Je suis adhérent de l’AFPMA et j’administre le forum poêle de masse open source. Je vois de nombreuses demandes de poêles de masse inclues la production d’eau chaude sanitaire (ECS). Jusqu’alors, cette option était loin d’être simple à mettre en œuvre sans dégrader la combustion, c’est à dire polluer. De plus, ce type de poêles restait difficile à dimensionner car il n’y avait pas de données disponibles.
Pour éviter les solutions au doigt mouillé, J’ai créer une petite feuille de calcul (expérimentale) construite à partir d’une campagne de mesures de l’AFPMA réalisée sur plusieurs installations chez les artisans poêliers membres de l’association.
Avertissement : cette feuille est un premier jet. Elle donne des ordres de grandeur et demande à être consolidée avec davantage de mesures. Contactez l’AFPMA pour participer à une campagne de mesures.
À quoi sert cette feuille
L’objectif est simple : relier la flambée à un effet ECS mesurable.
La feuille permet notamment de répondre à ce genre de questions :
Avec X kg de bois dans le foyer, quelle énergie peut être transmise ballon d’eau chaude ?
Pour un ballon de Y litres, de combien de degrés la température peut s’élever ?
Au passage, cet outil aide à remettre l’ECS “sur poêle de masse” à sa place : il s’agit souvent d’un appoint très utile, mais rarement “tout l’ECS”.
Comment ça marche
La feuille s’appuie sur une chaîne d’hypothèses :
Énergie du bois (kWh/kg) × masse de bois
Part moyenne transmise au circuit ECS (ratio issu de la campagne de mesure)
Rendement de l’échange eau-eau (là aussi paramétrable)
Conversion en élévation de température d’un volume d’eau (ballon)
Les entrées (3 cases)
Capacité/charge de bois (kg)
Volume du ballon d’ECS (L)
Température de départ du ballon (°C)
Les sorties
Énergie estimée “dans l’échangeur”
Énergie estimée “pour le ballon”
Élévation de température (°C) puis température finale estimée
Les constantes (modifiables)
Les valeurs utilisées (énergie/kg, ratio moyen, rendement eau-eau…) sont regroupées dans un onglet dédié pour pouvoir être discutées, corrigées et améliorées au fil du temps.
Arrivé du kitKit installé par Villeveygoux christopheÉchangeur de surface sur le MiniMasse de David MercereauÉchangeur dans la double peau par Emile LanselleInstallation chez Damien Lehmann
Participer à une campagne de mesure
L’idée est maintenant d’ouvrir le champ de cette campagne de mesures et d’obtenir plus de mesures avec ce kit : plus nous aurons de données, plus nous pourrons affiner les ratios, comprendre les écarts, et améliorer la feuille de calcul.
Un mode d’emploi vous sera fourni avec le kit (montage, purge/éviter les bulles, connexion, récupération des relevés, éléments à documenter…). Malgré cela il vaut mieux être un peu bricoleur et ne pas avoir peur de la plomberie. Vous allez devoir purger votre installation, insérer le compteur, remettre en eau votre installation… Voici le déroulé d’une campagne de mesure :
Vous récupérez le kit (envoi par transporteur)
Vous installez le compteur et lancez l’acquisition (un peu de plomberie à prévoir)
Vous réalisez quelques flambées “propres” (pesée du bois, prise de notes…)
Vous envoyez les relevés et les informations d’installation pour permettre l’exploitation des données
Cette feuille de calcul est destinée à être partagée et améliorée, avec l’idée de faire progresser le “commun” autour des poêles de masse et de la production d’eau chaude.
J’ai déjà publié mon bilan carbone (eq CO₂) et j’ai pu faire le constat que je n’était pas rendu au 2T de CO₂ équivalent nessécaire d’ici 2030 pour pas dépasser les 1,5°C de réchauffement global (dit le GIEC au moment ou j’écris). Je suis plutôt à 3… On est quand même pas si loin (par rapport au Français moyen qui est plutôt à ~10). Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu discuter des Low-Tech qui était à l’œuvre pour arrivé à ces 3T et elle en a fait une vidéo que voici :
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Des articles en liens avec ce dont on va la vidéo :
Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer David, qui nous explique les postes de consommation les plus énergivores, son principe d’autocontrainte qui lui permet de diviser par 10 sa consommation d’eau et par 14 sa consommation électrique par rapport à la moyenne française.
Quelles low-tech met-il en place pour limiter son impact environnemental ? Il nous livrera aussi sa vision et son retour d’expérience sur l’autonomie énergétique.
David et sa famille appliquent une vraie philosophie de vie autour d’une remise en question fondamentale de leurs besoins, leur permettant d’être à presque 2 tonnes équivalents CO₂ par an et par personne, quand la moyenne française est à 9,8 tonnes. Tu trouveras plus de détails dans son article « Bilan CO₂ : Mon mode de vie n’est pas soutenable ».
Une sobriété qui leur permet de reconsidérer leur rapport au travail, à l’argent et au temps.
David donne des formations sur le poêle de masse et sur le solaire photovoltaïque (voir par exemple la page Carnet de Yourte et les stages autour de l’autonomie électrique solaire). Il a d’ailleurs collaboré avec le LowTech Lab sur la construction d’un poêle de masse, et fait partie d’Agir Low-Tech, un fonds de dotation qui fait de la recherche et du développement sur des solutions low-tech dont le partage de connaissances est diffusé librement.
La section LowTech de l’École Centrale de Nantes vient même étudier le mode de vie low-tech de David. Il tient un blog très bien documenté sur ses retours d’expérience où il partage tout autant ses modes d’emploi que ses erreurs. Je vous recommande vraiment d’aller le voir : c’est une vraie mine d’or. Sa devise d’ailleurs : « Le savoir n’est rien s’il n’est pas partagé. » Et je suis bien d’accord avec lui.
Une vidéo sur sa paillourte et son cheminement constructif viendra par la suite. J’espère que cela pourra vous inspirer à passer au low-tech, et, pour ceux qui y sont déjà, à développer encore votre esprit low-tech.
Comment es-tu venu à avoir une vie low-tech ?
Je suis venu un peu sur cette démarche-là par le pendant écologie, sobriété, tout ça. Je pense que ma prise de conscience s’est faite – j’ai l’impression, comme pas mal de gens – par l’alimentation : mettre le pied dans « Ah ouais, le bio c’est quoi ? », l’agriculture, etc.
Et puis, après, tout ce petit chemin m’a emmené à une prise de conscience de plus en plus ancrée.
Il y a eu un moment où je n’étais plus trop aligné avec mes convictions profondes, et je me suis dit qu’il fallait passer un cap, un gap même.
On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu ça, le point de bascule. Même si je faisais des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort.
Cette yourte nous permettait assez rapidement de tester tout ça : d’arriver avec un petit habitat pas trop cher, assez vite à construire. On a mis un mois, un mois et demi à la construire, et du coup, bam, on est arrivés, on a pu s’installer, et après c’était bon.
Un mois et demi, c’était fatiguant, c’était un gros mois et demi, mais il nous restait un peu de jus pour essayer d’autres trucs.
À cette période-là, j’ai pu me lancer à expérimenter le poêle de masse (c’était le Poilito à l’époque), le four solaire, tous les trucs qu’on avait envie de tester.
Je pense aussi que ce qui nous a fait avancer vers la sobriété, c’est qu’on a fait table rase.
On avait la yourte, on avait des murs, et au début on n’avait pas l’eau, pas l’électricité, rien. Il y avait tout à construire.
Du coup, clairement, tu repars de zéro. C’est l’inverse du mec qui s’installe dans sa maison avec tout le confort habituel et qui doit ensuite déconstruire. Là, on avait tout à construire et il faut prioriser.
Tu te dis :
« OK, il me manque quoi ? L’eau, c’est pas mal quand même. » → On avance.
« L’électricité, c’est pas mal quand même. » → On avance.
« Finalement, pour faire la vaisselle, c’est urgent. » → On fait ça.
« Après, il nous faut un petit coin pour se laver. » → On fait ça.
On a fait un baquet, on n’avait pas l’eau courante, et finalement ça fait 9 ou 10 ans qu’on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche… et ça va bien.
Du coup, on a pu travailler sur notre confort et notre besoin de confort petit à petit, en repartant de zéro.
Je pense que c’est ça qui nous a emmenés vers la sobriété.
C’est difficile de vivre dans ce monde d’abondance et de retirer des couches, alors qu’ajouter des couches, des petites couches, et se demander si la couche suivante est nécessaire, vitale, tout ça, c’est plus facile.
