[VENDU] Mise en vente de notre yourte

La yourte est vendu !

C’est bon, on est décidé : on va la vendre notre yourte ! Oui parce qu’une yourte + une paillourte on aurait trop peur de s’embourgeoiser avec tout cet espace… 😉

Quand ? Dans notre idéal ça serait de la voir partir fin août 2019 (le temps de bien finir la paillourte) mais tout est discutable… En tout cas on aimerai être fixé avec un acheteur dès que possible.

Pour vous rafraîchir la mémoire :

Pour rappel un petit descriptif de la yourte :

  • Yourte de 7m de diamètre (~40m²)
  • Fabrication la frênaie
  • Sous lambourdage en douglas
  • Plancher isolé en liège finition parquet
  • Perche en frênes écorcé
  • Isolé avec 12cm de laine de mouton
  • Toile intérieur en coton blanc (drap recyclé)
  • Toile extérieur acrylique qui a déjà été entretenu selon les recommandations de la frênaie (nettoyage + ré-imperméabilisant)
  • Ouverture en chêne (triple baie avec ouverture au Sud + porte vitré à l’Est)
  • Dôme ouvrant en plexiglas
  • 1er montage en Mai 2016
  • Valeur neuve : 20 000€

On propose notre yourte à la vente pour 14500€, ça comprend :

  • La yourte (bien sûr) et son planché, son sous lambourdage, les cordages… bref tout !
  • Accompagnement au démontage
  • Accompagnement au montage si besoin, si pas trop loin, si dispo… Mais normalement si tu l’as vu se démonter c’est pas sorcier à remonter
    • Sur ce point je pense que ça serait intelligent pour votre propre autonomie que vous le fassiez seul, c’est le meilleur moyen d’apprendre et de s’autonomiser parce que je serai pas là au prochain démontage… (et j’ai de la doc pour le montage…)
  • Un grand nettoyage de la toile extérieur + réimperméabilisant qui a été fait en Mars
  • Une remise à neuf des huisseries (ponçage + traitement extérieur)
  • Le parquet à été entièrement poncé passé à l’huile dur en Mai dernier
  • l’installation électrique de la yourte (pas les panneaux solaire hein, je parle des les prises, interrupteur, disjoncteur etc… C’est quelque chose que j’ai pensé démontable et modifiable à souhait – on pourra en reparler mais c’est l’objet de cet article.

En option on propose :

  • Les produits d’entretiens de la toile de la yourte qui nous reste. On avait pris de quoi faire 2 entretiens, on en a fait un en Mars 2019, il en reste de quoi en faire un autre. On en a eu pour 357€ chez yourteco, on a fait les bidon de reste à 150€ (nettoyant + imperméabilisant)
  • Le poêlito pour 500€ + 200€ de fumisterie (neuf il y en a pour 172€ de tuyau simple peau (~3m50 50€ le m) + 140€ pour 1m de double peau). Je penses que c’est très pertinent pour ce type d’habitat d’avoir un poêle de masse semi démontable, nous on en est hyper content. C’est quasi donné, si on considère le temps de fabrication / de recherche (plus d’un mois) + le coût des matériaux…)

N’hésitez pas à me contacter si ça vous intéresse.

La yourte vue par la caméra thermique

On m’a prêté une caméra thermique alors je me suis amusé… Et j’ai notamment passé au crible la yourte.

Au départ, j’avais peur de la jonction « mur-toit ». En fait, avec la retombée de l’isolant dans le gallon (le bas de la toile de toit resserré par une corde) et l’épais « boudin » formé, ça le fait plutôt bien : pas de pont thermique à cet endroit. Par contre, au-dessus des portes, il y a un beau pont thermique visible :

Le sol mériterait quelques centimètres d’isolant en plus :

C’est la jonction sol-mur qui n’est vraiment pas terrible (j’ai pris la photo plein Nord, donc c’est encore plus criant) :

Le dôme en plexiglas est, sans surprise, LA grosse passoire de la yourte :

On observe que l’isolant à un peu glissé, qu’il ne jointe plus vraiment la couronne.

Ceci étant, le confort thermique de la yourte reste encore très bon comme je l’ai expliqué ici. De ma vie d’ancien locataire, j’ai jamais eu de maison aussi facile à chauffer 🙂

Et pour terminer, quelques photos du poêlito en fonctionnement. Photos prises en début de chauffe, donc toute la masse n’a pas récupéré son plein potentiel. Par la suite, ça s’uniformise un peu mais j’ai plus la photo :-/ :


Rond VS carré : 11% d’économie de matériaux en construisant du rond

Oui, construire en rond, c’est pas seulement beau (de mon point de vue), c’est pas seulement harmonieux (pareil), ça semble aussi plus économique/écologique.

