Journée nationale du poêle de masse le 14 Mars 2026 à la Paillourte (44)

L’Association Française du Poêle Maçonné Artisanal (AFPMA), dont je suis sympathisant, organise pour la première année la journée nationale du poêle de masse. Le 14 mars 2026, partout en France vous pourrez retrouver. des artisans & utilisateurs passionnés qui ouvre leur portes, leur atelier pour partager un moment chaleureux autour d’un poêle de masse. Au programme : flambée, café, discussions, voir même cuisine… Derrière chaque porte le programme sera différent.

Venez voir, sentir, toucher, expérimenter ce mode de chauffage écologique, confortable et efficace.

Il y aura un évènement chez moi, à la Paillourte, à Rouans (44), c’est gratuit, le 14 mars 2026 de 16h à 17h30 (sur inscription). Je vous propose un café (ou autre boisson chaude) autour de mon poêle de masse afin que vous puissiez goûter à sa douce chaleur…

Le poêle de masse qui nous réchauffera est le MiniMasse, c’est un petit poêle de masse open source fait pour les petits habitats. Il me permet de : chauffer ~50m2, faire la cuisine (four + plaque), chauffer mes 20L de ballon d’eau chaude. Je consomme ~0,7 stères de bois par hiver. Pour le reste, on en parle de vive voix !

Venez poser toute vos questions et ressentir la chaleur par rayonnement. On allumera (bien sûr) un feu…


Mes articles autour du poêle de masse / du chauffage au bois :

Pour vos questions poêles de masse : un forum dédié aux poêles de masse open source existe ! Venez discuter du MiniMasse, du poêlito et compagnie…
forum.poeledemasse.org

sysgit : versionner les fichiers de configuration système (co-administration-sys

Contexte : besoin de historiser les configs système à plusieurs

Administrer un serveur Linux à plusieurs (co-administration) peut rapidement tourner au casse-tête si on ne garde pas de trace des modifications « 

Qui qu’a modifié le main.cf ? Pourquoi ? Elle était super ma config

Le service ne redémarre pas : qu’est-ce qui c’est passé depuis ma dernière connexion ?

C’est un problème que j’ai rencontré aussi bien dans un contexte associatif (serveurs de retzien.fr) que professionnel (infrastructure retzo.net). Lorsqu’un service tombe en panne du jour au lendemain, on entend souvent « mais pourquoi ça ne marche plus alors que ça marchait hier ? » ou « qui a fait ce changement, et pourquoi ? » Faute de trouver un outil existant correspondant à mes besoins ( et après en avoir discuté sur le forum CHATONS), j’ai développé sysgit, un petit outil shell open source conçu pour versionner les fichiers de configuration système et possiblement multi-admin.

Pourquoi utiliser Git pour les fichiers de configuration ?

Git est un système de gestion de versions largement utilisé par les développeurs, mais il s’applique tout aussi bien aux fichiers de configuration. L’idée est d’enregistrer chaque modification apportée aux configs dans un dépôt Git, avec un historique clair. On peut ainsi commenter chaque changement, comparer les différences, et revenir en arrière en cas de besoin. En administration système collaborative, Git apporte surtout de la visibilité sur qui a changé quoi et quand. Chaque admin peut suivre l’évolution des fichiers critiques, ce qui facilite le débogage et la communication au sein de l’équipe. En somme, versionner ses configs, c’est s’assurer une forme de documentation et d’audit continu, plutôt que de subir des modifications non tracées. Coupler à un outil comme gitlab/redmine ou autre qui gère aussi les issus/tickets ça permet d’avoir le volet « projet/tâche » relier aux différentes actions / modifications du/des serveurs

Il existe déjà un outil dédié nommé etckeeper qui permet de versionner le répertoire /etc avec Git. Cependant, etckeeper se limite à /etc et ne gère pas facilement d’autres chemins du système. C’est justement cette limite qui a motivé la création de sysgit.

Présentation de sysgit

sysgit est un script shell (bash) qui facilite le suivi de configuration sur un serveur en s’appuyant sur Git. En bref, sysgit c’est :

  • Un wrapper Git multi-chemins : il versionne plusieurs chemins/fichiers de configuration du système dans un dépôt unique, au lieu d’un dépôt par répertoire.
  • Aucun déplacement de fichiers : le work-tree utilisé par Git est la racine du système (/), ce qui évite de devoir déplacer vos fichiers ou utiliser des liens symboliques. On ne suit que les chemins que l’on ajoute explicitement au dépôt.
  • Historique clair et centralisé : l’objectif est de garder un journal de modifications lisible de toutes les configurations « sensibles » du système, sans déployer d’outil lourd de gestion de config (on reste sur du Git pur). En pratique, l’historique des commits fait office de log des changements sur le serveur.

Techniquement, sysgit ne réinvente rien : il s’appuie sur Git. Les commandes sysgit ne font que lancer git avec les bons paramètres de répertoire (options –git-diret –work-treeajustées). Cela signifie que le dépôt Git de configuration est stocké à part (en dehors de vos dossiers système) et que vous pouvez toujours interagir avec lui via Git standard au besoin.

Fonctionnalités principales de sysgit

Comparé à etckeeper ou à un usage “manuel” de Git, sysgit apporte plusieurs fonctionnalités utiles :

  • Scope étendu : on peut suivre tous les fichiers de configuration importants du système, pas juste /etc. Par exemple, libre à vous d’inclure /opt/monapp/config.yml, /var/spool/cron/crontabs, /root/.ssh/authorized_keys, etc.
  • Dépôt unique : un seul dépôt Git centralise l’historique de tous ces chemins. Inutile de multiplier les dépôts ou de gérer des symlinks pour différents dossiers.
  • Sélection fine des fichiers : vous ajoutez explicitement les chemins à versionner (whitelist) plutôt que de tout versionner en bloc. Vous ne suivez ainsi que ce qui vaut la peine d’être historisé (configs critiques), ce qui allège l’historique. Mais vous pouvez aussi ajouter tout un répertoire (/etc par exemple si vous le souhaitez)
  • Profils multi-admin : sysgit gère plusieurs profils d’auteurs Git, très pratique sur un serveur administré à plusieurs. Concrètement, si un admin effectue un commit en root il choisie « qui il est » (son identité) et celle-ci est conserver tel une sessions le temps de sa connexion.
root@srvmail:~# sysgit status
Choisir un profil:
 1) David - david.*********@retzien.fr
 0) Creer un nouveau profil
Votre choix: 0
Nom: Serge
Email: serge.*********@retzien.fr
Sur la branche master
Modifications qui ne seront pas validées :
  (utilisez "git add <fichier>..." pour mettre à jour ce qui sera validé)
  (utilisez "git restore <fichier>..." pour annuler les modifications dans le répertoire de travail)
	modifié :         ../etc/sympa/sympa_transport
	modifié :         ../etc/sympa/sympa_transport.db

aucune modification n'a été ajoutée à la validation (utilisez "git add" ou "git commit -a")
root@srvmail:~# sysgit add /etc/sympa/sympa_transport*
En tant que Serge <serge.*********@retzien.fr> (preciser -p pour changer)
root@srvmail:~# sysgit commit -m "Suppressoin de mailing liste"
En tant que Serge <serge.*********@retzien.fr> (preciser -p pour changer)
sending incremental file list
root@srvmail:~# sysgit log
En tant que Serge <serge.*********@retzien.fr> (preciser -p pour changer)
commit 428bb2401993b91e90a4dabac53d8d129fb378b4 (HEAD -> master)
Author: Serge <serge.*********@retzien.fr>
Date:   Tue Jan 20 10:07:22 2026 +0100

    Suppressoin de mailing liste

commit e952c0fd43317cba8afead584b7933621eb307f7
Author: David <david.*********@retzien.fr>
Date:   Tue Jan 20 09:37:19 2026 +0100

    Changement éditeur par défaut
  • Intégration d’etckeeper : un script de migration est fourni pour importer l’historique existant d’un dépôt etckeeper, si vous utilisiez déjà cet outil. Vous pouvez ainsi passer à sysgit sans perdre vos anciens historiques de /etc.
  • Auto-commit programmable : sysgit peut s’utiliser avec un timer systemd afin d’automatiser un commit chaque nuit (pour capturer les changements éventuels qui n’auraient pas été committés manuellement).
  • Hook APT/dpkg : un hook est prévu pour effectuer automatiquement un commit dès qu’une installation ou mise à jour de paquet modifie des fichiers de config (similaire à ce que fait etckeeper). Cela garantit que même les changements induits par les paquets sont tracés sans intervention manuelle.
  • Rappel en fin de session : enfin, sysgit peut rappeler à l’administrateur de committer les modifications non sauvegardées lors de sa déconnexion (bash logout) s’il en détecte. Ce petit mémo évite d’oublier de versionner un changement avant de fermer sa session.
  • Mise à jour facile : petit coquin je vous connais, trop la flemme de mettre à jour des petits outils comme ça qui sont pas dans un package apt (je parle pour moi). Ici rien de plus facile : sysgit -u

Installation de sysgit

L’outil sysgit étant tout récent, il n’est pas (encore) empaqueté dans les distributions. Son installation reste malgré tout simple :

