les très économes, 5 L/min.

La douche moyenne : 9 minutes.

Tu fais le calcul : environ 60–80 L.

70 L d’eau, c’est 70 kg. Si tu devais porter cette eau pour la mettre dans ta douche, tu aurais déjà pris une bonne suée → tu ne le ferais pas.

Ensuite viennent les toilettes : deuxième poste.

Une chasse d’eau, c’est environ 9–10 L. À chaque tirage, 10 L d’eau potable.

On distingue :

  • l’eau grise (douche, vaisselle) : huileuse, savonneuse, un peu « cracra » mais relativement récupérable ;
  • l’eau noire (toilettes) : contaminée par les excréments, médicaments, hormones, etc.

Tout ce qui est contaminé par les excréments, c’est fatal pour le cycle de l’eau.

Exemple : la pilule hormonale féminine (oestrogènes). Ces molécules ne sont pas filtrées correctement dans les stations d’assainissement.

Résultat :

  • on les rejette,
  • on les retrouve dans les rivières,
  • on les reboit,
  • on en remet encore plus dans le milieu : boucle infinie.

Dans l’eau, ces molécules restent entières.

Dans un compost de toilettes sèches, avec montée en température, elles sont au moins en partie disloquées (sans disparaître totalement).

À l’échelle individuelle, l’habitat n’est qu’une petite part de ce qu’on génère en termes de dépenses en eau : nos vêtements, nos ordinateurs, notre alimentation ont besoin d’eau « cachée ».

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire dans l’habitat ; il faut faire les deux : individuel et collectif. J’en parle aussi dans mes articles sur l’assainissement et la phytoépuration.

Souvent on oppose :

« Il ne faut pas culpabiliser l’individu, c’est à l’échelle collective que ça se joue. »

Moi, je ne veux pas opposer les deux. Il faut faire les deux.

Ce sont les comportements individuels qui font émerger des comportements collectifs, et les comportements collectifs (loi, normes, obligations) ont des effets de bascule sur les comportements individuels.

Pour l’énergie, c’est pareil : l’énergie qu’on utilise au sein du foyer est une petite part de notre empreinte, mais c’est celle qu’on maîtrise le plus directement.

Le plus gros poste de dépense : le chauffage.

Et maintenant, de plus en plus, la climatisation l’été.

Juste derrière : l’eau chaude. Globalement, tous les postes où on transforme de l’énergie en chaleur : c’est colossal.

Et pour ça, il n’y a pas de mystère : c’est moins.

Moins de m² à chauffer, ou chauffer moins fort, ou chauffer moins longtemps.

On peut aussi :

  • chauffer les corps plutôt que les volumes,
  • utiliser des tapis chauffants, plaids, vêtements adaptés.

Exemple :

  • tapis de souris/chauffant à 100 W vs chauffer toute une maison à plusieurs kW ;
  • un tapis au sol dans un salon carrelé peut permettre de baisser la consigne d’1 °C.

Pour le chauffe-eau :

Un ballon de 200 L d’eau chaude en permanence, est-ce nécessaire ? Il faut se poser la question.

Après le chauffage et l’eau chaude, viennent la cuisson et les appareils électriques.

Les veilles ne sont pas négligeables :

  • un appareil qui consomme peu mais 24/24 pèse lourd sur la facture,
  • par exemple une box Internet : 10 W sans Wi-Fi, 20 W avec Wi-Fi.

On peut :

  • couper le Wi-Fi quand on n’en a pas besoin,
  • ou couper complètement la box la nuit avec une prise programmable.

On n’est pas encore dans une adoption massive des low-tech, parce qu’on n’est pas matériellement contraints par le changement climatique dans notre quotidien immédiat.

En vrai on l’est, mais le lien est lointain, ce n’est plus seulement « pour nos petits-enfants », c’est déjà pour nos enfants… mais on a encore accès à une énergie abondante et peu chère.

J’ai fait un petit bilan carbone : je suis à 3 tonnes équivalent CO₂ par an.

Un Français moyen est à 10 tonnes. L’objectif, pour les scénarios à 1,5–2 °C, c’est 2 tonnes par an.

Donc 3 tonnes, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faut faire mieux.

Dans ces 3 tonnes, il y a 1 tonne imputable au collectif / services publics, que j’utilise (école, transports, hôpital, routes, etc.), et c’est normal.

Du coup, les 2 tonnes « restantes » sont à viser sur ce que je maîtrise vraiment. Est-ce utopique ?

Je ne pense pas que se couper du réseau soit la solution : les effets d’échelle sont importants, et il y a plein de choses qu’on ne peut pas optimiser à l’échelle individuelle.

Exemple :

  • une installation PV autonome chez soi + une installation PV autonome au travail → doublon de matériel ;
  • le réseau permet de mutualiser.

Encore une fois : ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins : moins d’eau, moins de transport, moins de m², moins d’objets.

Quelles sont les low-tech qui ont un impact significatif ?

La première qui me vient, parce que c’est au cœur de l’impact individuel : le transport.

Il existe une low-tech qui marche à merveille : le vélo.

Même à la campagne.

Moi je n’ai pas de voiture.

Je triche un peu : j’ai un vélo électrique que j’ai électrifié moi-même (j’ai même tenté de faire ma batterie – retour d’expérience : ne faites pas ça chez vous, c’est galère et ça ne tient pas longtemps).

C’est un vélo un peu porteur : je peux emmener ma fille, les courses, j’ai une remorque, une vraie capacité d’emport.

Un vélo électrique permet d’allonger les distances, par tous les temps, avec le bon équipement :

  • bon casque avec visière,
  • tenue de pluie,
  • guêtres, etc.

Je vais chez mes clients à Nantes en vélo, 1h–1h15 de route : j’arrive, j’ai à peine la barbe mouillée.

Économiquement, si tu enlèves ta voiture de ton budget, tu peux t’acheter un très bon vélo, l’entretenir, et tu gagnes.

Quelques ordres de grandeur :

  • une recharge de vélo électrique : ~10–15 centimes pour 80–100 km,
  • transporter 60–70 kg de « bidoche » avec 1–1,5 tonne de métal, c’est une aberration par rapport à 20–30 kg de métal (un vélo).

Ensuite, la douche : premier poste de dépense en eau.

Juste couper le chauffe-eau, ou avoir un plus petit ballon, peut déjà changer beaucoup.

Nous, on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche. On fonctionne au gant de toilette et à la bassine.

  • 1 à 3 L d’eau suffisent pour se laver.

En termes de low-tech, c’est imbattable : une bassine, un gant. J’ai aussi testé des douches à recyclage type Showerloop, mais pour notre usage ce n’est pas ce qui marche le mieux au quotidien.

Ensuite, la cuisson :

Si tu as un peu de jardin, le four solaire Atominique, ce n’est pas très cher, et très peu impactant à fabriquer. Si tu es au travail toute la journée et que tu rentres juste le soir, c’est moins pertinent (il faut être là quand il y a du soleil), mais même juste le week-end, ça peut valoir le coup.

Les toilettes sèches :

Deuxième gros poste de dépense en eau, et gros impact sur le milieu naturel.

Low-tech par excellence :

  • une boîte en bois,
  • un trou,
  • un seau,
  • de la sciure.

Idéalement : condamner les toilettes à eau, sinon on finit par ne plus utiliser les toilettes sèches. J’ai détaillé tout ça dans « Toilettes sèches à litière (théorie et pratique) ».

Il y a aussi les composts partagés : je ne sais pas si on peut y mettre du compost de toilettes sèches, c’est à discuter au cas par cas, mais il existe quelques initiatives locales qui collectent les matières de toilettes sèches.

Pour la machine à laver :

Une machine qui chauffe l’eau → 2000 W (ordre de grandeur).

La même machine avec eau déjà chaude envoyée depuis ailleurs → ~150 W (juste le moteur).

On peut produire l’eau chaude différemment : solaire thermique, poêle de masse, excédent PV… Je détaille tout ça dans l’article « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge ».

Une installation solaire thermique, c’est :

  • low-tech,
  • rentable sur la durée,
  • souvent subventionnée.

En gros :

  1. Isoler sa maison (chauffage = 1er poste).
  2. Travailler sur l’eau chaude (2e gros poste).

Quel est ton retour d’expérience par rapport à l’autonomie énergétique ?

