Après le 1er hiver…

La paillourte a passé son premier hiver, avec lui nous avons eu des déconvenues (plus ou moins pénibles) et des bonnes surprises. Commençons par le positif :

La paille du toit

L’isolation paille en toiture m’avait été déconseillée par certain, d’autres m’avaient dit c’est ok avec un système de ventilation, d’autres que c’était ok mais surtout pas de ventilation… Mais aucune des personnes que j’ai contactées avec une toiture similaire (végétalisée/EPDM, isolée en paille avec ou sans ventilation) n’était capable de me dire comment était la paille après plusieurs années, personne n’avait eu la curiosité de soulever l’EPDM…

Et bien j’y suis allé, avec beaucoup de stress / appréhension. Ça allait être une heure de vérité, soit tout était ok et c’était une victoire, soit c’était tout une toiture à refaire / revoir… et j’avoue que ça m’aurait plombé le moral, car je commençais juste à entrevoir la fin du chantier… ça l’aurait sacrément rallongé…

Le verdict : C’est OK !!!

Le bémol c’est bien sûr que ça ne fait que ~9 mois de vie, mais pour le moment la paille est en très bon état, très sèche, peut être même plus sèche qu’au moment de la pose (étrange…). Tellement sèche que l’humidimètre affiche « LO », traduisez : « taux d’humidité trop bas pour être mesuré » (donc <8% de mémoire sur la notice)

La paille des murs

Là, c’est un peu plus étrange. Elle semble plus humide qu’au moment de la pose. En effet à la pose on était <12% d’humidité et là on est entre 15 et 18% (testé uniquement à 2 endroits du mur). Rien d’alarmant cependant c’est peut être dû au fait que l’enduit n’est pas complètement sec (après 6 mois de pose + le fait que ça soit l’hiver…) Si vous avez un éclairage, je suis preneur. En tout cas je surveillerai ça…

Descente de charge

J’avais fait un article sur la descente de charges observée (tassement des bottes avec le poids du toit). J’ai continué à prendre des mesures, parce que ça a continué à descendre après l’article… De pas grand chose (~2cm contre ~20cm évoqué dans le premier article)

Condensation EPDM / clocheton

Au niveau du clocheton, la jonction entre l’isolant et l’EPDM n’est pas franche, vue la forme de la charpente réciproque à cet endroit-là, c’est pas simple… De ce fait, quand on a jouté le clocheton, la lisse à fait « remonter » l’EPDM à certains endroits autour du clocheton. Ce qui fait qu’il y a de l’air qui circule côté intérieur sous l’EPDM et celui-ci peut être d’une température nettement différente à l’air qui circule au dessus de l’EPDM = condensation. Cet endroit étant très pénible à isoler on a opté pour une petite isolation par l’extérieur. On a fait des « chaussettes » remplies de liège en vrac, et on a entouré la périphérie du clocheton avec. On a remis les cailloux autour et voilà, plus de condensation. Le liège a été utilisé ici pour ses propriétés imputrescibles. Le liège a aussi la particularité de garder son pouvoir isolant même trempé (ce qui n’est vraiment pas le cas de beaucoup d’isolants).

Je confirme que ça nous a réglé le problème ! Depuis, plus de condensation à cet endroit.

Condensation rampant clocheton

Toujours la condensation… Définitivement c’est pas simple à gérer… Quelques semaines après avoir terminé le clocheton, je me suis aperçu qu’il y avait des traces d’humidité sur un montant. J’ai démonté le contreplaqué de « parement » et je n’ai pu que constater de la condensation sur le frein vapeur en papier kraft (deux épaisseurs).

En démontant, j’ai constaté que la condensation s’est formée là ou le contreplaqué ne touchait pas l’isolant (donc que de l’air circulait). J’ai démonté une plaque d’isolant pour être certain que ça ne provenait pas d’une infiltration d’eau… Et non c’est bien de la condensation : l’isolant est ok et les rampants étaient bien sec, sans trace de quoi que ce soit d’anormal (à la limite, je préfère ça…)

Pour le moment, ce problème n’est pas réglé. Pour éviter la condensation, de ce que j’en sais, il faut soit une lame d’air pour qu’elle puisse sécher, soit pas du tout de circulation d’air. Dans mon cas, la 1ère option parait plus faisable… Si vous avez une suggestion je suis preneur !

Portes & linteaux

Comme expliqué dans cet article sur les pré-cadres, les linteaux ont été faits avec 2 morceaux de 8×20 en douglas (même section que les pré-cadres), mis l’un sur l’autre sur la tranche. Ils sont assemblés histoire de faire « ensemble » avec 2 plaque d’OSB récupérées dans les poubelles du menuisier.  Nous avons isolé les linteaux de portes avec des panneaux de fibre de bois. Ceux-ci sont rigides, ce qui permet d’enduire dessus sans problème.