  1. Prérequis : assurez-vous d’avoir Git installé sur le serveur (sudo apt install git sur Debian/Ubuntu si nécessaire).
  2. Installation rapide par script : mais vous pouvez préférer récupérer le projet depuis Framagit :
wget -O /tmp/sysgit-install.sh https://framagit.org/kepon/sysgit/-/raw/main/install.sh
sudo bash /tmp/sysgit-install.sh

Utilisation typique de sysgit

Une fois l’installation effectuée, l’utilisation de sysgit se rapproche de celle de Git, avec quelques commandes dédiées. Voici un mini-tutoriel d’usage courant :

# 1. Initialiser le dépôt "système" (une seule fois au départ)
sysgit init
# 2. Choisir les fichiers/répertoires à versionner
sysgit add -A /etc # par exemple tout /etc
sysgit add /root/.bashrc # fichiers de conf utilisateur
sysgit add /var/spool/cron/crontabs # répertoire de crons
... # (ajoutez autant de chemins que nécessaire)

# 3. Vérifier l'état et enregistrer l'état initial
sysgit status # liste les modifications en attente (fichiers ajoutés)
sysgit commit -m "État initial" # crée le premier commit avec tous ces fichiers

echo "# Modification d'un fichier suivi" >> /root/.bashrc
sysgit diff # affiche les différences

Une fois ce dépôt initialisé avec vos configs de base, au quotidien ça consiste simplement à committer toute modification de configuration. Par exemple, si vous modifiez /etc/ssh/sshd_config, vous exécuterez ensuite sysgit status (pour voir les changements non committés), éventuellement sysgit diff (pour visualiser les différences), puis sysgit commit -m « Msg » pour valider la modification dans l’historique. Vous pouvez bien sûr pousser le dépôt vers un serveur Git distant (Gitea, GitHub, etc.) pour sauvegarde ou partage, via les commandes usuelles (sysgit remote add origin …, sysgit push).

Pour la consultation, sysgit expose toutes les commandes Git classiques : sysgit log pour l’historique des commits, sysgit show <commit> pour détailler un commit précis, sysgit checkout <commit> — <fichier> pour restaurer une ancienne version d’un fichier, etc. En interne, “c’est du Git normal” – vous bénéficiez donc de toute la puissance de Git pour naviguer dans l’historique.

Mémo des commandes sysgit

Voici un récapitulatif des principales commandes fournies par sysgit :

  • sysgit init – Initialiser un nouveau dépôt de configuration (à exécuter une fois par serveur).
  • sysgit add <chemin> – Ajouter un fichier à suivre (peut être répété pour chaque élément à versionner).
  • sysgit add -A <chemin> – Ajouter un répertoire à suivre
  • sysgit status – Afficher les modifications non committées (équivalent de git status).
  • sysgit diff – Afficher les différences entre les fichiers suivis et la dernière version committée.
  • sysgit commit -m « Message » – Enregistrer (committer) les changements avec un message descriptif.
  • sysgit log – Consulter l’historique des commits (qui a changé quoi et quand).
  • sysgit show <SHA> – Afficher le détail d’un commit (identifié par son hash ou identifiant).
  • sysgit checkout <SHA> –– <fichier> – Restaurer un fichier suivi à l’état qu’il avait lors d’un commit donné (pratique pour annuler une modification).
  • sysgit push / sysgit pull – Envoyer ou récupérer les changements vers/depuis un dépôt Git distant (si configuré, pour sauvegarde ou partage entre admins).

(Toutes les autres commandes Git peuvent être utilisées via sysgit de la même manière, en passant simplement par l’alias sysgit.)

Liens utiles

Des vrillettes (xylophage) qui mangent la Paillourte

Un beau jour… ou plutôt une nuit, où on a entendu ce que certains appellent « l’horloge de la mort ».

Gilles San Martin Wikimédia Créative Common BY SA

Un tout petit bruit, très sourd, très fin. Un tac-tac discret, qu’on pourrait confondre avec le pivert mais en moins sonore… sauf que non : ce bruit-là, dans une charpente, c’est celui d’un insecte xylophage — ici de la vrillette, connue pour ses coups de tête répétés dans le bois.

Les premiers signes visibles : des trous

En inspectant la charpente, on a commencé à voir des signes concrets :

  • Des petits trous dans le bois
  • Il peut y avoir aussi de la sciure/ vermoulure (fine poussière de bois) au sol. Chez nous, ce n’est pas visible car c’est dans l’espace de vie : au sol, le peu qui tombe a du se faire éparpiller, balayer…
  • et ce bruit nocturne, audible surtout quand tout est silencieux. Mais pas continuellement, uniquement pendant la période de reproduction…

On a fait confirmer le diagnostic par des professionnels (après un pré-diagnostic de notre côté, en comparant avec des contenus sur les insectes xylophages) : c’est bien des vrillettes.

Comment elles sont arrivées là ?

Il y a plusieurs vecteurs possibles, et dans notre cas, le plus probable est le suivant :

1) Une perche déjà “habitée” en provenance de la forêt

On a surtout une perche de charpente nettement plus attaquée que le reste, et quelques trous dans 2 autres perches mais très peu. Ça peut laisser suggérer que cette pièce de bois est arrivée avec ses habitants, qui ont ensuite pu essaimer.

2) Le bois de chauffage

Autre possibilité : le bois de chauffage peut transporter des insectes xylophages. J’en ai déjà vu/entendu dans des bûches. Mais vu la concentration sur une perche précise, je pense plutôt à une pièce de bois déjà infestée dès l’origine.

Contexte : une charpente non traitée, volontairement

© La maison écologique / Gwendal

Le choix initial, c’était du bois de la forêt à côté, posé le plus brute possible (moins de transformation) du coup pas de traitement… On voulait une maison “écolo”, et je ne voulais pas mettre de produits biocides dans la maison. On a pourtant utilisé des essences réputées plutôt intéressantes :

  • Châtaignier pour la charpente réciproque (un bois qui contient très peu d’aubier – la partie tendre qui est préférée par ces insectes) ;
  • Douglas (volige), non traité également. Acheté brut de sciage dans une scierie.

Plus j’en parle autour de moi, plus je me rends compte que je ne suis pas seul… dans des rénovations, c’est très fréquent. Dans les communes alentours, il y a aussi présence de termites, mais j’espère ne pas avoir à rédiger un article à leur sujet.

Une vrillette, c’est quoi exactement ?

L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement. Il est supposé qu’il s’agit de : KaiMartinCC BY-SA 3.0, Lien

Une vrillette est un insecte xylophage : il pond dans le bois, puis ce sont surtout les larves (pas les adultes) qui creusent des galeries pendant longtemps.

Points importants (et souvent contre-intuitifs) :

  • Les trous visibles sont souvent des trous d’envol des insectes adultes.
  • Ne pas voir de trous ne prouve pas qu’il n’y a rien : ça peut simplement vouloir dire que les larves sont encore “dedans”, pas encore sorties.
  • Le stade larvaire peut durer plusieurs années : on trouve couramment des ordres de grandeur entre 1 et 10 ans selon l’espèce et les conditions (température/humidité).

Le bruit “horloge de la mort” est associé à la vrillette. Lors de la reproduction, l’insecte donne des coups de tête pour attirer son partenaire.

Gravité : pas critique… mais pas “rien”

On a fait venir quatre experts. On a eu quatre avis différents sur les détails (essences, priorité de traitement, etc.), mais ils étaient unanimes sur un point : ce n’était pas une situation critique.

Le bois est encore dur :

  • on ne peut pas enfoncer un tournevis dans un trou, ni “arracher” du bois ;
  • ce n’est pas du bois devenu “mou” ou réduit en poudre.

Bref : on l’a pris à temps ! En l’état, au vu des sections de bois, les professionnels nous ont dit que le risque structurel serait à considérer d’ici ~50 ans.

Pour l’instant, c’est surtout le châtaignier qui est contaminé, avec une perche nettement plus touchée + deux petits bouts ailleurs. Le Douglas n’a pas de trace visible (ce qui ne veut pas dire que les larves ne sont pas déjà dedans). Certain expert nous ont dit « étrange c’est rare le châtaigner avec des vrillettes », d’autres ont dit « ha le douglas là il va vite être contaminé », le suivant « ça n’ira pas dans le douglas » l’autre : « probablement que le lait de chaux sur votre douglas a ralenti le passage ».. Bref les cloches ne sonnent pas à l’unissons…

Décision : traiter… mais pas forcément tout

Décision est prise d’agir. Même si la maison ne risque de tomber que dans 50 ans, j’aimerais qu’elle tienne plus longtemps… On va donc traiter la partie paillourte ronde (là où on a des signes). L’extension, pour l’instant, n’est pas attaquée (neuve en même temps), donc on surveille… On ne traite que le châtaignier. La partie douglas n’est pas traitée “pour l’instant” : ce serait plus lourd (notamment parce qu’il faudrait retirer les finitions/peintures pour le traitement), et en plus elle n’est pas attaquée à ce stade → donc surveillance.

Aussi, ça me parait primordial que la charpente en châtaigner tienne longtemps. Si les voliges sont mangées, au pire, on a un morceau de botte de paille (qui isole la toiture) qui tombe, mais pas toute la toiture…

Le traitement choisi : un traitement “au gel”

Le traitement prévu est un traitement à base de gel appliqué sur les perches de châtaignier.