Quand je faisais des formations sur l’autonomie électrique solaire, je voyais bien les tiraillements :

  • financier,
  • écologique,
  • confort / sécurité.

Je vais le dire tout de suite : l’autonomie n’est pas économiquement viable.

Sinon, tous les radins seraient débranchés du réseau, auraient des cuves de récupération d’eau, etc.

Le kWh est encore trop bas. Même si le prix fait x2, on a encore de la marge. À l’échelle de plusieurs années, ça reste peu rentable.

Donc il ne faut pas le faire pour ça.

Moi, je suis allé vers l’autonomie pour plusieurs raisons :

  • j’étais dans un champ,
  • si je voulais l’électricité, il fallait soit tirer une ligne, soit être autonome,
  • il y avait un enjeu de mobilité / réversibilité de l’habitat.

Je pensais que c’était « l’idéal ».

Avec le temps, j’ai changé de regard : si demain tous les foyers sont autonomes, avec des panneaux sur tous les toits tout en gardant le même niveau de confort et de dépenses, on a un problème :

  • les études montrent qu’on n’a pas assez de minerais rares pour installer du photovoltaïque partout à ce niveau de consommation ;
  • on risque de griller les ressources à court terme, pour ne plus pouvoir renouveler demain.

Donc, encore une fois, ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins.

Par contre, je dis merci à cette période où j’ai été autonome, parce qu’elle m’a empêché de croître en besoins pendant 8–9 ans.

Quand tu fais ton installation autonome, c’est comme un puits :

  • elle a une certaine taille (panneaux, batteries),
  • peu importe ce qui se passe, tu as ça.

Tu ne peux pas acheter un nouvel appareil sans négocier :

  • soit tu le fais tourner seulement quand il y a du soleil,
  • soit tu l’utilises seulement l’été,
  • soit tu renonces à autre chose.

C’est une vraie contrainte.

Du coup, je dirais que ce serait intéressant que tous les Français vivent 2–3 ans en autonomie pour acquérir des gestes et des habitudes.

Exemple de l’eau :

  • pendant 3 ans, on a eu notre bidon d’eau propre qui se vidait dans un bidon d’eau sale ;
  • quand on a mis l’eau courante ensuite, notre consommation d’eau n’a pas augmenté.

Les habitudes étaient ancrées.

Poêle de masse

Ici, on est devant le MiniMasse, le petit poêle de masse d’Agir Low-Tech.

C’est un poêle conçu pour :

  • les petits habitats légers et/ou mobiles,
  • satisfaire tous les besoins de chaleur d’un petit habitat : chauffage, cuisson, eau chaude.

Un poêle de masse, c’est souvent plus gros et plus massif que celui-là ; celui-ci a été dimensionné pour des petites surfaces :

  • maison de 40 m²,
  • jusqu’à ~100 m² très bien isolés / très bien pensés (limite haute).

Il a été pensé pour être semi-démontable :

  • de grands linteaux qu’on peut démonter assez facilement,
  • maçonnés à l’argile réfractaire,
  • on peut le démonter en une journée,
  • poids total ~400 kg,
  • le foyer central ~150 kg, transportable sur un diable.

On peut donc :

  • venir en stage 5 jours,
  • construire son poêle,
  • le démonter,
  • l’emporter chez soi et le remonter.

Les matériaux principaux :

  • briques réfractaires (écrasante majorité),
  • un peu de métallerie (portes, clapets, plancha, etc.),
  • quelques matériaux annexes (tresse de verre, joints).

Fonctionnement

Il faut imaginer un conduit de cheminée raccordé en haut (je l’ai démonté pour le transport). Ce n’est pas du Wi-Fi : il faut un vrai conduit.

Sur ce poêle, on a :

  • une plaque de cuisson au-dessus, en contact thermique avec le foyer,
  • des ailettes internes qui conduisent la chaleur dans la masse,
  • la possibilité de cuisiner sur le poêle,
  • un four noir à l’intérieur (là où on fait le feu).

À la fin de la flambée :

  • on peut cuisiner à l’intérieur (pain, tartes, cookies, etc.),
  • on met parfois une brique à la place du bois pour ne pas être en contact direct avec les braises,
  • les parois rayonnent la chaleur sur le plat.

C’est un foyer dans lequel :

  • on brûle du bois de façon vive,
  • on émet peu de particules fines,
  • les briques réfractaires stockent la chaleur,
  • la chaleur est ensuite diffusée par rayonnement dans la maison.

La flambée typique chez nous :

  • foyer prévu pour 3 kg de bois,
  • environ 1 heure de feu,
  • et 24 heures de chaleur.

En pratique :

  • j’allume souvent mon feu le soir,
  • le matin, il fait la même température qu’au coucher,
  • la montée en température est progressive (1–2 °C max),
  • la descente aussi est très stable.

Contrairement à un poêle en fonte / en métal (très réactif) :

  • il fait très vite trop chaud,
  • puis ça se refroidit très vite.

Le secret de cette progressivité :

  • le poids (l’inertie),
  • la quantité de briques,
  • et le parcours des fumées (dimensionné comme décrit sur le blog).

Durée de construction, accompagnement

Au sein d’Agir Low-Tech, l’asso fait de la R&D et diffuse les plans. Des personnes (dans ou autour du réseau) organisent des stages :

  • sur 5 jours,
  • on construit un poêle de masse,
  • on repart avec (semi-démonté),
  • on sait maçonner des briques (droites de préférence !).

Consommation de bois

Nous, avec ce poêle pour ~50 m², c’est :

  • 3 kg de bois/jour,
  • soit ~0,5–0,7 stère par an, selon l’hiver,
  • moins d’1 stère pour couvrir :
    • le chauffage,
    • la cuisson (soupe, pain, etc.),
    • une partie de l’eau chaude (via échangeur).

Au regard des usages couverts, c’est peu. Je montre ça en détail dans l’article « Une soirée de cuisine sur/dans le MiniMasse ».

Allumage « propre »

On ne fait pas d’allumage par le dessous (comme avant).

On allume :

  • par le dessus,
  • voire par l’avant,

→ jusqu’à 80 % de particules fines en moins.

Les anciens laissaient souvent une bûche couver pour retrouver de la braise le matin et éviter de rallumer.

Mais laisser couver une bûche à très faible tirage toute la nuit, c’est extrêmement polluant.

Guillaume (copain d’Agir Low-Tech) avait fait le calcul :

Laisser une bûche couver toute la nuit, c’est comme si tu prenais ta voiture (vieux diesel) et que tu faisais des tours de périph’ toute la nuit en termes de particules fines.

Si tu en es là, c’est souvent que :

  • dès que tu coupes ton poêle, il fait froid,
  • donc soit ta maison est mal isolée,
  • soit ton poêle manque d’inertie,
  • soit les deux.

Dans ce poêle de masse-là, ça n’a pas de sens de laisser couver :

  • soit c’est à fond (flambée vive),
  • soit c’est arrêté.

Les gens qui viennent à la maison :

  • voient rarement le poêle allumé,
  • mais il fait toujours bon,
  • → ça les convainc souvent tout seuls.

Rayonnement vs convection

Le poêle de masse fonctionne principalement par rayonnement.

Un poêle classique fonctionne surtout par convection :

  • l’air est chauffé,
  • il monte, redescend, crée des mouvements d’air.

Le rayonnement, lui :

  • vient d’une masse chaude (le poêle, les murs),
  • traverse notre corps,
  • nous réchauffe « de l’intérieur ».

La convection, c’est plutôt de la chaleur qui nous caresse la peau en surface, mais pas en profondeur.

On l’a rapidement constaté avec les murs :

  • le rayonnement se transmet d’une masse chaude vers une masse plus froide,
  • nous sommes une masse,
  • si la surface de notre corps est à ~30 °C et le poêle à 60 °C, on récupère ses calories,
  • idem pour les murs et le sol.

On a vécu un an dans la maison avec un poêle classique :

  • parfois 24–25 °C d’air,
  • murs à 19 °C,
  • dès que le poêle s’arrêtait, ça retombait vite à 17 °C.

Avec le poêle de masse, après quelques flambées :

  • murs montés à 19–21 °C,
  • et ils ne bougent plus de l’hiver.

Le confort thermique ressenti, pour simplifier, c’est la moyenne entre :

  • température de l’air (thermomètre classique),
  • température des parois (thermomètre infrarouge).