Nous, on est partis de ce truc-là d’autocontrainte, parce qu’un monde d’abondance, ça emmène à la surconsommation. On le voit bien.
Typiquement, pour l’eau :
Quand on a installé l’eau, on avait un robinet qui arrivait, mais on l’a volontairement fait arriver à l’extérieur de la maison, juste devant. On passait la porte, et il y avait le robinet d’eau.
Ce simple truc te fait rationaliser tes comportements.
Pour la vaisselle, j’avais mis en place un système de double jerrican :
un jerrican d’eau propre,
qui se vidait dans l’évier,
puis l’eau allait dans un jerrican d’eau sale.
Après, tu vas mettre le jerrican d’eau sale dans le jardin, et tu remplis un jerrican d’eau propre.
Ce simple truc-là, mine de rien, quand le jerrican est vide, il faut aller porter 20 L d’eau. Même si c’est juste devant la porte, c’est 20 L d’eau à porter pour arroser le jardin. 20 L d’eau, c’est 20 kg, donc deux fois 20 kg à porter.
Ça te fait rationaliser ton comportement.
Ce truc de l’autocontrainte, je pense que c’est assez fort.
C’est aussi un peu pour ça qu’on a été vers l’autonomie électrique. Au début, on était en autonomie électrique solaire : on a une quantité finie d’énergie. C’est le cas en vrai, même sur le réseau, mais nous on a ce sentiment d’infini.
Tant qu’on est capable de payer la facture – et encore, c’est différé, c’est à la fin du mois – ce n’est pas tout de suite que tu vois les euros, les watts ou les litres défiler. Ce n’est pas palpable.
Donc tu tires, tu tires.
Si tu es sur un puits, tu vois que ton puits baisse, baisse, baisse, et à un moment donné tu ne vas peut-être plus nettoyer ta voiture ou remplir ta piscine.
Je n’ai pas du tout le parcours « carte postale » qu’on aime bien raconter dans les médias :
« J’étais à Paris, j’étais trader, j’ai tout quitté, je suis allé m’installer dans la Creuse… »
Non. Ça a été hyper progressif.
J’avais un travail ; j’ai toujours cherché à travailler moins pour gagner moins et vivre mieux.
Toujours ce truc de ne pas passer ma vie au travail : plus de temps, moins d’argent. Du coup, tu fais ton potager, tu fais des trucs qui te prennent plus de temps mais moins d’argent, et c’est OK.
On a divisé nos besoins.
Un Français moyen, c’est à peu près 7 kWh par jour et par personne.
Quelle est votre consommation énergétique et en eau ?
Nous, notre besoin, c’était 500 Wh jour par personne. On avait divisé quasi par 14.
Ça, c’est en période de « pas de soleil », l’hiver. Donc pas de frigo, pas de chauffage électrique, pas de ballon d’eau chaude, etc.
L’hiver, on monte à x4 : on arrive à environ 2 kWh/jour par individu, soit 4 kWh/jour pour le foyer.
Parce que là, il y a le frigo, du surplus d’eau chaude, mais qu’on n’utilise que quand il y a du soleil. On n’a pas augmenté la surface de panneaux solaires : c’est le même matériel, mais on n’utilise ces usages que quand l’énergie est là.
Chez les écolos, il y a souvent ce paradoxe :
On veut de l’énergie renouvelable,
cette énergie est intermittente,
mais on ne supporte pas l’intermittence.
Ce n’est pas OK de ne pas avoir d’électricité quand il n’y a pas de soleil… alors que ce serait justement jouer sur notre confort.
Maintenant, j’ai racheté des panneaux solaires et je suis en autoconsommation sur le réseau. Mon installation autonome était en fin de vie. Il lui restait quelques années, mais on arrivait à 9 ans : sur une installation autonome, ce sont les batteries qui flanchent en premier. Une batterie plomb, c’est 12–15 ans si tu l’as bien menée (les panneaux, c’est 25–30 ans).
J’avais opté pour le plomb parce que :
il y a une filière de recyclage,
avec des batteries au plomb, on peut refaire des batteries au plomb.
Ça nécessite de l’énergie, donc il faut le faire le moins possible, toujours moins, mais c’est faisable.
Mon enjeu, maintenant, c’est d’avoir le plus de stockage possible sans batterie (donc dans les matériaux, l’eau chaude, etc.), parce que c’est ça qui meurt le plus vite.
Malgré ça, ce côté intermittent, j’aime bien. J’aime bien jouer avec cette énergie intermittente.
Je vise quasiment pas d’énergie par jour depuis le réseau.
Dernièrement, j’ai regardé : on était à 60 centimes de consommation par jour d’électricité (hors abonnement).
L’abonnement, c’est 10 € par mois ; il est plus cher que l’énergie elle-même, mais c’est OK : le réseau, c’est un truc collectif.
Je trouve normal que si j’habite près du poteau ou de la centrale, il y ait un ratio avec celui qui habite plus loin. On collectivise une installation.
Donc, on est sur le réseau, mais on joue avec le soleil.
Le jeu, c’est :
consommer le moins possible la nuit,
et ramener le plus possible la consommation en journée quand il y a du soleil.
S’il n’y a pas de soleil :
je ne peux pas recharger mon vélo électrique → peut-être que je prends mon vélo sans assistance,
je ne peux pas allumer l’eau chaude → soit je fais l’eau chaude ailleurs, soit je m’en passe.
En été, je pense que je suis autour de 80 % de solaire direct, 20 % réseau.
Pour l’eau : un Français moyen, c’est 150 L/jour/personne.
Nous, on est autour de 10–20 L/jour/personne, très variable selon les machines à laver, etc. Globalement, on a divisé par 10 notre consommation d’eau par rapport à la moyenne. Je détaille ces chiffres dans l’article sur mon bilan CO₂.
On est toujours à 3 tonnes de CO₂, et l’objectif c’est 2 tonnes par an et par habitant.
Quels sont les postes de consommation les plus énergivores ?
Si on part de l’eau :
Le plus gros poste, ce n’est pas les toilettes comme on l’entend souvent, c’est la douche / le bain.
En France, en moyenne, c’est 150 L/jour/personne, et la douche est une énorme part de cette consommation.
Une pomme de douche classique :
9–10 L/min (jusqu’à 15 pour les pires),
les très économes, 5 L/min.
La douche moyenne : 9 minutes.
Tu fais le calcul : environ 60–80 L.
70 L d’eau, c’est 70 kg. Si tu devais porter cette eau pour la mettre dans ta douche, tu aurais déjà pris une bonne suée → tu ne le ferais pas.
Ensuite viennent les toilettes : deuxième poste.
Une chasse d’eau, c’est environ 9–10 L. À chaque tirage, 10 L d’eau potable.
On distingue :
l’eau grise (douche, vaisselle) : huileuse, savonneuse, un peu « cracra » mais relativement récupérable ;
l’eau noire (toilettes) : contaminée par les excréments, médicaments, hormones, etc.
Tout ce qui est contaminé par les excréments, c’est fatal pour le cycle de l’eau.
Exemple : la pilule hormonale féminine (oestrogènes). Ces molécules ne sont pas filtrées correctement dans les stations d’assainissement.
Résultat :
on les rejette,
on les retrouve dans les rivières,
on les reboit,
on en remet encore plus dans le milieu : boucle infinie.
Dans l’eau, ces molécules restent entières.
Dans un compost de toilettes sèches, avec montée en température, elles sont au moins en partie disloquées (sans disparaître totalement).
À l’échelle individuelle, l’habitat n’est qu’une petite part de ce qu’on génère en termes de dépenses en eau : nos vêtements, nos ordinateurs, notre alimentation ont besoin d’eau « cachée ».
Ça ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire dans l’habitat ; il faut faire les deux : individuel et collectif. J’en parle aussi dans mes articles sur l’assainissement et la phytoépuration.
Souvent on oppose :
« Il ne faut pas culpabiliser l’individu, c’est à l’échelle collective que ça se joue. »
Moi, je ne veux pas opposer les deux. Il faut faire les deux.
Ce sont les comportements individuels qui font émerger des comportements collectifs, et les comportements collectifs (loi, normes, obligations) ont des effets de bascule sur les comportements individuels.
Pour l’énergie, c’est pareil : l’énergie qu’on utilise au sein du foyer est une petite part de notre empreinte, mais c’est celle qu’on maîtrise le plus directement.
Le plus gros poste de dépense : le chauffage.
Et maintenant, de plus en plus, la climatisation l’été.