La démonstration mathématique

Pour le vérifier, on cherche à définir les périmètres respectifs d’un carré et d’un cercle de même surface.

Prenons une surface de 100m².

Voici une formule pour trouver le périmètre d’un carré avec sa surface : P = 4 √x (où x est la surface).
Dans notre cas, P = 4 √ 100 = 40m

Voici une formule pour trouver le périmètre d’un cercle avec sa surface : P = 2 π √( x/π ) (où x est la surface).
Dans notre cas P = 2 π √( 100/π ) = 35,45m

Construire en rond fait économiser 11% de matériaux.

Petit tableau avec différentes surfaces :

Source du document au format ODS

Alors quoi, les animaux et les peuples qui construisent en rond (nid, terrier, tipi, igloo, yourte, grotte, case…) ont (in)consciemment compris ça et pas nous ?

Cela veut aussi dire qu’il y a moins de déperdition thermique sur un bâtiment rond que sur un bâtiment carré (à surface égale) vue qu’il y a moins de surface de mur en contact avec l’extérieur… Cela veut donc dire économie de chauffage pour le rond (théorique bien sûr et c’est en comparant 2 bâtiments à performance énergétique identique)

Le bémol

Le bémol c’est qu’on vit dans un univers carré, les industriels produisent du carré, des parallélépipèdes. Donc a moins d’optimiser, d’utiliser au maximum des matériaux qu’on peut contraindre à faire du rond (bambou, paille…) ou qu’on peut façonner (la terre) il y a de la perte quand on fait un rond avec du carré. Par exemple, mon plancher de yourte est constitué de lames de parquet rectangle : quand on coupe le rond, ça fait un peu de perte… Par contre, les murs en paille enduits de terre forment un rond parfait, sans perte (la botte de paille étant « souple », elle se contraint à la courbe).

Spéciale dédicace à Nico et Juliette 😉 qui m’ont donné ce tuyau. Merci à Marion pour les calculs mathématiques.

Le poêlito (poêle rocket) d’Antoine

Antoine, un ami, s’installe en yourte avec sa petite famille. Je l’ai aidé à fabriquer son poêlito 200. Je ne vais pas trop m’étaler dans le détail sur la fabrication car j’ai déjà fait un article sur ce sujet que vous pouvez relire ici.. De plus, nous avons suivi quasi à la virgule les plans de Vital (le concepteur).

Nous avons passé environ 4 jours à le fabriquer. Antoine est doué en récup’, ça lui aura coûté moins cher que le mien (moins de 270€ donc).

Nous avons utilisé approximativement ~100kg de Chamotte, ~10L de vermiculite et ~45kg de ciment fondu (on y allait fort en ciment à mon goût).

Voici la liste du matériel / outillage / consommable mis à jour pour l’occasion :

J’avais pondu un diagramme de Gantt histoire qu’on ne perde pas de temps et qu’on parallélise certaines tâches étant donné que nous étions 2. Le voici : PlanningTacheGantt.pdf.

Antoine a récupéré en amont tout le matos, il avait décapé le bidon et il y avait mis une première couche de peinture histoire qu’il ne s’oxyde pas :

Première coulée de béton isolant :

Le temps que ça sèche, on prépare les conduits d’évacuation et le cendrier

Je n’ai pas de photo de la 1ère petite coulée de béton réfractaire à la vermiculite mais elle a bien eu lieu.

On attaque donc par un long moment (5 bonnes heures) de coffrage. Le coffrage est plus simple que pour mon poêlito surtout dans la partie qui va vers la remontée de flamme. En fait il est conforme au plan de Vital. J’avais cru bon d’arrondir les angles mais apparemment, à cet endroit-là, on cherche à créer des turbulences… Antoine avait réussi à récupérer beaucoup de tuyau de bon diamètre ce qui a aussi facilité grandement le travail. Nous avons quand même été contraints d’enrouler du carton sur des tubes à certain endroits pour avoir des côtes justes.