Si :

  • tes murs sont à 10 °C,
  • l’air à 20 °C,

ton corps ressent quelque chose comme 15 °C.

C’est là que l’inertie joue un rôle énorme.

Isolation par l’intérieur / extérieur

Si tu mets l’isolant à l’extérieur :

  • tu gardes la masse à l’intérieur,
  • tu peux la réchauffer,
  • elle te restitue doucement sa chaleur,
  • température plus stable (hiver comme été).

Si tu mets l’isolant à l’intérieur :

  • tu ne bénéficies pas de la masse du mur,
  • pas de « batterie thermique » accessible,
  • variations de température plus fortes.

Les maisons en pierre avec de gros murs sont très confortables l’été pour cette raison.

On peut faire l’analogie avec la bouillotte :

  • personne ne met la bouillotte sur la couette,
  • on la met dans le lit, sous la couette,
  • → la bouillotte (inertie) dedans, l’isolant dehors.

C’est ce qu’on devrait faire pour les maisons.

Chauffe-eau couplé au poêle

En plus de faire la popote dessus, dessous, dedans, le poêle chauffe de l’eau.

Sur la paroi, j’ai :

  • un tuyau de cuivre,
  • plaqué contre le poêle,
  • recouvert de terre.

Ce tuyau est dans un circuit fermé en thermosiphon :

  • en bas : arrivée d’eau froide,
  • l’eau se réchauffe le long du poêle,
  • l’eau chaude, plus dilatée, monte vers un ballon à échangeur,
  • elle cède ses calories à l’eau sanitaire,
  • ressort refroidie, redescend, etc.

Chez nous :

  • petit poêle → petit ballon,
  • 20 L, ballon de camion (avec échangeur prévu pour un moteur à l’origine).

Avec 3 kg de bois et une seule paroi chauffante, on obtient :

  • de l’eau à ~35–40 °C,
  • suffisant pour une douche,
  • mais avec peu de « tampon » (petit volume).

Douche

La douche low-tech, c’est ça :

  • un gant de toilette,
  • une bassine dans un baquet galvanisé,
  • une bonde au fond,
  • évacuation au tout-à-l’égout / phyto,
  • mais pas d’arrivée d’eau.

L’arrivée d’eau se fait :

  • au robinet du plan de travail,
  • en remplissant à la main (eau chaude venant du ballon, du poêle, du solaire ou du gaz au besoin).

Pour se laver au gant, il faut 2 L d’eau max.

Installer une arrivée d’eau courante dans la douche serait très simple : le ballon est juste à côté. Mais c’est un choix d’autocontrainte de ne pas le faire, pour ne pas retomber dans le gaspillage.

Stockage alimentaire

On a pas mal de petits stockages alimentaires.

Longtemps, on a fonctionné avec un garde-manger extérieur.

Aujourd’hui :

  • un petit frigo uniquement l’été (70 L environ),
  • l’hiver, il est éteint.

En autonomie, on est partis de ça :

  • en été, il y a de l’énergie solaire → facile d’avoir un petit frigo,
  • en hiver, beaucoup moins → un frigo consomme ~250 Wh/jour, soit environ ¼ de notre conso hivernale de l’époque.

Rajouter ¼ de conso en hiver aurait nécessité de :

  • augmenter largement la puissance PV,
  • augmenter la capacité batterie.

On était déjà juste, donc ça aurait été quasi un doublement de l’installation juste pour un frigo.

En plus, c’est un peu absurde de faire du froid à l’intérieur l’hiver, alors qu’on cherche à chauffer la maison, et qu’il fait froid dehors.

L’été, à l’inverse, mettre le frigo à l’intérieur dégage de la chaleur là où il fait déjà chaud. Le mettre dehors le ferait consommer plus. Il faut trouver un équilibre.

On est végétariens, ce qui simplifie un peu la chaîne du froid :

  • le fromage, ça tient,
  • on ne gère pas de viande au quotidien.

Longtemps, on a eu un garde-manger extérieur au nord, abrité de la pluie, en hauteur (pour les rongeurs), une boîte en bois avec grillage. En termes de low-tech, c’est imbattable, un peu comme le réfrigérateur d’hiver low-tech décrit sur le blog.

Aujourd’hui, on a :

  • un cellier type « cave », en briques de terre crue (adobe),
  • non isolé mais avec beaucoup d’inertie,
  • température plus stable que dehors (lisse les pics).

Et un mini-frigo passif :

  • arrivée d’air frais canalisée depuis l’extérieur,
  • évacuation en haut vers le toit,
  • petite éolienne de toiture qui crée le tirage,
  • joint type joint de frigo, clapets pour ouvrir/fermer selon où il fait le plus frais.

On y met :

  • beurre (salé, ce qui aide à la conservation),
  • lait végétal,
  • yaourts (on essaie de ne pas les garder trop longtemps),
  • plats entamés, etc.

On a aussi renoncé au congélateur, trop énergivore en autonomie (et à l’année).

À la place :

  • lactofermentation (saumure),
  • conserves au four solaire,
  • autres méthodes de conservation.

Le congélateur est très pratique, mais très énergivore. Sans congél, on est obligés de réfléchir, de transformer, de conserver autrement.

Poste de pilotage énergétique

Dans la maison, j’ai un coin « poste de pilotage énergétique » :

  • batteries de vélo,
  • batteries d’outillage (Makita),
  • commande du chauffe-eau,
  • un système domotique maison basé sur PvMonit.

Une petite électronique :

  • pilote le surplus d’énergie solaire,
  • envoie le surplus dans certains usages (chauffe-eau, etc.),
  • avec des règles de priorité : par exemple, le chauffe-eau ne s’enclenche que s’il y a du surplus et si la maison est en dessous de 22 °C.

C’est une sorte de domotique pour la gestion énergétique optimisée, que je détaille dans la série d’articles autour de PvMonit.

Toilettes sèches à ventilation canalisée

Nos toilettes sèches :

  • cuvette confortable (matière un peu isolante → fesses pas glacées dans une pièce froide),
  • seau,
  • sciure / matière carbonée,
  • ventilation canalisée.

Ventilation :

  • prise d’air extérieure en bas,
  • arrivée d’air dans la caisse,
  • évacuation par un tuyau qui monte au toit,
  • petite éolienne de toiture qui crée un tirage constant.

Résultat :

  • toilettes bien sèches,
  • zéro odeur,
  • zéro mouche (cuvette bien étanche).

On a aussi un composteur dédié aux toilettes sèches :

  • trois bacs,
  • rotation sur plusieurs années,
  • temps de repos de 18 mois à 2 ans avant utilisation au potager.

On a un peu surdimensionné (trois bacs suffisent largement pour nous).

On mélange :

  • contenu des seaux,
  • déchets verts,
  • beaucoup de carbone (carton, feuilles mortes, tonte sèche).

On utilise un brass-compost (vis/ressort) pour :

  • aérer,
  • mélanger,
  • obtenir un compost très vivant.

Après 18–24 mois de repos (sans ajout), on peut l’utiliser, y compris sur les légumes racines, sous certaines précautions.

Le SPANC est venu contrôler notre aire de compost :

  • obligation d’avoir un toit au-dessus,
  • pour éviter que l’eau de pluie ne ravine des matières fécales vers les nappes.

Une dalle béton sous le compost, c’est une mauvaise idée (compost qui ne fonctionne pas, gros jus, odeurs).

On a réussi à argumenter pour ne pas en mettre, tout en garantissant qu’il n’y aurait pas de ruissellement problématique (toit, emplacement, etc.). Je raconte l’ensemble de cette histoire dans « Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation ».

Phyto-épuration

On a une phyto-épuration (roseaux) pour les eaux grises de la maison.

Principe :

  • un bac (ici en plastique, mais maintenant on peut faire maçonné avec agrément),
  • au fond : gros gravier,
  • puis petit gravier,
  • puis sable,
  • on plante des roseaux dans le sable.

Le bac est séparé en deux :

  • on change une vanne toutes les 2 semaines pour alterner le côté alimenté,
  • au fond de chaque côté : un drain (tuyau percé) récupère l’eau,
  • l’eau part ensuite par gravité vers les marais / fossé.

En été, il sort très peu d’eau : les roseaux boivent quasiment tout.