Juste derrière : l’eau chaude. Globalement, tous les postes où on transforme de l’énergie en chaleur : c’est colossal.
Et pour ça, il n’y a pas de mystère : c’est moins.
Moins de m² à chauffer, ou chauffer moins fort, ou chauffer moins longtemps.
On peut aussi :
chauffer les corps plutôt que les volumes,
utiliser des tapis chauffants, plaids, vêtements adaptés.
Exemple :
tapis de souris/chauffant à 100 W vs chauffer toute une maison à plusieurs kW ;
un tapis au sol dans un salon carrelé peut permettre de baisser la consigne d’1 °C.
Pour le chauffe-eau :
Un ballon de 200 L d’eau chaude en permanence, est-ce nécessaire ? Il faut se poser la question.
Après le chauffage et l’eau chaude, viennent la cuisson et les appareils électriques.
Les veilles ne sont pas négligeables :
un appareil qui consomme peu mais 24/24 pèse lourd sur la facture,
par exemple une box Internet : 10 W sans Wi-Fi, 20 W avec Wi-Fi.
On peut :
couper le Wi-Fi quand on n’en a pas besoin,
ou couper complètement la box la nuit avec une prise programmable.
On n’est pas encore dans une adoption massive des low-tech, parce qu’on n’est pas matériellement contraints par le changement climatique dans notre quotidien immédiat.
En vrai on l’est, mais le lien est lointain, ce n’est plus seulement « pour nos petits-enfants », c’est déjà pour nos enfants… mais on a encore accès à une énergie abondante et peu chère.
J’ai fait un petit bilan carbone : je suis à 3 tonnes équivalent CO₂ par an.
Un Français moyen est à 10 tonnes. L’objectif, pour les scénarios à 1,5–2 °C, c’est 2 tonnes par an.
Donc 3 tonnes, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Il faut faire mieux.
Dans ces 3 tonnes, il y a 1 tonne imputable au collectif / services publics, que j’utilise (école, transports, hôpital, routes, etc.), et c’est normal.
Du coup, les 2 tonnes « restantes » sont à viser sur ce que je maîtrise vraiment. Est-ce utopique ?
Je ne pense pas que se couper du réseau soit la solution : les effets d’échelle sont importants, et il y a plein de choses qu’on ne peut pas optimiser à l’échelle individuelle.
Exemple :
une installation PV autonome chez soi + une installation PV autonome au travail → doublon de matériel ;
le réseau permet de mutualiser.
Encore une fois : ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins : moins d’eau, moins de transport, moins de m², moins d’objets.
Quelles sont les low-tech qui ont un impact significatif ?
La première qui me vient, parce que c’est au cœur de l’impact individuel : le transport.
Il existe une low-tech qui marche à merveille : le vélo.
Même à la campagne.
Moi je n’ai pas de voiture.
Je triche un peu : j’ai un vélo électrique que j’ai électrifié moi-même (j’ai même tenté de faire ma batterie – retour d’expérience : ne faites pas ça chez vous, c’est galère et ça ne tient pas longtemps).
C’est un vélo un peu porteur : je peux emmener ma fille, les courses, j’ai une remorque, une vraie capacité d’emport.
Un vélo électrique permet d’allonger les distances, par tous les temps, avec le bon équipement :
bon casque avec visière,
tenue de pluie,
guêtres, etc.
Je vais chez mes clients à Nantes en vélo, 1h–1h15 de route : j’arrive, j’ai à peine la barbe mouillée.
Économiquement, si tu enlèves ta voiture de ton budget, tu peux t’acheter un très bon vélo, l’entretenir, et tu gagnes.
Quelques ordres de grandeur :
une recharge de vélo électrique : ~10–15 centimes pour 80–100 km,
transporter 60–70 kg de « bidoche » avec 1–1,5 tonne de métal, c’est une aberration par rapport à 20–30 kg de métal (un vélo).
Ensuite, la douche : premier poste de dépense en eau.
Juste couper le chauffe-eau, ou avoir un plus petit ballon, peut déjà changer beaucoup.
Nous, on n’a toujours pas l’eau courante sous la douche. On fonctionne au gant de toilette et à la bassine.
1 à 3 L d’eau suffisent pour se laver.
En termes de low-tech, c’est imbattable : une bassine, un gant. J’ai aussi testé des douches à recyclage type Showerloop, mais pour notre usage ce n’est pas ce qui marche le mieux au quotidien.
Ensuite, la cuisson :
Si tu as un peu de jardin, le four solaire Atominique, ce n’est pas très cher, et très peu impactant à fabriquer. Si tu es au travail toute la journée et que tu rentres juste le soir, c’est moins pertinent (il faut être là quand il y a du soleil), mais même juste le week-end, ça peut valoir le coup.
Les toilettes sèches :
Deuxième gros poste de dépense en eau, et gros impact sur le milieu naturel.
Il y a aussi les composts partagés : je ne sais pas si on peut y mettre du compost de toilettes sèches, c’est à discuter au cas par cas, mais il existe quelques initiatives locales qui collectent les matières de toilettes sèches.
Pour la machine à laver :
Une machine qui chauffe l’eau → 2000 W (ordre de grandeur).
La même machine avec eau déjà chaude envoyée depuis ailleurs → ~150 W (juste le moteur).
Je vais le dire tout de suite : l’autonomie n’est pas économiquement viable.
Sinon, tous les radins seraient débranchés du réseau, auraient des cuves de récupération d’eau, etc.
Le kWh est encore trop bas. Même si le prix fait x2, on a encore de la marge. À l’échelle de plusieurs années, ça reste peu rentable.
Donc il ne faut pas le faire pour ça.
Moi, je suis allé vers l’autonomie pour plusieurs raisons :
j’étais dans un champ,
si je voulais l’électricité, il fallait soit tirer une ligne, soit être autonome,
il y avait un enjeu de mobilité / réversibilité de l’habitat.
Je pensais que c’était « l’idéal ».
Avec le temps, j’ai changé de regard : si demain tous les foyers sont autonomes, avec des panneaux sur tous les toits tout en gardant le même niveau de confort et de dépenses, on a un problème :
les études montrent qu’on n’a pas assez de minerais rares pour installer du photovoltaïque partout à ce niveau de consommation ;
on risque de griller les ressources à court terme, pour ne plus pouvoir renouveler demain.
Donc, encore une fois, ce qu’il faut faire, ce n’est pas « tout PV partout », c’est moins.
Par contre, je dis merci à cette période où j’ai été autonome, parce qu’elle m’a empêché de croître en besoins pendant 8–9 ans.
Quand tu fais ton installation autonome, c’est comme un puits :
elle a une certaine taille (panneaux, batteries),
peu importe ce qui se passe, tu as ça.
Tu ne peux pas acheter un nouvel appareil sans négocier :
soit tu le fais tourner seulement quand il y a du soleil,
soit tu l’utilises seulement l’été,
soit tu renonces à autre chose.
C’est une vraie contrainte.
Du coup, je dirais que ce serait intéressant que tous les Français vivent 2–3 ans en autonomie pour acquérir des gestes et des habitudes.
Exemple de l’eau :
pendant 3 ans, on a eu notre bidon d’eau propre qui se vidait dans un bidon d’eau sale ;
quand on a mis l’eau courante ensuite, notre consommation d’eau n’a pas augmenté.
On ne fait pas d’allumage par le dessous (comme avant).
On allume :
par le dessus,
voire par l’avant,
→ jusqu’à 80 % de particules fines en moins.
Les anciens laissaient souvent une bûche couver pour retrouver de la braise le matin et éviter de rallumer.
Mais laisser couver une bûche à très faible tirage toute la nuit, c’est extrêmement polluant.
Guillaume (copain d’Agir Low-Tech) avait fait le calcul :
Laisser une bûche couver toute la nuit, c’est comme si tu prenais ta voiture (vieux diesel) et que tu faisais des tours de périph’ toute la nuit en termes de particules fines.
Si tu en es là, c’est souvent que :
dès que tu coupes ton poêle, il fait froid,
donc soit ta maison est mal isolée,
soit ton poêle manque d’inertie,
soit les deux.
Dans ce poêle de masse-là, ça n’a pas de sens de laisser couver :
soit c’est à fond (flambée vive),
soit c’est arrêté.
Les gens qui viennent à la maison :
voient rarement le poêle allumé,
mais il fait toujours bon,
→ ça les convainc souvent tout seuls.
Rayonnement vs convection
Le poêle de masse fonctionne principalement par rayonnement.