Antoine n’a pas souhaité faire de réservation pour évacuer le sable en cas de déménagement : il a un aspirateur de chantier, il compte donc l’aspirer… Du coup, ça lui fait un poêle un peu plus lourd, il aura donc plus d’inertie…

Le ciment fondu  fait sa prise en 5 – 30 minutes. On doit attendre 6 heures pour la mise en service et 48 heures pour la mise à température (progressive). Nous avons laissé passé la nuit puis nous avons retiré à la main ce qu’il était possible de retirer puis brûlé le reste :

Il reste ensuite plein de petites choses à faire :

Et voilà le travail :

Il est reparti avec. Il lui reste à terminer de décaper la cloche, les bouchons, de terminer la peinture et toute les finitions une fois qu’il sera en place (sceller au béton d’argile, ajout du sable, mise en place du joint pour la vitre…)

Nous n’avons pas réussi à faire un test satisfaisant dans le temps qui nous était imparti. En effet le béton n’était pas complètement sec, nous étions en courant d’air, la cheminée n’était pas droite et le vent s’engouffrait à l’intérieur ce qui avait pour effet d’inverser le tirage. Ceci étant dit, je pense qu’on l’a fait dans les règles de l’art, je ne me fais donc pas de soucis pour son fonctionnement en place.

Arrivé chez lui, Antoine à depuis récupéré sa vitre, il l’a découpé et a fait tourné son poêle. Il nous raconte :

Voici mon petit retour d’expérience après 5 jours.

Le poêle est au top, il fonctionne a merveille. Juste un petit problème de fumer lors du deuxième allumage, mais ça c’est parce-que nous nous y somme pris a l’arrache.
Le plus important c’était d’arriver a récupérer une vitrocéramique pas trop cher, du coup j’ai dégotter sur le bon coin une plaque pour 25 euros et je l’ai déshabiller. Une fois la plaque prête, j’ai fait un patron en carton en suivant les dimensions de découpe sur le blog de David. 
Pour la découpe il faut :
Une carrelette qui va bien avec refroidissement a eau (lame qui trempe dans un récipient)
Une lame notée a 2 diamants minimum, 3 c’est mieux. La mienne a coûter 39 euros.

J’ai d’abord découper sans guide pour me créer un guide pour la découpe finale.
L’utilisation du scotch aide pour le marquage et également afin d’éviter d’avoir du verre qui vole.
J’ai vraiment pris mon temps et après 30 minute j’avais ma plaque de poelito faite.
Apres avoir utiliser le poêle sans sable pendant 5 jours, on réalise a quel point la masse est importante. J’ai donc rajouter mes 10 mètres de cuivre (qui me serviront d’échangeur pour l’eau chaude sanitaire) aujourd’hui autour de la cloche et percé deux trou dans le poêle pour l’arrivée et la sortie.
J’ai ensuite ajouter le sable qui était bien humide doucement, puis j’ai posé la vitre, au moment de refermer le couvercle du poêle j’ai un peu trop forcé et j’ai peter la vitre en 3 morceaux…..

Pas de panique, on garde son sang froid et on cherche un solution. Comme maintenant je sais découper la vitrocéramique, j’en cherche dans les environ. Il n’y a rien a 150km a la ronde. Je me dis alors qu’une réparation de fortune s’impose et la j’ai miraculeusement un epoxy metal restant a la chaleur. je l’applique comme un joint et replace ma vitrocéramique. Pendant que j’écris ces quelques lignes le poêle fonctionne a merveille avec cette réparation. Des que je trouve une occasion je la remplacerai.

La yourte dans la revue « La maison écologique »

Nous avons reçu Gwendal de la revue la maison écologique au sujet de notre yourte et de ce qui va autour…  Retrouvez le reportage complet dans le magazine La Maison écologique n°101, dans les kiosques de fin septembre à fin novembre 2017, en commande sur www.lamaisonecologique.com. ou lisez l’article en ligne. Voici la petite vidéo teaser qui va avec l’article :

[video] Visite de mon installation électrique solaire photovoltaïque autonome

Les articles en lien avec la vidéo :

Poêlito, retour d’expérience après un hiver

Un camarade yourteux m’a dit « tu vas voir, une yourte ça se chauffe porte ouverte ». Et bien nous, avec notre poêlito (rocket stove semi démontable), nous n’avons pas eu à ouvrir les portes de tout l’hiver. Il faudrait donc plutôt dire « une yourte sans poêle de masse ça se chauffe porte ouverte ».