D’après ce qu’on nous a expliqué :

  • le gel pénètre sur les premiers centimètres du bois
  • l’application se fait au pinceau (selon produit et méthode)
  • on prendra des précautions : ne pas rester dans la pièce, aérer, etc.

Le traitement est prévu au printemps, et on va s’organiser pour ne pas être sur place pendant environ une semaine, le temps que tout soit fait et que ça ventile correctement.

Oui, c’est un produit biocide (insecticide / fongicide). Le but est simple : tuer les petites bêtes.

Les alternatives envisagées (et pourquoi on n’a pas retenu)

On a regardé des solutions plus “écolo” à appliquer, mais on n’a pas trouvé de solution qui nous paraisse apporter des garanties sérieuses (retour d’expérience, efficacité, cadre pro).

On a notamment envisagé le traitement thermique : chauffer le bois à cœur à une température létale (autour de 55°C, selon les méthodes) permet de tuer les insectes.

Mais on a retenu un point important : c’est surtout curatif, pas réellement préventif. Et sur une charpente en place, c’est en plus complexe à mettre en œuvre.

Du coup : dans notre situation, on préfère un traitement qui stoppe l’activité et limite le risque d’y revenir dans quelques années…

Le dilemme écolo (et la question qui fâche)

Il reste une question de fond : est-ce qu’il vaut mieux une charpente traitée qui dure plus longtemps, ou une charpente non traitée qu’il faudra reprendre/renouveler plus souvent (avec l’impact écologique de refaire, reconstruire, remplacer) ?

On n’a pas une réponse parfaite. Mais on a fait un choix pragmatique : traiter maintenant, tant que ce n’est pas critique.

Sources

Le four solaire Atominique

Depuis peu, j’ai a mis en ligne un wiki dédié au four solaire Atominique. C’est un projet que je mijote avec Dominique Loquais depuis un moment, et ça y est : il existe enfin un endroit clair, structuré, libre, pour expliquer comment fabriquer et utiliser ce four.

Dans ce wiki, on trouve notamment :

Le tout est sous licence Creative Commons Zero (domaine public) : vous pouvez reprendre, adapter, utiliser dans des ateliers, des formations… sans vous prendre la tête sur les droits.

👉 Le wiki du four Atominique : https://four-atominique.retzien.fr/

L’idée de ce wiki, c’est de capitaliser ce travail d’expérimentation, et pas seulement de publier “un plan de plus”. On documente le pourquoi autant que le comment.

Le changement avec ce four Atominique

Un jour, Dominique est passé à la maison via une connaissance commune, a vu mon petit four solaire et m’a dit en gros : « Si tu veux, je t’en prête un autre… ».

Il m’a laissé un four Atominique 45°. Et là, j’ai compris la différence… On a fait comme d’habitude avec l’autre four, on met un gâteau et on s’en va pour l’aprèm’… On est revenu le gâteau était cramé.

Avec mon ancien four type boîte, ça n’aurait jamais été possible, même en plein été. La surface de réflexion est bien plus importante, la géométrie capte beaucoup plus de soleil.

Depuis, ce four est devenu un outil du quotidien :

  • il est installé dehors à demeure, avec une simple capote de protection ;
    • il est à deux pas de la cuisine, on n’a plus qu’à ouvrir la porte-fenêtre pour l’utiliser ;
  • dès que la météo s’y prête, on y met :
    • des tartes, cakes, gâteaux ;
    • des plats mijotés (légumineuses, betteraves, ratatouille…) ;
    • des bocaux à stériliser ;
    • et, quand il reste de la place, de l’eau à chauffer pour la tisane ou la douche (chez nous le ballon est coupé en plein été pour éviter de chauffer inutilement l’espace de vie).

On a une organisation qui va bien avec notre mode de vie plutôt « à la maison » (notre lieu de travail) :

  • le matin, ou quand le soleil se pointe, on prend une demi-heure pour lancer la cuisson ;
  • on laisse le soleil bosser ;
  • à midi ou le soir, c’est prêt.

On l’utilise même bien plus que le tube / concentrateur solaire qui est super pour faire du pain, mais pour le quotidien c’est plus contraignant en terme de volume, pour les bocaux c’est « petit à petit »…

Un modèle libre, reproductible… et améliorable

Ce que j’aime dans ce projet Atominique :

  • il est pensé pour être fabriqué en atelier partagé, en club, en chantier participatif ;
  • la doc est ouverte (plans, 3D, explications, retours d’expérience) ;
  • chacun peut :
    • adapter les dimensions,
    • tester des variantes,
    • renvoyer ses remarques, ses mesures, ses photos pour améliorer encore le modèle.

Retours d’expérience et comparaison avec mon ancien four solaire

Avant l’Atominique, j’avais fais un tuto de mon four solaire type boîte, d’ailleurs le Low-Tech Lab m’avais demandé de leur fabriqué ce four pour en faire une vidéo.

À l’époque, j’en étais fier. Et honnêtement, il fonctionne : on a fait des gâteaux, de l’eau chaude, des petits plats dedans… Mais des petits, et en cuisson « mole » (très lente…)

Mais avec le recul (et l’expérience de l’usage du four Atominique), je vois surtout ses limites.

Un four trop petit, sous-dimensionné

Le four sous sa bâche de protection

Je vivais en mode semi-nomade, en yourte, avec un critère fort : il fallait que le four soit facilement transportable, que je puisse le ranger à l’abri.

Résultat : j’ai fait un petit four, compact. Le problème étant que ça occasionne très peu de surface de réflecteur = on capte peu d’énergie ;

Alors que cet argument ne tient pas trop. Le four Atominique est toujours dehors, il est conçu en matériaux qui peuvent tenir dehors, à l’abri sous une bâche de protection (faite sur mesure) donc pas besoin « d’espace de rangement ».

Un four trop petit = une surface de réflecteurs trop petite

Dans l’interview, Dominique rappelle un point de départ simple : on ne pourra jamais avoir, dans un four solaire, les 3–4 kW d’un four électrique ou gaz classique. On joue plutôt dans la cour de la petite centaine de watts.

En gros, dans de bonnes conditions (ciel bleu, soleil haut) on a environ :

  • 1000 W/m² de puissance solaire au sol,
  • dont on récupère au mieux environ 200 W/m² pour la cuisson, une fois qu’on a compté les pertes, les réflexions imparfaites, la vitre, etc.

Si la vitre fait par exemple 0,5 m², on a donc :

  • 0,5 m² × 200 W/m² ≈ 100 W utiles qui passent par la vitre,
  • puis on ajoute ce que les réflecteurs renvoient en plus, pour monter autour de 100–150 W de puissance de cuisson.

C’est cohérent avec ce qu’on observe : on n’est pas sur un four de cuisine « boosté », mais sur un four lent, efficace si on dimensionne bien les surfaces.

À partir de là, deux choses deviennent très importantes dans la conception.

1. La taille de la vitre et des réflecteurs vont ensemble

Plus la vitre est grande, plus on a :

  • une surface “de base” qui laisse entrer le rayonnement,
  • de la place autour pour accrocher des réflecteurs de bonne taille.

Les réflecteurs, c’est ni plus ni moins que de la surface de collecte supplémentaire d’énergie : ils interceptent de la lumière sur une plus grande zone et la renvoient vers la vitre. Plus on a de réflecteurs (au-delà de la surface de la vitre), plus on augmente le nombre de watts qui arrivent dans la boîte.

2. On ne peut pas mettre 4 m² de réflecteurs sur une mini-boîte

On entend parfois : « il suffit d’ajouter des réflecteurs partout ».
En pratique, sur une conception type boîte, il y a une limite géométrique.

On ne peut pas raisonnablement :

  • faire un four de 50 cm × 50 cm (0,25 m² de vitre),
  • et lui coller 4 m² de réflecteurs autour,
  • tout en gardant quelque chose de stable, manipulable, qui s’oriente facilement et qui ne se retourne pas au premier coup de vent.

Ce genre de très grand rapport entre réflecteurs et vitre relève plutôt du concentrateur (parabole, Fresnel, etc.) : c’est une autre famille d’objets, plus complexe à construire, plus pointue à utiliser, avec d’autres compromis (point chaud, suivi du soleil plus fin, etc.).

Le choix de l’Atominique, c’est l’inverse :

  • une boîte de taille “humaine”, grosso modo gabarit four de cuisine ;
  • une vitre suffisamment grande pour accueillir des plats usuels ;
  • des réflecteurs proportionnés à cet ensemble, qui augmentent nettement la puissance sans basculer dans la logique du concentrateur.
  • facilité de construction.

C’est ce dimensionnement cohérent volume / surface vitrée / surface réflective qui lui permet d’atteindre cette fameuse petite centaine de watts utiles… et de rendre la cuisson solaire vraiment praticable au quotidien.

Des matériaux réfléchissants pas terribles

Le papier aluminium c’était pour la vidéo du LowTech Lab, en vrai perso j’ai toujours eu un doute là dessus.

Par contre l’adhésif miroir, j’ai testé, ça marche… mais 1 ou 2 ans, après ça blanchit, ça s’altère (c’est pas fait pour être au soleil) et du coup ça marche de moins en moins bien. Après c’est chouette pour expérimenter sans dépenser trop de sous…

Mais depuis que je suis passé à l’alu miroir, c’est le jour et la nuit ! C’est durable, ça ne s’altère pas (sûrement un peu mais pas visiblement). Il y a une page dédiée sur le wiki si vous voulez creuser la question des réflecteurs.