Isolation des linteaux

Les linteaux sont solidaires du pré-cadre car vissés par le dessous (à travers le pré-cadre) avec de longues vis (6×140), mais aussi avec des équerres sur le pré-cadre. Le linteau est aussi solidaire de la charpente grâce à un feuillard qui entoure la perche posée dessus. Enfin, il est solidaire des murs grâce à des broches en châtaigner. On a ensuite isolé le linteau en panneaux de fibre de bois (les « trous » seront bouchés au terre-paille) :

Nos portes sont en chêne, elles sont toutes largement vitrées. Nous avons choisi de les fixer en « applique extérieure » (pour connaître les différents type de pose, aller voir ce petit wiki de menuisier), pour 2 raisons :

  • La pose en applique intérieure nous aurait demandé une vigilance particulière aux infiltrations d’eau au niveau du seuil. L’eau étant l’ennemie de la paille, si on peut s’éviter des problèmes c’est toujours bon à prendre…
  • La pose en feuillure est risquée en paille porteuse : si jamais votre pré-cadre travaille trop (poids de la charpente, mouvement du mur…) vous ne pouvez plus ouvrir vos portes. C’est ce qui est arrivé à un ami qui a construit en paille porteuse, il a dû tout démonter… Au moins avec la pose en applique extérieure il n’y a pas trop de boulot en cas de pépin, et en plus mes pré-cadres sont costauds… (ceinture, bretelle…)

Pose des portes

Un morceau de contre plaqué marine (chute de la lisse basse) a été assemblé à la porte, ce qui permet ensuite de visser la porte en applique. Les portes on été posées avec des cales au besoin pour le niveau (fait au fil à plomb), et il y en avait souvent besoin. En effet les cadres avaient bien travaillé…

L’étanchéité sera faite au mastic…

Renfort pour équerre

Après quelques mois, ça bouge toujours au niveau des pré-cadres, les portes sont constamment à re-régler… Je fini donc par ajouter des équerres métalliques sur les pré-cadre pour maintenir l’équerrage. J’aurais dû le faire avant c’est certain ! Une de chaque côté (intérieur / extérieur) aurait été l’idéal. Au lieu de ça, j’en ai rajouté une à l’intérieur + une dans le pré-cadre (mes portes étaient déjà posées et prises dans l’enduit extérieur c’était pénible de tout retiré… ET OUI je n’avais rien qui tenait l’équerrage avant sur mes pré-cadres après la pose des portes, je pensais que « l’ensemble » allait rester cohérent et que le mur de chaque côté allait l’empêcher de bouger… En fait ça bouge… c’est souple…

Il semble que le toit ait fini par trouver sa place environ 5 mois après la pose de la charpente. J’ai peut être posé les portes trop tôt, j’aurais dû attendre ces 5 mois (mais ne sachant pas que ça allait durer autant de temps…). En même temps c’était bien d’avoir les portes pour passer l’hiver et mettre la maison hors gel. Donc l’idéal aurait été de trianguler le pré-cadre durant minimum les 6 mois qui ont suivi la pose de la charpente.

Cache misère

Par dessus les pré-cadres, j’ai posé des « cache-misère » en contre plaqué de 3mm (si c’était à refaire, je prendrais du 5mm, plus rigide).

Le clocheton en guise d’ouverture centrale

La paillourte est en train de passer du statut de maison à celui de lieu de culte :-p. En effet, elle est maintenant coiffée de son clocheton (un clocher vitré au centre de la charpente réciproque).

On a choisi de faire un clocheton – et non un dôme comme on avait sur la yourte – afin d’éviter les surchauffes de l’été. Le soleil étant plus bas l’hiver, on pourra quand même faire entrer de la lumière. Il y a des chances pour que ça nous apporte moins de lumière que le dôme c’est le compromis avec la chaleur excessive de l’été….

Notre clocheton est composé de 8 faces dont :

  • 5 vitrées châssis fixes
  • 1 vitrée en fenêtre ouvrante oscillo-battante (pour pouvoir aérer)
  • 2 faces closes, isolées, au nord. Elles sont fermées par une plaque d’alu à l’intérieur pour l’effet réfléchissant, histoire de tirer un maximum de bénéfices de la lumière venant du Sud.

On a choisi une seule fenêtre ouvrante parce que les fixes coûtent 2 à 3 fois moins cher, et je pense (j’espère) que c’est suffisant pour faire circuler l’air en en été…

La couverture est faite de tuiles plates. Ça me semblait plus simple de faire des découpes sur des tuiles plates (et il y a beaucoup de découpe à faire sur tous ces petits pans). Au départ, j’étais parti pour faire des bardeaux avec le reste de châtaigner de la charpente, mais j’étais pas certain d’en avoir suffisamment, et vu qu’il y a la sortie de poêle, ça me sécurisait pas trop de mettre du bois à cet endroit.. (ha les peurs..)

Lisse sur la charpente

Pour pouvoir poser notre clocheton, il nous fallait une base « droite », on a donc entrepris de poser une lisse avec 2 couches de contreplaqué collées/vissées, solidarisées avec des tire-fond à la charpente. La charpente réciproque m’aura encore valu quelques suées… En effet, elle n’était pas du tout droite au centre.  Après avoir taillé des plats sur ma charpente, je me suis amusé à « caler » les point bas pour avoir une lisse ~droite à la bulle. Ensuite cette lisse est assemblée à la charpente avec des tire-fond.