Un poêle classique fonctionne surtout par convection :
l’air est chauffé,
il monte, redescend, crée des mouvements d’air.
Le rayonnement, lui :
vient d’une masse chaude (le poêle, les murs),
traverse notre corps,
nous réchauffe « de l’intérieur ».
La convection, c’est plutôt de la chaleur qui nous caresse la peau en surface, mais pas en profondeur.
On l’a rapidement constaté avec les murs :
le rayonnement se transmet d’une masse chaude vers une masse plus froide,
nous sommes une masse,
si la surface de notre corps est à ~30 °C et le poêle à 60 °C, on récupère ses calories,
idem pour les murs et le sol.
On a vécu un an dans la maison avec un poêle classique :
parfois 24–25 °C d’air,
murs à 19 °C,
dès que le poêle s’arrêtait, ça retombait vite à 17 °C.
Avec le poêle de masse, après quelques flambées :
murs montés à 19–21 °C,
et ils ne bougent plus de l’hiver.
Le confort thermique ressenti, pour simplifier, c’est la moyenne entre :
température de l’air (thermomètre classique),
température des parois (thermomètre infrarouge).
Si :
tes murs sont à 10 °C,
l’air à 20 °C,
ton corps ressent quelque chose comme 15 °C.
C’est là que l’inertie joue un rôle énorme.
Isolation par l’intérieur / extérieur
Si tu mets l’isolant à l’extérieur :
tu gardes la masse à l’intérieur,
tu peux la réchauffer,
elle te restitue doucement sa chaleur,
température plus stable (hiver comme été).
Si tu mets l’isolant à l’intérieur :
tu ne bénéficies pas de la masse du mur,
pas de « batterie thermique » accessible,
variations de température plus fortes.
Les maisons en pierre avec de gros murs sont très confortables l’été pour cette raison.
On peut faire l’analogie avec la bouillotte :
personne ne met la bouillotte sur la couette,
on la met dans le lit, sous la couette,
→ la bouillotte (inertie) dedans, l’isolant dehors.
C’est ce qu’on devrait faire pour les maisons.
Chauffe-eau couplé au poêle
En plus de faire la popote dessus, dessous, dedans, le poêle chauffe de l’eau.
Sur la paroi, j’ai :
un tuyau de cuivre,
plaqué contre le poêle,
recouvert de terre.
Ce tuyau est dans un circuit fermé en thermosiphon :
en bas : arrivée d’eau froide,
l’eau se réchauffe le long du poêle,
l’eau chaude, plus dilatée, monte vers un ballon à échangeur,
elle cède ses calories à l’eau sanitaire,
ressort refroidie, redescend, etc.
Chez nous :
petit poêle → petit ballon,
20 L, ballon de camion (avec échangeur prévu pour un moteur à l’origine).
Avec 3 kg de bois et une seule paroi chauffante, on obtient :
de l’eau à ~35–40 °C,
suffisant pour une douche,
mais avec peu de « tampon » (petit volume).
Douche
La douche low-tech, c’est ça :
un gant de toilette,
une bassine dans un baquet galvanisé,
une bonde au fond,
évacuation au tout-à-l’égout / phyto,
mais pas d’arrivée d’eau.
L’arrivée d’eau se fait :
au robinet du plan de travail,
en remplissant à la main (eau chaude venant du ballon, du poêle, du solaire ou du gaz au besoin).
Pour se laver au gant, il faut 2 L d’eau max.
Installer une arrivée d’eau courante dans la douche serait très simple : le ballon est juste à côté. Mais c’est un choix d’autocontrainte de ne pas le faire, pour ne pas retomber dans le gaspillage.
Stockage alimentaire
On a pas mal de petits stockages alimentaires.
Longtemps, on a fonctionné avec un garde-manger extérieur.
Aujourd’hui :
un petit frigo uniquement l’été (70 L environ),
l’hiver, il est éteint.
En autonomie, on est partis de ça :
en été, il y a de l’énergie solaire → facile d’avoir un petit frigo,
en hiver, beaucoup moins → un frigo consomme ~250 Wh/jour, soit environ ¼ de notre conso hivernale de l’époque.
Rajouter ¼ de conso en hiver aurait nécessité de :
augmenter largement la puissance PV,
augmenter la capacité batterie.
On était déjà juste, donc ça aurait été quasi un doublement de l’installation juste pour un frigo.
En plus, c’est un peu absurde de faire du froid à l’intérieur l’hiver, alors qu’on cherche à chauffer la maison, et qu’il fait froid dehors.
L’été, à l’inverse, mettre le frigo à l’intérieur dégage de la chaleur là où il fait déjà chaud. Le mettre dehors le ferait consommer plus. Il faut trouver un équilibre.
On est végétariens, ce qui simplifie un peu la chaîne du froid :
le fromage, ça tient,
on ne gère pas de viande au quotidien.
Longtemps, on a eu un garde-manger extérieur au nord, abrité de la pluie, en hauteur (pour les rongeurs), une boîte en bois avec grillage. En termes de low-tech, c’est imbattable, un peu comme le réfrigérateur d’hiver low-tech décrit sur le blog.
Aujourd’hui, on a :
un cellier type « cave », en briques de terre crue (adobe),
non isolé mais avec beaucoup d’inertie,
température plus stable que dehors (lisse les pics).
Et un mini-frigo passif :
arrivée d’air frais canalisée depuis l’extérieur,
évacuation en haut vers le toit,
petite éolienne de toiture qui crée le tirage,
joint type joint de frigo, clapets pour ouvrir/fermer selon où il fait le plus frais.
On y met :
beurre (salé, ce qui aide à la conservation),
lait végétal,
yaourts (on essaie de ne pas les garder trop longtemps),
plats entamés, etc.
On a aussi renoncé au congélateur, trop énergivore en autonomie (et à l’année).
À la place :
lactofermentation (saumure),
conserves au four solaire,
autres méthodes de conservation.
Le congélateur est très pratique, mais très énergivore. Sans congél, on est obligés de réfléchir, de transformer, de conserver autrement.
Poste de pilotage énergétique
Dans la maison, j’ai un coin « poste de pilotage énergétique » :
envoie le surplus dans certains usages (chauffe-eau, etc.),
avec des règles de priorité : par exemple, le chauffe-eau ne s’enclenche que s’il y a du surplus et si la maison est en dessous de 22 °C.
C’est une sorte de domotique pour la gestion énergétique optimisée, que je détaille dans la série d’articles autour de PvMonit.
Toilettes sèches à ventilation canalisée
Nos toilettes sèches :
cuvette confortable (matière un peu isolante → fesses pas glacées dans une pièce froide),
seau,
sciure / matière carbonée,
ventilation canalisée.
Ventilation :
prise d’air extérieure en bas,
arrivée d’air dans la caisse,
évacuation par un tuyau qui monte au toit,
petite éolienne de toiture qui crée un tirage constant.
Résultat :
toilettes bien sèches,
zéro odeur,
zéro mouche (cuvette bien étanche).
On a aussi un composteur dédié aux toilettes sèches :
trois bacs,
rotation sur plusieurs années,
temps de repos de 18 mois à 2 ans avant utilisation au potager.
On a un peu surdimensionné (trois bacs suffisent largement pour nous).
On mélange :
contenu des seaux,
déchets verts,
beaucoup de carbone (carton, feuilles mortes, tonte sèche).
On utilise un brass-compost (vis/ressort) pour :
aérer,
mélanger,
obtenir un compost très vivant.
Après 18–24 mois de repos (sans ajout), on peut l’utiliser, y compris sur les légumes racines, sous certaines précautions.
Le SPANC est venu contrôler notre aire de compost :
obligation d’avoir un toit au-dessus,
pour éviter que l’eau de pluie ne ravine des matières fécales vers les nappes.
Une dalle béton sous le compost, c’est une mauvaise idée (compost qui ne fonctionne pas, gros jus, odeurs).
On a réussi à argumenter pour ne pas en mettre, tout en garantissant qu’il n’y aurait pas de ruissellement problématique (toit, emplacement, etc.). Je raconte l’ensemble de cette histoire dans « Phytoépuration, histoire de SPANC et de dérogation ».
Phyto-épuration
On a une phyto-épuration (roseaux) pour les eaux grises de la maison.
Principe :
un bac (ici en plastique, mais maintenant on peut faire maçonné avec agrément),
au fond : gros gravier,
puis petit gravier,
puis sable,
on plante des roseaux dans le sable.