Un système 30° / 60° pas si malin que ça = ouverture par le haut vraiment pas malin

J’avais imaginé un système avec deux inclinaisons : 30° pour l’été, 60° pour l’hiver.
Sur le papier, ça fait sérieux : le four “s’adapte” au soleil. Et quand je dis « j’avais », c’est typiquement un truc que j’ai vu sur internet et je me suis dit « mais oui, trop la bonne idée »… finalement non…

En pratique :

  • en hiver on l’utilise très peu, fenêtre d’ensoleillement trop courte ;
  • en intersaison, les angles ne sont pas favorables ;
  • ça oblige à mettre l’ouverture sur la vitre, en haut. Sauf que sur ces fours sans inertie, dès qu’on ouvre en haut, toute la chaleur s’en va…

Avec l’Atominique, Dominique est revenu à quelque chose de plus simple et plus cohérent : un angle fixe à 45°, adapté à nos latitudes, qui marche mieux une plus grande partie de l’année.

Donc : pourquoi je ne recommande plus ce petit four

Toutes ces petites limites mises bout à bout font que, aujourd’hui, je ne recommande plus de fabriquer ce modèle type boîte :

  • il donne une image un peu “molle” de la cuisson solaire ;
  • on risque d’être déçu, voire de se dire : « la cuisson solaire, c’est sympa sur le papier, mais en pratique ça ne marche pas si bien ».

C’est d’ailleurs indiqué noir sur blanc sur mon article :

Ne faites plus ce four !!!

Si vous voulez vous lancer maintenant

Si vous arrivez ici avec l’envie de construire un four solaire, voilà ce que je conseille aujourd’hui :

  1. Prenez l’Atominique comme base. https://four-atominique.retzien.fr/
  2. Écouter l’Interview de Dominique pour comprendre le fonctionnement et éviter les écueils/fausses bonnes idées que j’ai pu avoir en glanant sur internet : https://four-atominique.retzien.fr/index.php?title=Interview_Dominique
  3. Venez papoter sur le forum cuisson solaire si vous avez des questions, des idées, des doutes : https://forum.cuisson-solaire.fr

Mon ancien four type boîte m’a permis d’apprendre, de rencontrer le Low-tech Lab, de faire parler de cuisson solaire.
Mais si je peux éviter à d’autres de refaire les mêmes erreurs, tant mieux.

Si vous devez investir du temps, du bois, de l’isolant et quelques heures de bricolage, faites-le sur un four qui en vaut vraiment la peine : aujourd’hui, pour moi, c’est clairement le four solaire Atominique (et j’ai rien à gagner en vous disant ça !).

Visite paillourte 14/03/2026

On ouvre les portes de la paillourte (et de son extension) pour une visite le 14 Mars prochain (2026).

  • Où : A Rouans (44640) (on vous communique l’adresse après inscription)
  • Quand : Samedi 14 Mars 2026 de 9h00 à 11h30
  • Tarif : gratuit / don libre de « bonne petite chose maison » si le cœur vous en dit
  • Pour qui : une dizaine de personnes sur inscription uniquement, voir le formulaire ci-dessous.

Il s’agit d’une visite « technique » ne venez pas pour voir la couleur du mur ou voir « où on fait kaka »… Venez comprendre, questionner les choix, demander des précisions sur ce qui vous a manqué dans ce qui est déjà à disposition : https://david.mercereau.info/paillourte/ (un pré-requis serait d’avoir lu une bonne grosse partie de ce qui a déjà été publié…)

    Si tu n’es pas dispo pour cette visite mais que tu veux venir plus tard (probablement l’année suivante) tu peux laisser ton e-mail ici :

    [video] La paillourte, ~7 ans après

    Pascale, de la chaîne Odyssée du NatuRéel est venu papoter à la maison autour de la Paillourte et en a tiré une vidéo. J’y parle de la construction mais aussi (surtout ?) du retour d’expérience (si chère à mon cœur) :

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    Retrouver toutes les étapes du chantiers en détails et toutes les ressources sur la page dédier : https://david.mercereau.info/paillourte/

    Transcription

    Introduction

    Une maison ronde, enveloppante, baignée de soleil, aux murs de terre à l’aspect chaleureux : un vrai cocon naturel, en somme. Vous en rêvez ?

    David va nous expliquer les étapes de construction de sa paillourte, les coûts inhérents au projet et les avantages à construire en rond. Sept ans après sa construction, il nous livrera aussi son retour d’expérience.

    Le secteur du bâtiment représente 40 % des émissions de CO₂ des pays développés, 37 % de la consommation d’énergie et 40 % des déchets produits. Notre façon de construire et de rénover est clairement un levier pour réduire notre impact environnemental.

    Et je vous pose la question : recréer son lien au vivant au travers de son habitat, ne serait-ce pas la plus belle façon d’habiter le monde, finalement ?

    Introduction de David

    On a construit une yourte, et je pense que ça a été un peu le point de bascule. Même si je faisais déjà des trucs avant, on va dire que c’est ça qui a lancé le truc un peu plus fort. Et puis après, il y a eu la paillourte.

    Je pense qu’on est venu à la yourte parce que j’avais fait pas mal de chantiers participatifs. J’étais sur Lyon pendant tout un temps et il y a beaucoup de maisons en pisé là-bas. Les maisons en pisé, ce sont des maisons en terre uniquement : des murs, comme nous on a ici des murs en pierre, mais là-bas c’est que des murs en terre banchée. On met des planches, on met de la terre, on tasse… et là-bas il y a pas mal de restaurations de maisons en terre.

    Je me suis dit que ça allait être un sacrément bon point de départ en tout cas pour amorcer d’autres trucs.

    Dans mon petit parcours de chantiers participatifs, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’habitat, j’ai visité plein de types de chantiers : paille ou autres, mais pas mal paille. Et ce que je constatais, c’est que souvent, les gens faisaient de grandes baraques en paille, ce qui me semblait un peu un non-sens.

    D’autant plus que, écologiquement, ça n’avait pas toujours beaucoup de sens, et en plus je constatais souvent que ces chantiers ne finissaient pas. Je me rappelle notamment d’un gars qui avait fait une baraque de 200 ou 250 m², et ça faisait huit ans qu’il y était. Clairement, il était fatigué. Il n’avait plus envie, ça n’avançait plus, bref, ça avait l’air dur.

    Du coup, je m’étais bien dit que ce n’était pas ça que je voulais. J’ai l’impression que ces gens-là, qui partent sur des gros chantiers, à la fin sont tellement rincés que, dans la maison en paille, il n’y a que les murs qui sont écologiquement soutenables. Tout le reste, en fait, ils n’ont pas eu le temps de se poser la question ou ils sont trop fatigués, et du coup ils installent un chauffe-eau de 200 L électrique, etc.

    Une fois que c’est là, tu ne te dis plus : « Ah oui, mince, comment je pourrais faire autrement ? » Ils sont fatigués, ils n’ont plus envie… fin de l’histoire.

    Du coup, moi j’ai voulu prendre le truc un peu à l’envers : on a fait un petit habitat simple, peu coûteux, facile, rapidement constructible. Donc une yourte : une yourte en toile, en laine de mouton, tout ça. On s’est fait accompagner par La Frênaie (carnet de yourte), qui est une coopérative dans le Marais poitevin.

    On va dans leur atelier : il y a des choses qu’on peut ramener à faire à la maison, et des trucs qu’on peut faire dans leur atelier, parce qu’ils ont plein de gabarits, de trucs chouettes. On a donc fait notre yourte là-bas.

    On s’est installés en petit collectif, parce que c’était aussi ça l’idée, indépendamment de nos envies personnelles : ça nous permettait assez rapidement de tester tout ça, d’arriver avec un petit habitat pas trop cher et vite construit. On a mis un mois, un mois et demi, je crois, à construire la yourte.

    Sobriété avant matériaux

    Ensuite, avant de parler de paille ou de matériaux, j’essaie de tirer vers le moins de mètres carrés possible, d’abord parler de sobriété. Réduire ses besoins : en eau, en énergie, en espace vital, parce que ça a des conséquences sur tout le reste.

    Ça a des conséquences sur le moyen de chauffage, sur l’entretien du bâtiment. Le bâtiment, c’est une énorme part de l’impact énergétique. Le logement, c’est un quart du problème à l’échelle individuelle, donc ce n’est pas négligeable.

    Dans le logement, il y a la construction, la fin de vie, le chauffage, etc. On peut vivre écologiquement dans une petite maison en parpaing, en laine de verre, en paille, ce que tu veux, qui fait 30 m² ; et on peut vivre très « sale » dans une maison en paille, murs en terre, machin, tout ce que tu veux… Si elle fait 150 m² ou même 100 m², l’impact reste énorme. C’est la taille qui compte !

    Évidemment, ça dépend du nombre d’habitants : si vous êtes huit, ça vaut le coup d’être à 200 m², c’est OK. Mais ce qu’on observe, c’est que les mètres carrés par habitant n’ont pas cessé d’augmenter depuis des lustres. C’est une conséquence négative : on peut isoler les baraques, c’est super, mais tant qu’on augmente le nombre de mètres carrés, la part énergétique par habitant ne fait que croître.