Pré-assemblage

Le clocheton a été découpé / pré-assemblé au sol pour faciliter son montage une fois là-haut. Les sections de bois sont en douglas. C’est du : 4,5×9,5 pour les « pré-cadres » de fenêtre, du 12,4×12,4 pour les poteaux et du 4,5×14,5 pour les rampants. Voilà un bref schéma de comment ça se passe :

Schéma du clocheton vue en coupe

Et voilà le pré-assemblage :

Les fenêtres sont en bois, plaquées alu à l’extérieur. C’est un peu plus cher à l’achat, mais ces fenêtres ne seront pas protégées par un débord de toit, le choix du bois en extérieur ici aurait été très énergivore en terme d’entretien.

Assemblage

Le jour J, un jour presque beau… Où on a tout réassemblé en haut.

La petite charpente tient avec un système de clef sur toute la hauteur au centre (en chute de contreplaqué marine). On a mis du joint sous les fenêtres, mais aussi sous les poteaux, pour que l’eau ne ruisselle pas entre l’EPDM et le poteau jusque dans la maison (au début on en avait pas mis sous les poteaux… c’est arrivé, il a fallu retirer les fenêtres, soulever le tout avec un cric de voiture… bref…)

Un écran sous toiture / part pluie respirant (SD 0.02) à été posé le même jour.

Les fenêtres sont fixées avec des grandes vis, jointées avec une compribande et du silicone.

Couverture et sortie de poêle

La couverture est en tuiles plates 17×27 qu’on a récupérées d’occasion (60€ les 600 tuiles jamais montées). Heureusement parce que pour si peu (il nous en fallait ~300), aucun distributeur ne voulait se bouger… On est parti sur une toiture avec une pente à ~35° avec écran sous toiture. L’écran sous toiture nous permettait de diminuer la pente (on a fait au minimum) pour pas faire trop tâche avec le reste du toit à ~18°. Les tuiles sont recouvertes sur 9cm, elle se recouvre donc par 3 fois.. L’écran sous toiture est perspirant, il sera agrafé avec de l’agrafe inox et les liteaux sont  cloués par dessus. Ensuite les contre-liteaux sont posés afin d’aménager une lame d’air entre l’écran et les tuiles.

Voilà comment ça se passe :

Il a fallu commencer par découper des demi tuiles (ou 2/3 de tuile plus exactement) pour le bas de pente, puis les percer. En effet, les tuiles que j’ai récupérées ne le sont pas, les tuiles que j’avais vues l’étaient, et j’ai lu qu’il est bon d’en clouer 1/5… je dois en avoir cloué 2/5, un peu plus côté ouest…

Les arêtiers ont été traités avec des tuiles Canal de récup’, montées au mortier chaux (3 sable pour 1 chaux). Au sommet, l’idéal aurait été un poinçons / épi de faîtage (discussion ici) mais outre le fait que l’esthétisme de la chose est discutable, ça coûte vite 200€ (sachant que j’en ai pour 60€ de tuiles pour le tout, ça n’aurait pas eu de sens…) et il n’en font pas à 8 faces irrégulières :-p. J’ai donc pris le parti de monter jusqu’en haut avec des tuiles Canal, j’ai glissé une chute d’EPDM au sommet que j’ai noyée dans un mortier hydrofuge (avec adjuvant donc – pour le sommet seulement). On verra dans le temps, c’était une solution simple et peu coûteuse. La prise de risque est minime, il y a un écran sous toiture en dessous et même si ça devait s’infiltrer, c’est du douglas, il y aurait juste 4m² d’isolant à changer… ça va…

J’ai acheté 1m15 de tuyau double peau pour traverser tout mon rampant et sortir à 40cm au dessus du faîtage (partie la plus haute du toit) pour éviter les perturbations (dans les faits, j’ai pas été si haut, vue la petite toiture ça devrait bien se passer)… Là-dessus, j’ai acheté un solin, un chapeau chinois, un support de fixation… ça fait un gros billet à sortir (~450€). Tout ça peut se bricoler, un tuyau double peau c’est un tuyau dans un tuyau avec de l’isolant ignifuge, un chapeau chinois c’est jamais qu’un bout d’inox avec 3 rivets (plein d’astuces pour faire ces trucs-là dans le manuel du poêlito)… Mais ayant vécu un incendie, maintenant je ne joue plus avec le feu :-p.

Mon écran sous toiture (part pluie) n’était pas ignifuge, donc j’ai découpé un morceau d’aluminium à l’emplacement de la sortie de poêle pour respecter les distances de sécurité avec les matériaux inflammable (8cm pour mon tuyau).

J’ai bricolé un support pour tenir le tuyau d’évacuation en partant de l’achat d’un collier pour haubaner (c’est le moins cher), ensuite j’ai fais des pattes avec des feuillards qui me restaient de la charpente. Le solin lui a été découpé (forcément il en font que des carrés), les bord on été rabattus dans le cas ou l’eau chercherait à s’infiltrer (le mortier des tuiles d’arête n’adhère pas vraiment sur l’inox, c’est donc plutôt sage…)

Ha j’ai aussi ajouté un petit grillage pour éviter que les oiseaux ne viennent faire leur nid entre les tuiles et l’écran sous toiture… histoire de pas pourrir mon isolant et que j’ai à recommencer..