Le bac est séparé en deux :
on change une vanne toutes les 2 semaines pour alterner le côté alimenté,
au fond de chaque côté : un drain (tuyau percé) récupère l’eau,
l’eau part ensuite par gravité vers les marais / fossé.
En été, il sort très peu d’eau : les roseaux boivent quasiment tout.
On a fait une auto-construction accompagnée pour obtenir l’agrément :
une entreprise agréée accompagne,
vérifie que le chantier suit le plan,
valide pour le SPANC.
Dimensionnement :
3 équivalents habitants (150 L/jour/personne),
chez nous c’est surdimensionné, vu notre faible consommation d’eau,
au début, les roseaux avaient « faim » : on a aidé au démarrage avec un peu de compost de toilettes sèches.
Frigo du désert et stockage semi-enterré
On a un petit garde-manger semi-enterré :
gros regard en béton,
enterré lors des fondations,
4–5 °C d’écart avec l’ambiance du cellier selon les saisons,
surtout utilisé pour les légumes (patates, etc.).
On m’a parlé du « frigo du désert » :
un pot en terre dans un autre pot en terre,
sable entre les deux, humidifié,
refroidissement par évaporation.
Je ne suis pas fan de le documenter tel quel sous nos latitudes :
ça marche bien dans le désert,
chez nous, climat humide et tempéré, ça marche beaucoup moins bien,
il faut remettre beaucoup d’eau (évaporation), ce qui a aussi un coût.
Mitigeur d’eau pour la machine à laver
On a une vieille machine à laver (Vedette) que j’ai adaptée :
J’avais d’abord fait un four solaire moi-même, mais j’étais tombé dans plusieurs écueils :
four trop petit (surface de captation trop faible),
réflecteurs pas assez réfléchissants (pas de vrai miroir),
vitre s’ouvrant par le dessus (perte de chaleur à l’ouverture).
Dominique a conçu ce four :
grand,
réflecteurs en alu miroir,
parois intérieures en tôle sombre (rouillée),
vitre qui s’ouvre par l’arrière (la chaleur reste piégée).
Les réflecteurs latéraux sont fixes (angle optimisé), ceux du haut et du bas sont orientables.
On oriente :
le four au soleil,
les réflecteurs,
jusqu’à voir le reflet du soleil au fond du four.
Usage :
la plupart des cuissons mettent environ le double du temps d’un four classique,
nécessite un vrai soleil (pas de voile nuageux),
températures courantes : 110–130 °C pour plein de plats.
On y fait :
tartes, gâteaux, plats mijotés,
lentilles, légumes racines (betteraves, etc.),
surtout des bocaux (stérilisation),
pas de cuisson « saisie » type oignons à feu vif.
C’est particulièrement pertinent pour les bocaux : laisser le four allumé toute la journée au soleil ne choque pas, contrairement à laisser tourner du gaz pendant des heures.
Construction :
structure bois (double paroi, pas nécessairement isolée),
tôle sombre à l’intérieur,
alu miroir pour les réflecteurs,
roulettes pour le déplacement,
capote/bâche pour l’hiver.
Impact de fabrication : très modeste (surtout du bois de récup, quelques plaques métalliques, un peu d’alu miroir).
un tube en verre noir à l’intérieur d’un tube en verre transparent,
vide d’air entre les deux (meilleur isolant),
vendu par David de « Du soleil dans nos assiettes ».
Le tube seul chauffe déjà au soleil (piège à calories). Avec un réflecteur en demi-cylindre (tôle de conduit de poêle coupée), on augmente encore la température.
On peut :
faire du pain,
faire des cookies,
stériliser des bocaux (avec une version adaptée).
On glisse un plat ou une gouttière à l’intérieur du tube. Le tube :
peut monter à 180 °C à l’intérieur,
reste tiède à l’extérieur grâce au vide d’air.
C’est à la fois low-tech (verre, métal) et un peu high-tech (tube sous vide non trivial à fabriquer soi-même), mais ça reste raisonnable. Je regroupe ces expériences sous le mot-clé tube-solaire.
Le concentrateur est :
monté sur un axe rotatif,
on oriente grâce à un petit viseur (ombre projetée sur un carré),
on verrouille la position avec une cale (amélioration en cours).
On pourrait encore améliorer :
tube fixe, réflecteur qui tourne autour,
pour éviter de contraindre le tube (cher et fragile).
L’Association Française du Poêle Maçonné Artisanal (AFPMA), dont je suis sympathisant, organise pour la première année la journée nationale du poêle de masse. Le 14 mars 2026, partout en France vous pourrez retrouver. des artisans & utilisateurs passionnés qui ouvre leur portes, leur atelier pour partager un moment chaleureux autour d’un poêle de masse. Au programme : flambée, café, discussions, voir même cuisine… Derrière chaque porte le programme sera différent.
Venez voir, sentir, toucher, expérimenter ce mode de chauffage écologique, confortable et efficace.
Il y aura un évènement chez moi, à la Paillourte, à Rouans (44), c’est gratuit, le 14 mars 2026 de 16h à 17h30 (sur inscription). Je vous propose un café (ou autre boisson chaude) autour de mon poêle de masse afin que vous puissiez goûter à sa douce chaleur…
Le poêle de masse qui nous réchauffera est le MiniMasse, c’est un petit poêle de masse open source fait pour les petits habitats. Il me permet de : chauffer ~50m2, faire la cuisine (four + plaque), chauffer mes 20L de ballon d’eau chaude. Je consomme ~0,7 stères de bois par hiver. Pour le reste, on en parle de vive voix !
Venez poser toute vos questions et ressentir la chaleur par rayonnement. On allumera (bien sûr) un feu…
Le poêlito (poêle de semi masse, semi démontable…)
Pour vos questions poêles de masse : un forum dédié aux poêles de masse open source existe ! Venez discuter du MiniMasse, du poêlito et compagnie… forum.poeledemasse.org
Contexte : besoin de historiser les configs système à plusieurs
Administrer un serveur Linux à plusieurs (co-administration) peut rapidement tourner au casse-tête si on ne garde pas de trace des modifications «
Qui qu’a modifié le main.cf ? Pourquoi ? Elle était super ma config
Le service ne redémarre pas : qu’est-ce qui c’est passé depuis ma dernière connexion ?
C’est un problème que j’ai rencontré aussi bien dans un contexte associatif (serveurs de retzien.fr) que professionnel (infrastructure retzo.net). Lorsqu’un service tombe en panne du jour au lendemain, on entend souvent « mais pourquoi ça ne marche plus alors que ça marchait hier ? » ou « qui a fait ce changement, et pourquoi ? » Faute de trouver un outil existant correspondant à mes besoins ( et après en avoir discuté sur le forum CHATONS), j’ai développé sysgit, un petit outil shell open source conçu pour versionner les fichiers de configuration système et possiblement multi-admin.
Pourquoi utiliser Git pour les fichiers de configuration ?
Git est un système de gestion de versions largement utilisé par les développeurs, mais il s’applique tout aussi bien aux fichiers de configuration. L’idée est d’enregistrer chaque modification apportée aux configs dans un dépôt Git, avec un historique clair. On peut ainsi commenter chaque changement, comparer les différences, et revenir en arrière en cas de besoin. En administration système collaborative, Git apporte surtout de la visibilité sur qui a changé quoi et quand. Chaque admin peut suivre l’évolution des fichiers critiques, ce qui facilite le débogage et la communication au sein de l’équipe. En somme, versionner ses configs, c’est s’assurer une forme de documentation et d’audit continu, plutôt que de subir des modifications non tracées. Coupler à un outil comme gitlab/redmine ou autre qui gère aussi les issus/tickets ça permet d’avoir le volet « projet/tâche » relier aux différentes actions / modifications du/des serveurs
Il existe déjà un outil dédié nommé etckeeper qui permet de versionner le répertoire /etc avec Git. Cependant, etckeeper se limite à /etc et ne gère pas facilement d’autres chemins du système. C’est justement cette limite qui a motivé la création de sysgit.
Présentation de sysgit
sysgit est un script shell (bash) qui facilite le suivi de configuration sur un serveur en s’appuyant sur Git. En bref, sysgit c’est :
Un wrapper Git multi-chemins : il versionne plusieurs chemins/fichiers de configuration du système dans un dépôt unique, au lieu d’un dépôt par répertoire.
Aucun déplacement de fichiers : le work-tree utilisé par Git est la racine du système (/), ce qui évite de devoir déplacer vos fichiers ou utiliser des liens symboliques. On ne suit que les chemins que l’on ajoute explicitement au dépôt.