    Quelle est la genèse de votre projet de paillourte ?

    Je n’étais pas spécialement parti pour faire une paillourte. Rénover, pour moi, c’est tout aussi pertinent écologiquement : il y a déjà de la surface « squattée » par une maison, etc.

    Mais quand on est arrivés ici, il y avait un petit bâtiment en pierre : une ancienne maison (ou étable) à cochons, un tout petit habitat. Il ne restait plus que deux murs sur quatre, et même ce peu restait assez abîmé. Il n’y avait plus de toit depuis des années. Il aurait fallu tout mettre par terre et reconstruire. Autant dire que je n’étais pas chaud.

    On est arrivés là, et on s’est dit : « Bon, OK, du coup ce n’est pas une rénovation, mais le terrain nous plaît. » C’était une dent creuse, le terrain est assez étroit, donc il fallait faire une petite maison dessus. C’est pour ça qu’il n’était pas si cher. Enfin, pas si cher… tout est relatif par rapport à pas mal d’endroits en France, mais par rapport au coin ici, ce n’était pas si cher.

    Nous, on voulait faire une petite maison : nickel, parfait. On a réfléchi à ce qu’on voulait vraiment. Moi je voulais reconstruire en paille parce que je trouve ça trop pertinent, et j’avais fait plein de chantiers autour de ça, en terre aussi.

    Un truc qu’on voulait garder, c’était le côté rond et surtout le côté « plein de lumière », la lumière centrale, la lumière zénithale. C’est vraiment un truc qu’on avait kiffé dans les yourtes : tu es baigné dans la lumière.

    On l’a fait un peu différemment : on a fait un clocheton pour s’épargner, dans une logique bioclimatique, le soleil d’été quand il est zénithal et cogne trop fort dans la maison. Dans les yourtes, tu te retrouves vite dans une bulle de chaleur.

    Donc on a mis un petit toit : on a fait un compromis entre la lumière – parce qu’on a quand même un peu moins de lumière – et la surchauffe. Et la surchauffe n’est vraiment pas à négliger, surtout avec les épisodes caniculaires qu’on commence à avoir.

    Pourquoi construire en rond ?

    On voulait reconstruire en rond pour plusieurs raisons.

    Facilité et tolérance aux erreurs
    En rond, c’est plus facile. Si tu fais des bêtises, ça se voit moins, c’est moins grave et moins impactant pour le bâti. Toute la charge du toit est répartie sur tous les murs, alors que sur un carré, les angles ont beaucoup plus de charge et de contraintes. Tu peux te permettre des petites erreurs sur ton mur et que ta maison tienne debout.

    Je pense que si on avait fait les mêmes conneries sur un carré, on aurait eu des problèmes… Là, ça va.

    Moins de matériaux, moins d’échanges thermiques
    Tu as environ 11 % de matériaux en moins à surface égale. À 40 m² au sol, tu as 11 % de matériaux en moins sur un rond que sur un carré, parce que le périmètre est différent pour une même surface.

    11 % de matériaux en moins, c’est 11 % de coût en moins, mais c’est surtout 11 % de surface en contact avec l’extérieur en moins. Or c’est cette surface en contact avec l’extérieur qui génère le besoin de chauffage, parce que ça génère de la déperdition thermique. Moins tu as de surface en contact avec le dehors, moins tu as besoin de chauffer.

    Esthétique et lien au vivant
    Il y avait aussi le côté esthétique qui nous plaisait. Si on regarde les habitats primitifs, ou même la nature : terriers, igloos, yourtes, grottes… La plupart des animaux font des formes rondes, c’est plus simple à faire.

    Il n’y a que les abeilles qui font une géométrie « compliquée ». Et encore : a priori, elles font d’abord du rond, et c’est parce qu’elles sont toutes côte à côte que ça crée des hexagones.

    On a acheté le terrain 65 000 € et la paillourte nous est revenue à 20 000 €. En fait, au bout de 3 ou 4 ans, avec l’économie de loyers, tu revends la yourte ; nous, on a revendu la yourte pour financer la paillourte. Il y a eu un peu de sous à mettre dans le terrain, mais ce n’était pas loin d’une opération blanche. On s’en est plutôt bien sortis.

    Quel a été le coût du projet ?

    La maison habitable, au début, c’était 15 000 € pour la paillourte seule. Maintenant, avec le terrain, on est chez nous pour moins de 100 000 €. On était deux, donc 50 000 € chacun : tu n’as pas 25 ans d’emprunt à faire.

    Moi j’ai toujours travaillé avant, donc j’ai toujours eu des salaires dont je ne faisais pas grand-chose. Mes vacances, c’était du woofing, des chantiers participatifs, etc. J’avais donc des petites économies. Très vite, on a pu autofinancer notre truc, sans emprunt.

    Aujourd’hui, on n’a plus trop de sous de côté, c’est sûr, on a tout mis dans la maison. Mais en contrepartie, on a un rythme de vie où je peux prendre une journée pour discuter avec vous, par exemple. Moi je ramène environ 600 € par mois dans le foyer, ma compagne 500 €, et on arrive à vivre à trois (avec notre fille de 8 ans) parce qu’on n’a pas d’emprunt.

    Le premier poste de dépense, souvent, c’est l’emprunt ou le loyer : nous, on n’a pas ça. Et on avait aussi la ressource pierre sur site avec la vieille bâtisse à moitié par terre.

    Quelles ont été les étapes de construction de la paillourte ?

    Fondations

    On a fait nos fondations en pierre. On a creusé un fossé et maçonné des pierres. Ce n’est pas juste « jeter des pierres dans un trou » : maçonner des pierres, c’est un boulot en soi, un sacré boulot. On était rincés au bout de la semaine et demie de chantier, au bout de notre vie. On s’est dit qu’on ne finirait jamais, mais on a fini quand même.

    Tous les voisins et copains qui sont passés nous ont dit :
    « Tes fondations seront encore là quand ta maison ne sera plus là. »

    Et en vrai, les fondations, c’est primordial : si tu rates cette étape, ça a des conséquences sur tout le reste. Autant tu peux refaire un bout de toiture, autant refaire un bout de fondation, ce n’est pas facile.

    Inspirations et retours d’expérience

    Dans mes chantiers précédents, je n’avais pas trop fait de maisons rondes. Ce n’était pas forcément mon « délire » au départ. Je suis donc passé par une étape « retour d’expérience » : aller voir des gens, revoir des gens, chercher de l’expérience concrète.

    Je suis allé voir plein de personnes autour de chez nous qui avaient soit une technique que je voulais mettre en œuvre, soit une configuration particulière. Je voulais faire de la paille porteuse, donc je suis allé voir des maisons en paille porteuse, rondes ou carrées, peu importe, mais avec un point commun.

    Je trouvais rarement ce type de retour d’expérience sur internet ou dans les livres, donc je suis allé les chercher sur place. C’était super chouette : plein de gens m’ont ouvert leurs portes.

    Par exemple, une maison en paille porteuse en Bretagne, ronde, à étage. Et puis Gurun, du côté de la forêt de Brocéliande : mon procédé s’inspire partiellement du sien. On dit souvent qu’il y a plusieurs techniques de mise en œuvre de la paille, mais en réalité, il y en a autant que d’auto-constructeurs.

    J’ai pris ma part chez Gurun, ce qui me convenait en termes de besoins, de sécurité, etc.

    • Gurun ne faisait pas de fondations à l’époque, maintenant il en fait des petites.
    • Moi, je ne me voyais pas ne pas faire de fondation ici, parce qu’on a 8 m d’argile avant d’arriver à la roche. Il y a des choses qui peuvent bouger. Donc pour moi, pas de fondation, ce n’était pas envisageable.

    J’ai donc repris une partie de son procédé : du sous-bassement jusqu’à la toiture réciproque, c’est « du Gurun » (les murs, etc.). Mais le toit et les fondations/sous-bassement, c’est plutôt ma sauce.

    L’idée, c’est que vous pouvez aller piocher les idées qui vous correspondent, en fonction de votre contexte et des matériaux disponibles.

    Sous-bassement et gestion de l’humidité

    Sur les fondations, on a un problème de capillarité. La capillarité, c’est le phénomène du sucre qu’on met dans le café : le café remonte dans le sucre. L’eau peut remonter à travers les joints des pierres.

    Il me fallait donc un matériau peu capillaire, qui n’amène pas trop d’eau vers la botte de paille. Une maison en paille, c’est :

    • un beau chapeau (un bon débord de toit),
    • de bonnes bottes (un mur surélevé par rapport au sol).

    La paille et l’eau, ce n’est pas génial.

    Pour ça, on a utilisé des blocs de pierre ponce (PonceBloc). Ça ressemble à des parpaings, mais c’est de la pierre ponce : roche volcanique, avec de l’air emprisonné dedans, donc c’est très léger, partiellement isolant, et non cuit (pressé à froid). L’impact carbone est assez faible. C’est peu capillaire et un peu isolant.

    On a posé ces blocs de pierre ponce sur les fondations, ce qui limite la remontée d’eau et évite que la paille soit en contact direct avec le sol.