Des ressources pour les tuiles plates qui m’ont aidé (c’était la 1ère couverture en tuiles plates et en tuile tout court pour moi…) :

Isolation du clocheton

Le clocheton est isolé dans les rampants avec 145mm de panneau de fibre de bois ce qui nous donne un R de ~4. C’est pas foufou comparé à la paille, mais c’était compliqué de mettre plus sans que ça ne paraisse énorme. Bon et c’est aussi sur un cercle de 2m²… comparé au ~49m² de toiture autour, c’est pas grand chose…

J’ai isolé par le dessous. C’était pénible, mais ça m’a permis de mettre rapidement hors d’eau (c’était l’hiver) et de travailler au sec. J’ai constitué des patrons en kraft que j’ai ensuite reportés sur l’isolant. Les rampants ont été fermés avec un contreplaqué.

En guise de frein vapeur, j’ai utilisé du papier kraft « normal ». Je n’ai pas réussi à déterminer le SD de celui que j’ai acheté. Le papier kraft isover vendu avec la laine de verre est donné pour un SD compris entre 1 et 3. Mon kraft étant plus fin j’ai cru bon d’en mettre 2 couches histoire d’être sûr (sans confirmation que ça change quelque chose au SD…). Il faut que le SD intérieur soit 5 fois supérieur à celui du côté extérieur pour que la traversée de l’humidité soit bonne. Mon écran sous toiture a un SD de 0.02 donc même si le kraft fait 1, je suis large de ce côté-là.

Le rampant qui accueille la sortie de poêle a été isolé en laine de verre récupérée d’une fin de chantier (pour son côté ignifuge).

Ouverture de la fenêtre

Le clocheton possède une fenêtre ouvrante en oscillo-battant. J’ai cherché plusieurs moyens « lowtech » de l’ouvrir (tringle, vis sans fin, câble…) mais rien de satisfaisant. J’ai donc opté pour le moteur électrique. De toute façon, avec mes panneaux solaires, c’est ok : le moteur consomme peu et la fenêtre sera surtout actionnée l’été (période de quasi abondance en électricité solaire…)

Coût humain et financier

Temps passé : ~25 jours homme

Au total pour ce clocheton j’en ai eu pour ~2700€ (une grosse partie de ce coût était inclus dans le 1er bilan de fin de chantier)

Fenêtre pour clocheton1 588 €
Bois clocheton240 €
Lisse clocheton170 €
Isolant clocheton45 €
Sortie poêle453 €
Moteur fenêtre153 €
Part pluie / écran sous toiture30 €
Tuile plate (occasion)60 €

Premiers retours

Ce mini édifice sur le petit édifice m’aura pris beaucoup de temps. Je suis content du rendu, la lumière à l’intérieur est bien présente (même plus que ce que je m’étais dit) mais c’est pas aussi lumineux qu’avec le dôme de la yourte. Ça évitera par contre j’en suis sûr les surchauffes de l’été (on peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre et…). Ceci étant, pour la lumière, c’est compliqué de se rendre compte car les enduits intérieurs vont être éclaircis avec l’enduit de finition, idem pour la dalle. Je tâcherai de faire un article après 1 ou 2 ans pour revenir sur ce point.

Si c’était à refaire, j’envisagerais peut être de faire un dôme comme la yourte mais en verre avec une partie ouvrante (indispensable pour l’aération) et un sur-toit démontable qui serait mis juste l’été. Même si combiner « aspect démontable » et « résistance en cas de grand vent » n’est pas toujours simple, ça pourrait valoir le coup d’essayer parce que je pense (pure spéculation) que ça peut être moins de temps et d’argent à fabriquer…

L’électricité

N’étant pas raccordé au réseau (je suis autonome en électricité), je n’ai pas de contrôle du consuel à la fin de la réalisation. Du coup, je peux m’affranchir des normes ou en tout cas, pêcher ce qui m’intéresse et laisser ce qui ne m’intéresse pas.

Ceci étant, j’ai quand même respecté pas mal de points, notamment au niveau du nombre de prises électriques / réseau dans la maison. Dans l’optique de se raccorder au réseau si un jour on en a besoin, ou si on revend, il n’y a pas de saignée à faire dans les murs pour ajouter des prises… J’ai longtemps hésité à respecter ce point car :

  1. ça me fait un nombre de prises complètement dingues : 24 prises pour 40m² de surface (je vais pas avoir besoin de triplette ni rallonge…)
  2. ça m’a fait utiliser des sections de câbles inappropriées par rapport à mon installation. Exemple le plus frappant : l’obligation d’avoir une prise avec du 6mm² dans la cuisine (pour un four électrique je suppose). L’arrivée de mes panneaux solaires est en 2,5mm² et me permet un max de 700W, donc du câble de 6mm² ça n’a aucun sens mais bon… c’est EDF ready de ce côté-là si jamais…

Pour le reste (la partie tableau), j’ai moins suivi les normes, si on doit se raccorder, c’est moins pénible à changer. Par exemple :

  • Je me suis affranchi de la gaine technique logement (GTL) qui est coûteuse, encombrante et peu esthétique pour mettre des goulottes électriques de récup’ (que j’habillerai par la suite)
  • J’ai récupéré un tableau avec des disjoncteurs, j’ai pas suivi mon schéma (plus bas) au niveau des disjoncteurs, j’ai fais « avec ce que j’ai ». Par contre, j’ai acheté neufs les 2 disjoncteurs différentiels (organe de protection des personnes).