Historique clair et centralisé : l’objectif est de garder un journal de modifications lisible de toutes les configurations « sensibles » du système, sans déployer d’outil lourd de gestion de config (on reste sur du Git pur). En pratique, l’historique des commits fait office de log des changements sur le serveur.
Techniquement,sysgitne réinvente rien : il s’appuie sur Git. Les commandes sysgit ne font que lancer git avec les bons paramètres de répertoire (options –git-diret –work-treeajustées). Cela signifie que le dépôt Git de configuration est stocké à part (en dehors de vos dossiers système) et que vous pouvez toujours interagir avec lui via Git standard au besoin.
Fonctionnalités principales de sysgit
Comparé à etckeeper ou à un usage “manuel” de Git, sysgit apporte plusieurs fonctionnalités utiles :
Scope étendu : on peut suivre tous les fichiers de configuration importants du système, pas juste /etc. Par exemple, libre à vous d’inclure /opt/monapp/config.yml, /var/spool/cron/crontabs, /root/.ssh/authorized_keys, etc.
Dépôt unique : un seul dépôt Git centralise l’historique de tous ces chemins. Inutile de multiplier les dépôts ou de gérer des symlinks pour différents dossiers.
Sélection fine des fichiers : vous ajoutez explicitement les chemins à versionner (whitelist) plutôt que de tout versionner en bloc. Vous ne suivez ainsi que ce qui vaut la peine d’être historisé (configs critiques), ce qui allège l’historique. Mais vous pouvez aussi ajouter tout un répertoire (/etc par exemple si vous le souhaitez)
Profils multi-admin : sysgit gère plusieurs profils d’auteurs Git, très pratique sur un serveur administré à plusieurs. Concrètement, si un admin effectue un commit en root il choisie « qui il est » (son identité) et celle-ci est conserver tel une sessions le temps de sa connexion.
root@srvmail:~# sysgit status
Choisir un profil:
1) David - david.*********@retzien.fr
0) Creer un nouveau profil
Votre choix: 0
Nom: Serge
Email: serge.*********@retzien.fr
Sur la branche master
Modifications qui ne seront pas validées :
(utilisez "git add <fichier>..." pour mettre à jour ce qui sera validé)
(utilisez "git restore <fichier>..." pour annuler les modifications dans le répertoire de travail)
modifié : ../etc/sympa/sympa_transport
modifié : ../etc/sympa/sympa_transport.db
aucune modification n'a été ajoutée à la validation (utilisez "git add" ou "git commit -a")
root@srvmail:~# sysgit add /etc/sympa/sympa_transport*
En tant que Serge <serge.*********@retzien.fr> (preciser -p pour changer)
root@srvmail:~# sysgit commit -m "Suppressoin de mailing liste"
En tant que Serge <serge.*********@retzien.fr> (preciser -p pour changer)
sending incremental file list
root@srvmail:~# sysgit log
En tant que Serge <serge.*********@retzien.fr> (preciser -p pour changer)
commit 428bb2401993b91e90a4dabac53d8d129fb378b4 (HEAD -> master)
Author: Serge <serge.*********@retzien.fr>
Date: Tue Jan 20 10:07:22 2026 +0100
Suppressoin de mailing liste
commit e952c0fd43317cba8afead584b7933621eb307f7
Author: David <david.*********@retzien.fr>
Date: Tue Jan 20 09:37:19 2026 +0100
Changement éditeur par défaut
Intégration d’etckeeper : un script de migration est fourni pour importer l’historique existant d’un dépôt etckeeper, si vous utilisiez déjà cet outil. Vous pouvez ainsi passer à sysgit sans perdre vos anciens historiques de /etc.
Auto-commit programmable : sysgit peut s’utiliser avec un timer systemd afin d’automatiser un commit chaque nuit (pour capturer les changements éventuels qui n’auraient pas été committés manuellement).
Hook APT/dpkg : un hook est prévu pour effectuer automatiquement un commit dès qu’une installation ou mise à jour de paquet modifie des fichiers de config (similaire à ce que fait etckeeper). Cela garantit que même les changements induits par les paquets sont tracés sans intervention manuelle.
Rappel en fin de session : enfin, sysgit peut rappeler à l’administrateur de committer les modifications non sauvegardées lors de sa déconnexion (bash logout) s’il en détecte. Ce petit mémo évite d’oublier de versionner un changement avant de fermer sa session.
Mise à jour facile : petit coquin je vous connais, trop la flemme de mettre à jour des petits outils comme ça qui sont pas dans un package apt (je parle pour moi). Ici rien de plus facile : sysgit -u
Installation de sysgit
L’outil sysgit étant tout récent, il n’est pas (encore) empaqueté dans les distributions. Son installation reste malgré tout simple :
Prérequis : assurez-vous d’avoir Git installé sur le serveur (sudo apt install git sur Debian/Ubuntu si nécessaire).
Installation rapide par script : mais vous pouvez préférer récupérer le projet depuis Framagit :
Une fois l’installation effectuée, l’utilisation de sysgit se rapproche de celle de Git, avec quelques commandes dédiées. Voici un mini-tutoriel d’usage courant :
# 1. Initialiser le dépôt "système" (une seule fois au départ)
sysgit init
# 2. Choisir les fichiers/répertoires à versionner
sysgit add -A /etc # par exemple tout /etc
sysgit add /root/.bashrc # fichiers de conf utilisateur
sysgit add /var/spool/cron/crontabs # répertoire de crons
... # (ajoutez autant de chemins que nécessaire)
# 3. Vérifier l'état et enregistrer l'état initial
sysgit status # liste les modifications en attente (fichiers ajoutés)
sysgit commit -m "État initial" # crée le premier commit avec tous ces fichiers
echo "# Modification d'un fichier suivi" >> /root/.bashrc
sysgit diff # affiche les différences
Une fois ce dépôt initialisé avec vos configs de base, au quotidien ça consiste simplement à committer toute modification de configuration. Par exemple, si vous modifiez /etc/ssh/sshd_config, vous exécuterez ensuite sysgit status (pour voir les changements non committés), éventuellement sysgit diff (pour visualiser les différences), puis sysgit commit -m « Msg » pour valider la modification dans l’historique. Vous pouvez bien sûr pousser le dépôt vers un serveur Git distant (Gitea, GitHub, etc.) pour sauvegarde ou partage, via les commandes usuelles (sysgit remote add origin …, sysgit push).
Pour la consultation, sysgit expose toutes les commandes Git classiques : sysgit log pour l’historique des commits, sysgit show <commit> pour détailler un commit précis, sysgit checkout <commit> — <fichier> pour restaurer une ancienne version d’un fichier, etc. En interne, “c’est du Git normal” – vous bénéficiez donc de toute la puissance de Git pour naviguer dans l’historique.
Mémo des commandes sysgit
Voici un récapitulatif des principales commandes fournies par sysgit :
sysgit init – Initialiser un nouveau dépôt de configuration (à exécuter une fois par serveur).
sysgit add <chemin> – Ajouter un fichier à suivre (peut être répété pour chaque élément à versionner).
sysgit add -A <chemin> – Ajouter un répertoire à suivre
sysgit status – Afficher les modifications non committées (équivalent de git status).
sysgit diff – Afficher les différences entre les fichiers suivis et la dernière version committée.
sysgit commit -m « Message » – Enregistrer (committer) les changements avec un message descriptif.
sysgit log – Consulter l’historique des commits (qui a changé quoi et quand).
sysgit show <SHA> – Afficher le détail d’un commit (identifié par son hash ou identifiant).
sysgit checkout <SHA> –– <fichier> – Restaurer un fichier suivi à l’état qu’il avait lors d’un commit donné (pratique pour annuler une modification).
sysgit push / sysgit pull – Envoyer ou récupérer les changements vers/depuis un dépôt Git distant (si configuré, pour sauvegarde ou partage entre admins).
(Toutes les autres commandes Git peuvent être utilisées via sysgit de la même manière, en passant simplement par l’alias sysgit.)
Un tout petit bruit, très sourd, très fin. Un tac-tac discret, qu’on pourrait confondre avec le pivert mais en moins sonore… sauf que non : ce bruit-là, dans une charpente, c’est celui d’un insecte xylophage — ici de la vrillette, connue pour ses coups de tête répétés dans le bois.