    Par-dessus, on a mis de l’EPDM (la même membrane que pour la toiture végétalisée) pour éviter encore plus les remontées capillaires. Si le mur est mouillé, l’eau ne doit pas pouvoir migrer dans la botte de paille. C’est primordial : l’humidité et la paille, ça ne fait pas bon ménage.

    Pour atteindre un niveau d’isolation correct :

    • les blocs de pierre ponce ont une certaine épaisseur et un certain R (résistance thermique),
    • mais on était loin de l’isolation qu’apporte une botte de paille.

    On a donc rajouté un morceau de liège à l’intérieur pour augmenter la résistance thermique et ralentir la fuite du chaud vers l’extérieur.

    On a aussi mis une lisse basse, un petit bout de bois qui court tout autour, avec des broches pour brocher le premier rang de bottes, afin de solidariser le mur de paille au sous-bassement.

    On est en zone sismique niveau 2 sur 3 ici. Tu es soumis à une norme (déclarative : tu dis « oui, j’ai respecté la norme »). Dans cette norme, il y a notamment deux points :

    1. Que toutes les parties, de bas en haut, soient liées ensemble (continuité de chaînage).
    2. Renforcer les angles.

    Maison ronde = fin de chantier, tout va bien : il n’y a pas d’angles fragiles. En cas de tremblement de terre, il n’y a pas de points de rupture. C’est naturellement une forme sismique, la maison ronde.

    Murs en paille porteuse

    Sur ce bloc de pierre ponce, on a monté des bottes de paille en paille porteuse : la botte fait le mur et porte la toiture.

    On a pris des bottes assez denses, avec un bon serrage des ficelles. Gurun, lui, reficelle ses bottes pour les densifier. Pour la paille porteuse, la densité et l’humidité sont importantes, donc on testait les bottes :

    • Hygromètre à sonde pour mesurer l’humidité,
    • Peson pour peser les bottes,
    • Avec ces deux infos, on calcule la densité (une botte humide et lourde peut être peu dense si elle est trempée).

    On a pris les bottes les plus denses pour les murs, qu’on a montées en quinconce, comme un mur de briques.

    On les a brochées et « cousues » entre elles, ficelées avec de la ficelle de botte de paille. C’est ce que Gurun appelle sa méthode : tu prends une botte, tu passes la ficelle autour de la botte d’à côté, tu tires, ça regale la botte (elle reprend une forme arrondie) et tu remets de la tension dans les fibres.

    Autour des portes et fenêtres, on a mis de l’ossature bois, parce que ça ne tiendrait pas sur de la paille « molle ».

    Pour les murs, on a utilisé des bottes à champ plutôt qu’à plat :

    • Botte à plat : posée sur sa grande face (le côté le plus large au sol).
    • Botte à champ : posée sur la tranche.

    Une botte à champ isole aussi bien qu’une botte à plat, parce que c’est le sens des fibres qui compte. Ça permet de gagner un peu de mètres carrés.

    Nous, on a fait une maison de 40 m² parce que c’était satisfaisant pour nous, mais il ne fallait pas dépasser 50 m² au nu extérieur du mur pour ne pas être soumis à la RT 2012 (c’est encore vrai aujourd’hui avec la RE 2020). C’était un petit objectif : éviter les papiers, les études thermiques obligatoires et payantes.

    Sous pas mal d’aspects, on est au-delà de la RT/RE en termes d’isolation, etc., mais ça nous a épargné la contrainte administrative.

    En haut du mur, on n’a pas mis de lisse haute (anneau de bois qui ceinture le mur) :

    • Sur une maison carrée, j’en aurais mis une, pour répartir la descente de charge et reprendre les efforts dans les angles.
    • Sur une maison ronde, chaque perche de charpente reporte la charge uniformément sur le mur. Tout le mur reçoit la même charge, donc ce n’était pas indispensable.

    C’est aussi du bois en moins (donc de l’argent en moins et un impact carbone réduit).

    Charpente réciproque et bois

    On a fait le choix d’une charpente réciproque en bois rond :

    • Bois local (châtaignier), coupé en taillis à côté.
    • Peu de transport, pas de sciage industriel, peu de déchets.
    • Pas besoin de sections standard (20×20, etc.) : on garde l’arbre entier.

    Le bois rond évite :

    • les pertes liées au sciage en scierie,
    • la monoculture de Douglas pour faire des maisons « écolos » (qui est une catastrophe dans certaines régions).

    On a donc :

    • Abattu les petits troncs,
    • Écorcé à la plane (travail assez agréable),
    • Monté la charpente réciproque en une journée, avec l’aide de Gurun.

    Une charpente réciproque en bois rond, ça ne coûte quasiment rien en matériaux, et c’est très économe en énergie grise.

    Toiture végétalisée

    Sur la charpente, on a mis un voligeage (planches), puis :

    1. Un pare-vapeur sous l’isolant,
    2. L’isolant,
    3. L’EPDM (membrane d’étanchéité),
    4. Un géotextile,
    5. De la tuile concassée,
    6. Un peu de terre,
    7. Des plantes grasses.

    Pourquoi un pare-vapeur ?
    Au-dessus, l’EPDM n’est pas perspirant. La vapeur d’eau générée dans la maison (cuisine, habitants…) ne doit pas migrer dans l’isolant et rester coincée sous l’EPDM. On la bloque donc sous l’isolant, côté chaud, avec un pare-vapeur.

    L’EPDM :

    • Bâche caoutchouc, un peu de pétrole,
    • S’étire à 400 %,
    • Garanti environ 40 ans en toiture si protégé des UV,
    • Très peu d’entretien, surtout avec la végétalisation.

    On aurait préféré une toiture avec un autre matériau (terre cuite, etc.), mais le système global (fondations souples, murs de paille, charpente réciproque souple) nous guidait vers une toiture souple qui suit les mouvements éventuels. Une toiture en tuiles sur une charpente réciproque, c’est plus compliqué.

    Par-dessus l’EPDM, on a mis :

    • Un géotextile tissé issu du recyclage de vêtements (coton, etc.) pour empêcher les racines d’atteindre l’EPDM et créer une cohésion de l’ensemble végétal.
    • De la tuile concassée en support drainant. On aurait pu mettre de la pouzzolane (plus légère), mais on avait un stock de tuiles de la ruine sur place.
      • La tuile concassée draine, stocke un peu d’eau, la restitue quand c’est plus sec.
      • On a à peu près 4 tonnes de tuile et 1 tonne de terre : donc 3–4 cm de tuile et 1 cm de terre. Très peu de terre, parce que la terre mouillée, c’est très lourd.

    Les plantes :

    • Plantes grasses, plantes de rocaille, qui poussent sur substrat très mince.
    • On a semé du trèfle au début pour créer un tissu racinaire, puis on a récupéré des boutures/plantules chez des voisins.

    Si c’était à refaire, on mettrait probablement de la pouzzolane pour plus de sécurité en termes de charge, mais ça tient très bien comme ça.

    Débord de toit et clocheton

    Le débord de toit fait entre 80 cm et 1,20 m. Là, il est environ 14 h, le soleil ne rentre pas par la grande baie au sud. Le débord protège bien les murs.

    Le clocheton, lui, est plus compliqué à doter d’un débord important, sinon on perdrait trop de lumière hivernale. On a déjà un petit toit pour limiter la surchauffe d’été. On aurait pu être un peu plus généreux sur le débord, mais c’est un compromis entre :

    • lumière d’hiver,
    • protection d’été,
    • contraintes de construction.

    Le sol : hérisson, isolation, dalle en terre

    Sous la maison, au milieu des fondations, on a mis du verre cellulaire :

    • Habituellement, on fait un hérisson de cailloux pour casser la capillarité et drainer. On met ensuite un isolant (souvent polystyrène), puis une dalle.
    • Le hérisson sert aussi de drainage (l’eau circule entre les cailloux).

    Le verre cellulaire :

    • Est drainant,
    • Non capillaire,
    • Isolant.

    Pour un auto-constructeur, c’est génial :

    • Tu balances le verre cellulaire au milieu de la maison avant de couler ta dalle,
    • C’est léger, facile à mettre en œuvre,
    • Ça fait les trois fonctions d’un coup.

    On a ensuite fait une dalle en terre sur toute la maison :

    • Mélange terre + sable (béton de terre : la terre remplace le ciment).

    Pas de paille dans la dalle chez nous, parce que nous sommes dans une zone très humide (marais) et il y a un champignon bien connu, la mérule, qui mange la cellulose (contenue dans la paille et le bois). Si la mérule s’installe dans une maison, il faut la démolir. Donc je ne joue pas avec ça dans la dalle.

    Pour la surface de la dalle :

    • On a fait des essais : huile de lin, huile dure, etc.
    • Ce qui nous convient bien, c’est la tempera :
      • pigments d’argile particuliers,
      • œuf,
      • huile de lin.

    Ça se passe comme une peinture, crée une couche jolie, légèrement étanche, qui se lustre au passage des chaussettes. Aspect un peu marbré, que l’on aime bien, et cela se retouche facilement.

    On a complété par :

    • De la tomette (terre cuite) côté cuisine, zone très sollicitée (chaises, chutes d’objets, etc.),
    • De la terre crue côté salon.