On a fait une auto-construction accompagnée pour obtenir l’agrément :

  • une entreprise agréée accompagne,
  • vérifie que le chantier suit le plan,
  • valide pour le SPANC.

Dimensionnement :

  • 3 équivalents habitants (150 L/jour/personne),
  • chez nous c’est surdimensionné, vu notre faible consommation d’eau,
  • au début, les roseaux avaient « faim » : on a aidé au démarrage avec un peu de compost de toilettes sèches.

Frigo du désert et stockage semi-enterré

On a un petit garde-manger semi-enterré :

  • gros regard en béton,
  • enterré lors des fondations,
  • 4–5 °C d’écart avec l’ambiance du cellier selon les saisons,
  • surtout utilisé pour les légumes (patates, etc.).

On m’a parlé du « frigo du désert » :

  • un pot en terre dans un autre pot en terre,
  • sable entre les deux, humidifié,
  • refroidissement par évaporation.

Je ne suis pas fan de le documenter tel quel sous nos latitudes :

  • ça marche bien dans le désert,
  • chez nous, climat humide et tempéré, ça marche beaucoup moins bien,
  • il faut remettre beaucoup d’eau (évaporation), ce qui a aussi un coût.

Mitigeur d’eau pour la machine à laver

On a une vieille machine à laver (Vedette) que j’ai adaptée :

  • arrivée d’eau froide classique,
  • arrivée d’eau chaude produite ailleurs (poêle, solaire, etc.),
  • mitigeur thermostatique réglable entre les deux,
  • la machine est paramétrée sur « froid »,
  • et le mitigeur lui envoie l’eau à 30, 40 °C selon le cycle choisi.

Résultat :

  • la résistance électrique de la machine ne sert plus (ou très peu),
  • consommation divisée par ~10 (de ~2000 W à 100–150 W).

Tout ça est détaillé dans « Autonomie électrique solaire photovoltaïque : Machine à laver le linge » et mes tests de douche à recyclage.

Four solaire

On a un four solaire « Atominique », conçu par Dominique (presque voisin). J’en parle dans les articles « Fabriquer un four solaire (cuiseur type boîte) » et « Four solaire (cuiseur type boîte) 2ème version ».

J’avais d’abord fait un four solaire moi-même, mais j’étais tombé dans plusieurs écueils :

  • four trop petit (surface de captation trop faible),
  • réflecteurs pas assez réfléchissants (pas de vrai miroir),
  • vitre s’ouvrant par le dessus (perte de chaleur à l’ouverture).

Dominique a conçu ce four :

  • grand,
  • réflecteurs en alu miroir,
  • parois intérieures en tôle sombre (rouillée),
  • vitre qui s’ouvre par l’arrière (la chaleur reste piégée).

Les réflecteurs latéraux sont fixes (angle optimisé), ceux du haut et du bas sont orientables.

On oriente :

  • le four au soleil,
  • les réflecteurs,
  • jusqu’à voir le reflet du soleil au fond du four.

Usage :

  • la plupart des cuissons mettent environ le double du temps d’un four classique,
  • nécessite un vrai soleil (pas de voile nuageux),
  • températures courantes : 110–130 °C pour plein de plats.

On y fait :

  • tartes, gâteaux, plats mijotés,
  • lentilles, légumes racines (betteraves, etc.),
  • surtout des bocaux (stérilisation),
  • pas de cuisson « saisie » type oignons à feu vif.

C’est particulièrement pertinent pour les bocaux : laisser le four allumé toute la journée au soleil ne choque pas, contrairement à laisser tourner du gaz pendant des heures.

Construction :

  • structure bois (double paroi, pas nécessairement isolée),
  • tôle sombre à l’intérieur,
  • alu miroir pour les réflecteurs,
  • roulettes pour le déplacement,
  • capote/bâche pour l’hiver.

Impact de fabrication : très modeste (surtout du bois de récup, quelques plaques métalliques, un peu d’alu miroir).

Concentrateur solaire (tube sous vide)

Je me suis fait aussi un cuiseur concentrateur solaire pour le pain :

  • un tube en verre noir à l’intérieur d’un tube en verre transparent,
  • vide d’air entre les deux (meilleur isolant),
  • vendu par David de « Du soleil dans nos assiettes ».

Le tube seul chauffe déjà au soleil (piège à calories). Avec un réflecteur en demi-cylindre (tôle de conduit de poêle coupée), on augmente encore la température.

On peut :

  • faire du pain,
  • faire des cookies,
  • stériliser des bocaux (avec une version adaptée).

On glisse un plat ou une gouttière à l’intérieur du tube. Le tube :

  • peut monter à 180 °C à l’intérieur,
  • reste tiède à l’extérieur grâce au vide d’air.

C’est à la fois low-tech (verre, métal) et un peu high-tech (tube sous vide non trivial à fabriquer soi-même), mais ça reste raisonnable. Je regroupe ces expériences sous le mot-clé tube-solaire.

Le concentrateur est :

  • monté sur un axe rotatif,
  • on oriente grâce à un petit viseur (ombre projetée sur un carré),
  • on verrouille la position avec une cale (amélioration en cours).

On pourrait encore améliorer :

  • tube fixe, réflecteur qui tourne autour,
  • pour éviter de contraindre le tube (cher et fragile).

Batterie 18650 récup’ pour vélo : suite et fin

Avant de lire ceci, vous pouvez lire mes précédents articles :

On est ~2 ans après, eh bien le constat n’a pas changé… elle ne tient plus la charge, n’est plus utilisable… Bon, pour la science, je l’ai toute démontée et j’ai (re) testé cellule par cellule pour « voir » comment s’étaient comporté ces cellules 18650 après 1 an d’utilisation (faible) sur un vélo électrique + 1 autre année plutôt en PowerBank :

Voilà le résultat :

En quelques chiffres :

  • 53 cellules encore au dessus de 1900mAh de capacité
  • -412mAh de capacité de perdue en moyenne par cellule
  • -31355mAh (-31Ah de perdu en capacité totale sur la batterie (~20%))
    • C’est pas autant que ce que j’aurais pu imaginer, mais certaines cellules étaient « mortes » (0V), donc ça rendait le pack inutilisable…. Ce qui me fait dire que je me serais motivé à plus souvent la démonter pour vérifier, elle aurait peut-être vécu… mais c’est du taf de dingue…

Au final, j’avais quand même encore 53 cellules au-dessus des 1900mAh… Donc bon, j’ai refait un pack après tout (têtu le gars…). Et comme j’étais pas très content des modules de montage vruzend, j’ai testé les N.E.S.E. C’est BEAUCOUP plus simple à monter (et donc à démonter à mon avis).

Je ne pense pas utiliser cette batterie pour mon vélo (ça tire trop fort, on me l’avait pourtant dit... têtu le gars… ). Ça fera une powerbank, une batterie auxiliaire

[vidéo] MiniMasse / Poêle de masse et chauffage au bois…

Si vous voulez comprendre pourquoi un poêle de masse est-ce pertinent ? Et avoir une présentation rapide du MiniMasse, cette vidéo est faite pour vous :

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Vous trouverez ici le diaporama (avec le lien vers les sources)

Pour vos questions poêles de masse : un forum dédié aux poêles de masse open source existe ! Venez discuter du MiniMasse, du poêlito et compagnie…
forum.poeledemasse.org

C’est le contenu d’une conférence que j’ai donné en 2023.

Batterie de vélo avec des batteries 18650 de récup’ – 1 an après

Mise à jour 2023 : Batterie 18650 récup’ pour vélo : suite et fin

Il y a 1 an, j’ai fabriqué une batterie de vélo avec des cellules 18650 récupérées dans des batteries d’ordinateurs qui partaient à la poubelle. L’article complet : Fabriquer une batterie de vélo avec des batteries d’ordinateurs de récup’ (18650).

Plus d’un an après, après plus de 1000km, j’ai observé une diminution d’autonomie de la batterie de l’ordre de ~20% (à la louche). La batterie est encore largement utilisable : je peux encore faire ~50km d’autonomie. Par curiosité, je l’ai tout de même ouverte pour voir où j’en étais.