Schéma de câblage

Voici mon schéma de câblage électrique réalisé avec Qelectrotech (logiciel libre et gratuit) et le plan d’agencement réalisé sous sweethome3d (libre et gratuit).

Réalisation

Sous les prises / interrupteurs et autour d’eux, j’ai fais une pré-couche de terre-chaux-sable pour le côté ignifuge de la chaux et éviter le contact direct avec la botte. Je ne sais pas si c’est probant mais « c’était pas plus cher… ». J’ai calculé mon coup pour que les interrupteurs / prises arrivent à fleur de la couche de finition. J’ai attendu que la couche du dessous sèche, j’ai placé les blocs que j’ai vissés (de façon temporaire) dans le mortier chaux pour le maintenir et j’ai ensuite sellé/entouré le tout avec le même mortier.

Les gaines ICTA ont été passées derrière les fils des bottes de paille (ça c’était bien pratique, pour les coincer).

La terre est câblée en 25mm², avec un piquet de terre de 1m50. Oui c’est moche, je n’ai pas fait de boucle de fond de fouille, ça n’aurait pas été idiot mais j’y ai pas pensé sur le moment, maintenant c’est un peu tard :-/

Le budget pour l’installation électrique est inférieur à 400€ avec pas mal de récup donc (fil / gaine ICTA, tableau, disjoncteur…)

Grand merci aux participants du forum systemed qui m’ont bien aidé pour cette étape !

Chantier couverture partie 3

Si vous avez loupé les précédentes parties, c’est par ici:

Descente d’eau pluvial

Comme j’en ai déjà parlé dans le précédent article, l’eau se concentre en 4 points bas sur ma toiture. En périphérie de la toiture végétalisée, l’eau est drainée par un drain agricole (tuyau perforé) entouré d »un géotextile caché dans du gravier. Le drain étant là pour faciliter la circulation d’eau en cas de forte précipitation. Au niveau des points bas, il a fallu percer l’EPDM pour évacuer l’eau. Les vendeurs d’EPDM m’ont fourni des descentes d’eau pluviale (un tuyau PVC soudé avec un bout de membrane EPDM + bande adhésive. C’est plutôt simple à mettre en œuvre. Il faut:

  • Découper l’emplacement du tuyau dans l’EPDM
  • Nettoyer les surfaces à coller
  • Appliquer le primaire vulcanisant (colle, comme les colles de chambre à air)
  • Ensuite on passe à la pièce adhésive (qui constitue l’étanchéité) qu’on va venir coller par dessus notre tuyau
  • Nettoyer la surface
  • Appliquer du primaire
  • Poser la pièce adhésive
  • Découper l’emplacement du tuyau d’évacuation

Je vais pas plus détailler parce qu’il y a ici, une petite vidéo explicative qui m’a bien aidé sur le sujet :

Chez moi ça donne ça :

Pas certain dans mon cas que tout ce bazar soit vraiment nécessaire : si l’étanchéité n’est pas parfaite ça tombe dehors… Mais bon je l’avais acheté faute de connaissance approfondie sur le sujet, j’ai fais confiance au vendeur :-/

Pour aller jusqu’au réseau d’eau pluviale, on a choisi de poser des chaînes de pluie plutôt que des tuyaux PVC (moches), c’est quelque chose de très répandu au Japon.  Voici les nôtres :

J’ai balancé un seau d’eau pour voir, voici une petite vidéo de ce que ça fait avec de l’eau…

C’est à réserver au « petit débit d’eau » : ça convient donc parfaitement à une toiture végétalisée, qui retient une partie de l’eau et qui rejette le surplus doucement…

J’avais entendu dire que certaines communes plébiscitaient les toitures végétalisées car l’eau arrive dans les canalisations d’évacuation d’eau pluviale en différé par rapport aux autres. Ce qui permet un tampon et ce qui évite que les canalisations ne débordent en cas de grosses averses, donc le mairies ne sont pas obligées de sur-dimensionner les réseaux pour des besoins épisodiques… Et bien je comprends, parfois il pleut (gentiment) toute la journée sans qu’il ne tombe rien dans la gouttière, et lendemain ça coule doucement toute la journée…

Finition / acrotère

Nous avons ajouté un petit morceau d’aluminium coloré à la jonction de 2 planches « verticales » qui font la gouttière et terminent le toit. Là c’est purement esthétique. Ça a le mérite de protéger un peu le bois. J’ai fait mes découpes dans une plaque de 1m x 1m et j’ai plié ça à l’étau… La fausse équipière est de mise pour ce type de job, étant donné qu’il n’y a pas 2 découpes identiques :-o. J’ai bien sûr fixé le tout avec des vis à tête bombée en inox.