Sans poêle de masse

Il faut savoir que dans une yourte sans poêle de masse, il fait rapidement trop chaud quand on allume le poêle (c’est pour ça qu’on chauffe porte ouverte). Mais dès que le poêle s’arrête, on perd toute la chaleur gagnée. Ce phénomène est présent quelle que soit l’isolation de la yourte, car c’est dû à l’absence de masse (pas de dalle, de mur en pierre qui accumule et restitue la chaleur…). Du coup, beaucoup de yourteux laissent une bûche dans le poêle la nuit avec le tirage au minimum, pour qu’il ne fasse pas trop froid. Je vois deux problèmes à cette pratique :

  1. Le tirage minimum, ça pollue (la combustion du bois n’est pas complète) ;
  2. Un feu qui brûle la nuit sans surveillance, c’est un risque d’incendie potentiel.

Avec un poêle de masse

Nous venons de vivre notre premier hiver dans la yourte chauffée avec le poêlito. Je dois dire qu’il tient ses promesses !

Niveau consommation : on a brûlé à peine 2 stères (de bois de récup, résineux, palette…)

Petite patate sauté au poile/poêle (pouet)

On faisait une flambée le matin au réveil et une le soir. Le reste du temps on bénéficie du doux rayonnement de la masse…

Le soir on allume généralement vers 18h30, comme ça c’est chaud à 19h et on peut faire la cuisine dessus. On le pousse bien, mais on arrête quand il fait ~22°. Aucune difficulté à se mettre tout nu à ce moment là, c’est donc le bon moment pour la douche (d’autant plus que l’eau a eu le temps de chauffer sur le poêlito). Le matin, au réveil, il fait généralement ~11°, c’est pas la torture, on allume et on rattrape vite les 13° qui sont tenables dans cette yourte (lire mon article sur le confort thermique de la yourte pour comprendre pourquoi on n’a pas froid à 13°).

Les flambées durent entre 1h et 2h30 (ça dépend de la température extérieure) mais pour chauffer bien toute la masse, en partant à froid, il faut bien  2h30, 3h. Évidement, ça dépend du bois, de la météo, du tirage…

Comparaison

Je tente un résumé comparatif pour une yourte avec un poêle de masse et avec un petit poêle à bois « standard » :

Avec poêlito Sans poêlito
Gain en °C après allumage Plutôt rapide (avec la vitre) Très très rapide
Perte des °C après arrêt du poêle Plutôt lent (la masse se décharge) Très très rapide
Risque d’incendie Très faible (allumé ~4h/24h), pas de feu sans surveillance la nuit Plutôt élevé (allumé ~15h/24h, tirage au minimum la nuit)
Pollution Limitée : Quand le poêle est allumé, le tirage est au maximum (on maximise la combustion du bois, pas de fumée en sortie de poêle une fois allumé) Le tirage mis au minimum la nuit occasionne une mauvaise combustion du bois et donc de la pollution dans l’air
Temps passé à entretenir du feu Très faible Fréquent
Encombrement Plutôt encombrant Faible
Plaque de cuisson Présente, efficace ! Rare
Nomadisme Semi nomade (il faut quand même vider la masse et le trimbaler) Plutôt nomade

A ça, j’ajouterai que le poêlito (comme tout les rocket stove) est compliqué à appréhender pour quelqu’un qui n’a jamais allumé un rocket stove. C’est même souvent plus compliqué pour quelqu’un qui sais allumer un feu car ça ne veut pas dire savoir allumer un rocket stove, il faut ré-apprendre… Mais après une petite initiation, c’est dans la poche et très accessible.

En vrac, sur le poêlito

Petit truc pour la cuisine sur le poêle : Nous avons un diffuseur de chaleur (5€), c’est très pratique pour faire griller du pain le matin (pas de grille pain électrique, sur notre modeste installation électrique autonome) sur le gaz ou sur le poêle. On s’en sert aussi entre la plaque de cuisson du poêle et la gamelle quand la chaleur est trop forte pour éviter que le repas ne brûle.

On m’avait mis en garde sur le fait que l’allumage à froid était fastidieux (Loïc propose une amélioration pour plus de simplicité). Effectivement c’est pas aussi simple que d’appuyer sur un bouton mais c’est pas si pénible. En effet, il faut mettre de l’alcool à brûler dans le T à l’arrière et l’enflammer afin de réchauffer le conduit d’évacuation. De cette façon, l’allumage se fait au mieux (la procédure complète à la fin du manuel de construction). On a réussi à s’y tenir, du coup ça marche bien. Je me suis quand même équipé d’un briquet tempête allume gaz, ce qui facilite l’allumage dans le T (quand on ouvre le T, ça crée du tirage et ça avait tendance à éteindre la flamme du briquet…).