Avant de l’ouvrir, je l’ai sollicitée (déchargée) pour voir si certains paquets de 18650 (mon montage c’est 13S6P) étaient significativement bas en voltage. Le constat fût le suivant :

  • Globalement, les 11 paquets du centre étaient à ~3.8V ;
  • A l’extrémité négative (proche du moins) le voltage était à 3.69V (donc plus bas) ;
  • A l’extrémité positive (proche du plus) le voltage était à 3.948V (donc plus haut).

Au vu de ceci, je me suis dit que les cellules proches du « – » avaient été plus sollicitées, et donc devaient être fatiguées. Après un nouveau passage au testeur (OPUS), ce n’est pas du tout ce qui s’est confirmé, c’est même tout l’inverse : les cellules proches du « + » avaient perdu énormément de capacité par rapport à celles proches du « -« . Dans le détail :

Capacité en ~06/2020Capacité en 09/2021Différence
21321255-877
2440636-1804
2108182-1926
20981693-405
24572388-69
24452383-62
Capacité des modules à l’extrémité + de la batterie
Capacité en ~06/2020Capacité en 09/2021Différence
25132494-19
24901991-499
23562248-108
22972259-38
20502011-39
19771779-198
Capacité des modules à l’extrémité – de la batterie

J’ai donc remplacé les 4 des 12 18650 testées qui avaient vraiment beaucoup perdu et j’ai inversé les cellules proches du + et proches du -… L’avenir dira si c’était suffisant…

Schéma des cellules testés

Cette étude ne porte que sur les 2 extrémités (2 groupes sur 13…). Je ne sais pas dans quel état se trouvent les autres cellules au centre. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas pris le temps de refaire un test pour toutes les cellules, et aussi parce que le démontage des modules plastiques vruzend n’était pas simple du tout… C’est même franchement pas hyper démontable + certains modules vruzend sont fendus… Pas terrible quoi… (mais j’ai pas trouvé mieux)… Si vous avez, je prends…

Ceci étant fait, après remontage, la batterie tient encore moins la décharge :’-( Est-ce que j’ai déséquilibré la batterie, ou est-ce que les cellules que j’ai mis en remplacement ne sont finalement pas si bonnes que ça, je n’en sais rien… je crois que je ne vais pas passer à côté d’un test complet des cellules…

Bref : faire sa batterie c’est beaucoup de temps, l’entretenir aussi !

Le MiniMasse – (petit) poêle de masse d’Agir Low-Tech – est (en test) à la paillourte

Mise à jour : Le MiniMasse est « prêt » (version béta)

Pour que le MiniMasse (poêle de masse libre de droit) puisse continuer son développement, Agir Low-Tech a besoin de vos dons.

J’en avais parlé, et bien c’est fait ! Je suis allé passer 4 jours au labo d’Agir Low-Tech pour fabriquer leur prototype de poêle pour petit habitat et j’ai participé à son développement en effectuant tout un tas de tests/mesures. Ce premier prototype est arrivé dans ma paillourte en janvier 2021.

J’ai déjà expliqué le contexte, les observations qui justifiaient mon envie de retourner vers « un poêle de masse » dans cet article, je ne vais donc pas revenir dessus. Beaucoup m’ont demandé « mais pourquoi tu ne refais pas un poêlito comme pour ta yourte ? ». Plusieurs raisons : La force du poêlito réside dans son côté masse/inertie démontable pour pouvoir être facilement déménager. Ici il s’agit d’un habitat fixe (la paillourte). Le poêlito, sans banc affiche un rendement de 70% ce qui à aujourd’hui la limite basse pour la commercialisation d’un poêle… On peut mieux faire. A l’usage le poêlito est un foyer ouvert qui demande de la surveillance durant la flambée, un foyer fermer apporte un confort d’utilisation non négligeable pour moi..

Voici les caractéristiques de ce petit poêle de masse :

  • Conçu pour 3kg de bois par flambée
  • Conçu pour des bûches de 33cm installées à la verticale
  • Il pèse environ 500kg (juste en brique)
  • Plancha de cuisson ainsi que four (dans le foyer)
  • Dimensions : ~66cm x ~66cm x ~90cm de haut
  • Les briques sont collées au coulis argileux, c’est donc démontable (en quelques heures)

Avertissement : Cet article, contrairement aux autres sur ce blog ne va pas être détaillé pour éviter la reproduction. En effet, à l’heure où s’écrit ces mots, ce poêle est un prototype, il n’est pas terminé, il va très probablement y avoir des modifications à lui apporter. Quand il sera « présentable » (bon rendement, pollution minimum…), une documentation fournie (pour reproduction) sera rédigée, c’est le but… donc comme dit la formule consacrée : « NE FAITES PAS CA CHEZ VOUS » 🙂

Voici comment j’utilise le poêle : 1h de feu par jour maximum ; 3kg de bois (feuillu, du chêne ici) allumé par le haut avec des petits morceaux des palettes coupés finement. La flambée est souvent autour des 18-20h histoire de profiter de la zone de cuisson et de la petite chaleur qui fait du bien le soir en rentrant.

Montage du poêle chez Agir LowTech

Fabrication / montage

En décembre, je me suis rendu 4 jours dans le labo de test d’Agir Low-Tech pour fabriquer/monter/tester leur poêle pour petit habitat. La fabrication est plutôt sommaire puisque c’est un poêle en brique réfractaire, il s’agit donc principalement de découpe de brique. Merci à Florian qui a assemblé/découpé/soudé toute la métallerie sur mesure (plancha, porte, couvre joint…) pendant qu’avec Guillaume nous découpions les briques et montions le poêle. Voici quelques images :

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Quelques tests

Une fois terminé, nous avons pris le temps d’effectuer 2 flambéees avec analyse de combustion. Ces analyses sont prometteuses mais pas encore parfaites. Les défauts observés semblent pour le moment de « bons défauts » (dans le sens corrigeables) et ces premières analyses sont à prendre avec du recul car les conditions n’était pas optimum (en effet le mortier n’était pas sec, donc beaucoup de vapeur d’eau se dégageait).

Le (re)montage à la maison

De retour à la maison mon père est venu m’épauler pour le remontage du poêle.

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Tests et retours d’expérience

Je contribue en ayant installé le poêle chez moi pour faire des retours d’expériences « en situation réelle » et de faisant des tests, des tests, des tests…

Caractériser la chaleur dégagée

Banc de test

Agir LowTech souhaite que son poêle soit aux normes. Il va ainsi falloir le faire passer en labo. Vu que ça coûte cher, il faut s’assurer que ça va passer… Pour « faire comme au labo » et tenter de satisfaire la norme NF EN 15250, j’ai conçu ce petit banc de test à base de raspberry pi zéro, de sonde ds18b20 et de quelques thermocouples :

Le détail du code source du projet « banc de test » avec schéma de câblage / code source et compagnie est disponible à cette adresse :

Passage à la caméra thermique

J’ai scanné le poêle sous différents angles à la caméra thermique sur toute une flambée. Voici ce que ça donne en vue de face :

La combustion est belle ?

Je n’ai pas pu me procurer d’analyseur de combustion mais j’ai pu observer quelques éléments.

J’ai filmé la cheminée durant une flambée complète :

Verdict : très très très très peu de fumée, faut vraiment être très attentif pour en voir. Même moi quand j’étais sur le toit à 1m de la cheminée, c’était à peine perceptible, à quelques moments j’ai vu une mince fumée blanche mais c’est tout… ce qui est plutôt très bon signe de bonne combustion/non pollution – à voir si les analyses de combustion le confirment…

Cuisson

Agir LowTech s’est donné pour objectif de répondre aux besoins en chaleur et cuisson… Le poêle est donc doté d’une « plancha » de cuisson et d’un mode « four » dans le foyer.

Plancha

La « plancha » de cuisson permet de faire mijoter des petits plats. Après quelques réglages, la puissance obtenu est satisfaisante. La durée du feu étant de ~1h, et la plancha étant froide durant le ~premier 1/4 d’heure, on dispose de 3/4 d’heure de chaleur vive (ensuite la puissance restituée est largement suffisante pour faire mijoter, mais plus pour saisir…)

En l’état ça fonctionne très bien pour faire une poêlée de légumes.

  • 17 minutes après allumage du feu, les oignons commencent à frémir ;
  • 47 minutes après allumage du feu, c’était cuit.