Nous avons aussi choisi de finir l’acrotère en posant un profilé alu. J’ai commandé le profilé sur mesure n’ayant pas les machines pour faire ce genre de chose…  Ce profilé permet de tenir l’EPDM sur le toit et de protéger à minima le douglas. Là encore la fausse équipière est indispensable pour faire les découpes d’angles…

Temps passé : 7 jours hommes

Il y aura certainement une partie 4 à cette série d’articles sur la couverture, ne serait-ce que pour la partie « plantations » que nous n’avons pas encore faite…

Chantier dalle terre crue, couche de corps

Dans notre paillourte, nous avons réalisé une dalle en terre crue. Cet article traite de la couche de corps (~7cm). Une couche de finition (~3cm) sera appliquée dans quelques mois, elle recevra un traitement naturel de surface durcissant. Si vous voulez découvrir la dalle en terre, une petite vidéo bien montée de la revue « la maison écologique » est disponible ici même.

Préparation

Tests

Des tests sont indispensables pour ce type de réalisation : la teneur en argile variant énormément d’une terre à l’autre, il me semble périlleux d’utiliser une recette trouvée dans un bouquin ou sur internet sans l’avoir testée préalablement (minimum 10 jours avant pour avoir une idée du résultat sec). Nous avons réalisé 3 tests de recettes en « maquette » (1m x 50cm). Il me semble judicieux de sélectionner celui qui n’a pas fissuré et qui a quand même une bonne cohésion (pas trop de grain de sable qui se détache en passant la main une fois sec).

Mise à niveau

Sous la dalle, il y a le Misapor (dont j’ai déjà parlé ici), nous l’avons mis de niveau avec mon super niveau à eau numérique (dont je me suis beaucoup beaucoup servi durant ce chantier), puis damé avec une plaque vibrante thermique louée 20€ la journée pour l’occasion.

Plots pour le lit mezzanine ++

On va se faire un lit mezzanine ++ en torchis. Vu que ça risque de peser et que les dalles en terre ne sont pas réputées pour la tenue à la compression, on a coulé des plots de béton chaux-sable-gravier dans des coffrages à l’endroit où descendront les poteaux. Les plots sont larges car pas si profonds (40cm x 40 cm x 20cm) parce que je voulais qu’il reste du Misapor en dessous, histoire d’avoir une continuité dans l’isolation et d’éviter les remontées capillaires.

Plots pour tirer la dalle de niveau

Pour poser une dalle de niveau, on le fait généralement à la règle de maçon. Pour une maison ronde, rien de plus naturel que de tirer la dalle en rond toujours… On s’est servi de chutes de la lisse basse, qui avaient la bonne courbe du mur, comme support pour la règle. On a coulé des plots (toujours en béton de chaux) – au niveau du sol attendu pour cette couche moins l’épaisseur de la lisse – qui servent de support à notre chute de lisse. Au centre un petit plot avec un rond (toujours découpé dans une chute de lisse pour avoir la même épaisseur partout).

C’est parti !

Notre recette :

  • 2 vol 8-16 graviers
  • 1 vol 4-10 graviers
  • 2 vol 0-4 sable
  • 1,5-2 vol de barbotine (eau+terre argileuse tamisée à 0-20) la barbotine était de texture crème dessert
  • Un peu d’eau mais pas trop

A ne pas reproduire sans test, lisez le début de l’article pour comprendre…

En sortie de bétonnière on prend une boule dans sa main, on la sert fort : les cailloux doivent se coller les uns aux autres, mais le mélange doit être à peine humide (on doit quand même sentir de l’eau dans sa main). En lâchant cette boule (~50cm de haut) :

  • Si ça se désagrège en 4, 5 morceaux c’est parfait
  • Si ça s’aplatit c’est qu’il y a trop d’eau
  • Si ça se pulvérise en autant de morceau que de gravier c’est que c’est trop sec

On vient déposer une 1ère couche au sol de 3-4cm, damée au pisoir, puis on remet une autre couche pour arriver aux 7cm. Ensuite la dalle est tirée à la règle (on bouge la règle de droite à gauche et on avance doucement). On en remet si on est en dessous et on retire le surplus. De là, on taloche pour resserrer / refermer les imperfections.

A noter que ce sont des dalles plutôt fragiles, pas très résistantes au poinçonnage, ni à la compression. On peu pas trop y marcher en talons hauts quoi, il vaut mieux y marcher pieds nus, ça tombe bien, j’aime bien l’idée de garder les pieds sur terre.

Merci à Diane, Wiwi, Tiphaine, Aurélie, Pierre, Robin, Irma, Philippe, Thomas, Charlène, Max et Jess pour leur aide à ce belle ouvrage ! 🙂

Temps passé : 21 jour-homme

Enduit terre, couche de corps

Les enduits en terre c’est magique, c’est beau, c’est doux (courbe) c’est agréable à faire, à vivre (ça régule l’hygrométrie d’une pièce), c’est LE matériau écologiquement soutenable (pas/peu de transformation, si la maison est démolie, la terre retourne à la terre)… Mais pourquoi est-ce qu’il n’y en a pas partout ?

Pour la paillourte le choix qui a été fait c’est :

  • Enduit terre-paille sur les murs intérieurs
  • Enduit terre-paille-chaux sur les murs extérieurs

Ajouter de la chaux dans le mélange pour les enduits extérieurs garantie une plus grande résistance aux intempéries et donc une plus grande longévité des enduits dans le temps. De plus, des débords de toit importants (entre 80cm et 1m20) sont prévus, toujours pour des raisons de longévité.