    On avait aussi testé des dalles stabilisées à la chaux :

    • Plus résistantes, mais en cas de choc important, ça casse net.
    • Les retouches sont plus délicates qu’avec une dalle en terre, où tu peux réhumidifier et réparer localement.

    Enduits

    À l’extérieur :

    • Enduit terre-chaux-paille au départ.

    Retour d’expérience : la paille dans les enduits extérieurs, en climat océanique venteux, finit par moisir un peu en surface aux endroits exposés à la pluie battante. Ce n’est pas dramatique (on a 8 cm d’enduit), mais on voit que beaucoup de pros du bâti écologique commencent à arrêter de mettre du végétal dans les enduits extérieurs. J’en parle aussi dans différents articles « paillourte ».

    Pour l’extension, on a donc fait :

    • Terre + chaux + sable (sans paille) à l’extérieur.

    La chaux :

    • Fige le mélange,
    • Résiste bien à la pluie battante,
    • Évite que l’enduit ne finisse « par terre » au bout de quelques années comme dans certains pays où l’on n’a que la terre crue sans liant hydraulique.

    À l’intérieur :

    • Enduits terre-paille, plus « souples » et perspirants.

    On essaie aussi de limiter le sable, parce que :

    • Le sable de maçonnerie (rivière, carrière) n’est pas inépuisable,
    • Le sable du Sahara ne se maçonne pas.

    On utilise la paille comme « charge » dans les murs pour remplacer une partie du sable.

    On a beaucoup appris sur la qualité des terres :

    • La première terre (pour la paillourte) : très argileuse, blocs très durs après séchage, nécessitant beaucoup de trempage, de tamisage et de correction au sable/paille. J’ai passé à peu près un mois, sur un an et quelques de chantier, à tamiser de la terre…
    • Pour l’extension, on a trouvé une terre plus sableuse, déjà plus friable, beaucoup plus agréable à travailler, avec moins de corrections à faire.

    Quelle a été ta méthode de construction pour l’extension ?

    Pour l’extension, je n’ai pas refait de paille porteuse. J’ai fait une structure poteau-poutre :

    1. On commence par faire un préau : quatre poteaux et un toit.
    2. Le toit repose sur les poteaux, pas sur les murs.
    3. Ensuite, on construit les murs en dessous, en paille (non porteuse, en quinconce, sans ossature bois continue).

    Avantages :

    • Le toit est déjà contreventé, il tient par lui-même.
    • Moins de contraintes sur les murs : la paille n’est plus porteuse, c’est sécurisant.
    • On peut diminuer la taille des fondations :
      • Fondations en gravier pour les murs,
      • Petits plots sous les poteaux.

    Je trouve que c’est un très bon compromis entre :

    • écologie / impact,
    • temps,
    • sécurité,
    • budget (moins de bois d’ossature qu’une maison paille-ossature bois classique).

    Cette extension, c’était le cadeau de Noël de ma fille :

    • On a commencé le chantier en mars,
    • Fini et emménagé en novembre.

    Elle a pu voir sa chambre avancer, participer un peu, voir que c’est long, que c’est du travail. Un jour, elle est arrivée, elle a dit :
    « Ah ouais, c’est quand même une petite maison… »
    Eh oui, c’est ça.

    L’avantage de la paillourte, c’est qu’on peut faire des extensions comme des pétales autour. C’est chouette.

    Les contraintes :

    • Terrain très étroit, limite de propriété,
    • Raccord entre deux toitures,
    • Envie de n’avoir que trois murs (le quatrième étant celui de la paillourte) pour limiter le volume de déperdition.

    Le plus simple aurait été de faire un couloir et une nouvelle pièce indépendante, mais on aurait alors quatre murs supplémentaires et moins de mutualisation thermique.

    Résultat :

    • On n’a pas changé le poêle de masse : il était un peu surdimensionné au départ.
    • Avant l’extension, on faisait un feu tous les un jour / un jour et demi.
    • Maintenant, on fait un feu par jour, ce qui est plus « normal » pour un poêle de masse, et on chauffe 10 m² de plus.
    • Il fait environ 1 °C de moins dans la chambre que dans la paillourte, ce qui est très acceptable.

    On a aussi réfléchi au côté sociétal :

    • Notre fille était très contente d’être dans la mezzanine sous nous, ce n’est pas elle qui réclamait une chambre.
    • Aujourd’hui, elle est contente d’avoir sa chambre, et nous, on est contents d’avoir le luxe de pouvoir fermer une porte entre elle et nous.

    Mais si tu raisonnes à l’échelle du monde, combien d’enfants ont une chambre individuelle ? C’est un luxe de riche occidental. Ça pose question :

    • Est-ce que c’est un besoin réel ?
    • Est-ce que c’est une norme sociale ?
    • Quel impact en surfaces construites supplémentaires ?

    Une chambre par enfant, c’est vite 40 m² de plus pour trois enfants, plus le salon, etc. Ça fait réfléchir.

    Quelle est la réglementation par rapport à la paillourte ?

    Sur la RT/RE, tout est accessible :

    • Les textes,
    • Les méthodes d’étude thermique,
    • Les dimensionnements, etc.

    Si tu ne le sens pas, tu peux déléguer :

    • Il y a des gens dont c’est le métier de faire la partie étude thermique, dimensionnement structurel, etc., et toi tu fais le reste.

    Les grandes familles de réglementation :

    • Réglementation thermique (RT 2012, maintenant RE 2020),
    • Assainissement,
    • Sismique (dans les zones concernées),
    • PLU (Plan Local d’Urbanisme).

    PLU et forme de la maison

    Le PLU est accessible : tu peux le lire, c’est marqué ce que tu as le droit de faire ou pas. Le texte peut être un peu indigeste, mais en une journée, tu peux te faire une idée claire.

    Dans notre cas :

    • On est dans un village un peu excentré,
    • Pas de bâtiment historique autour,
    • Pas d’Architectes des Bâtiments de France sur le dos,
    • Peu de contraintes sur les formes : on ne dit pas « il faut faire des maisons carrées ou rectangulaires ».

    La paillourte n’est donc pas problématique sur le plan réglementaire, sauf si tu es très proche d’un clocher ou dans un secteur sauvegardé où les ABF ont leur mot à dire.

    Le permis de construire / PLU s’intéresse essentiellement à :

    • L’esthétique extérieure,
    • La couleur des enduits,
    • Le type de couverture (tuile, ardoise, etc.).

    Ils ne regardent pas ce que tu mets dans les murs. Je n’ai jamais dit à la mairie que je faisais une maison en paille, notamment parce qu’on n’a pas à leur dire, et qu’ils s’en fichent. Pour toutes les questions autour de l’urbanisme et des démarches, j’ai détaillé pas mal de choses dans « Questions fréquentes sur la paillourte ».

    Pour la toiture végétalisée, a priori il existe une sorte de « joker » européen en lien avec la compensation carbone, qui peut permettre de passer au-dessus de certaines règles locales imposant, par exemple, la tuile ou l’ardoise. C’est à vérifier selon les communes, mais il y a un cadre.

    Assainissement et phytoépuration

    Chez nous, pas de tout-à-l’égout, donc :

    • Obligés d’installer un système d’assainissement conforme avant d’emménager sur le terrain, avant même que la maison soit construite.
    • On a choisi une phytoépuration.

    La phytoépuration :

    • Est maintenant normée, avec des systèmes passés en laboratoire (agréments).
    • Les SPANC (services publics d’assainissement non collectif) ne peuvent plus les refuser si les conditions techniques sont remplies.

    On a fait une autoconstruction accompagnée :

    • Un organisme fait l’étude de faisabilité et le dimensionnement,
    • Donne les plans,
    • L’entreprise qui porte la filière phyto vient contrôler à plusieurs étapes, pour vérifier que c’est conforme à ce qui a été validé en labo,
    • Ça permet de réduire le coût (tu fais les travaux), tout en respectant la norme.

    Techniquement, c’est assez simple :

    • Un tuyau au fond,
    • Un lit de cailloux,
    • Un lit de sable,
    • Des plantes (roseaux) qui assurent l’épuration via leur système racinaire.

    Temps de réalisation :

    • Une petite phyto 3 EH (3 équivalents habitants) nous a pris 3–4 jours de chantier.
    • Le plus long, c’est d’aller chercher les graviers, cailloux, etc. (nous avons des carrières proches, donc ça allait).

    Le dimensionnement :

    • Au départ, on nous préconisait une 5 EH (5 × 150 L/j/personne).
    • Vu notre consommation d’eau réelle et la taille de la maison, l’étude concluait qu’il faudrait arroser les roseaux l’été…

    Nous, si on fait des économies d’eau, ce n’est pas pour arroser la phyto, ça n’a aucun sens.

    On s’est donc un peu battus avec le SPANC :

    • On a obtenu une dérogation pour installer une plus petite phyto (3 EH) adaptée à nos besoins,
    • Tout en restant excédentaire par rapport à notre consommation réelle (on est à 15–20 L d’eau/jour/personne).

    Les premières années :

    • Les roseaux avaient faim, ils montaient très haut, etc.
    • Le technicien d’Aquatiris est revenu plusieurs fois, passionné, pour nous conseiller :
      • Ajouter du compost de toilettes sèches dans les bassins les premières années pour booster la vie bactérienne et le développement des roseaux.

    Que ressors-tu de cette expérience d’auto-construction ?