Four

Belle surprise pour moi qui ne soupçonnait pas qu’on puisse cuisiner dans le foyer. Dans le poêle de masse, la chaleur reste aux alentours des 190°C pendant une bonne heure à l’intérieur du foyer. Test du cake approuvé :

Le cake sort doré, bien cuit, c’est parfait. On a aussi fait du céleri rôti, des gratins…

Le cake n’est pas le plus facile à cuire dans un moule rectangulaire, mais je n’avais pas de plat plus bas (et donc plus large…) qui correspondait aux dimensions du poêle. En effet, l’inconvénient de ce « four », c’est qu’il n’est pas très grand, on peut y glisser 2 plats à cake mais pas de plat à tarte standard (le foyer fait ~20cm de large).

Comment je m’en sers : à la fin de la flambée, je ferme l’arrivée d’air pour que les braises s’éteignent, je pose un morceau de brique sur les braises, ce qui permet au plat de reposer sur cette brique et sur le « seuil » de la porte.

Attention toutefois à ce que le plat soit bien positionné au-dessus du foyer, et pas trop sur le seuil de la porte car la chaleur y est moins vive – il pourrait y avoir des différences de cuisson. Aussi, si le plat doit être plus mijoté que saisi, il faut attendre 1/2h-1h avant de le mettre dans le four après la flambée pour que la chaleur baisse un peu.

Voici un relevé de températures à l’intérieur du foyer (dans le four). La minute 0, c’est l’allumage du poêle ; la minute 54, c’est la fin de la flambée et le début de la cuisson dans le four ; la minute 96, l’ouverture de la porte car fin de la cuisson du cake :

Minutes545964707580869196102107
Température dans le foyer261234215205193192180181107178147

Comparaison poêle en fonte VS poêle de masse

A gauche le poêle d’Agir Low-Tech juste monté et, à droite, le poêle en fonte CHAPPEE

J’ai chauffé le premier hiver avec un petit poêle en fonte CHAPPEE 4kW. Au cours du 2ème hiver, au mois de janvier (en plein hiver donc), j’ai monté le poêle de masse d’Agir LowTech conçu pour les petit habitats. Donc j’ai pu comparer ces 2 « modes de chauffage » qui utilisent le même combustible, le bois, mais qui ne restituent pas son énergie de la même façon.

Edit 2024 : une vidéo a été réalisé pour mieux comprendre ce point : https://forum.poeledemasse.org/t/video-sur-le-confort-thermique-fonctionnement/2529

Préambule sur le confort thermique

Pour la suite, je vais notamment parler des températures des murs, car c’est un des facteurs du confort thermique (je parle des autres critères du confort thermique ici). Je détaille ce point car un poêle de masse « rayonne » (chaleur) et de ce fait, réchauffe les murs. Ce que ne fait pas (ou moins) un poêle « classique » qui, lui, réchauffe l’air (chaleur par convection).

Le thermomètre affiche une valeur qui peut différer de votre ressenti. En effet, la température ressentie est une moyenne entre la température de l’air et la température des parois (temp ressentie = (temp de l’air * temp paroi) / 2). Prenons l’exemple d’une maison en pierre sans isolant, l’hiver. Imaginons que votre mur de pierre soit à 14°, vous allez devoir chauffer à 20° pour avoir un ressenti de 17°. Alors que si la paroi était plus chaude (16° car isolée par l’extérieur par exemple) on atteindrait le ressenti de 17° simplement en chauffant à 18°. L’énergie économisée pour augmenter la température d’un habitat de 2° tout l’hiver est considérable. La température des parois est donc une donnée importante à prendre en compte pour le confort thermique.

Comparaison subjective/de ressenti

Le confort thermique est TRÈS différent, et bien meilleur avec le poêle de masse qu’avec le poêle en fonte :

  • La première chose, c’est qu’on a pas la surchauffe au moment de la flambée… Surchauffe qui pouvait parfois monter à ~26°C. Bon c’était le moment de se mettre tout nu pour aller sous la douche, mais souvent, on finissait par ouvrir les portes et réchauffer les oiseaux… Avec le poêle de masse, la chaleur au moment de la flambée est douce.
  • La nuit, la température ne semble quasi pas descendre.
  • La température reste extrêmement constante, toute la nuit, toute la journée…
  • Quand on se lève le matin le poêle est encore rayonnant (on le sent) – note : la maison fait 40m2, le poêle est au centre, on est toujours à max 3m du poêle.
  • Quand on ouvre les portes pour ventiler (nous n’avons pas de VMC), ~5 minutes après avoir refermé les portes, la température est de nouveau la même qu’avant ouverture.
    • ça peut s’expliquer par les murs chauds / réchauffés par le poêle de masse. Ce n’était pas le cas avec le poêle en fonte, on avait plus l’impression d’avoir « perdu des calories ».
  • Le sol est clairement plus chaud / plus agréable avec le poêle de masse. Avec le poêle en fonte, même avec des chaussons on pouvait ressentir le frais.
  • Mon amie a des problèmes de circulation sanguine, elle a souvent les extrémités froides, plus tant avec le poêle de masse (hasard ou pas….)
    • ça peut s’expliquer par le fait que la chaleur par rayonnement apporté par le poêle de masse est une chaleur par infra-rouge qui nous traverse (contrairement à la chaleur par convection, qui nous réchauffe en surface).

Comparaison chiffrée

Je me suis amusé à faire une mini étude sur le comportement thermique de ma maison (la paillourte) avec ces 2 modes de chauffages au bois que sont : le poêle en fonte et le poêle de masse.

Note : Ici, je compare seulement 2 échantillons (2 soirées), mais j’ai plusieurs échantillons de données et le constat global est identique. Et ici, c’est le constat global, pas le détail de la mesure, qui nous intéresse.

Qu’est-ce qui a été mesuré :

  • Température des murs
    • Importante dans le confort thermique comme dit précédemment
  • Température de l’air intérieur
  • Température des parois du poêle (moyenne)
    • Celle-ci montre le rayonnement du poêle (la chaleur qu’il dégage)
  • Température de l’air extérieur

Remarques :

  • Dans les 2 cas, la même quantité de bois a été brûlé (3kg de bois sec à moins de 20% d’humidité) soit environ ~12kWh d’énergie ;
  • Les 2 flambées durent environ 1h.

Résultats avec le poêle en fonte CHAPPEE (note : température du poêle sur axe Y secondaire – à droite) :

Résultats avec le petit poêle de masse tiny d’Agir LowTech (note : température du poêle sur axe Y secondaire – à droite) :

Sources des données : etudePDMAgirLowtech.ods & etudePoeleFonteChappee.ods

Observations des données :

  • Température de l’air (jaune):
    • On constate clairement que la température de l’air monte fort durant la chauffe du poêle en fonte (+3.9°C en 1h30) alors qu’elle monte très progressivement sur le poêle de masse (+1,3°C en 1h30) ;
    • On constate aussi que la température de l’air de départ, (~17°C avant flambée) est de retour au bout de ~5h avec le poêle en fonte alors qu’avec le poêle de masse, celle-ci n’est pas redescendu au bout des 20h de prise de mesures… Donc pour la même quantité de bois, la chaleur est présente plus longtemps…
  • La température des murs (bleu clair et mauve)
    • Avec le poêle en fonte : presque comme pour l’air, la température des murs monte rapidement (+2,5°C durant la flambée), mais elle commence à redescendre dès que le feu est éteint,
      • Soit la sonde prend en partie la température de l’air et ne reflète pas complètement la température du mur – ça doit être le cas, car elle était « en surface » et non « dans le mur » soit le mur est chaud seulement en surface et non en profondeur donc se refroidit plus rapidement ;
    • Avec le poêle de masse, la température monte peu durant la chauffe (+0,4°C) mais continue d’augmenter légèrement après que le feu soit éteint.
  • La température moyenne des parois du poêle (en vert sur l’axe de droite des graphiques)
    • Avec le poêle en fonte, on fait un bon de +374,3°C pour atteindre une température de surface de 392°C au max (ne surtout pas poser la main…). Celle-ci retombe très rapidement après arrêt du feu : 50% de cette chaleur à disparu après 30 minutes à partir de la fin de la flambée ;
    • Avec le poêle de masse elle monte de +51,6°C pour atteindre une température de surface moyenne de 76.6°C max. 50% de cette chaleur est encore présente 10h après la fin de la flambée.