Pour qu’un mur fonctionne bien au niveau de la circulation de la vapeur d’eau (perspirance), il faut qu’il soit plus perméable à la vapeur d’eau à l’extérieur qu’à l’intérieur (afin que l’eau soit encouragée à sortir…). La chaux, en NHL2, (et selon plusieurs sources verbales) semble être quasi aussi perspirante que la terre. Par sécurité, nous avons fait un enduit terre-paille intérieur plus épais que l’enduit terre-paille-chaux à l’extérieur, afin de maximiser ce phénomène de circulation de la vapeur d’eau vers l’extérieur.

La terre que nous avons utilisée n’est pas la terre du terrain, elle arrive de chez des amis qui on creusé une marre. Après test, cette terre était suffisamment argileuse, mais pas très homogène. Il aurait été (encore plus) pertinent d’utiliser la terre des fondations mais nous l’avons étalée pour relever le niveau du sol. Nous aurions pu nous faire une cave mais notre terrain est gorgé d’eau ou creuser une marre mais nous n’en avions ni la place ni l’envie. Si vous êtes dans ce type de cas, il est aussi parfois intéressant de s’acoquiner avec un terrassier ou un constructeur de piscine pour le dépôt d’un semi de terre (quand on creuse une piscine ça fait pas mal de terre…). Eux doivent payer le dépôt donc si vous êtes pas loin d’un chantier, ça arrange tout le monde…

Mise en œuvre

J’ai entendu je ne sais plus où qu’en paille porteuse, il est pertinent de faire les enduits des 2 côtés du mur (intérieur-extérieur) en même temps, afin d’éviter qu’en séchant le mur tire d’un côté et donc se déforme. Après réflexion et si le risque de déformation existe, il serait plus pertinent de faire les enduits intérieurs bien avant les enduits extérieurs car les enduits intérieurs mettent beaucoup plus de temps à sécher.

Pour faire nos mélanges, on a utilisé un malaxeur (oui des esclaves énergétiques). J’ai même essayé à la bétonnière mais sans succès, le mélange est trop fibreux, trop collant, c’est hyper pénible. Je parvenais à le faire à la bétonnière mais en mouillant beaucoup (trop) le mélange, si bien qu’il fallait attendre qu’il sèche avant application, avec le malaxeur plus de problème. Notez qu’on peut se passer d’outil et le faire avec les pieds (ou les mains qui sait..)

Notez qu’il y a autant de façon d’enduire en terre que de gens qui enduisent, voilà comment nous on a fait.

Les tests

Tests d’enduit intérieur

Des tests sont indispensables pour ce type de réalisation : la teneur en argile variant énormément d’une terre à l’autre, il me semble périlleux d’utiliser une recette trouvée dans un bouquin ou sur internet sans l’avoir testée préalablement (minimum 10 jours avant pour avoir une idée du résultat sec). Nous avons réalisé des tests de recettes en petit (20cm x 20). Il faut sélectionner celui qui n’a pas fissuré et qui a quand même une bonne cohésion (pas trop de grains de sable qui se détachent en passant la main une fois sec). Quand vous avez « la bonne recette », faire un test d’1m x 1m me semble judicieux. On l’a pas fait et on a eu des surprises (des fissures) les premiers bouts de murs, en effet la rétractation n’est pas le même sur une grande surface que sur une petite.

Préparation

La préparation au malaxeur c’est (très) physique. Les recettes d’enduits sont annoncées juste après. Mais je voulais aborder le dosage en eau. Pour avoir un enduit chouette à appliquer, j’avais 2 critères. Je prenais une poignée d’enduit que je « splatchait » dans ma main celle-ci devait :

  • Paume vers le ciel : rester ferme. Si la boule s’affaisse d’elle même c’est qu’il y a trop d’eau
  • Paume vers le bas : coller à la main. Si la boule ne colle pas c’est qu’il manque peut être un peu d’eau (ou pas assez d’argile mais ça normalement c’est une constante qui a été testée…)

Attention, quand vous ajoutez de l’eau au mélange, ça peut très très vite être trop avec pas grand chose… Allez y petit à petit, mélangez, testez…

Application

Si on applique la 1er couche d’enduit, il faut appliquer de la barbotine (mélange terre + eau bien liquide) sur le support (ici des bottes de pailles). Dans notre cas, on a veillé à ce que la barbotine pénètre bien dans les fibres de la botte.

Si on applique la 2ème couche d’enduit, on mouille la 1ère couche juste avant.

On commence le mur depuis le haut pour aller vers le bas. C’est pertinent notamment parce que si on fait l’inverse, on peut avoir tendance à faire porter l’enduit qu’on est en train d’appliquer à celui qu’on a posé juste avant, sans vraiment chercher à le faire coller sur le mur. En commençant d’en haut, on est obligé de bien coller sur le mur si on veut avancer / que ça tienne…

Le geste c’est :

  • On prend une poignée d’enduit dans la gamate
  • On la « splatch » sur le mur en l’accompagnant (on ne lance pas la boule à 3m du mur pour les copains autour…)
  • La paume de la main l’étale vers le haut puis l’étale vers le bas afin de « refermer » l’enduit. Il ne doit pas y avoir de « creux » mais un dégradé d’épaisseur

Un bon enduiseur ne touche que 2 fois son enduit… (dans les faits, c’est balaise…). Il faut par contre éviter de trop le « patouiller » (comprenez lui appliquer des petites pressions avec le bout des doigts) sous peine de faire entrer de l’air, et donc de décoller celui-ci.