Les premiers signes visibles : des trous
En inspectant la charpente, on a commencé à voir des signes concrets :
Des petits trous dans le bois
Il peut y avoir aussi de la sciure/ vermoulure (fine poussière de bois) au sol. Chez nous, ce n’est pas visible car c’est dans l’espace de vie : au sol, le peu qui tombe a du se faire éparpiller, balayer…
et ce bruit nocturne, audible surtout quand tout est silencieux. Mais pas continuellement, uniquement pendant la période de reproduction…
On a fait confirmer le diagnostic par des professionnels (après un pré-diagnostic de notre côté, en comparant avec des contenus sur les insectes xylophages) : c’est bien des vrillettes.
Comment elles sont arrivées là ?
Il y a plusieurs vecteurs possibles, et dans notre cas, le plus probable est le suivant :
1) Une perche déjà “habitée” en provenance de la forêt
On a surtout une perche de charpente nettement plus attaquée que le reste, et quelques trous dans 2 autres perches mais très peu. Ça peut laisser suggérer que cette pièce de bois est arrivée avec ses habitants, qui ont ensuite pu essaimer.
2) Le bois de chauffage
Autre possibilité : le bois de chauffage peut transporter des insectes xylophages. J’en ai déjà vu/entendu dans des bûches. Mais vu la concentration sur une perche précise, je pense plutôt à une pièce de bois déjà infestée dès l’origine.
Contexte : une charpente non traitée, volontairement
Le choix initial, c’était du bois de la forêt à côté, posé le plus brute possible (moins de transformation) du coup pas de traitement… On voulait une maison “écolo”, et je ne voulais pas mettre de produits biocides dans la maison. On a pourtant utilisé des essences réputées plutôt intéressantes :
Châtaignier pour la charpente réciproque (un bois qui contient très peu d’aubier – la partie tendre qui est préférée par ces insectes) ;
Douglas (volige), non traité également. Acheté brut de sciage dans une scierie.
Plus j’en parle autour de moi, plus je me rends compte que je ne suis pas seul… dans des rénovations, c’est très fréquent. Dans les communes alentours, il y a aussi présence de termites, mais j’espère ne pas avoir à rédiger un article à leur sujet.
Une vrillette, c’est quoi exactement ?
L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement. Il est supposé qu’il s’agit de : KaiMartinCC BY-SA 3.0, Lien
Une vrillette est un insecte xylophage : il pond dans le bois, puis ce sont surtout les larves (pas les adultes) qui creusent des galeries pendant longtemps.
Points importants (et souvent contre-intuitifs) :
Les trous visibles sont souvent des trous d’envol des insectes adultes.
Ne pas voir de trous ne prouve pas qu’il n’y a rien : ça peut simplement vouloir dire que les larves sont encore “dedans”, pas encore sorties.
Le stade larvaire peut durer plusieurs années : on trouve couramment des ordres de grandeur entre 1 et 10 ans selon l’espèce et les conditions (température/humidité).
Le bruit “horloge de la mort” est associé à la vrillette. Lors de la reproduction, l’insecte donne des coups de tête pour attirer son partenaire.
Gravité : pas critique… mais pas “rien”
On a fait venir quatre experts. On a eu quatre avis différents sur les détails (essences, priorité de traitement, etc.), mais ils étaient unanimes sur un point : ce n’était pas une situation critique.
Le bois est encore dur :
on ne peut pas enfoncer un tournevis dans un trou, ni “arracher” du bois ;
ce n’est pas du bois devenu “mou” ou réduit en poudre.
La charpente est encore en bon état globalMais à se pencher sur quelques perches…(Ce sont les « pires endroits »)
Bref : on l’a pris à temps ! En l’état, au vu des sections de bois, les professionnels nous ont dit que le risque structurel serait à considérer d’ici ~50 ans.
Pour l’instant, c’est surtout le châtaignier qui est contaminé, avec une perche nettement plus touchée + deux petits bouts ailleurs. Le Douglas n’a pas de trace visible (ce qui ne veut pas dire que les larves ne sont pas déjà dedans). Certain expert nous ont dit « étrange c’est rare le châtaigner avec des vrillettes », d’autres ont dit « ha le douglas là il va vite être contaminé », le suivant « ça n’ira pas dans le douglas » l’autre : « probablement que le lait de chaux sur votre douglas a ralenti le passage ».. Bref les cloches ne sonnent pas à l’unissons…
Décision : traiter… mais pas forcément tout
Décision est prise d’agir. Même si la maison ne risque de tomber que dans 50 ans, j’aimerais qu’elle tienne plus longtemps… On va donc traiter la partie paillourte ronde (là où on a des signes). L’extension, pour l’instant, n’est pas attaquée (neuve en même temps), donc on surveille… On ne traite que le châtaignier. La partie douglas n’est pas traitée “pour l’instant” : ce serait plus lourd (notamment parce qu’il faudrait retirer les finitions/peintures pour le traitement), et en plus elle n’est pas attaquée à ce stade → donc surveillance.
Aussi, ça me parait primordial que la charpente en châtaigner tienne longtemps. Si les voliges sont mangées, au pire, on a un morceau de botte de paille (qui isole la toiture) qui tombe, mais pas toute la toiture…
Le traitement choisi : un traitement “au gel”
Le traitement prévu est un traitement à base de gel appliqué sur les perches de châtaignier.
D’après ce qu’on nous a expliqué :
le gel pénètre sur les premiers centimètres du bois
l’application se fait au pinceau (selon produit et méthode)
on prendra des précautions : ne pas rester dans la pièce, aérer, etc.
Le traitement est prévu au printemps, et on va s’organiser pour ne pas être sur place pendant environ une semaine, le temps que tout soit fait et que ça ventile correctement.
Oui, c’est un produit biocide (insecticide / fongicide). Le but est simple : tuer les petites bêtes.
Les alternatives envisagées (et pourquoi on n’a pas retenu)
On a regardé des solutions plus “écolo” à appliquer, mais on n’a pas trouvé de solution qui nous paraisse apporter des garanties sérieuses (retour d’expérience, efficacité, cadre pro).
On a notamment envisagé le traitement thermique : chauffer le bois à cœur à une température létale (autour de 55°C, selon les méthodes) permet de tuer les insectes.
Mais on a retenu un point important : c’est surtout curatif, pas réellement préventif. Et sur une charpente en place, c’est en plus complexe à mettre en œuvre.
Du coup : dans notre situation, on préfère un traitement qui stoppe l’activité et limite le risque d’y revenir dans quelques années…
Le dilemme écolo (et la question qui fâche)
Il reste une question de fond : est-ce qu’il vaut mieux une charpente traitée qui dure plus longtemps, ou une charpente non traitée qu’il faudra reprendre/renouveler plus souvent (avec l’impact écologique de refaire, reconstruire, remplacer) ?
On n’a pas une réponse parfaite. Mais on a fait un choix pragmatique : traiter maintenant, tant que ce n’est pas critique.
Depuis peu, j’ai a mis en ligne un wiki dédié au four solaire Atominique. C’est un projet que je mijote avec Dominique Loquais depuis un moment, et ça y est : il existe enfin un endroit clair, structuré, libre, pour expliquer comment fabriquer et utiliser ce four.
Dans ce wiki, on trouve notamment :
Une vidéo d’interview de Dominique très instructive où il raconte son parcours, ses essais, ses ratés et comment il est arrivé à ce modèle ;
Une partie “Conception” qui explique les choix techniques (géométrie, angles, réflecteurs, isolation…) ;
et plein d’autres choses… des pages “réflecteurs”, “modèles alternatifs”, “mode d’emploi / utilisation” ;
Le tout est sous licence Creative Commons Zero (domaine public) : vous pouvez reprendre, adapter, utiliser dans des ateliers, des formations… sans vous prendre la tête sur les droits.
L’idée de ce wiki, c’est de capitaliser ce travail d’expérimentation, et pas seulement de publier “un plan de plus”. On documente le pourquoi autant que le comment.
Le changement avec ce four Atominique
Un jour, Dominique est passé à la maison via une connaissance commune, a vu mon petit four solaire et m’a dit en gros : « Si tu veux, je t’en prête un autre… ».
Il m’a laissé un four Atominique 45°. Et là, j’ai compris la différence… On a fait comme d’habitude avec l’autre four, on met un gâteau et on s’en va pour l’aprèm’… On est revenu le gâteau était cramé.
Avec mon ancien four type boîte, ça n’aurait jamais été possible, même en plein été. La surface de réflexion est bien plus importante, la géométrie capte beaucoup plus de soleil.