Limites :

  • La température extérieure (en orange) n’est pas identique sur les 2 études. Il est donc difficile de comparer, mais encore une fois c’est le « mouvement général qui était visé » – je suis pas dans un labo…
  • La température des murs (bleu clair et mauve) part de plus haut sur l’étude du poêle de masse parce qu’il avait déjà fait son job, à savoir réchauffer les murs… donc les murs étaient plus chauds… (même remarque qu’au-dessus, c’était en situation réelle et non en labo…).

Les ressentis sont confirmés par les chiffres : les murs sont nettement plus chauds, plus longtemps, et ne baissent pas en température entre 2 feux. Ce qui me fait me dire que le poêle est légèrement sur-dimensionné pour mon habitat. D’ailleurs, je n’ai jamais eu besoin de faire 2 feux par jour durant ce premier hiver.

Conclusion

Je suis hyper content d’avoir ce petit poêle de masse. Il est peut être un chouilla sur-dimensionné (je dis ça car même quand il fait des températures négatives, on ne fait pas plus d’un feu par jour), mais cette chaleur que ça produit (chaleur du poêle douce + chaleur des murs) est tellement agréable.

Sur l’aspect cuisson, je suis un peu frustré, car je ne m’y suis penché qu’en fin d’hiver (on a arrêté de chauffer quotidiennement depuis mi-mars).

Je suis aussi très heureux d’avoir remis le nez dans le chauffage au bois (après ma première expérience de poêlito). Je trouve ça fascinant, hyper complet / complexe, mais passionnant. J’ai beaucoup appris, mais je me sens encore tellement novice (tellement le champ d’apprentissage est grand…).

Grand merci à Guillaume, d’Ecolowtech et Agir Low-Tech qui coordonne ce projet de petit poêle de masse.

Page d’appel aux dons du projet pour que ce poêle de masse pour petit habitat open source puisse voir le jour : https://agir.lowtech.fr/t/pdm/projets/tiny/fiche-de-presentation/

Licence : C C BY SA

Pour vos questions poêles de masse : un forum dédié aux poêles de masse open source existe ! Venez discuter du MiniMasse, du poêlito et compagnie…
forum.poeledemasse.org

Fabriquer une batterie de vélo avec des batteries d’ordinateurs de récup’ (18650)

Mise à jour 2023 : A lire impérativement, la batterie 1 an après + suite et fin

J’ai dans le projet de monter un kit électrique pour pédalier sur mon vélo (transformer un vélo classique en vélo électrique). Dans le but de réduire mon impact sur l’environnement (et aussi parce que j’aime bien les défis techniques) et après avoir vu la vidéo de Barnabé et son vélo électrique, je me suis dit que moi aussi j’essayerais bien de me fabriquer ma propre batterie pour mon vélo. L’économie de l’achat d’une batterie pour vélo est aussi un argument de poids (environ 3/4 du prix d’un kit).

Mon objectif : fabriquer une batterie 48V ~13Ah (soit 13 séries / parallèles)

Faire une batterie a base de cellules lithium issues de vieilles batteries d’ordinateurs

  • C’est donner une seconde vie à un déchet actuellement non recyclé (le litium)

Inconvénient :

  • C’est un projet sur le long court :
    • La récup’, de mon côté ça a été plutôt vite : le dépanneur informatique du village m’a donné un plein carton de vieilles batteries
    • La désossage : c’est pas le plus long…
    • Le test – je vais le détailler juste après, c’est plutôt fastidieux.
  • Sur un vélo les batteries sont vraiment sollicitées (fort courant de décharge), donc quand on part avec des batteries qui ont déjà eu une vie, même si les tests qu’on a effectués sont bons, elles vont vivre moins longtemps (l’avantage étant qu’on sera en capacité de la réparer…). J’ai lu qu’il faut envisager de renouveler 20%/an, ça veut dire que le travail de récup’ / tri / test est quasi perpétuel :-/
    • Pour minimiser cet effet, j’ai choisi de faire une batterie en 48V (en général pour les vélo c’est plutôt 36V), ce qui permet, à stockage égal, de diminuer le courant de décharge et donc de moins solliciter les batteries.

Récup’ démontage

Pour moi la récup’ a été vite faite – l’informaticien de mon village avait tout une caisse de batteries – mais ça peut être fastidieux.

A noter que maintenant, certains dépanneurs ont compris que ça valait de l’argent les cellules lithium, et n’hésitent pas à faire payer pour qu’on revalorise leur déchet…

Protocole de test

Après démontage des batteries, il y a un premier test visuel pour éliminer celles qui ne semblent pas bonnes, comme par exemple celle-ci :

Ensuite je teste la tension de chacune au multimètre et j’élimine toutes les batteries où la tension est <2V (même si certains disent que même à 1V elles peuvent être bonnes, je pense que les chances sont moindres…).

Ensuite je mets dans le testeur, (un OPUS BT C3100 pour ma part, il marche bien !) et je lance un « quick test » le testeur va tester la résistance interne (RI) de la cellule. Je garde uniquement les cellules ou le RI < 300 ohms (plus la résistance est faible mieux c’est !) pour comprendre le RI je vous conseille cette lecture.

De nouveau sur le chargeur je lance un « charge test » à 1000mA de courant. Ça va lui faire faire un cycle : charge – décharge – charge et ça va compter les « mA » qui lui reste dans le ventre (ça donne la capacité de la batterie). A cette étape, j’ai gardé uniquement les cellules >2000mA. Il faut compter 9h pour le test complet. C’est le test le plus long… En plus de mon côté je fais ça « quand il y a du soleil » avec mon installation solaire autonome donc l’hiver c’est pas tous les jours…. J’ai testé 165 cellules, avec un OPUS à 4 slot, faut compter 52 jours (à raison d’1 test/j).

Suite à la charge, j’élimine toutes les batteries qui ne montent pas au dessus des 4V une fois chargées.

2 mois après les cycles de tests, si la batterie s’est « autodéchargée » à plus de 0.07V, je l’élimine aussi.

Donc pour résumer :

  • Tension de départ (en l’état) >2V
  • Un RI < 300
  • Capacité encore > 2000mA
  • Un voltage en fin de charge >4V
  • Une autodécharge <0,07V

Pour les curieux, je vous mets une image du tableau de synthèse :

Le fichier source au format odt (open document tableur).

Statistique

J’avais récupéré une grosse trentaine de batteries de PC, chacune contient entre 4 et 8 (fréquemment 6) cellules.

Pour un total de ~210 cellules 18650, au final j’en ai utilisé 78 (et encore en cherchant bien).

Un taux de réutilisation de 36%

Assemblage

Il faut un équilibre dans les cellules, chaque parallèle doit avoir la même capacité (Ah testé plus haut). Pour cela vous pouvez utiliser un site qui fait ça pour vous : https://www.repackr.com. Un extrait de ce que ça m’a donné :

2457   2364   2563  …
2445   2331   2346  …
2440   2273   2331  …
2132   2264   2281  …
2108   2243   2092  …
2098   2207   2067  … encore 10 colonnes...

Ici chaque colonne représente une parallèle. la première colonne = 13680mA, la seconde 13682mA… bref le logiciel mixe les cellules pour obtenir une capacité uniforme sur chaque parallèle.

Pour l’assemblage « physique » Il y a 2 grands choix :

  • Assembler soudé avec bus bar + fil fusible, c’est une solution très économique mais pour changer quelques cellules défectueuses, ça devient très pénible je trouve ;
  • Assembler par « serrage ». Il y a différents types : vruzend, 18650.lt… C’est plus cher, mais ça me semble plus simple à démonter en cas de pépin isolé…

J’ai choisi un assemblage par serrage pour faciliter le démontage (dans l’optique ou il faut changé 20% des cellules / ans ça me semble plus pratique…).

Le schéma global 13 séries, 6 parallèles :

Le BMS

Le BMS (Battery Management System) est un système électronique permettant le contrôle et la charge des différents éléments d’une batterie d’accumulateurs

Il surveille l’état de différents éléments de la batterie, tels que : tension température, état de charge, état de santés…

Wikipedia fr BMS

C’est donc un élément indispensable pour gérer les batteries 18650. Il se choisi en fonction du nombre de cellules que vous avez à connecter en série (ici c’est donc un 13S).

Pour faciliter le branchement, j’ai installé un connecteur étanche XT90 (que vous voyez en jaune).