On attend légèrement que ça tire (que ça sèche) et on taloche pour rattraper les creux/les bosses et ça referme encore un peu plus l’enduit.

Ensuite quand c’est encore plus sec mais encore un peu tendre on vient griffer l’enduit (nous ça a été fait au râteau) pour que la couche suivante accroche mieux.

Intérieur : Terre paille

Ce qui est bien avec les enduits terre-paille, c’est qu’on peut les préparer à l’avance et même si ça sèche un peu, on remouille et c’est reparti… 🙂

Le corps d’enduit est constitué de 2 couches de 2cm chacune (Attendre le plus possible entre 2 couches. Quand la couleur change et que l’enduit durcit, c’est ok pour la seconde couche. Chez nous, ça a pris 2 semaines). Une couche de finition de 2cm viendra mais plus tard, au petit printemps, quand ces 2 premières couches seront bien sèches à cœur (2, 3mois).

Notre recette :

  • 3 volumes de terre tamisée à 0-10
  • De l’eau
  • 1 volume de sable 0-4
  • 4 volumes de paille hachée à la tondeuse (2 passes)

A ne pas reproduire sans test, lisez le début de l’article pour comprendre…

Nous avions une terre amalgamée en bloc plus gros que 10mm avec un bon pourcentage de cailloux. Pour limiter les pertes, je mettais plutôt 4 seaux de terre à tremper dans l’eau le plus longtemps possible (pour que les blocs d’argile se délitent) avec quelques coups de malaxeur de temps en temps pour accélérer le travail. On tamisait donc la terre mouillée (barbotine épaisse), ce qui est plus lourd mais qui permet de limiter le « déchet » (toutes proportions gardées, on parle de terre et de cailloux). J’avais environ 1 seau de déchet, d’où mes 4 seaux de terre au lieu de 3 initialement prévus.

Extérieur : Terre paille chaux

C’est plus compliqué de préparer les enduits extérieurs à l’avance, la chaux hydraulique commence sa prise trop rapidement.

Notre recette :

  • 3 volumes de terre tamisée à 0-10
  • De l’eau
  • 1 volume de sable 0-4
  • 1,5 volume de chaux NHL2
  • 4 volumes de paille hachée à la tondeuse (2 passes)

A ne pas reproduire sans test, lisez le début de l’article pour comprendre…

Retour d’expérience

De l’air…

La 1ère couche a subi quelques déboires… En effet, un mauvais geste à l’application (et une préparation du mur pas assez rigoureuse en amont) a eu pour conséquence de laisser de l’air sous l’enduit. Donc à certains endroits, l’enduit n’accrochait pas le mur… Heureusement pour nous, le mur nous l’a dit : il a fissuré très rapidement à ces endroits-là, et une pression de la main suffisait à se rendre compte qu’il n’y avait rien derrière… Du coup on est passé partout pour vérifier, et on a gratté les bulles d’air. On a ensuite rebouché avec de l’enduit.

Le mauvais geste, c’est qu’on ne refermait pas l’enduit en bas (juste en haut) et comme on monte le mur de haut en bas, la bousée du dessous laissait parfois un peu d’air à l’application entre l’enduit et la paille.

Rattrapage de mur

On peut pas dire que nos murs étaient les plus droits du monde. Il y avait de la courbe, du creux, de la bosse (avant l’enduit). Il y avait beaucoup trop à rattraper avec de l’enduit pour arriver à un truc joli. Du coup, une amie spécialiste de la terre nous à conseillé de faire des « galettes ». On parle pas ici de galette au sarrasin, mais à la terre hein… C’est ce qui est utilisé pour retaper les maisons en bauge.

La galette c’est :

  1. Sur une table, poser de la paille (non hachée), les brins à l’horizontal
  2. Tartiner ça d’enduit
  3. Poser une autre couche de paille mais cette fois à la vertical (histoire d’armer le tout)
  4. Maroufler la paille dans l’enduit sur chaque face de la galette
  5. Face au mur, appliquer une fine couche d’enduit
  6. Appliquer la galette comme on appliquerait de l’enduit (on referme bien sur les côtés, on veille à ce qu’il n’y ait pas d’air en dessous…)

Ficelle des bottes sur champs

Nos bottes dans les murs sont sur champs. J’ai déjà évoqué les plus et les moins du choix sur champs/sur plat. Mais, en rond, sur champs j’avais sous estimé l’aspect pénible surtout pour l’enduit intérieur. En effet les bottes prenant le rond, elle se courbent, la ficelle « baille » à l’intérieur et ne touche plus la paille. Pour l’enduit c’est parfois pénible car il faut bien mettre la dose d’enduit sous la ficelle sinon il y a un trou d’air, ça veut dire fissure, ça veut dire mur mou à cet endroit, ça veut dire on gratte cet endroit et on recommence…