    Le fait d’avoir fait ma maison là, et d’avoir fini par la paillourte (qui est un plus gros chantier qu’une yourte, clairement), ça m’a vraiment sécurisé ma vie.

    Je me sens vraiment en sécurité :

    • Je me dis que je suis capable de refaire une maison en paille et en terre ailleurs, si un jour il faut partir, si c’est le bazar.
    • En termes de sécurité, c’est assez fort de savoir réparer et construire quelque chose.

    Ça m’a apporté beaucoup de sécurité intérieure, mais ça a aussi demandé une grosse phase d’insécurité :

    • Quand tu construis toi-même, tu doutes en permanence :
      • « Est-ce que ça va tenir ? »
      • « Est-ce que ça ne va pas me tomber sur la gueule ? »
    • J’ai eu une période où je ne dormais pas beaucoup…

    Mais aujourd’hui, avec le recul, je sais que :

    • C’est faisable,
    • C’est à la portée de gens motivés,
    • Ça donne une liberté énorme sur la manière de vivre, de travailler, sur le rapport à l’argent et au temps.

    Aménagement cellier et retour d’expérience

    Je ne vais pas détailler l’aménagement de la chambre dans cette extension parce que ça reste « standard » mais sur le cellier j’ai quelques trucs à dire. J’ai peut être pas mis de photo « fini » de l’extension côté chambre alors quand même j’en met :

    Toilettes sèches

    Voici mes nouveaux toilettes secs, en intérieur mais sans odeur :-). En effet j’ai profité de ce cellier pour, truc de riche, avoir des toilettes en intérieur. Comme j’ai pu le conseillé, en intérieur le mieux c’est de connecter « la boîte » des toilettes sec à une VMC/une extraction d’air. C’est ce que j’ai fais avec un petit extracteur éolien et une arrivé d’air par le sol. Le conduit est noir pour favoriser le tirage naturel en chauffant l’été.

    C’est d’autant plus confortable que dans ce cellier il y aura de l’alimentaire… Même si je suis pas bien sûr que de l’odeur de caca contamine des patates… C’est psychologique, confortable si les 2 « aires » ne se mélanges pas.

    Des z’images de la mise en œuvre (Note : le second extracteur de la photo c’est pour la partie suivante, le garde manger… )

    Bien sûr il faut que l’abattant de toilettes soit « étanche » (relativement, il n’y a pas de joint). mais un contact de matière à matière suffit. ça évite les mouches et que la prise d’air se fasse « par l’ambiant » et préfère arrivé par la prise d’air canalisé conçu pour ça.

    Tout ceci devrait permettre aussi l’évaporation d’une partie des urines et donc d’alléger (en kg) la corvée d’aller vider le seau (ici une poubelle de 100l) dans le composte.

    Le retour d’expérience après ~1 ans d’utilisation

    Car ça fonctionne plutôt bien ! Évidement juste après le caca ça sens un peu. On ne sens pas la présence du toilette sec quand on passe dans la pièce après ~1/.2 d’un passage à la commission… On est plutôt content de cette installation.

    Les extracteurs avec le conduit noir pour l’été et avec éolienne pour le vent ne « tire » vraiment pas beaucoup d’air. Il faut vraiment gros vent pour qu’on sente une petite brise au bout du conduit. Ceci étant ça doit suffire pour diminuer les odeurs. La question serait de savoir si on aurait le même effet sans l’extracteur… C’est pas impossible… (mais difficile à tester/comparer)

    L’abattant des toilettes est en polystyrène. Au départ mon amie était septique mais forcé de constaté que c’est hyper confortable car jamais « froid ». Dans le cellier quand il fait 10°C et que tu pose tes fesses sur un abattant en bois il y a un petit mouvement de rejet qu’il n’y a pas du tout ici.

    Stockage alimentaire

    Avant, garde manger extérieur

    On a un réfrigérateur mais on le branche seulement l’été, quand les panneaux solaires nous le « permette ». Pour l’hiver, quand il fait froid dehors, nous avions un garde manger à l’extérieur en hauteur, au Nord, abrité de la pluie. J’en avais fait un article. On a fonctionné ~7 ans ainsi.

    N’y a t-il pas un paradoxe à dépenser énormément d’énergie pour réchauffer sa maison en hivers et à en dépenser encore pour refroidir une toute petite partie de cet espace chaud (le réfrigérateur). En considérant qu’il fait froid de l’autre côté du mur… Est-ce qu’on marche pas sur la tête ?

    Mais voilà, on remarque qu’il fait de plus en plus « doux » l’hiver et même si on adapte notre consommation alimentaire au fait qu’on a pas de réfrigérateur en hiver. On constat que c’est de plus en plus difficile.

    Et maintenant avec le cellier

    Pour ce cellier (~4m2), le souhait était de partir sur des murs non isolés, pour faire une pièce type « cave » (par chez moi (les marais), on ne construit pas de cave parce que les sols sont gorgés d’eau). On cherchait de l’inertie plutôt que de l’isolation, pour aller vers une température stable. Pour ça on a fabriqué des adobe (brique de terre crue) pour faire les murs. De plus la pièce est placé au Nord, le soleil ne vient quasi pas toucher les murs de celui-ci. J’ai 3 espaces de stockage alimentaire dans ce cellier :

    • Une boîte compact, hermétique à la pièce mais ventilé à l’intérieur (extracteur comme pour les toilettes, prise d’air par la façade Nord)
      • Pour faire vraiment le « réfrigérateur » il y a des clapet sur les arrivés et extraction d’air. S’il fait plus froid dedans que dehors on peut fermer les claper (peut être que ce truc sera automatisé un jour…)
    • Une trappe dans le sol : Qui est en fait un gros regard béton de 50×50 qui a été placé là avant de faire la dalle.
      • C’est pour stocker des patates ou autre truc qui a besoin de noir, pas forcément besoin de ventilation mais d’une stabilité de température (il faut toujours au moins 1°C de moins dans la boîte que dans le cellier)
    • Les étagères dans le garde manger
      • Là c’est pour stocker bocaux, boisson, fuit de garde mais aussi courges et autres légumes frais qui arrive et qui partent dans la semaine…

    La partie « boîte hermétique » a été faite dans un meuble au dessus du lave main. Pas grand chose à y redire c’est un peu comme les toilettes secs, une arrivé d’air par en dessous, un départ vers l’extracteur au dessus.

    Et voilà le tout terminé avec du mangé dedans !!! 🙂

    Retour d’expérience

    Une pièce quand même très humide (toujours ~80%) pour le moment. C’était la première année donc il y a fort à parier que les adobes n’était pas sèche et que l’humidité de celle-ci séchait par l’intérieur ayant un enduit terre-chaux en extérieur… Forcément on augmente l’humidité. Je me demande si la présence des courges (qui dégage beaucoup d’humidité n’accentue pas ce phénomène… C’est pas non plus dramatique on a protégé les planches de bois des étagères et il faudrait peut être encore plus ventilé (les éoliennes ne suffissent peut être pas..). Je n’ai pas mis de prise étanche électrique et vu le taux d’humidité c’est peut être une erreur (corrosion / usure prématuré probable…)

    Le côté frais et stable l’hiver fonctionne plutôt bien, on a pu vraiment rallumer le réfrigérateur tard cette année avec le cellier qui est resté froid longtemps. J’ai pas de donnée/graph de cette partie de l’année (~mars-avril). J’ai un graphique de l’autonome où on peut observé la stabilité de température mais celle-ci reste un peu haute pour tenir frais. Cet autonome (si on peut encore l’appeler comme ça) est très doux :

    Jaune : température extérieur / Bleu : température ambiante cellier

    L’été c’est moins dingue pour le côté « frais » et c’est principalement dû au fait qu’il n’y a que 10cm de laine de bois pour isoler la toiture. Toiture qui est en bac acier… Même avec une lame d’air très généreuse 10cm de laine de bois c’est ~6h de déphasage et on le constat bien. Au alentour de 16h il y a une grosse chape de chaleur qui arrive dans le cellier.

    Période canicule août 2025

    La boîte compacte et étanche ventilé de l’extérieur est utilisé en hiver uniquement quand le réfrigérateur est débranché. La température à l’intérieur de la boîte n’est pas bien différente de celle du cellier, c’est un peu décevant de ce côté là. Peut être qu’un automatisme plus poussé pour les clapets améliorerai la situation ou de l’isolant sur le bois… Bon ceci étant c’est utilisable en l’état et ça me parait toujours une bonne chose que l’air de mon « réfrigérateur » ne soit pas mélanger avec l’air ambiant ou je fais mon caca…

    La trappe c’est pas très pratique à l’usage du quotidien surtout dans un petit espace mais c’est parfait pour garder les patates ! J’aurais dû la faire plus haute pour pouvoir stocker des bouteilles debout (les bières artisanal ça préfère vivre debout)

    Les étagères sont très utilisés. Je suis dans un groupement d’achat pour le sec donc quand c’est pas les conserves du jardin, de la lactofermentation, c’est le sec pour la 1/2 année…

    Pour conclure on est plutôt content de son comportement en hiver, en sortie d’hiver c’est hyper utile. Le reste du temps pas tant et en même temps c’était pas le besoin premier. Il faudrait augmenter l’isolant en toiture… un jour peut être…

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