Petite sacoche

Ma couturière préféreé ma confectionné une sacoche étanche. Pour éviter le poinçonnage sur la sacoche j’ai ajouté une chute de membrane EPDM (de reste de ma toiture) mais elle n’est pas visible sur ces photos.

Rendu sur le vélo

Voilà ce que ça donne sur le vélo. Je n’explique pas ici comment j’ai installé mon kit moteur Bafang car c’est déjà bien documenté sur internet.

J’ai mis la batterie sous le cadre avant ce qui permet de mieux équilibrer le poids du vélo (c’est un vélo hollandais, la roue arrière porte déjà beaucoup a cause de la posture du cycliste) et ça permet aussi de conserver un porte bagage utilisable.

Prix

En gros voilà ce que ça m’a coûté en €.

  • Connecteurs XT90 M/F : 2,5€
  • BMS 13S 48V 20A Li-ion Cell Battery ANN Balanced E-bike 18650 : 25€
  • Pour l’assemblage : Vruzend V2 18650 Battery Kit : 35 x 3 = 105€

Total : ~130€, une batterie similaire (13A 48V) coûte entre 250€ et 400€

Et comme dit plus haut c’est énormément de temps… donc ce n’est économiquement pas hyper viable mais écologiquement ça se tient, c’est donner une seconde vie à des batteries qui seraient parties à la poubelle (en France il n’y a actuellement aucun circuit de recyclage pour les cellules lithium, ça coûte moins cher d’exploiter les gens loin…).

Retour d’expérience

Cela fait maintenant plusieurs mois que j’utilise mon vélo (maintenant) électrique avec mon moteur Bafang et franchement, ça change la vie. Moi qui n’ai pas de voiture, ça permet d’étendre son périmètre de circulation de façon non négligeable. De plus le vélo est encore utilisable « sans l’électricité » en retirant la batterie car le moteur est placé à un endroit qui ne déséquilibre pas le vélo.

Notez que j’ai acheté mon kit avec une batterie. J’ai donc 2 batteries, une « neuve » et une « de récup » (dont cette page rend compte). Pour le moment, je ne constate pas de grande différence en terme de tenue de charge (complexe à comparer). En tout cas, la batterie « de récup » me satisfait. Je fais entre 50 et 80km avec un charge de batterie (ça dépend comment j’appuie sur les pédales/le chargement… Mais pourquoi diable as-t-il acheté une batterie « neuve » ? Et bien :

  1. Parce que je suis en situation d’autonomie électrique et l’hiver il y aura certainement des moments ou je ne pourrai pas recharger, ça me fait du stockage en plus donc.
  2. Parce que c’est BEAUCOUP de temps de faire sa batterie de vélo, et que je commençais à douter d’y arriver et je ne sais pas si je vais avoir le jus pour changer 20% des cellules / ans…

Aller plus loin

Le poêlito (poêle rocket) d’Antoine

Antoine, un ami, s’installe en yourte avec sa petite famille. Je l’ai aidé à fabriquer son poêlito 200. Je ne vais pas trop m’étaler dans le détail sur la fabrication car j’ai déjà fait un article sur ce sujet que vous pouvez relire ici.. De plus, nous avons suivi quasi à la virgule les plans de Vital (le concepteur).

Nous avons passé environ 4 jours à le fabriquer. Antoine est doué en récup’, ça lui aura coûté moins cher que le mien (moins de 270€ donc).

Nous avons utilisé approximativement ~100kg de Chamotte, ~10L de vermiculite et ~45kg de ciment fondu (on y allait fort en ciment à mon goût).

Voici la liste du matériel / outillage / consommable mis à jour pour l’occasion :

J’avais pondu un diagramme de Gantt histoire qu’on ne perde pas de temps et qu’on parallélise certaines tâches étant donné que nous étions 2. Le voici : PlanningTacheGantt.pdf.

Antoine a récupéré en amont tout le matos, il avait décapé le bidon et il y avait mis une première couche de peinture histoire qu’il ne s’oxyde pas :

Première coulée de béton isolant :

Le temps que ça sèche, on prépare les conduits d’évacuation et le cendrier

Je n’ai pas de photo de la 1ère petite coulée de béton réfractaire à la vermiculite mais elle a bien eu lieu.

On attaque donc par un long moment (5 bonnes heures) de coffrage. Le coffrage est plus simple que pour mon poêlito surtout dans la partie qui va vers la remontée de flamme. En fait il est conforme au plan de Vital. J’avais cru bon d’arrondir les angles mais apparemment, à cet endroit-là, on cherche à créer des turbulences… Antoine avait réussi à récupérer beaucoup de tuyau de bon diamètre ce qui a aussi facilité grandement le travail. Nous avons quand même été contraints d’enrouler du carton sur des tubes à certain endroits pour avoir des côtes justes.

Antoine n’a pas souhaité faire de réservation pour évacuer le sable en cas de déménagement : il a un aspirateur de chantier, il compte donc l’aspirer… Du coup, ça lui fait un poêle un peu plus lourd, il aura donc plus d’inertie…

Le ciment fondu  fait sa prise en 5 – 30 minutes. On doit attendre 6 heures pour la mise en service et 48 heures pour la mise à température (progressive). Nous avons laissé passé la nuit puis nous avons retiré à la main ce qu’il était possible de retirer puis brûlé le reste :

Il reste ensuite plein de petites choses à faire :

Et voilà le travail :

Il est reparti avec. Il lui reste à terminer de décaper la cloche, les bouchons, de terminer la peinture et toute les finitions une fois qu’il sera en place (sceller au béton d’argile, ajout du sable, mise en place du joint pour la vitre…)

Nous n’avons pas réussi à faire un test satisfaisant dans le temps qui nous était imparti. En effet le béton n’était pas complètement sec, nous étions en courant d’air, la cheminée n’était pas droite et le vent s’engouffrait à l’intérieur ce qui avait pour effet d’inverser le tirage. Ceci étant dit, je pense qu’on l’a fait dans les règles de l’art, je ne me fais donc pas de soucis pour son fonctionnement en place.

Arrivé chez lui, Antoine à depuis récupéré sa vitre, il l’a découpé et a fait tourné son poêle. Il nous raconte :

Voici mon petit retour d’expérience après 5 jours.

Le poêle est au top, il fonctionne a merveille. Juste un petit problème de fumer lors du deuxième allumage, mais ça c’est parce-que nous nous y somme pris a l’arrache.
 
Le plus important c’était d’arriver a récupérer une vitrocéramique pas trop cher, du coup j’ai dégotter sur le bon coin une plaque pour 25 euros et je l’ai déshabiller. Une fois la plaque prête, j’ai fait un patron en carton en suivant les dimensions de découpe sur le blog de David. 
 
Pour la découpe il faut :
Une carrelette qui va bien avec refroidissement a eau (lame qui trempe dans un récipient)
Une lame notée a 2 diamants minimum, 3 c’est mieux. La mienne a coûter 39 euros.
J’ai d’abord découper sans guide pour me créer un guide pour la découpe finale.
L’utilisation du scotch aide pour le marquage et également afin d’éviter d’avoir du verre qui vole.
 
J’ai vraiment pris mon temps et après 30 minute j’avais ma plaque de poelito faite.
 
Apres avoir utiliser le poêle sans sable pendant 5 jours, on réalise a quel point la masse est importante. J’ai donc rajouter mes 10 mètres de cuivre (qui me serviront d’échangeur pour l’eau chaude sanitaire) aujourd’hui autour de la cloche et percé deux trou dans le poêle pour l’arrivée et la sortie.
J’ai ensuite ajouter le sable qui était bien humide doucement, puis j’ai posé la vitre, au moment de refermer le couvercle du poêle j’ai un peu trop forcé et j’ai peter la vitre en 3 morceaux…..
Pas de panique, on garde son sang froid et on cherche un solution. Comme maintenant je sais découper la vitrocéramique, j’en cherche dans les environ. Il n’y a rien a 150km a la ronde. Je me dis alors qu’une réparation de fortune s’impose et la j’ai miraculeusement un epoxy metal restant a la chaleur. je l’applique comme un joint et replace ma vitrocéramique. Pendant que j’écris ces quelques lignes le poêle fonctionne a merveille avec cette réparation. Des que je trouve une occasion je la remplacerai.

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