Depuis, ce four est devenu un outil du quotidien :
il est à deux pas de la cuisine, on n’a plus qu’à ouvrir la porte-fenêtre pour l’utiliser ;
dès que la météo s’y prête, on y met :
des tartes, cakes, gâteaux ;
des plats mijotés (légumineuses, betteraves, ratatouille…) ;
des bocaux à stériliser ;
et, quand il reste de la place, de l’eau à chauffer pour la tisane ou la douche (chez nous le ballon est coupé en plein été pour éviter de chauffer inutilement l’espace de vie).
Les légumes du soleilsRatatouilles, bocaux de sauces tomatesRatatouilles, bocaux de sauces tomatesTartesBocaux et clafoutis Patates
On a une organisation qui va bien avec notre mode de vie plutôt « à la maison » (notre lieu de travail) :
le matin, ou quand le soleil se pointe, on prend une demi-heure pour lancer la cuisson ;
on laisse le soleil bosser ;
à midi ou le soir, c’est prêt.
On l’utilise même bien plus que le tube / concentrateur solaire qui est super pour faire du pain, mais pour le quotidien c’est plus contraignant en terme de volume, pour les bocaux c’est « petit à petit »…
À l’époque, j’en étais fier. Et honnêtement, il fonctionne : on a fait des gâteaux, de l’eau chaude, des petits plats dedans… Mais des petits, et en cuisson « mole » (très lente…)
Mais avec le recul (et l’expérience de l’usage du four Atominique), je vois surtout ses limites.
Un four trop petit, sous-dimensionné
Le four sous sa bâche de protection
Je vivais en mode semi-nomade, en yourte, avec un critère fort : il fallait que le four soit facilement transportable, que je puisse le ranger à l’abri.
Résultat : j’ai fait un petit four, compact. Le problème étant que ça occasionne très peu de surface de réflecteur = on capte peu d’énergie ;
Alors que cet argument ne tient pas trop. Le four Atominique est toujours dehors, il est conçu en matériaux qui peuvent tenir dehors, à l’abri sous une bâche de protection (faite sur mesure) donc pas besoin « d’espace de rangement ».
Un four trop petit = une surface de réflecteurs trop petite
Dans l’interview, Dominique rappelle un point de départ simple : on ne pourra jamais avoir, dans un four solaire, les 3–4 kW d’un four électrique ou gaz classique. On joue plutôt dans la cour de la petite centaine de watts.
En gros, dans de bonnes conditions (ciel bleu, soleil haut) on a environ :
1000 W/m² de puissance solaire au sol,
dont on récupère au mieux environ 200 W/m² pour la cuisson, une fois qu’on a compté les pertes, les réflexions imparfaites, la vitre, etc.
Si la vitre fait par exemple 0,5 m², on a donc :
0,5 m² × 200 W/m² ≈ 100 W utiles qui passent par la vitre,
puis on ajoute ce que les réflecteurs renvoient en plus, pour monter autour de 100–150 W de puissance de cuisson.
C’est cohérent avec ce qu’on observe : on n’est pas sur un four de cuisine « boosté », mais sur un four lent, efficace si on dimensionne bien les surfaces.
À partir de là, deux choses deviennent très importantes dans la conception.
1. La taille de la vitre et des réflecteurs vont ensemble
Plus la vitre est grande, plus on a :
une surface “de base” qui laisse entrer le rayonnement,
de la place autour pour accrocher des réflecteurs de bonne taille.
Les réflecteurs, c’est ni plus ni moins que de la surface de collecte supplémentaired’énergie : ils interceptent de la lumière sur une plus grande zone et la renvoient vers la vitre. Plus on a de réflecteurs (au-delà de la surface de la vitre), plus on augmente le nombre de watts qui arrivent dans la boîte.
2. On ne peut pas mettre 4 m² de réflecteurs sur une mini-boîte
On entend parfois : « il suffit d’ajouter des réflecteurs partout ». En pratique, sur une conception type boîte, il y a une limite géométrique.
On ne peut pas raisonnablement :
faire un four de 50 cm × 50 cm (0,25 m² de vitre),
et lui coller 4 m² de réflecteurs autour,
tout en gardant quelque chose de stable, manipulable, qui s’oriente facilement et qui ne se retourne pas au premier coup de vent.
Ce genre de très grand rapport entre réflecteurs et vitre relève plutôt du concentrateur (parabole, Fresnel, etc.) : c’est une autre famille d’objets, plus complexe à construire, plus pointue à utiliser, avec d’autres compromis (point chaud, suivi du soleil plus fin, etc.).
Le choix de l’Atominique, c’est l’inverse :
une boîte de taille “humaine”, grosso modo gabarit four de cuisine ;
une vitre suffisamment grande pour accueillir des plats usuels ;
des réflecteurs proportionnés à cet ensemble, qui augmentent nettement la puissance sans basculer dans la logique du concentrateur.
facilité de construction.
C’est ce dimensionnement cohérent volume / surface vitrée / surface réflective qui lui permet d’atteindre cette fameuse petite centaine de watts utiles… et de rendre la cuisson solaire vraiment praticable au quotidien.
Des matériaux réfléchissants pas terribles
Le papier aluminium c’était pour la vidéo du LowTech Lab, en vrai perso j’ai toujours eu un doute là dessus.
Par contre l’adhésif miroir, j’ai testé, ça marche… mais 1 ou 2 ans, après ça blanchit, ça s’altère (c’est pas fait pour être au soleil) et du coup ça marche de moins en moins bien. Après c’est chouette pour expérimenter sans dépenser trop de sous…
Réflecteur alu miroirDifférence de réflecteur… C’est déjà bien visible le côté miroir… ou pas…
Mais depuis que je suis passé à l’alu miroir, c’est le jour et la nuit ! C’est durable, ça ne s’altère pas (sûrement un peu mais pas visiblement). Il y a une page dédiée sur le wiki si vous voulez creuser la question des réflecteurs.
Un système 30° / 60° pas si malin que ça = ouverture par le haut vraiment pas malin
J’avais imaginé un système avec deux inclinaisons : 30° pour l’été, 60° pour l’hiver. Sur le papier, ça fait sérieux : le four “s’adapte” au soleil. Et quand je dis « j’avais », c’est typiquement un truc que j’ai vu sur internet et je me suis dit « mais oui, trop la bonne idée »… finalement non…
En pratique :
en hiver on l’utilise très peu, fenêtre d’ensoleillement trop courte ;
en intersaison, les angles ne sont pas favorables ;
ça oblige à mettre l’ouverture sur la vitre, en haut. Sauf que sur ces fours sans inertie, dès qu’on ouvre en haut, toute la chaleur s’en va…
Avec l’Atominique, Dominique est revenu à quelque chose de plus simple et plus cohérent : un angle fixe à 45°, adapté à nos latitudes, qui marche mieux une plus grande partie de l’année.
Donc : pourquoi je ne recommande plus ce petit four
Toutes ces petites limites mises bout à bout font que, aujourd’hui, je ne recommande plus de fabriquer ce modèle type boîte :
il donne une image un peu “molle” de la cuisson solaire ;
on risque d’être déçu, voire de se dire : « la cuisson solaire, c’est sympa sur le papier, mais en pratique ça ne marche pas si bien ».
C’est d’ailleurs indiqué noir sur blanc sur mon article :
Mon ancien four type boîte m’a permis d’apprendre, de rencontrer le Low-tech Lab, de faire parler de cuisson solaire. Mais si je peux éviter à d’autres de refaire les mêmes erreurs, tant mieux.
Si vous devez investir du temps, du bois, de l’isolant et quelques heures de bricolage, faites-le sur un four qui en vaut vraiment la peine : aujourd’hui, pour moi, c’est clairement le four solaire Atominique (et j’ai rien à gagner en vous disant ça !).
On ouvre les portes de la paillourte (et de son extension) pour une visite le 14 Mars prochain (2026).
Où : A Rouans (44640) (on vous communique l’adresse après inscription)
Quand : Samedi 14 Mars 2026 de 9h00 à 11h30
Tarif : gratuit / don libre de « bonne petite chose maison » si le cœur vous en dit
Pour qui : une dizaine de personnes sur inscription uniquement, voir le formulaire ci-dessous.
Il s’agit d’une visite « technique » ne venez pas pour voir la couleur du mur ou voir « où on fait kaka »… Venez comprendre, questionner les choix, demander des précisions sur ce qui vous a manqué dans ce qui est déjà à disposition : https://david.mercereau.info/paillourte/ (un pré-requis serait d’avoir lu une bonne grosse partie de ce qui a déjà été publié…)
Si tu n’es pas dispo pour cette visite mais que tu veux venir plus tard (probablement l’année suivante) tu peux laisser ton e-mail ici :
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